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Graffiti Art N° 44, mai-juin 2019
Lefranc Jean-Martial
GRAFFITI ART
8,70 €
Épuisé
EAN :3663322101786
Conquête Urbaine" , l'exposition rétrospective organisée au Musée des Beaux Arts de Calais donne le ton de cette nouvelle édition. Car voilà que l'Urbain devient le sauf conduit vers la conquête d'un public de plus en plus... conquis. Calais est la ville d'Europe aux premières lignes du Brexit et c'est justice qu'elle accueille un genre qui n'a aucun respect pour les frontières et s'insinue dans toutes les strates thématiques ou géographiques de la culture qui compte. Le corps, d'abord, nouvelle zone de conquête dans notre dossier consacré aux artistes tatoueurs. La pierre, ensuite avec un portrait de Does qui travaille au coeur même des surfaces minérales. Deux grandes interviews marquent aussi ce numéro. Swoon qui inaugure avec un solo show envoutant le nouvel espace Fluctuart. Fluctuart ? C'est une péniche installée sur les rives de la Seine dédiée à l'art contemporain urbain. Fluctuart : "Conquête Fluviale" . L'autre rencontre est celle de Mist qui revient avec son abstraction hyper énergique : "Conquête Quantique" . Bom-K qui nous avait l'honneur d'une couverture envoutante dans le numéro précèdent revient pour portrait à l'occasion de son nouveau show à Paris. "Conquête historique" , alors qu'il bat les records d'enchères, nous couvrons aussi une exposition exceptionnelle consacrée à Basquiat aux Pays-Bas. "Conquête phylogénétique" , une visite à l'atelier d'Alexis Diaz nous montre au travail le maître de l'hybridation animale. Et pour en terminer avec toute cette agitation épuisante, nous retournons en Espagne, où Ampparito nous apaise avec son ironie tranquille. Que faudrait il conclure face à une telle extension du domaine de l'urbain ? No Border, évidemment.
Dans cette nouvelle édition de Graffiti Art, nous parvenons enfin à établir une ligne historique du mouvement de l'art urbain. En effet, nous avions comme un manque à vous raconter tous nos artistes sans être capables de les replacer dans une sorte de continuité, d'évolution, de transformation. Les trois mouvements sont finalement réunis dans ce numéro. Nous racontons le passé avec une plongée dans l'univers de Rammellzee, artiste total, chaînon décisif entre le hip-hop, le graffiti et l'art primitif. Vhils et Faile incarnent avec brillance le présent du mouvement à la confluence du pop, d'une figuration expressionniste et de l'art contemporain pur et dur. Et notre dossier consacré à l'éclosion des fondations d'art urbain illustre bien le futur "muséal" qui attend nos créateurs. Ce qui rend optimiste, c'est que la combinaison des trois temps ne fait que renforcer la cohérence de la démarche urbaine. Et puis, il y a l'espace. Difficile de bouder son plaisir, alors que nous parcourons les époques et les lieux avec une aisance un peu magique. De l'Ecosse du festival Nuart, au Crystal Ship belge en passant par la nouvelle résidence du Couvent à Marseille, et puis, et puis... New York City, Los Angeles et l'Amerique du Sud explorée en tous sens par Remed et son art aux influences chamaniques. Urbi et orbi. Béni soit l'art urbain.
La saisissante pièce de DFace qui figure en couverture de ce numéro et sera prochainement présentée à la foire Urvanity Art à Madrid, résume bien notre état d'esprit en ce début 2018. De quoi s'agit-il ? De s'alarmer des désordres du monde tout en conservant une certaine dose d'ironie cinglante. Une sorte d'esthétique du désespoir combatif. Alors pour cette nouvelle édition, nous repartons dans la rue. Back to the streets, avec Bahia Shehab, actrice et témoin de la révolution égyptienne à travers ses pochoirs militants. Back to the streets, avec Ian Strange et ses constructions naufragées, prélude, osons-nous l'espérer, au réveil de la conscience politique des banlieues américaines. Back to the streets, avec Cranio et ses "bons sauvages" qui se poilent en pagayant dans la colonisation consumériste de l'Amérique du Sud. Back to the streets encore, avec Kashink et son jeu de genres. Le dossier est consacré à la confrontation entre l'humanité et l'animalité à travers les travaux de grands producteurs d'oeuvres muralles tels que Jaz, Li-Hill ou Kraken. Et puis, en forme de paradoxe, une interview de Felipe Pantone qui nous propose un futur de vitesse et d'électricité en triturant des images inspirées d'antiques tubes cathodiques. La nostalgie ? Oui, aussi. Quand Maxime Drouet nous emmène dans ses trains joliment "vandalisés" ou quand nous découvrons JonOne proprement "muséifié" . Excellence enfin avec Logan Hicks qui revient avec son art du pochoir poussé aux extrémités du media. Excellence toujours, dans l'intimité de l'atelier de Manolo Mesa qui réinvente le néoclassicisme espagnol. Alarme, ironie et excellence. Bonne année à tous.
