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L'humanitaire sous l'emprise du néolibéralisme
Brequeville Bertrand ; Martin Boris
ECLM
16,00 €
Épuisé
EAN :9782843772290
Depuis les années 1980 et l'avènement du sans-frontiérisme, l'humanitaire s'est peu à peu laissé conquérir par la rationalité néolibérale. Ses missions reposent sur des principes nobles, mais présumés intangibles et nourris de représentations occidentales, qui ont fini par devenir un facteur d'inertie. Malgré une histoire associée aux droits de l'homme et à la démocratie, l'humanitaire, tel qu'il est pensé aujourd'hui, décontextualise les situations de souffrances, désactive la condition politique des personnes concernées et renonce à envisager la transformation sociale. Son glissement vers un humanitarisme néolibéral satisfait de lui-même, résultat d'une absence de regard critique sur sa propre doctrine, le rend toujours plus impuissant face à un système que rien ne semble pouvoir arrêter. Il devient urgent qu'émerge un nouveau paradigme combatif, radical, reconnaissant la valeur sociale et la politicité des populations touchées. Il est indispensable de repenser un humanitaire en synergie avec les mouvements sociaux et indigènes afin de contribuer à revitaliser la notion de progrès dans une logique d'émancipation, de justice sociale et du commun. Encourager l'humanitaire à entreprendre cette remise en question tout en sensibilisant le public à ces enjeux, telle est l'ambition de cet essai.
Ce beau texte, où il est question de la physique et de la métaphysique du sexe, surprendra plus d'un lecteur, car il est audacieux et d'une rare originalité. Audacieux, parce qu'Alexis - l'amant - est aussi impudique que pervers, poursuivant la conquête d'une femme inaccessible, Sophie, alors même qu'il entretient d'autres liaisons. Original parce que peu d'auteurs ont été aussi loin dans la recherche du plaisir et de "l'infinitude" humaine. Le récit, d'une grande virtuosité, nous promène entre Rennes, Paris, Florence et New York. L'amant y prêche "la merveilleuse abjection, la jouissance absolue de l'obscène, la chute vertigineuse dans l'immonde", tandis que Sophie, "chaque matin, gémit après la chose immonde et délicieuse", mais écrit à l'amant: "Dieu t'aime puisque tu m'as rencontrée."
Lydia est une femme très âgée, presque aveugle et presque sourde, une vie fragile qui arrive à son terme. Mais Lydia a été une femme forte, courageuse, héroïque, un agent de la Résistance dans la Belgique des sombres années 1943-1944. Ses documents, conservés au mépris de toute prudence, et les journaux de ses deux petites filles, révèlent les bombardements, le passage incessant des avions, l'installation des Allemands dans la demeure, l'avance des Alliés, l'engagement contre l'occupant, la vie dans un monde en guerre. La petite Julie est fascinée par ce tas de secrets qu'elle devine en Lydia, son arrière-grand-mère. Entre la vieille dame qui ne se déplace plus seule et la résistante infatigable, un monde, une personnalité hors du commun que Julie, question après question, touche du doigt et dévoile au lecteur. Car Lydia, par la grâce de l'écriture et des condensations biographiques, est devenue un être de lettres, comme disait Valéry, mais aussi pétri de chair, de sentiments et de la dimension historique que seul le roman, en ce qu'il diffère de l'essai ou de la biographie, a le pouvoir d'élaborer. . . Huguette de Broqueville, présidente du P.E.N. Club francophone de Belgique, vice-présidente du Centre Marguerite Yourcenar (cidmy), a publié plusieurs analyses de la Petite cosmogonie portative de Raymond Queneau, par la méthode de L'Etrange volupté de la mathématique littéraire (Jacques Antoine, 1983). Entre autres fictions : On ne répond pas à un crapaud (Calmann-Lévy, 1968), Uraho ? Es-tu toujours vivant (Mols, 1997) et la série des Bécasses (Marginales, 2001 à 2007).
