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Nouvelle revue d'ethnopsychiatrie N° 16 : Objets, charmes et sorts
Moro Marie Rose
PENSEE SAUVAGE
22,87 €
Épuisé
EAN :3260050065436
Quiconque a approché les thérapies traditionnelles, s'est nécessairement rendu compte de la place centrale qu'y occupaient les objets tant dans l'établissement du diagnostic et le déroulement du processus thérapeutique que dans la résolution du transfert. Il s'agit tantôt de "faire parler" certains objets pour découvrir l'énigme du mal, tantôt de découvrir, puis d'annuler les objets maléfiques ou enfin de fabriquer des amulettes ou des talismans destinés à protéger la victime. Si les anthropologues se sont souvent attachés à décrire avec minutie la nature, l'industrie et l'utilisation des objets "enchantés", les psychologues en revanche n'y ont vu qu'une expression "symbolique" et naïve de désirs d'amour et de haine confusément perçus. Ce numéro prend naissance du triple constat suivant : 1) les thérapies traditionnelles semblent considérer que les objets constituent des opérateurs thérapeutiques spécifiques et efficaces ; 2) l'observation des processus montre que, sitôt qu'il apparait, l'objet contraint thérapeute et patient à modifier leur registre de fonctionnement ; 3) dans les conceptualisations occidentales, il n'existe aucune place pour traiter l'objet en dehors de l'univers du langage. Nous nous proposons donc d'explorer, et toujours de manière pluridisciplinaire, la fonction de l'objet dans les thérapies traditionnelles, sa possible utilisation dans les thérapies occidentales et enfin d'initier la nécessaire théorie générale de l'objet.
Résumé : L'adolescence est sans doute le plus bel âge de la vie quand on l'a dépassé. Fascination et incompréhension caractérisent notre regard sur cette période associée à l'ennui, à la révolte, à l'émergence du pubertaire et du sexuel, aux transgressions, aux questionnements identitaires et à l'utopie. Sous l'égide de la Maison de Solenn, des spécialistes reconnus de l'adolescence partagent leurs savoirs cliniques et leurs expériences. Ce premier volume vise à mieux comprendre les adolescents aujourd'hui, dans la période troublée qu'ils traversent et dans le contexte d'une société qui consacre le mouvement perpétuel et l'inachèvement. Les auteurs reviennent sur les passions de l'adolescence qui se déclinent en addictions (au virtuel, aux drogues, à la nourriture), en prises de risque, en retrait (dépression, phobies, etc.) Enveloppe qu'on malmène, prive ou gave, qu'on excite ou anesthésie, le corps exprime ces passions destructrices et doit être entendu. Les différents textes réunis témoignent de la nécessité d'inventer, d'innover, d'imaginer des manières de soigner adaptées aux adolescents, à leur temporalité et à leur subjectivité. C'est le pari de cet ouvrage qui nous invite à accompagner les adolescents dans cette phase de transition et de construction. Sous la direction de Marie Rose Moro, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (Université Sorbonne Paris Cité), directrice de la Maison de Solenn, Maison des adolescents de Cochin (APHP, Paris). Avec la collaboration de : T. Baubet - J.-P. Benoit - A. Benoit de Coignac - C. Blanchet-Collet - C. Chabert - V. Delvenne - F. Enjolras - N. Girardon - B. Golse - G. Guzman - S. Hefez - H. Lefèvre - M. Mansouri - F. Marty - A. Reyre - O. Taïeb - S. Tisseron.
Le tabou attribue à une personne, un objet ou un mot un caractère à la fois interdit et sacré. Mais lorsqu'il est fonctionnel, le tabou inscrit dans l'univers du sujet qui s'y soumet une discrimination logique qui prend sa source dans des sensations physiques. Un juif pieux vomira à l'idée qu'il a pu ingérer de la viande de porc, une femme baoulé enceinte avortera en mangeant du fruit proscrit, un homme bété développera un véritable syndrome d'influence pour avoir eu des jeux sexuels avec sa cousine parallèle. Mais après cette expérience, ils se penseront davantage juif pieux, baoulé ou bété. Cliniquement, l'imposition du tabou est donc une opération complexe qui transforme des catégories culturelles en représentations psychiques par l'intermédiaire de sensations corporelles. On comprend donc aisément que les thérapies traditionnelles, dans des situations de grands désordres psychologiques utilisent de telles prescriptions. Ainsi, les shamans apaches guérissent-ils les maladies des tics, dont nous savons qu'elles sont notoirement réfractaires à toute psychothérapie, par la mise en place de systèmes individuels de tabous alors que les cheiks musulmans du Maghreb ont plutôt tendance à faire appel aux tabous religieux. De même, un patient gravement perturbé, mélancolique ou schizophrène, pourra-t-il créer un univers à la logique singulière par une organisation obsessionnelle du monde structurée autour de tabous privés. Quoi qu'il en soit, on attend toujours du tabou qu'il réinstaure de tordre là où régnait le désordre du fait de la maladie, de l'acculturation ou de la déstructuration du groupe social. Nous invitons les cliniciens et les chercheurs à approfondir la notion de tabou injustement négligée, à explorer le fonctionnement de thérapies organisées selon la logique du tabou et à s'interroger sur la place qu'il occupe, parfois à notre insu, dans nos psychothérapies.
