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L'effort libertaire. Tome 1, Le principe d'autonomie
Prudhommeaux André
SPARTACUS
7,00 €
Épuisé
EAN :9791094106006
André Prudhommeaux (1902-1968) fut à la fin des années 1920 et au début des années 1930 un marxiste convaincu, l'un des premiers à faire connaître en France le communisme de gauche, ou communisme de conseils. Les évènements du début des années 1930 l'amènent à adopter "une vue non-systématique, non doctrinaire du mouvement prolétarien et de la révolte sociale" . C'est avec des militants libertaires qu'il mènera désormais ses combats, notamment pour la défense de la révolution espagnole. Robert Pagès a rassemblé dans ce recueil 26 articles publiés par André Prudhommeaux dans diverses revues libertaires entre 1947 et 1956, regroupés en six thèmes : l'autonomie et la physiocratie (par physiocratie, il faut entendre une démarche expérimentale ancrée sur la connaissance concrète de l'environnement et appuyée sur les sciences naturelles) ; principes et pratique de l'anarchisme ; l'homme et les sciences ; concepts et faits économiques ; le droit et la justice ; l'éducation. André Prudhommeaux, à l'opposé du "socialisme scientifique" , nous rappelle que si la science est indispensable pour qu'un jour les hommes atteignent des objectifs qu'ils se seront fixés collectivement, elle n'est pas en mesure de définir ces objectifs.
Milosz Czeslaw ; Prudhommeaux André ; Jaspers Karl
Ce qu'est l'asservissement de l'esprit dans les régimes sans liberté, l'écrivain Milosz le montre à partir du cas de la Pologne communiste. Mais son analyse vaut pour chaque pays où tous doivent vivre dans la méfiance de tous tant pèse la menace policière de la destruction individuelle. Grâce au succès écrasant d'une puissance idéologique apparemment irrésistible, la foi en la nécessité de l'histoire s'impose universellement, contraignant désormais quiconque à la dissimulation, aux transformations intérieures, et pour certains un jour, au bond subit de la conversion. L'homme se scinde en deux - celui qu'il est et l'acteur qui porte le masque et en joue le rôle dans une surveillance réciproque. De ce mensonge généralisé, qui met en question la possibilité même de se comporter en homme, Milosz dévoile la monstrueuse cohérence et la monstrueuse confusion. Afin que cet univers de la "pensée captive", presque un quart de siècle après son effondrement dans sa version communiste, cesse d'être une énigme pour l'interprétation du monde.
Désireux d'élucider les causes de l'échec de la révolution prolétarienne en Allemagne, André et Dori Prudhommeaux ont enquêté sur place, des années 1920 au début des années 1930, et ont traduit à cette époque une première série de documents que René Lefeuvre publia en 1934 dans un numéro spécial de la revue Masses. Ils les enrichirent pour cette édition qu'en firent, en 1949, les Cahiers Spartacus. Après un exposé des principales étapes de la révolution en Allemagne en 1918-1919, on y trouvera les documents suivants : le compte rendu du congrès qui, à la fin de décembre 1918, aboutit à la création du Parti communiste d'Allemagne par la Ligue Spartacus, animée en particulier par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, et les groupes communistes internationalistes ; le discours sur le programme qu'y tint Rosa Luxemburg ; le programme de la Ligue Spartacus ; Les deux derniers articles écrits par Karl Liebknecht ("Malgré tout ! ") et Rosa Luxemburg ("L'ordre règne à Berlin") avant leur assassinat le 15 janvier 1919.
