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L'autre N° 48/2015 : Cliniques transculturelles. Tome 2
Baubet Thierry
PENSEE SAUVAGE
23,00 €
Épuisé
EAN :9782859193102
Ce nouveau numéro de la revue L'autre "Cliniques transculturelles 2" veut donner des clefs pour la pratique en situation transculturelle. Pour cela, il est question de dispositifs, comme les visites à domicile, un atelier masque, ou encore un groupe thérapeutique transculturel pour les patients traumatisés ; mais la clinique s'enrichit aussi de l'apport des anthropologues, et de terrains plus lointains : les pratiques de deuil lors de l'épidémie d'Ebola, ou bien la place du Vaudou dans les pratiques cliniques à Haïti sont exposées et analysées. La question de la construction de l'identité en contexte transculturel est abordée avec des travaux autour des enfants réunionnais, et de ceux qui sont adoptés internationalement. Enfin, dans le supplément, on trouvera des notes de terrain sur les Palestiniens sortant de prison, sur les contes du Congo, et l'analyse d'ouvrages récents.
Voilà un livre de référence pour tous ceux qui s'intéressent au trauma, à l'interculturalité, aux situations de violence organisée et aux interventions humanitaires chez l'enfant et l'adolescent, qu'ils soient médecins, psychologues, travailleurs sociaux, paramédicaux, enseignants, juristes, etc. Cet ouvrage, écrit par des professionnels de terrain, est l'occasion de jeter un regard rétrospectif sur plus de dix années de pratique de soins psychiques en situation humanitaire. Une réflexion qui porte aussi bien sur des questions théoriques que sur le sens de nos interventions. Quel tribut psychique les bébés, enfants, et adolescents paient-ils aux situations de violence et de guerre ? Comment intervenir dans de tels contextes auprès d'eux ? Comment agir sans nuire, en respectant les mécanismes adaptatifs subtils qui se mettent en place ? Comment intervenir alors que la situation de violence continue ? Toutes ces questions sont abordées au travers d'exemples concrets, reflétant le quotidien du travail du soignant dans ces situations. Il est question de bébés, d'enfants, d'adolescents et de leurs familles... Au fil de cet ouvrage, dans lequel plusieurs psychothérapies sont relatées, le lecteur pourra rencontrer des enfants palestiniens, des bébés kosovars, des adolescents guatémaltèques, et bien d'autres... Autant de rencontres qui transforment patients et thérapeutes... On se doit d'agir et de penser en situation humanitaire : agir parce qu'au même titre que les interventions médicales, sanitaires, nutritionnelles, l'intervention psychologique peut, dans certains cas, s'avérer prioritaire. Penser aussi parce que nous sommes invités en permanence à mieux comprendre les effets du trauma sur les bébés, les enfants, les adolescents et leurs familles, afin d'ajuster nos dispositifs de soins.
Baubet Thierry ; Lombard Jacques ; Mestre Claire ;
Le monde contemporain est traversé de conflits et de questions suscitées par la rencontre des hommes et des cultures au sein de sociétés modernes, mouvantes, migrantes, plurielles et métissées. L'autre, revue transculturelle et transdisciplinaire, créée par des cliniciens et des praticiens des sciences humaines, se veut l'instrument de cette réflexion. Elle s'adresse aux professionnels de la santé, du social, de l'école, de la justice et à tous ceux qui se sentent concernés par l'altérité, les rencontres, les métissages. Elle paraît trois fois l'an.
Tout d'abord, penser : A la barbarie du monde, il faut opposer la pensée. S'il s'agit de comprendre, ce n'est pas pour excuser, mais pour trouver une voie. Cette pensée sera nécessairement complexe, c'est à dire intégrant tous les paramètres, sociaux, culturels, psychologiques et politiques.
Le monde contemporain est pluriel, métissé, créole, traversé de questions identitaires individuelles et collectives. L'autre, revue transculturelle et pluridisciplinaire, est un lieu de réflexion sur la diversité et les migrations et leurs effets en clinique et dans la société. Elle s'adresse à tous ceux qui, curieux ou professionnels, se sentent concernés par les rencontres, les métissages, l'altérité. Elle paraît trois fois l'an.