Résumé : Commets soigner de manière efficace une famille migrante d'Afrique noire, du Maghreb... et son enfant vivant dans nos banlieues meurtries ? Une telle question, maintes fois entendue en clinique quotidienne dans des situations souvent tragiques (souffrance de (enfant, de la famille, menace de placement de l'enfant échec scolaire massif...), a été le point de départ de cet ouvrage. Nos outils de soins, nos Instruments théoriques et thérapeutiques classiques ne suffisent pas. Les dramatiques échec de la pratique quotidienne sots là pour le démontrer. Ce livre bouleverse nos a priori théoriques et techniques. Il propose la construction d'un nouveau champ théorique : l'ethnopsychiatrie parents-enfant à partir de la psychanalyse et de l'anthropologie. A travers l'analyse systématique et éclectique d'un corpus psychothérapique, une psychothérapie parents-bébé, il propose une nouvelle méthode de soins adaptée à la situation migratoire. Ce travail nous oblige aussi à repenser l'épistémologie de nos systèmes de soins qui visent l'universel en oubliant l'homme dans sa singularité tant individuelle que culturelle. Ce livre s'adresse à tous les professionnels qui travaillent avec les enfants de migrants et leurs familles : psychiatres, psychologues, éducateurs, assistantes sociales, infirmières, pédiatres, juges pour enfants, orthophonistes, psychomotriciens, enseignants... tous ceux qui sont confrontés quotidiennement aux difficultés de ces enfants et de leurs familles. Il fait le pari que l'on peut transformer les obstacles auxquels sots confrontés ces enfants exposés en potentialités créatrices.
La psychologie transculturelle a transformé la prise en charge des migrants et de leurs enfants. Fondée sur l'anthropologie et la clinique, elle a été enrichie au fil des ans par les apports de la psychanalyse, de la thérapie familiale et de groupe. Elle permet de comprendre les besoins des enfants migrants ou enfants de migrants et favorise les passerelles entre le monde d'origine et le monde d'accueil. Ce livre est un véritable guide. Pas à pas, il précise les règles d'organisation de la thérapie transculturelle : constitution du groupe de thérapeutes, traduction et interprètes, mixité et diversité, lieux, durée... Il détaille le déroulement de la thérapie, séance après séance, de la création des conditions de rencontre à l'imagination de nouveaux possibles, une nouvelle place, un nouveau destin pour l'enfant ou l'adolescent dans sa famille. Un outil de travail clair, accessible, pédagogique : indispensable pour tout ceux qui évoluent dans un contexte transculturel.
De simple militant, j'ai bien vite été élu chef de cellule, puis chef de groupe, puis chef de la kasma de notre région. Je ne faisais pratiquement que militer dans le Parti. Au grand désespoir de ma grand-mère qui ne comprenait pas que je ne sois pas comme les autres militants du village. Un jour elle s'en plaignit auprès d'un ami, Yantren Chabane : - Pourquoi vous ne l'aidez pas un peu? Ali est tout le temps pris par le Parti, alors que vous vous occupez bien des travaux de vos champs ! - Mais Yemma Hadjila, il travaille pour son pays ! lui répondit Yantren. - Je ne comprends pas comment on peut travailler pour son pays et abandonner ses propres terres ! lui dit elle alors. En kabyle, la terre et le pays porte le même nom : Tamurt. Logiquement, je devais commencer par m'occuper de nos propres parcelles plutôt que du pays tout entier ! "
Soumises à des brassages intensifs de population, à des vagues migratoires de plus en plus rapprochées, les sociétés modernes deviennent inévitablement poly-culturelles. Le psycho-pathologiste est confronté de ce fait à des patients dont il ne comprend ni la langue maternelle, ni la logique des symptômes, ni la philosophie de la vie. Dans ce numéro consacré à la clinique, la Nouvelle Revue d'Ethnopsychiatrie propose un panorama des tâches s accomplir pour permettre la pratique d'une psychopathologie interculturelle : comprendre en faisant appel au corpus des connaissances anthropologiques, proposer un cadre technique susceptible d'accueillir la plainte de patients de culture non occidentale, éviter une réduction occidentalo-centrique ou un bricolage pseudo-magique et exercer une véritable activité psychothérapique avec ces patients, tenter de conceptualiser tant le champ technique que les théories nécessaires à cette pratique, proposer des grandes lignes de recherche dans un domaine presque totalement en friche.
Le tabou attribue à une personne, un objet ou un mot un caractère à la fois interdit et sacré. Mais lorsqu'il est fonctionnel, le tabou inscrit dans l'univers du sujet qui s'y soumet une discrimination logique qui prend sa source dans des sensations physiques. Un juif pieux vomira à l'idée qu'il a pu ingérer de la viande de porc, une femme baoulé enceinte avortera en mangeant du fruit proscrit, un homme bété développera un véritable syndrome d'influence pour avoir eu des jeux sexuels avec sa cousine parallèle. Mais après cette expérience, ils se penseront davantage juif pieux, baoulé ou bété. Cliniquement, l'imposition du tabou est donc une opération complexe qui transforme des catégories culturelles en représentations psychiques par l'intermédiaire de sensations corporelles. On comprend donc aisément que les thérapies traditionnelles, dans des situations de grands désordres psychologiques utilisent de telles prescriptions. Ainsi, les shamans apaches guérissent-ils les maladies des tics, dont nous savons qu'elles sont notoirement réfractaires à toute psychothérapie, par la mise en place de systèmes individuels de tabous alors que les cheiks musulmans du Maghreb ont plutôt tendance à faire appel aux tabous religieux. De même, un patient gravement perturbé, mélancolique ou schizophrène, pourra-t-il créer un univers à la logique singulière par une organisation obsessionnelle du monde structurée autour de tabous privés. Quoi qu'il en soit, on attend toujours du tabou qu'il réinstaure de tordre là où régnait le désordre du fait de la maladie, de l'acculturation ou de la déstructuration du groupe social. Nous invitons les cliniciens et les chercheurs à approfondir la notion de tabou injustement négligée, à explorer le fonctionnement de thérapies organisées selon la logique du tabou et à s'interroger sur la place qu'il occupe, parfois à notre insu, dans nos psychothérapies.