Il suspectait tous ceux qui, à son avis, portaient la marque d'une infériorité ou de la perfidie: les gauchers, ceux qui louchent, les rouquins, les contrefaits, les juifs, les rêveurs. Avec le tempss'était formé dans son imagination un archétype dumal qui réunissait toutes les tares et se trouvait dotéde pieds plats puants, de mains moites et de désirsdégoûtants. Ce sentiment était si fort que tous sesadversaires lui semblaient sentir mauvais. Il avaitbeau avoir classifié ses ennemis, il lui manquait depouvoir les exterminer physiquement. Maiscomme il devint terrible le jour où sa haine impuissante trouva un objet à sa portée et qui lui était soumis: moi! J'étais gaucher et rêveur. Bientôtmes cheveux allaient lui sembler roux, il allait metrouver tout ce qui l'arrangeait. Il m'avait vu vivreauprès de lui pendant des années avant de comprendre que je savais ce qui le mettait en rage. C'est là ce qu'il voulait extirper de moi, à force de coups. Mais jamais, même lorsqu'il me frappa le plus sauvagement, je ne pus lui laisser ignorer que je savais. Le lui taire eût signifié ma mort. Il m'avait aussi appris cela. La peur est la tentation suprême."Témoignage d'"un Allemand à la recherche de l'espoir perdu", ce récit autobiographique qui déroule l'éducation dune âme rebelle nous montre de quels bas-fonds est sorti le nazi et pourquoi le communiste s'est trouvé impuissant face à ce mystérieux usurpateur. Tout le livre tourne autour de cette obscure révélation, condamnation d'une civilisation fondée sur la violence faite aux choses et aux êtres. Biographie de l'auteur Ouvrier communiste, Georg K. Glaser (1910-1995),s'exile à Paris pour échapper à la Gestapo. Incorporé à l'armée française en 1939, il est fait prisonnier puis interné sur le sol allemand. De retour à Paris, il militera au sein du mouvement ouvrier français.
Début août 36, André Prudommeaux passe la frontière espagnole et s'installe à Barcelone, capitale de la révolution. Il y participe à la publication de l'Espagne antifasciste, une publication financée par la CNT-FAI. Courant septembre, il rentre en France. L'unité antifasciste dans laquelle s'est engagée la CNT- FAI va, il en est sûr, se faire au détriment des conquêtes révolutionnaires de juillet. La CNT-FAI coupe d'ailleurs le robinet à l'Espagne antifasciste qui cesse de paraître le 1er janvier 1937, ce journal se faisant de plus en plus critique envers la participation de 4 ministres issus de la CNT-FAI au gouvernement espagnol. C'est dans cette période que se situe le récit d'André et Dori Prudhommeaux que nous publions dans ce numéro 3 de nos cahiers.
Il y a une quarantaine d'années, Daniel Guérin préfaçait ainsi un premier recueil de textes sur le communisme libertaire:"C'est à toi, jeunesse d'aujourd'hui, que je dédie ces essais. Je sais que tu te détournes des idéologies et des mots en"isme", que la carence de tes aînés a fini par rendre creux. Je sais que tu nourris une méfiance tenace à l'égard de tout ce qui touche à la"politique"... Je sais que le"socialisme", si souvent trahi par ceux qui s'en réclament, suscite ton juste scepticisme. Mais ce qui te détourne du socialisme, nous dis-tu, ce n'est pas la perspective de mettre fin à l'oppression de l'homme par l'homme, ce sont"les bureaucrates et les purges". Dans ta majorité, tu as un sentiment très vif de l'injustice sociale et, dans tes rangs, nombreux sont ceux qui ont conscience que"le capitalisme est condamné". Le communisme libertaire, face à cette vieillerie banqueroutière qu'est le socialisme jacobin autoritaire et totalitaire, est marqué du signe de la jeunesse. Non pas seulement parce qu'il est le secret de l'avenir, le seul substitut possible, à la fois rationnel et humain, à un régime économique historiquement condamné, mais aussi parce qu'il correspond aux aspirations profondes, bien qu'encore confuses, de la jeunesse d'aujourd'hui, sans la participation et l'accord de laquelle il serait vain de prétendre reconstruire le monde." Aujourd'hui aussi, nombreux sont ceux qui ressentent l'urgence d'arracher notre monde à la rapacité des possédants et à la dictature de leurs bandes armées. S'il n'y a ni programme miracle, ni guide infaillible pour y parvenir, ces textes de Daniel Guérin nous apportent cependant des leçons tirées de deux siècles de luttes pour l'émancipation sociale, des leçons qui éclairent les combats à mener pour bâtir un monde nouveau.
