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Catalogne libertaire 1936-1937
Prudhommeaux André ; Prudhommeaux Dori
COQUELICOT
10,00 €
Épuisé
EAN :9791090530003
Début août 36, André Prudommeaux passe la frontière espagnole et s'installe à Barcelone, capitale de la révolution. Il y participe à la publication de l'Espagne antifasciste, une publication financée par la CNT-FAI. Courant septembre, il rentre en France. L'unité antifasciste dans laquelle s'est engagée la CNT- FAI va, il en est sûr, se faire au détriment des conquêtes révolutionnaires de juillet. La CNT-FAI coupe d'ailleurs le robinet à l'Espagne antifasciste qui cesse de paraître le 1er janvier 1937, ce journal se faisant de plus en plus critique envers la participation de 4 ministres issus de la CNT-FAI au gouvernement espagnol. C'est dans cette période que se situe le récit d'André et Dori Prudhommeaux que nous publions dans ce numéro 3 de nos cahiers.
Il suspectait tous ceux qui, à son avis, portaient la marque d'une infériorité ou de la perfidie: les gauchers, ceux qui louchent, les rouquins, les contrefaits, les juifs, les rêveurs. Avec le tempss'était formé dans son imagination un archétype dumal qui réunissait toutes les tares et se trouvait dotéde pieds plats puants, de mains moites et de désirsdégoûtants. Ce sentiment était si fort que tous sesadversaires lui semblaient sentir mauvais. Il avaitbeau avoir classifié ses ennemis, il lui manquait depouvoir les exterminer physiquement. Maiscomme il devint terrible le jour où sa haine impuissante trouva un objet à sa portée et qui lui était soumis: moi! J'étais gaucher et rêveur. Bientôtmes cheveux allaient lui sembler roux, il allait metrouver tout ce qui l'arrangeait. Il m'avait vu vivreauprès de lui pendant des années avant de comprendre que je savais ce qui le mettait en rage. C'est là ce qu'il voulait extirper de moi, à force de coups. Mais jamais, même lorsqu'il me frappa le plus sauvagement, je ne pus lui laisser ignorer que je savais. Le lui taire eût signifié ma mort. Il m'avait aussi appris cela. La peur est la tentation suprême."Témoignage d'"un Allemand à la recherche de l'espoir perdu", ce récit autobiographique qui déroule l'éducation dune âme rebelle nous montre de quels bas-fonds est sorti le nazi et pourquoi le communiste s'est trouvé impuissant face à ce mystérieux usurpateur. Tout le livre tourne autour de cette obscure révélation, condamnation d'une civilisation fondée sur la violence faite aux choses et aux êtres. Biographie de l'auteur Ouvrier communiste, Georg K. Glaser (1910-1995),s'exile à Paris pour échapper à la Gestapo. Incorporé à l'armée française en 1939, il est fait prisonnier puis interné sur le sol allemand. De retour à Paris, il militera au sein du mouvement ouvrier français.
André Prudhommeaux (1902-1968) fut à la fin des années 1920 et au début des années 1930 un marxiste convaincu, l'un des premiers à faire connaître en France le communisme de gauche, ou communisme de conseils. Les évènements du début des années 1930 l'amènent à adopter "une vue non-systématique, non doctrinaire du mouvement prolétarien et de la révolte sociale" . C'est avec des militants libertaires qu'il mènera désormais ses combats, notamment pour la défense de la révolution espagnole. Robert Pagès a rassemblé dans ce recueil 26 articles publiés par André Prudhommeaux dans diverses revues libertaires entre 1947 et 1956, regroupés en six thèmes : l'autonomie et la physiocratie (par physiocratie, il faut entendre une démarche expérimentale ancrée sur la connaissance concrète de l'environnement et appuyée sur les sciences naturelles) ; principes et pratique de l'anarchisme ; l'homme et les sciences ; concepts et faits économiques ; le droit et la justice ; l'éducation. André Prudhommeaux, à l'opposé du "socialisme scientifique" , nous rappelle que si la science est indispensable pour qu'un jour les hommes atteignent des objectifs qu'ils se seront fixés collectivement, elle n'est pas en mesure de définir ces objectifs.
