En 1839, Frédéric-Auguste Demetz a créé à Mettray une Colonie agricole et pénitentiaire afin d'offrir aux "enfants perdus" une alternative à la prison. Fondée sur des principes humanistes, cette institution se proposait d'éduquer ses pensionnaires par le travail (agricole ou artisanal), par la foi religieuse, par l'instruction et par la discipline. La Colonie de Mettray entra pourtant, à partir de la fin du XIX siècle et surtout entre les deux guerres, dans la période sombre de son histoire, au point de mériter le surnom de "bagne d'enfants" et de devoir être fermée en 1937. Répression, violences et scandales ont marqué cette époque, jusqu'à supplanter les années lumineuses dans la mémoire collective. Il faut pourtant se souvenir qu'avant de devenir ce que Jean Genet a décrit et Michel Foucault dénoncé, la Colonie a été voulue comme une expérience éducative novatrice, qui a fait d'elle un modèle en France, mais aussi dans toute l'Europe. Colonie agricole et pénitentiaire, Village de l'espoir, Village des jeunes et aujourd'hui association Atouts et Perspectives, les noms changent au fil du temps, mais l'esprit d'initiative et la générosité de son fondateur perdurent. A l'aide de nombreuses et magnifiques photographies provenant du Centre de documentation la Paternelle et des Archives départementales de Touraine, cette étude brosse un tableau complet d'une histoire riche et souvent douloureuse, mais par bien des aspects exemplaire.
Charles, jeune bourgeois de la Belle époque, va, à la suite d'une erreur judiciaire, vivre l'enfer du bagne guyanais. Il va découvrir un monde où les plus bas instincts de l'homme sont érigés en règle de survie, un monde dans lequel il lutte avec l'énergie du désespoir contre la déchéance et la mort auxquelles peu échappent. Son père, qui s'efforce à Paris d'obtenir la révision d'un procès injuste, entreprend, avec une détermination qu'on ne lui imaginait pas, une course contre un temps qu'il sait compté, car on ne résiste pas longtemps à la " tentiaire ", broyeuse d'hommes. L'auteur, ancien avocat pénaliste, nous fait revivre, avec une plume d'historien et de romancier, une période peu glorieuse de la justice française. Cette histoire d'amour filial, d'amitié d'hommes confrontés à l'horreur, est un récit fidèle et terrifiant de ce que fut la vie des forçats au début du XXe siècle.
Dans les premières années du XXe siècle, la France a connu plusieurs scandales touchant les congrégations religieuses qui hébergeaient des jeunes filles orphelines ou délaissées. Après ceux de Nancy et d'Annonay, celui qui concerna le couvent du Refuge, à La Riche (Indre-et-Loire), fut retentissant : en juin 1903, une soeur de l'ordre de Notre-Dame de Charité était poursuivie devant le tribunal correctionnel de Tours pour violences et voies de fait sur treize pensionnaires. Ce procès aux répercussions nationales alimenta la guerre sans merci que se livraient alors républicains et cléricaux, et qui aboutit à la loi de séparation des Eglises et de l'Etat du 9 décembre 1905. Après avoir, dans un précédent ouvrage, rappelé l'histoire de la Colonie agricole et pénitentiaire de Mettray, l'auteur relate ici scrupuleusement le déroulement du procès et nous fait découvrir l'horreur de certaines pratiques mêlant sadisme et sacré. Ancien avocat pénaliste, il est bien placé pour porter un regard sur cet épisode hors normes, effrayant mais méconnu, de l'histoire tourangelle.
Comment mieux faire revivre un événement historique qu'en écrivant un roman ? L'auteur nous plonge ici dans l'atmosphère sordide qui était celle du " petit couvent de La Riche " appelé encore " le Refuge de Tours " mené par les soeurs de l'ordre de Notre-Dame de Charité. Pour ce faire, il s'empare du personnage réel de la petite Angèle J., orpheline unijambiste, qui y passa plus de six années entre 1895 et 1901. Ce roman historique plein de sensibilité nous permet d'appréhender la vie inhumaine qui était alors imposée à ces petites filles et adolescentes, orphelines ou délaissées de tous. Il nous fait également découvrir, au travers des yeux d'Angèle, le procès qui a eu lieu à Tours en juin 1903, à l'issue duquel une religieuse a été condamnée à une peine de prison ferme pour les comportements sadiques qui avaient été les siens pendant des années. Après avoir retracé dans son précédent livre, l'histoire de la Colonie agricole et pénitentiaire de Mettray, une autre institution tourangelle à destination des garçons délinquants, l'auteur se penche sur le sort que l'on réservait aux filles. Il complète ainsi le tableau d'une Touraine de la fin du XIXe siècle, où la douceur de vivre n'était pas le fait de tous.
