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Cinq variations sur la sagesse, le plaisir et la mort
Salem Jean
ENCRE MARINE
44,00 €
Épuisé
EAN :9782909422367
Mangeons et buvons, car après la mort il n' a plus de plaisir ! ". Lorsque l'on fait effort pour retrouver explicitement ce curieux conseil non seulement chez saint Paul, mais aussi bien dans la Sagesse ou dans le livre d'Isaïe, on constate que cette parole attribuée par les Ecritures aux impies figure également chez Hérodote et Montaigne, quand ceux-ci rapportent que les Egyptiens plaçaient dans les banquets l'effigie d'un mort en bout de table ; qu'elle se retrouve dans des contextes fort disparates chez Athénée de Naucratis, chez Ronsard, puis chez le libertin Des Barreaux, chez Léon Chestov et, bien avant lui, chez des Pères tels que Pierre Chrysologue ; puis on la rencontre encore et encore, ici sous la plume de Schopenhauer, et là dans un texte de Renan ou de Feuerbach. On remarque, chemin faisant, à quel point le matérialisme philosophique ne tend pas spontanément vers la sereine ataraxie d'Epicure. On découvre ou l'on redécouvre qu'une tradition anacréontique, celle d'Omar Khayyam, celle du faux épicurisme des poètes de la Pléiade, celle des voluptueux inquiets, a tout autant voix au chapitre lorsqu'il s'agit de méditer en athée sur les mobiles de l'agît humain ou sur la possibilité d'être heureux. " Tant la religion a pu conseiller de crimes ! ". " La vie entière du philosophe est une préparation à la mort ". " Qui sait si vivre n'est pas mourir, et si mourir n'est pas vivre ? ". " Il y a une seule chose dont Dieu même est privé, c'est défaire que ce qui a été fait ne l'ait pas été ". En étudiant les usages extrêmement divers que de telles formules ont pu connaître en histoire des idées, Jean Salem retrouve ici quelques questions philosophiques essentielles, - qui ont trait à la sagesse, au plaisir, à la mort.
Dans ce livre jubilatoire, Jean Salem développe une approche originale de la question qui fait recette aujourd'hui dans les librairies, dans les gazettes, dans les sectes, chez les spirites et dans tous les endroits où l'on cause: pouvons-nous espérer le bonheur quand même? Le bonheur est-il praticable, jusqu'en ces temps de catastrophe? Avons-nous seulement le droit de prétendre à jouir d'un tel luxe quand l'horizon paraît bouché et que le sol semble s'enfoncer sous nos pieds? Quand il n'y a plus d'horizon? Ce livre rompt avec l'idéologie du bonheur individuel, du bonheur New Age, du bonheur "guimauve" et désengagé, induit par la société de consommation. On y entend parler non seulement du souverain bien des Anciens, mais aussi du bonheur d'agir, de résister, en un mot: du bonheur de lutter. Dans un style enlevé, drôle et polémique, Jean Salem mène son enquête au sujet du bonheur: "sur ce qui en a été dit par quelques bons esprits du passé, et sur les moyens de ne pas le manquer tout à fait en un temps d'inquiétude et de catastrophe".
Parmi les Anciens, Démocrite, Epicure et Lucrèce ont eu le génie de professer que l'univers entier est une sorte d'immense Lego! Ils enseignèrent que l'être est un et, tout à la fois, sporadique; que la naissance est composition et la mort désagrégation; que de minuscules éléments de construction. lesquels, pris un à un, sont éternels et immodifiables, se combinent puis se dissocient au gré de leur agitation incessante clans le vide immense. Epicure et Lucrèce, son plus grand disciple romain, furent en outre deux maîtres de volupté: beaucoup plus que chez Démocrite, la philosophie des atomes a chez eux partie liée avec la poursuite du plaisir qu'ils identifient au bien souverain. A ce titre, ils sont résolument modernes. Comme ils le sont aussi quand ils annoncent que, dans un univers dont la Providence est exclue, dans ce Lego fait de corpuscules insensibles, chacun pourra mesurer le néant des fables qui agitent les mortels, l'absurdité des mythes relatifs aux châtiments infernaux et, ainsi, parvenir à l'idée qu'il est possible d'atteindre un bonheur intense, durable et parfait, dans les limites de la vie terrestre.
Halte aux consensus mous, aux fausses évidences, àl'opposition stérile des experts! Bienvenue à tous ceux quiveulent se construire un avis, par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Impertinents et critiques, ces petits antidotes leur sontdédiés. Ce livre incisif et percutant analyse le cirque électoralactuel, la confiscation du pouvoir que ce cirque autorise etentretient sous nos yeux, et enfin le régime d'électionininterrompue dans lequel vit aujourd'hui le citoyen dedémocraties épuisées.
