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Graffiti Art N° 45, juillet-août 2019
Lefranc Jean-Martial
GRAFFITI ART
8,70 €
Épuisé
EAN :3663322104565
La saison des batailles finales nous entraîne vers l'été de tous les dangers. Sur grand écran, les "Avengers" ont réussi à se débarrasser de Thanos, le champion du malthusianisme qui voulait éliminer la moitié de l'humanité pour que l'autre survive. Sur le petit écran, la conclusion de "Game of Thrones" laisse un goût de cendre, un peu comme ces incendies géants, désormais communs dans notre atmosphère saturée de gaz carbonique. Dans la réalité, pour autant que ce concept ait encore un sens, la mère de toutes les batailles se prépare aux Etats-Unis où l'élection de 2020 peut signer la fin d'une démocratie. Quelle sera la position, le comportement des artistes face à la déliquescence, à la corruption qui s'installent à la Maison Blanche, au Congrès, dans les couloirs feutrés de la Cour Suprême ? Shepard Fairey mettra-t-il à nouveau son talent d'inventeur d'icône au service du candidat de la liberté et du progrès ? Encore faudra t il qu'un candidat iconique s'impose dans le camp du bien. L'art urbain est une fête comme le démontre dans notre dossier sur les festivals de l'été. Mais derrière l'ironie, la distance, la dérision, il est peut être temps de trouver les ressorts d'une mobilisation politique qui ne pourra au final que s'exprimer dans les urnes dans dix-huit mois sur le territoire américain. Il ne s'agit plus de critiquer la société de consommation, il ne s'agit plus d'explorer les limites du Pop, il ne s'agit plus d'entretenir la flamme du vandalisme, il s'agit de produire des images sidérantes qui puisse convaincre le peuple que le seul patron qui vaille n'est ni un milliardaire, ni un homme providentiel mais le peuple lui-même.
Découvrez les interviews de Shepard Fairey (Obey Giant) (histoire de couverture ! ), Faith47 Ecb Hendrik Beikirch, un aperçu de la résidence Void Projects de AXEL VOID avec 50 artistes à #konventpuntzero (Paco Pill) et les portraits de Onemizer, Aec Interesni Kazki , Travis Louie, Simone Legno, et Fred Mortagne !!
Puisquil sagit de ne plus rien prendre au sérieux à partir de cette rentrée 2019, Graffiti Art revient en allant à la rencontre de quelques artistes solidement établis sur le créneau de lironie. Nous avons dabord été visiter la maison de style "Facteur Cheval" de Carrie Reichardt. La bougresse développe un art sauvage et littéral au féminisme "Datagueule" des plus réjouissants. Autre figure féminine impressionnante, lartiste conceptuelle britannique Lucy Sparrow qui entend nous montrer la consommation pour ce quelle est : un dispositif confortablement dégoûtant. Et puisquil ny a quun pas des étagères des hypermarchés jusquaux décharges publiques, nous ne quittons pas le Royaume-Uni et nous laissons Dan Rawlings nous balader dans des lieux vagues pour découvrir comment il taille des épaves au chalumeau pour en accélérer le retour à létat de nature. Ironique toujours, que ce numéro qui sort à quelques jours du Brexit ait une couleur si franchement British. Cela dit, le monochrome nest décidément pas notre truc.
Dans cette nouvelle édition de Graffiti Art, nous parvenons enfin à établir une ligne historique du mouvement de l'art urbain. En effet, nous avions comme un manque à vous raconter tous nos artistes sans être capables de les replacer dans une sorte de continuité, d'évolution, de transformation. Les trois mouvements sont finalement réunis dans ce numéro. Nous racontons le passé avec une plongée dans l'univers de Rammellzee, artiste total, chaînon décisif entre le hip-hop, le graffiti et l'art primitif. Vhils et Faile incarnent avec brillance le présent du mouvement à la confluence du pop, d'une figuration expressionniste et de l'art contemporain pur et dur. Et notre dossier consacré à l'éclosion des fondations d'art urbain illustre bien le futur "muséal" qui attend nos créateurs. Ce qui rend optimiste, c'est que la combinaison des trois temps ne fait que renforcer la cohérence de la démarche urbaine. Et puis, il y a l'espace. Difficile de bouder son plaisir, alors que nous parcourons les époques et les lieux avec une aisance un peu magique. De l'Ecosse du festival Nuart, au Crystal Ship belge en passant par la nouvelle résidence du Couvent à Marseille, et puis, et puis... New York City, Los Angeles et l'Amerique du Sud explorée en tous sens par Remed et son art aux influences chamaniques. Urbi et orbi. Béni soit l'art urbain.