Della Faille de Leverghem Lydia ; Broqueville Hugu
Après le décès en 1911 de Madame Alexandre della Faille de Leverghem, ses descendants continuent à vivre sur le domaine du Lackbors, situé à Deurne près d'Anvers, où chacun a construit sa demeure. On se voit beaucoup, on se rencontre dans les allées, on va chez l'un et l'autre, tous cousins, tous unis par un puissant esprit de famille. Une propriété s'appelait à cette époque une campagne. Gustave, le père de Lydia, y côtoie ses quatre frères, Gaston, Jules, Ludovic (dit Fio) et Henry. En 1914, Gaston et Ludovic sont encore célibataires, et l'ardente Lydia parle beaucoup de ces jeunes oncles dans son journal. La guerre bouleverse cet état idyllique. On verra la famille partant au gré des rumeurs, tantôt à Anvers, tantôt dans leur campagne de Deurne, subissant l'attaque de zeppelins, ou l'attente des obus. La Belgique tout entière semble une vaste fourmilière affolée de gens courant en tous sens, perdant le nord, ne sachant où se réfugier, où déposer en lieu sûr leurs biens transportables. Mais elle est aussi grandie par cette vague patriotique qui anime la jeune Lydia à vouloir "soigner les blessés" et pousse les oncles si séduisants à prêter leurs propriétés aux armées et à s'engager au combat.
L'os et le souffle" est le nom que se donne la "chefferie" kanak des Paimboa lors des discours cérémoniels propres aux funérailles et aux échanges rituels. Le sens de cette formule renvoie au grand oeuvre de la société consistant à transformer ses morts en ancêtres. Car dans les jardins, récolter des ignames requiert le concours des ancêtres ; à cette fin, il est nécessaire de convertir les morts récents en ancêtres. En étudiant les discours cérémoniels et le travail rituel, cet ouvrage se propose de comprendre une société qui n'oppose pas la nature à la culture, mais au contraire se prolonge dans l'univers, en particulier dans le monde végétal. C'est ainsi que les funérailles, parce qu'elles synchronisent la fin du cycle de vie humaine avec le cycle de l'igname, sont une remise en ordre social et cosmique, et un retour vers la vie. En cela, l'horticulture et les funérailles participent d'un vaste cycle rituel qui, en mobilisant la société, convoque aussi bien son héritage précolonial que des éléments adoptés de la mondialisation économique.
Pour gérer notre planète, il faut se mettre d'accord sur des valeurs communes. S'appuyant sur ce constat, Pierre Calame a formé un réseau constitué de militants du monde entier, afin de produire un texte couvrant l'ensemble des défis communs. La responsabilité s'impose alors comme concept fédérateur, parce qu'il est le corollaire de toute vie en communauté et à ce titre présent, sous des vocables divers, dans toutes les sociétés. Après avoir décrit l'émergence de cette "Déclaration universelle des responsabilités humaines" et ses principes généraux, Pierre Calame s'attache aux conditions de mise en Åuvre d'une telle charte, en passant en revue les trois niveaux de la responsabilité : celui des choix individuels ; celui des normes collectives des milieux sociaux et professionnels ; celui enfin des systèmes juridiques, en montrant comment l'adoption d'une telle Déclaration par l'ONU renouvellerait le droit international en frayant la voie à un "droit commun mondial"
Si certains problèmes sont difficiles à résoudre parce qu'ils sont complexes, d'autres sont difficiles à résoudre parce qu'ils sont trop simples. La crise climatique est un problème du deuxième genre : pour la résoudre, il suffit d'arrêter de brûler le carbone fossile, c'est-à-dire le pétrole, le gaz et le charbon, ces sources d'énergie qui ont alimenté l'économie mondiale depuis deux siècles. Une grande partie des instruments de la politique du climat ont été créés pour cacher la simplicité désarmante de ce fait, car la politique climatique est aussi une politique de puissance, le carbone fossile alimentant la croissance économique depuis des décennies. En conséquence, les opposants à une politique climatique efficace exercent une grande influence. Or si l'on peut agir sur l'activité économique, on ne peut changer les lois de la nature, et l'on doit de ce fait dessiner un monde avec moins de croissance.