Dès la naissance officielle de Solidarité, lors des grèves d'août 1980, une divergence apparaît entre la pratique des luttes et l'engagement de négociations avec le gouvernement qui aboutiront à un accord dès la fin du mois. L'aggravation de la situation sociale en 1981 s'accompagne d'une opposition croissante au sein du syndicat entre ceux qui cherchent une meilleure gestion de l'économie, et ceux qui veulent assurer le contrôle des travailleurs sur l'ensemble de la société. Le 13 décembre 1981, l'état de guerre est proclamé ; une répression meurtrière s'abat sur le mouvement revendicatif. Solidarité, suspendue, sera déclarée illégale en octobre 1982. Dès juin 1982, indépendamment de la direction officielle de Solidarité, se crée une organisation clandestine - Solidarité combattante - hostile à la politique de consolidation de la société poursuivie par la direction du syndicat. Ce sont les positions, la vie, les aspirations de ce mouvement clandestin, qu'on trouvera dans ce livre à travers un ensemble de documents - communiqués, déclarations et articles de ses journaux - qu'il a lui-même produits.
L'anarchisme n'est pas seulement la négation et le refus du monde dans lequel nous vivons ; il est aussi un acte de foi dans l'homme qui peut et qui doit se libérer de la servitude économique, et aussi de toutes ces autorités hiérarchiques qui étouffent en lui la personnalité et le rendent esclave des machines dont il devrait être le maître. Jean Barrué Ni le besoin de domination, ni l'ambition personnelle, ni l'arrivisme ne trouvent leur compte dans le mouvement anarchiste. Tous ceux qui seraient tentés de grimper sur les épaules du prolétariat pour accéder à la couche supérieure préfèrent s'en tenir éloignés. Erich Mühsam Sans figures de proue, sans propagande électorale, sans bastions syndicaux, l'anarchisme attire continuellement à lui ceux qui se battent pour le plus élevé des projets politiques, une société où la liberté de chacun est la condition de la liberté de tous.
Il y a maintenant plus de trente ans que la contraception est libre en France. Moins longtemps pour l'avortement, qui conserve des adversaires acharnés. On en viendrait à oublier qu'au cours du demi-siècle précédent les partisans du contrôle des naissances ont été fréquemment emprisonnés. Cette répression était d'autant plus dure que ces militants faisaient de la limitation volontaire des naissances une arme contre la misère et l'exploitation, le militarisme et la guerre. Née en 1890, Jeanne Humbert est entraînée par sa mère, qui abandonna son mari et ses autres enfants pour vivre avec un militant anarchiste. Sa longue vie a été celle de cent combats : pour l'anarchisme, la limitation volontaire des naissances, la liberté sexuelle, le pacifisme... En 1909, elle devient la collaboratrice d'Etienne Humbert, dont elle sera l'une des compagnes, puis l'épouse. Aux côtés de grandes figures de l'anarchisme, des féministes radicales et de nombreuses personnalités rebelles, elle mène le combat des néo-malthusiens de Génération consciente pour la liberté de la contraception et de l'avortement. Comme à Eugène Humbert, ce combat lui vaudra procès et séjours en prison, car la République voulait des enfants, toujours plus d'enfants, pour en faire des ouvriers et des soldats ! La loi de 1920 livra les néo-malthusiens à leurs ennemis : moralistes cléricaux, laïques ou rouges, populationnistes, nationalistes... sans parvenir à les faire céder ni, d'ailleurs, à freiner la baisse de la natalité. Aujourd'hui encore, en France, la propagande pour la limitation des naissances reste interdite par la loi. Jeanne Humbert n'abandonna jamais le combat libertaire, rejoignant par exemple May Picqueray lorsque celle-ci fonda Le Réfractaire en 1974 pour poursuivre l'action de Louis Lecoin. Un combat, comme sa vie nous le rappelle, qui vise à libérer femmes et hommes de l'empire de la nécessité et de la tutelle des puissants.