L'eau commence à entrer dans la maison. Jamais encore cela ne s'est produit. Cela inquiète Silvio. Pas de premier étage. Pas d'échappatoire. Il n'a plus l'âge de monter sur le toit. Et il l'entend bouillonner comme une folle, la puta, là-bas dans ce qui était son lit désormais incapable de maintenir ces tonnes d'eau folle venues de la grande dame. Alors, il est allé mettre ses bottes. On ne lutte pas contre l'eau. L'auteur quitte pour un temps le monde judiciaire afin de nous faire partager sa connaissance de l'Amérique latine où il vit une partie de l'année depuis plus de dix ans. L'Equateur, le Pérou, le Chili et même un pays imaginaire sont le théâtre d'aventures pittoresques et émouvantes. Du petit cireur de chaussures de Quito qui découvre la vie (Tremblement), au vieillard de la région de Guayaquil qui revoit défiler la sienne face aux flots qui le menacent (Inondation), à l'histoire fabuleuse et réelle de la petite Juanita " la princesse des glaces " d'Arequipa (Glissement), au nouveau prêtre de San Pedro de Atacama qui prend possession de sa paroisse au pied du volcan Ampato qui le fascine (Eruption), sans oublier dans un pays inventé, le Vénélivia, le récit d'un coup d'Etat avorté (Révolution). Après l'Afrique (Le cocotier de Grand Bassam), l'auteur explore avec réalisme et tendresse ce continent dit du " Nouveau Monde " qu'il connaît bien et, s'appuyant sur les phénomènes naturels et humains qui lui sont quotidiens, nous livre cinq nouvelles aussi savoureuses les unes que les autres.
Cas unique dans l'histoire maritime, un sous-marin de la Royal Navy a coulé à deux reprises : en 1939, accidentellement, près de Liverpool, puis en 1943 par faits de guerre, au large de la Sicile, après un duel avec une corvette de la Regia Marina italienne. A chaque fois, la quasi-totalité de l'équipage y a perdu la vie. Ce navire particulièrement malchanceux s'est appelé d'abord Thétis puis, après son renflouement, Thunderbolt. Aucun livre sur le sujet n'avait été publié en langue française précédemment.
Le Dernier Jour d'un condamné est un célèbre pamphlet contre la peine de mort écrit par Victor Hugo. Depuis sa première publication, ce texte a été réédité à maintes reprises. Pour la première fois, il est ici rendu accessible à un très large public. Chaque page est accompagnée d'une illustration d'époque, qui permet de mieux comprendre les sensibilités, enjeux et combats non seulement du grand romancier mais aussi de son siècle. Les dernières heures de la vie du mystérieux condamné à mort dont nous ignorons l'identité et même le crime qu'il a commis, sont illustrées par des oeuvres d'artistes remarquables, parmi lesquels Achille Devéira (1800-1857), Gavarni (1804-1866), Tony Johannot (1803-1852) et Célestin Nanteuil (1813-1873. La préface, la postface et les commentaires de Julien Sapori présentent des aspects méconnus de ce roman qui, à sa sortie en 1829, déclencha la polémique et qui est devenu, de nos jours, une véritable icône, tant le débat sur la peine de mort reste d'actualité dans notre monde contemporain.
Un tueur en série laisse dans son sillage les corps sans vie de couples, qu'il traque à la faveur de la nuit, arpentant les rues désertes de la ville endormie. Insaisissable, invisible, surnommé " le Cupidon " par la presse, il semble agir en toute quiétude, malgré les efforts désespérés des forces de police, et poursuivre ce qu'il considère comme une oeuvre unique et grandiose, qu'il se doit d'exposer aux yeux du monde entier. Un animateur radio, attiré par la promesse d'audimat, fasciné par l'aura du tueur et sa dimension quasi mystique, se retrouve happé dans l'affaire, partagé entre l'inspecteur de police en charge de l'enquête et le Cupidon. Mais où se situe la frontière entre curiosité morbide et fascination dangereuse ? Peut-on regarder l'horreur en face et en ressortir indemne ? Peut-on contempler la noirceur d'une âme malade, et voir ces corps massacrés, sans en perdre irrémédiablement une part de soi ? Une chose est certaine, bousculée par la présence oppressante du Cupidon, la vie des protagonistes ne sera plus jamais la même.
La guerre contre les états Allemands, qui commence le 19 juillet 1870, se solde par l'une des plus lourdes défaites de l'histoire de l'histoire de France. Battu à Sedan le 1er septembre, Napoléon III est capturé par le roi de Prusse Guillaume et, trois jours plus tard, l'Empire est renversé. Pendant ce temps, la fine fleur de l'armée française est assiégée devant Metz. Sa capitulation, le 28 octobre, marque la fin d'une époque (le Second Empire), cependant que partout ailleurs en France, des armées nouvelles poursuivent la lutte contre l'envahisseur. Ce guide fait un point complet sur la première partie de ce conflit à l'issue duquel la France devra céder l'Alsace et la Moselle à l'Allemagne. Au fil des batailles (Wissembourg, Woerth, Borny, Rezonville, Saint-Privat...), on découvre une armée française certes vaincue, mais qui a sauvé l'honneur et dont l'immense courage des soldats a fait l'admiration de ses ennemis. Une histoire épique et tragique.