Conquête Urbaine" , l'exposition rétrospective organisée au Musée des Beaux Arts de Calais donne le ton de cette nouvelle édition. Car voilà que l'Urbain devient le sauf conduit vers la conquête d'un public de plus en plus... conquis. Calais est la ville d'Europe aux premières lignes du Brexit et c'est justice qu'elle accueille un genre qui n'a aucun respect pour les frontières et s'insinue dans toutes les strates thématiques ou géographiques de la culture qui compte. Le corps, d'abord, nouvelle zone de conquête dans notre dossier consacré aux artistes tatoueurs. La pierre, ensuite avec un portrait de Does qui travaille au coeur même des surfaces minérales. Deux grandes interviews marquent aussi ce numéro. Swoon qui inaugure avec un solo show envoutant le nouvel espace Fluctuart. Fluctuart ? C'est une péniche installée sur les rives de la Seine dédiée à l'art contemporain urbain. Fluctuart : "Conquête Fluviale" . L'autre rencontre est celle de Mist qui revient avec son abstraction hyper énergique : "Conquête Quantique" . Bom-K qui nous avait l'honneur d'une couverture envoutante dans le numéro précèdent revient pour portrait à l'occasion de son nouveau show à Paris. "Conquête historique" , alors qu'il bat les records d'enchères, nous couvrons aussi une exposition exceptionnelle consacrée à Basquiat aux Pays-Bas. "Conquête phylogénétique" , une visite à l'atelier d'Alexis Diaz nous montre au travail le maître de l'hybridation animale. Et pour en terminer avec toute cette agitation épuisante, nous retournons en Espagne, où Ampparito nous apaise avec son ironie tranquille. Que faudrait il conclure face à une telle extension du domaine de l'urbain ? No Border, évidemment.
U sommaire de ce numéro d'été 2016, un dossier sur l'art du réel dans la peinture, du classicisme de la peinture à l'huile à un nouvel hyperréalisme à tendance surréaliste. Pour laisser votre esprit divaguer sous le parasol à la découverte de nouveaux talents artistiques, vous pourrez vous plonger dans l'interview de notre artiste de couverture, l'Américain Sam Friedman, ancien assistant de Kaws et peintre semi-abstrait à mi-chemin entre Wesselman et De Kooning, dont l'oeuvre est dominée par le paysage et la nature morte. L'Allemande MadC se raconte quant à elle en nous emmenant sur le chemin de la féminité picturale et de l'abstraction acidulée, affirmant sa position d'artiste femme au sein de la scène contemporaine. Une troisième interview passionnante avec le Français Bom. K nous donne à lire son engagement artistique radical pour le dessin et la peinture, avec un travail à la sensualité étrange et morbide qui hypnotise le spectateur. On découvre au fil d'une fine analyse le portrait de l'artiste italien 2501 et sa production protéiforme allant de la peinture à l'installation, en passant par la céramique et le dessin assorti de feuilles d'or. Enfin, partons à la découverte de l'univers de Kehinde Wiley, entre peinture classique du XVIIIe siècle et icônes de la culture hip-hop, à l'occasion de sa grande rétrospective au Brooklyn Museum.
Ce premier numéro de l'année 2017 a l'ambition de montrer encore plus de talents artistiques avec une nouvelle maquette les mettant en lumière, tout en gardant l'équilibre entre artistes établis et émergents. Avec en outdoor les plus beaux murs peints de l'hiver et en indoor un agenda qui annonce plus de quarante expositions à voir durant ce premier trimestre, Graffiti Art est au service d'un public large comme averti.
Au sommaire de ce numéro de printemps 2015, un dossier dédié à l'abstraction dans l'art urbain, mettant en scène des artistes s'exprimant dans la rue et en atelier de façon mathématique et géométrique ou encore de façon libre et jetée, tous à la recherche d'un langage universel, à l'instar de Maya Hayuk, Revok, Carl Cashman ou Jason Woodside. Partons à la découverte des artistes les plus excitants du moment, on lit une interview de Pose, artiste de Chicago à la figuration déconstruite, à mi-chemin entre Warhol et Rosenquist ; Levalet, jeune artiste parisien réalisant dans les rues de la capitale des collages à l'encre de chine, empreints d'humour et de contextualité ; et Cleon Peterson, artiste et graphiste réputé du milieu du skateboard de Los Angeles, comparse de Shepard Fairey, peignant un obscur Eldorado où désordre et pulsions inavouables se donnent libre cours dans des danses mortuaires dénuées de morale et de justice. Enfin, on se plonge dans les portraits de deux jeunes artistes montants sur la scène de l'art contemporain urbain : Ekundayo, basé à Hawaï, qui consacre son temps à une peinture semi-expressionniste et hypersensible, et Taku Obata, qui tel un samouraï du break dance, rend hommage à la culture du hip-hop, avec les techniques traditionnelles de la sculpture japonaise.
Au sommaire de ce dernier numéro de l'année 2016, un dossier sur les couples d'artistes à la ville comme à l'atelier (Jana & Js, 123 Klan, Ella & Pitr, Dabs Myla, Natalia Rak et Bezt, Koralie et SupaKitch). L'Américain pionnier du hip-hop Doze Green revient à l'occasion de son exposition parisienne à la Galerie Openspace sur son histoire et son parcours des années 70 à New York jusqu'à la Gold Country où il vit en autarcie à la tête d'une ferme biologique. Les artistes de ce numéro viennent majoritairement du graffiti et montre le chemin parcouru aussi bien au niveau stylistique que spirituel à l'instar de West Rubinstein, également pionnier du graffiti new-yorkais, faisant son grand retour sur la scène artistique avec une exposition remarquable à la 886 Geary Gallery de San Francisco. SatOne nous fait également part dans cette troisième interview de son esprit d'indépendance et de l'évolution formelle de son travail, appelé vers l'abstraction de couleurs. On découvre aussi Felipe Pantone installé à Valence depuis plusieurs années comme l'un des artistes le plus en plus en vogue sur la scène internationale, avec un travail abstrait marqué par l'histoire de l'art optique et cinétique. Henrique Oliveira, enfin, nous éblouit avec ses installations immersives in situ, représentant une véritable arme au service de la terre.