Désireux d'élucider les causes de l'échec de la révolution prolétarienne en Allemagne, André et Dori Prudhommeaux ont enquêté sur place, des années 1920 au début des années 1930, et ont traduit à cette époque une première série de documents que René Lefeuvre publia en 1934 dans un numéro spécial de la revue Masses. Ils les enrichirent pour cette édition qu'en firent, en 1949, les Cahiers Spartacus. Après un exposé des principales étapes de la révolution en Allemagne en 1918-1919, on y trouvera les documents suivants : le compte rendu du congrès qui, à la fin de décembre 1918, aboutit à la création du Parti communiste d'Allemagne par la Ligue Spartacus, animée en particulier par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg, et les groupes communistes internationalistes ; le discours sur le programme qu'y tint Rosa Luxemburg ; le programme de la Ligue Spartacus ; Les deux derniers articles écrits par Karl Liebknecht ("Malgré tout ! ") et Rosa Luxemburg ("L'ordre règne à Berlin") avant leur assassinat le 15 janvier 1919.
Milosz Czeslaw ; Prudhommeaux André ; Jaspers Karl
Ce qu'est l'asservissement de l'esprit dans les régimes sans liberté, l'écrivain Milosz le montre à partir du cas de la Pologne communiste. Mais son analyse vaut pour chaque pays où tous doivent vivre dans la méfiance de tous tant pèse la menace policière de la destruction individuelle. Grâce au succès écrasant d'une puissance idéologique apparemment irrésistible, la foi en la nécessité de l'histoire s'impose universellement, contraignant désormais quiconque à la dissimulation, aux transformations intérieures, et pour certains un jour, au bond subit de la conversion. L'homme se scinde en deux - celui qu'il est et l'acteur qui porte le masque et en joue le rôle dans une surveillance réciproque. De ce mensonge généralisé, qui met en question la possibilité même de se comporter en homme, Milosz dévoile la monstrueuse cohérence et la monstrueuse confusion. Afin que cet univers de la "pensée captive", presque un quart de siècle après son effondrement dans sa version communiste, cesse d'être une énigme pour l'interprétation du monde.
Un témoignage, parmi d'autres, sans prétention historique mais soucieux de rapporter un vécu à travers la réalité des événements. Comment naît un mouvement d'inorganisés, regroupés par affinités et ponctuellement. Quelles sources, quels courants à l'origine de ce mouvement ? Qui a aujourd'hui entendu parler des groupes libertaires autonomes, transparents et affinitaires ? Quel trajet jusqu'à la mouvance toulousaine plus antiautoritaire que libertaire ? Comment cette mouvance secoua, amusa, choqua, la vie toulousaine dans les années 1970-80. Spécificité de cette mouvance dans ses interventions entre sabotages violents et sabotages burlesques et, le plus souvent, l'humour de ses revendications. Spécificité de la rapidité des réactions offensives et de solidarité. Spécificité de ces regroupements si ponctuels et si affinitaires que les moyens répressifs sont restés impuissants la plupart du temps, ou s'en sont pris à des innocents. Et à partir de cet itinéraire particulier, ces pages veulent illustrer l'originalité de cette mouvance toulousaine.
L'Espagne n'est plus l'Espagne, dit tristement le poète Miguel Hernandez, les larmes aux yeux ; c'est une fosse commune, un cimetière immense, tout rouge et bombardé. C'est ainsi que l'ont voulu les barbares". Fuyant la guerre civile, 500 000 Espagnols déferlent sur la France, entre le 27 janvier et le 12 février 1939, pour y trouver refuge... Ciel, mer, sable, fil de fer barbelé, troupes coloniales allaient être désormais l'horizon de ces réfugiés, la souffrance et l'humiliation leur calvaire quotidien... Sept décennies plus tard, qui s'en souvient ? Personne, ou presque. Il est alors urgent de leur rendre justice...
On ne trouvera dans ce livre, ni des louanges, ni des calomnies ; ni des exagétations, ni des affirmations. Nous avons donné simplement la parole à l'ouvrier espagnol pour qu'il raconte au monde entier ce qu'il a fait pour obtenir et pour défendre sa liberté et son bien-être.
Lätt Nils ; Ljungvist Anita ; Simoni Renato ; Enck
L'expérience de Nils Lütt dans l'Espagne de 1937 s'articule autour de trois moments importants : sa participation à la guerre au sein de la plus connue des colonnes libertaires sur le front d'Aragon, suivie de son hospitalisation qui lui permit de vivre de près les événements tragiques de mai 1937 en Catalogne, et finalement, son expérience, assez hors de l'ordinaire pour un combattant, que fut son séjour prolongé dans une collectivité agricole. Le marin anarchiste Lätt, avec ce témoignage détaillé écrit sur le vif, nous offre une lecture passionnée et passionnante des événements d'une richesse extraordinaire de faits et de données qui se trouvent confirmés dans des études historiques récentes abordant le même sujet.