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Giorgio Vasari (1511-1574) ou l'art de parvenir
Salem Jean
KIME
19,30 €
Épuisé
EAN :9782841742677
Vasari, serviteur de son prince, peintre maniériste et portraitiste des grands, organisateur de fêtes solennelles, architecte, surintendant aux monuments, guide et grand régisseur d'une génération entière d'artistes toscans ; Vasari, thuriféraire du mécénat médicéen, laudateur des institutions florentines et auteur d'une histoire de l'art célébrant la munificence du grand-duc Cosme 1er et de la dynastie Médicis : tout cela, au lendemain de la défaite des républicains à Florence (1529), a comme un parfum d'années Mitterrand. Jean Salem s'efforce de croquer ici la silhouette morale de Giorgio Vasari. Il décrit le parcours d'un habile, dans une société en crise, désormais soumise au processus de restauration imposé par la Contre-Réforme. Et il tente, à cette occasion, de donner sa définition de l'art maniériste : art mondain, art de la grâce plutôt que de la simple beauté classique, art érudit qui est à la source de bien des mythes que la modernité continue de colporter au sujet de l'artiste et de l'?uvre d'art.
Il y avait la sentence convenue en vertu de laquelle l'atomisme de Démocrite résulterait d'un simple "monnayage de l'être éléatique". Il y avait cette foule de monographies qui tendaient à "dématérialiser" l'atome démocritéen, à en faire tout ce qu'on voudra sauf un corpuscule. Jean Salem, prenant un parti contraire, s'est efforcé de présenter une interprétation matérialiste de cette pensée qu'il tient pour fondatrice du matérialisme philosophique. Bien loin de se réduire à un surgeon quelque peu baroque de l'éléatisme parménidien, la philosophie des atomes prolonge et amplifie les spéculations d'Empédocle et d'Anaxagore, voire celles des premiers physiologues ioniens. Elle a partie liée, en outre, avec la préhistoire et l'histoire de sciences. Aussi, malgré quelques divergences de doctrine, Epicure, et son disciple romain Lucrèce n'ont-ils fait que prolonger l'extraordinaire intuition de leur devancier Démocrite. C'est en partant de tels principes que Jean Salem donne, dans les textes qui sont ici réunis, un commentaire de la Lettre dans laquelle Epicure résume son éthique ; qu'il décrit la lutte que Lucrèce a menée contre la religion populaire ; qu'il tente de déterminer ce que sont, du point de vue des épicuriens, les conditions du plaisir pur. L'auteur brosse ensuite une rapide esquisse de ce que pourrait être une histoire de l'atomisme philosophique : Démocrite, Epicure, Lucrèce, mais aussi les Mottécallemîn, Nicolas d'Autrecourt, Gassendi, Boyle, Cudworth, Newton, Diderot, etc. Il signale l'extrême intérêt du dogme touchant l'atomicité du temps, dogme que soutinrent plusieurs atomistes - grecs, romains, latins ou arabes. Jean Salem approuve enfin, dans l'étude qui clôt le présent recueil, ce qu'affirmait déjà l'antiquisant. Karl Marx : l'étrange théorie épicurienne de la déclinaison atomique possède au moins ce grand mérite qu'elle tente de "sauver", au sein même du matérialisme le plus radical, le fait incontestable de la liberté.
Concernant l'idée de révolution, six thèses principales paraissent ressortir d'un examen systématique des ?uvres complètes de V.I. Lénine. 1°/ La révolution est une guerre ; et la politique est, de manière générale, comparable à l'art militaire ; 2°/ Une révolution politique est aussi et surtout une révolution sociale, un changement dans la situation des classes en lesquelles la société se divise ; 3°/ Une révolution est faite d'une série de batailles ; c'est au parti d'avant-garde de fournir à chaque étape un mot d'ordre adapté à la situation objective ; c'est à lui de reconnaître le moment opportun pour l'insurrecion ; 4 °/ Les grands problèmes de la vie des peuples ne sont jamais tranchés que par la force ; 5°/ Les révolutionnaires ne doivent ni ne peuvent renoncer à la lutte en faveur des réformes ; 6°/ À l'ère des masses, la politique commence là où se trouvent des millions d'hommes, voire des dizaines de millions. Et les foyers de la révolution tendent à se déplacer vers les pays dominés.
Mangeons et buvons, car après la mort il n' a plus de plaisir ! ". Lorsque l'on fait effort pour retrouver explicitement ce curieux conseil non seulement chez saint Paul, mais aussi bien dans la Sagesse ou dans le livre d'Isaïe, on constate que cette parole attribuée par les Ecritures aux impies figure également chez Hérodote et Montaigne, quand ceux-ci rapportent que les Egyptiens plaçaient dans les banquets l'effigie d'un mort en bout de table ; qu'elle se retrouve dans des contextes fort disparates chez Athénée de Naucratis, chez Ronsard, puis chez le libertin Des Barreaux, chez Léon Chestov et, bien avant lui, chez des Pères tels que Pierre Chrysologue ; puis on la rencontre encore et encore, ici sous la plume de Schopenhauer, et là dans un texte de Renan ou de Feuerbach. On remarque, chemin faisant, à quel point le matérialisme philosophique ne tend pas spontanément vers la sereine ataraxie d'Epicure. On découvre ou l'on redécouvre qu'une tradition anacréontique, celle d'Omar Khayyam, celle du faux épicurisme des poètes de la Pléiade, celle des voluptueux inquiets, a tout autant voix au chapitre lorsqu'il s'agit de méditer en athée sur les mobiles de l'agît humain ou sur la possibilité d'être heureux. " Tant la religion a pu conseiller de crimes ! ". " La vie entière du philosophe est une préparation à la mort ". " Qui sait si vivre n'est pas mourir, et si mourir n'est pas vivre ? ". " Il y a une seule chose dont Dieu même est privé, c'est défaire que ce qui a été fait ne l'ait pas été ". En étudiant les usages extrêmement divers que de telles formules ont pu connaître en histoire des idées, Jean Salem retrouve ici quelques questions philosophiques essentielles, - qui ont trait à la sagesse, au plaisir, à la mort.
Dans ce livre jubilatoire, Jean Salem développe une approche originale de la question qui fait recette aujourd'hui dans les librairies, dans les gazettes, dans les sectes, chez les spirites et dans tous les endroits où l'on cause: pouvons-nous espérer le bonheur quand même? Le bonheur est-il praticable, jusqu'en ces temps de catastrophe? Avons-nous seulement le droit de prétendre à jouir d'un tel luxe quand l'horizon paraît bouché et que le sol semble s'enfoncer sous nos pieds? Quand il n'y a plus d'horizon? Ce livre rompt avec l'idéologie du bonheur individuel, du bonheur New Age, du bonheur "guimauve" et désengagé, induit par la société de consommation. On y entend parler non seulement du souverain bien des Anciens, mais aussi du bonheur d'agir, de résister, en un mot: du bonheur de lutter. Dans un style enlevé, drôle et polémique, Jean Salem mène son enquête au sujet du bonheur: "sur ce qui en a été dit par quelques bons esprits du passé, et sur les moyens de ne pas le manquer tout à fait en un temps d'inquiétude et de catastrophe".
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.