Les mouvements de populations sont de tous les lieux et de tous les temps. Cependant, depuis la dernière guerre, la situation géopolitique a considérablement amplifié les phénomènes d'extermination, de déplacement ou d'acculturation violente de peuples entiers. L'exil est évidemment une perte et l'on ne sait pas ce que l'on a perdu : certes des personnes, des objets, des lieux, des odeurs, des couleurs mais surtout la grammaire pour nommer cette perte. Comme une langue, cette grammaire a besoin de s'étayer quotidiennement sur l'environnement. Privée de son support réel, le système s'étiole peu à peu, s'appauvrit, se rétracte, se rigidifie conduisant le sujet quelquefois trente ans après le départ à des pathologies spécifiques : névroses traumatiques, psychoses puerpérales, bouffées délirantes, etc. Pris dans une tentative permanente de déni de la modification de l'environnement culturel, les migrants qui réussissent à éviter la pathologie construisent des personnalités souvent riches mais clivées. Quelquefois, pour certains, les breaks psychotiques ne surviennent qu'à la génération suivante. L'exploitation de cette clinique spécifique nous conduit à envisager de manière nouvelle la fine homéostasie réglant les rapports de l'espace interne (psychique) et de l'espace externe (culturel). Ce numéro, issu de la clinique, invite à un questionnement nouveau de la métapsychologie psychanalytique.
Qu'y a-t-il de commun entre le rituel de puberté chez les Beti du Cameroun et la prostitution homosexuelle des jeunes garçons dans les faubourgs parisiens ? Peut-on comparer le fonctionnement de l'initiation dans les rituels "thérapeutiques" du Candomblé de Bahía et la modification de la personnalité de jeunes gens engagés dans les sectes charismatiques en Occident ? Dans toutes ces situations, l'on observe une modification radicale de l'identité : une métamorphose. Ces transformations mettent-elles en oeuvre des processus fondamentaux de nature psychique ou mémo biologique ? Question insolite ! Pourtant les fourmis Raptiformica réussissent à maquiller leur odeur chimique pour mener à bien, incognito, leur entreprise de colonisation des Serviformica. La Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie propose ici une idée originale née au confluent de disciplines diverses : toute entreprise de modification de la mémoire, psychique et biologique, se construit sur une utilisation systématique d'expériences traumatiques.
Dans les sociétés traditionnelles, la frayeur est une des notions les plus communément rencontrées pour penser la maladie. En Afrique noire, les crises d'agitation sont parfois expliquées comme résultant d'une rencontre terrifiante avec un génie de la brousse. Chez les Quechua du Pérou, ce sont au contraire les états dépressifs qui sont expliqués par une frayeur (susto) ayant provoqué l'envol de l'âme du sujet. On retrouve cette étiologie au Mexique, au Maghreb, en Malaisie... La frayeur est aussi une thérapeutique traditionnelle : les guérisseurs la déclenchent délibérément pour obtenir une métamorphose du sujet. Contrairement aux premiers écrits de Freud, actuellement la psychopathologie occidentale se protège de la frayeur — du moins dans les théories qui rendent compte des prises en charge. Il s'agit là d'une notion injustement négligée. Ce numéro a donc pour objectifs de montrer l'importance de la frayeur pour comprendre nombre de pathologies de nos patients issus de cultures non-occidentales et pour les soigner. Mais aussi, de mettre en évidence la nécessité d'analyser minutieusement ce concept pour nos propres théories et nos techniques thérapeutiques. Nous publions ici, dans son intégralité, le texte de Gilles de La Tourette écrit en 1885. C'est un texte princeps remarquable. Il décrit la maladie des tics et surtout, analyse avec une méthodologie ethnopsychiatrique avant la lettre, les liens entre le jumping américain, le latah malais et le myriachit sibérien (trois maladies de la frayeur).
Quiconque a approché les thérapies traditionnelles, s'est nécessairement rendu compte de la place centrale qu'y occupaient les objets tant dans l'établissement du diagnostic et le déroulement du processus thérapeutique que dans la résolution du transfert. Il s'agit tantôt de "faire parler" certains objets pour découvrir l'énigme du mal, tantôt de découvrir, puis d'annuler les objets maléfiques ou enfin de fabriquer des amulettes ou des talismans destinés à protéger la victime. Si les anthropologues se sont souvent attachés à décrire avec minutie la nature, l'industrie et l'utilisation des objets "enchantés", les psychologues en revanche n'y ont vu qu'une expression "symbolique" et naïve de désirs d'amour et de haine confusément perçus. Ce numéro prend naissance du triple constat suivant : 1) les thérapies traditionnelles semblent considérer que les objets constituent des opérateurs thérapeutiques spécifiques et efficaces ; 2) l'observation des processus montre que, sitôt qu'il apparait, l'objet contraint thérapeute et patient à modifier leur registre de fonctionnement ; 3) dans les conceptualisations occidentales, il n'existe aucune place pour traiter l'objet en dehors de l'univers du langage. Nous nous proposons donc d'explorer, et toujours de manière pluridisciplinaire, la fonction de l'objet dans les thérapies traditionnelles, sa possible utilisation dans les thérapies occidentales et enfin d'initier la nécessaire théorie générale de l'objet.