En couverture de GA 36, Matt Gondek et sa "famille nucléaire" nous raconte une nativité en "creux" pour ces fêtes de fin d'année 2017. Notre nouveau dossier aborde la question de l'appropriation du Pop qui voit de plus en plus d'artistes inviter Mickey ou les Superhéros en guest stars de leurs oeuvres. Plus calmes et méditatifs sont les paysages urbains de Stéphanie Buer ou les toiles apaisantes de Philippe Hérard. De pop, il est encore question avec une première interview de fond avec Hebru Brantley, le kid de Chicago parti à la conquête du monde grâce à son héros adolescent et aviateur. Nous prenons aussi des nouvelles de Brusk dont les nouvelles incursions vers le volume nous intriguent et nous enchantent. Autre motif d'émerveillement, les dessins obsessionnels de détails de Ben Tolman saisis au moment même où commence son premier solo show à Paris. Nous avons fait aussi le chemin jusqu'à Zürich, pour rencontrer Julien Kolly, le galeriste de référence de la ville et aussi un défenseur acharné du graffiti et de l'abstraction. Un peu plus au Sud, mais toujours en Suisse, Saype nous épate avec ses fresques géantes peintes à même les alpages. Les média sont investis sous toutes leurs formes par les artistes du mouvement comme le révèlent nos rencontres avec Lenz, qui a fait de la brique Lego son moyen d'expression du moment. Notre voyage s'achève au Portugal avec Add Fuel qui produit lui des oeuvres urbaines géantes à base de céramique, organisant un dialogue envoutant entre le passé et le présent. Un numéro qui interroge une période inquiétante et révèle des mutations plutôt exaltantes.
Au sommaire de ce dernier numéro de l'année 2016, un dossier sur les couples d'artistes à la ville comme à l'atelier (Jana & Js, 123 Klan, Ella & Pitr, Dabs Myla, Natalia Rak et Bezt, Koralie et SupaKitch). L'Américain pionnier du hip-hop Doze Green revient à l'occasion de son exposition parisienne à la Galerie Openspace sur son histoire et son parcours des années 70 à New York jusqu'à la Gold Country où il vit en autarcie à la tête d'une ferme biologique. Les artistes de ce numéro viennent majoritairement du graffiti et montre le chemin parcouru aussi bien au niveau stylistique que spirituel à l'instar de West Rubinstein, également pionnier du graffiti new-yorkais, faisant son grand retour sur la scène artistique avec une exposition remarquable à la 886 Geary Gallery de San Francisco. SatOne nous fait également part dans cette troisième interview de son esprit d'indépendance et de l'évolution formelle de son travail, appelé vers l'abstraction de couleurs. On découvre aussi Felipe Pantone installé à Valence depuis plusieurs années comme l'un des artistes le plus en plus en vogue sur la scène internationale, avec un travail abstrait marqué par l'histoire de l'art optique et cinétique. Henrique Oliveira, enfin, nous éblouit avec ses installations immersives in situ, représentant une véritable arme au service de la terre.
Dreyfus Emmanuelle ; Longhi Samantha ; Audibert La
Nous soutenons des festivals tels que Bien Urbain à Besançon ou encore le festival K-live à Sète pour leur humanisme et leur ouverture d'espriit qui n'existe plus vraiment dans notre société dominée par l'économie du tourisme et de l'immobilier, le muralisme jouant avant tout le jeu de la gentrification, ne nous leurons pas. L'intérêt étant également de proposer un équilibre entre grands murs et interventions à échelle humaine. Le phénomène d'expansion du muralisme permet bel et bien aujourd'hui de questionner la place de l'art dans nos villes et son statut dans notre société.
Au sommaire de ce numéro de printemps 2015, un dossier dédié à l'abstraction dans l'art urbain, mettant en scène des artistes s'exprimant dans la rue et en atelier de façon mathématique et géométrique ou encore de façon libre et jetée, tous à la recherche d'un langage universel, à l'instar de Maya Hayuk, Revok, Carl Cashman ou Jason Woodside. Partons à la découverte des artistes les plus excitants du moment, on lit une interview de Pose, artiste de Chicago à la figuration déconstruite, à mi-chemin entre Warhol et Rosenquist ; Levalet, jeune artiste parisien réalisant dans les rues de la capitale des collages à l'encre de chine, empreints d'humour et de contextualité ; et Cleon Peterson, artiste et graphiste réputé du milieu du skateboard de Los Angeles, comparse de Shepard Fairey, peignant un obscur Eldorado où désordre et pulsions inavouables se donnent libre cours dans des danses mortuaires dénuées de morale et de justice. Enfin, on se plonge dans les portraits de deux jeunes artistes montants sur la scène de l'art contemporain urbain : Ekundayo, basé à Hawaï, qui consacre son temps à une peinture semi-expressionniste et hypersensible, et Taku Obata, qui tel un samouraï du break dance, rend hommage à la culture du hip-hop, avec les techniques traditionnelles de la sculpture japonaise.
U sommaire de ce numéro d'été 2016, un dossier sur l'art du réel dans la peinture, du classicisme de la peinture à l'huile à un nouvel hyperréalisme à tendance surréaliste. Pour laisser votre esprit divaguer sous le parasol à la découverte de nouveaux talents artistiques, vous pourrez vous plonger dans l'interview de notre artiste de couverture, l'Américain Sam Friedman, ancien assistant de Kaws et peintre semi-abstrait à mi-chemin entre Wesselman et De Kooning, dont l'oeuvre est dominée par le paysage et la nature morte. L'Allemande MadC se raconte quant à elle en nous emmenant sur le chemin de la féminité picturale et de l'abstraction acidulée, affirmant sa position d'artiste femme au sein de la scène contemporaine. Une troisième interview passionnante avec le Français Bom. K nous donne à lire son engagement artistique radical pour le dessin et la peinture, avec un travail à la sensualité étrange et morbide qui hypnotise le spectateur. On découvre au fil d'une fine analyse le portrait de l'artiste italien 2501 et sa production protéiforme allant de la peinture à l'installation, en passant par la céramique et le dessin assorti de feuilles d'or. Enfin, partons à la découverte de l'univers de Kehinde Wiley, entre peinture classique du XVIIIe siècle et icônes de la culture hip-hop, à l'occasion de sa grande rétrospective au Brooklyn Museum.