Il y avait la sentence convenue en vertu de laquelle l'atomisme de Démocrite résulterait d'un simple "monnayage de l'être éléatique". Il y avait cette foule de monographies qui tendaient à "dématérialiser" l'atome démocritéen, à en faire tout ce qu'on voudra sauf un corpuscule. Jean Salem, prenant un parti contraire, s'est efforcé de présenter une interprétation matérialiste de cette pensée qu'il tient pour fondatrice du matérialisme philosophique. Bien loin de se réduire à un surgeon quelque peu baroque de l'éléatisme parménidien, la philosophie des atomes prolonge et amplifie les spéculations d'Empédocle et d'Anaxagore, voire celles des premiers physiologues ioniens. Elle a partie liée, en outre, avec la préhistoire et l'histoire de sciences. Aussi, malgré quelques divergences de doctrine, Epicure, et son disciple romain Lucrèce n'ont-ils fait que prolonger l'extraordinaire intuition de leur devancier Démocrite. C'est en partant de tels principes que Jean Salem donne, dans les textes qui sont ici réunis, un commentaire de la Lettre dans laquelle Epicure résume son éthique ; qu'il décrit la lutte que Lucrèce a menée contre la religion populaire ; qu'il tente de déterminer ce que sont, du point de vue des épicuriens, les conditions du plaisir pur. L'auteur brosse ensuite une rapide esquisse de ce que pourrait être une histoire de l'atomisme philosophique : Démocrite, Epicure, Lucrèce, mais aussi les Mottécallemîn, Nicolas d'Autrecourt, Gassendi, Boyle, Cudworth, Newton, Diderot, etc. Il signale l'extrême intérêt du dogme touchant l'atomicité du temps, dogme que soutinrent plusieurs atomistes - grecs, romains, latins ou arabes. Jean Salem approuve enfin, dans l'étude qui clôt le présent recueil, ce qu'affirmait déjà l'antiquisant. Karl Marx : l'étrange théorie épicurienne de la déclinaison atomique possède au moins ce grand mérite qu'elle tente de "sauver", au sein même du matérialisme le plus radical, le fait incontestable de la liberté.
Angelus Silesius est le nom de poète que s'est donné à bon escient Johannes Scheffler, docteur en philosophie et en médecine, médecin à la cour impériale de Ferdinand III, prêtre ordonné en 1661, écrivain religieux, qui naquit en Silésie, à Breslau, en 1624, où il mourut en 1677. Le voyageur chérubinique - Der Cherubinischer Wandersmann - dont le seconde édition parue en 1675 (la première datant de 1657) contient 1676 distiques et brefs poèmes, est l'un des plus beaux livres de la poésie mystique européenne.
Le terme "technoscience", abondant dans les discours militants et journalistiques, absent des discours internes aux pratiques scientifiques, parfois utilisé par des philosophes ou des sociologues, est récent. Le substantif apparaît au milieu des années soixante-dix. Il est souvent chargé d'affects et d'une axiologie implicite: il constitue souvent une arme de lutte (nommer les phénomènes techniques et/ou scientifiques de ce nom c'est déjà, dans bien des contextes, les "dénoncer" ), mais est-il aussi le lieu d'une élaboration conceptuelle précise et consistante pour accueillir ce qui nous arrive et qu'on désigne ainsi? Et ce qui nous arrive sous ce nom est-ce, localement, une reconfiguration de la représentation des rapports entre sciences et techniques, ou bien aussi, plus largement, une manière nouvelle d'expérimenter quelques énigmes fondamentales (comme celle de l'Invention, ou bien encore celle de la Puissance)? On veut manifester dans ce livre l'ambiguïté fondamentale d'une "figure" aux facettes multiples - la technoscience -, qui traverse les registres de l'épistémologique, de l'économique et du politique,, pour assumer des inflexions proprement métaphysiques et même eschatologiques.
Le premier livre d'André Leroi-Gourhan, publié en 1936, méritait bien une seconde édition. La Civilisation du renne, dédiée à Marcel Mauss, est certes un livre de jeunesse, comme le pointe Lucien Febvre, mais c'est aussi un livre-promesse, un livre-jalon, car l'ambition extrême de l'auteur, alors âgé de 25 ans, le pousse à multiplier les incursions dans un nombre considérable de disciplines (géographie, ethnologie, technologie, préhistoire, orientalisme) qu'il entend coordonner afin d'étudier, en dépit de l'éloignement temporel et du déplacement des milieux climatiques, trois époques d'une même culture du renne en milieu arctique (toundra-taïga) : dans l'Europe du Pléistocène, chez les Eskimos actuels, chez les peuples qui ont domestiqué l'animal. Le livre est impressionnant par "une masse de faits et d'idées à méditer, et de perspectives singulièrement larges sur le plus lointain passé de l'humanité" (Febvre encore). II annonce tant les maîtres-livres de l'auteur sur la technologie, que son livre illustré sur la Préhistoire de l'art occidental (1965) ou encore son chef d'oeuvre qui sut toucher un large public cultivé au-delà des spécialistes, Le Geste et la parole, dans lequel l'auteur interroge l'avenir de l'homme en prenant appui sur son passé à l'échelle paléontologique.
Cette autobiographie est celle d'un philosophe du bonheur. Mais elle n'est pas un traité ni une démonstration, elle est le récit concret d'une vie singulière. Cette vie est en même temps sa propre invention, saisie et voulue comme telle. Elle met en scène les actes de rupture, les créations et les fulgurances qui sont en fait le déploiement même du Désir et de la liberté. Dans le mouvement concret de la vie, dramatique ou comblée, prend place aussi le mouvement de la réflexion. L'auteur suit le fil mnémonique de sa propre pensée et rend compte du travail et de la gestation de chacun de ses livres. L'oeuvre qui a exprimé et construit la vie heureuse est ici éclairée en retour par cette vie même. Une vérité, ni morale ni psychologique, prend forme peu à peu: au-delà de toutes les idéologies du siècle, une philosophie du sujet et de la liberté peut être à la fois le miroir d'une vie et la source même de cette vie. C'est la pensée de la liberté heureuse qui crée et la liberté vraie et la joie.