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Proust : le corps, malade d'amour
Andrieu Bernard
KIME
15,00 €
Épuisé
EAN :9782380720082
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
La "neurophilosophie" - néologisme apparu dans les années 1980- recherche la fusion entre les sciences exactes et les sciences humaines. Ce faisant, elle semble souvent réduire l'homme à son cerveau. Cette approche réductrice ne doit pas empêcher le philosophe de dégager un autre matérialisme: celui qui, depuis Diderot, comprend l'homme comme un corps dynamique et sensible au monde. Le rêve de la science unifiée, s'il est une illusion, vise notre analyse de la matière vivante, notre manière de comprendre comment la matière produit de l'homme. Cet ouvrage, en menant l'étude critique de la notion de "neurophilosophie" établit les conditions d'un dialogue fécond entre la philosophie et les neurosciences. Biographie de l'auteur Bernard Andrieu est professeur à l'université de Nancy, il enseigne l'épistémologie du corps et des pratiques corporelles. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et a notamment dirigé le Dictionnaire du corps en SHS (Editions du CNRS, 2006).
Entre bien-être et santé, les thérapies corporelles - massages, relaxation, kinésithérapie, ostéopathie, danse-thérapie, cures, réflexologie, packs / enveloppements, bio-énergie -, connaissent aujourd'hui un essor sans précédent. Leur existence même semble révéler une peur, ou du moins une réticence: les médecines alternatives ne fleurissent-elles pas pour pallier le manque de contact de notre société? Nous ne nous touchons plus, sinon dans un contexte codifié, voire médicalisé. Comment expliquer cette évolution? Comment s'orienter parmi toutes ces pratiques? Pourquoi certaines sont-elles reconnues en France et d'autres non? Quelles sont leurs histoires et leurs ambitions? Bernard Andrieu répond à toutes ces questions dans cet ouvrage qui propose à la fois une réflexion sur l'histoire du toucher comme thérapie et un recensement des pratiques les plus importantes. Biographie de l'auteur Bernard Andrieu enseigne l'épistémologie du corps et des pratiques corporelles à la faculté du sport de Nancy-Université. Il a notamment publié Médecin de son corps (1999, P.U.F.).
Ce nouveau titre a pour but de définir une éthique du corps : les développements de la génétique des neurosciences, de la médecine ont modifié la relation du sujet à son propre corps qui est considéré comme un objet modifiable et non plus comme une nécessité. Devant cette nouvelle définition de l'homme nous proposons une éthique de l'acte qui rende le sujet moderne responsable des usages de son corps dans le corps social. Notre méthode est d'articuler la relation entre ces progrès de la science et leurs conséquences subjectives. Le degré zéro de la cause première du corps a été découvert avec l'analyse du génome humain. La médecine prédicative, les fécondations in vitro, les thérapies génétiques, les greffes d'organes... produisent une nouvelle représentation du corps : la possibilité pour le sujet moderne de modifier son corps tant dans l'apparence de son image corporelle que dans les éléments fondamentaux de son identité. Pour la première fois dans l'évolution de l'espèce, le sujet ne reçoit plus son corps de la nature. La question traditionnelle, "Faut-il accepter son corps ? ", est devenue, "comment peut-on changer son corps ? ". Comment définir le bonheur dans une telle perspective d'usage individuel et de contrôle collectif du corps ? Nous définissons les conditions actuelles du bonheur dans une société de consommation à l'intérieur de laquelle les contradictions sociales et extérieures désincarnent les hommes. Face aux stéréotypes du bonheur économique fondé sur la confusion de l'être et de l'avoir, la fin de siècle nous convoque à la construction d'un bonheur du corps.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.