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Tu as fait de moi celui qui enjambe le monde
Mounguengui Stève-Wilifrid
MAUCONDUIT
13,00 €
Épuisé
EAN :9791090566514
Stève Wilifrid Mounguengui quitte le Gabon et arrive en France à l'âge de 25 ans pour faire des études de philosophie. Avant de partir, il dit à sa mère qu'un seul mot d'elle pourrait le faire rester au Gabon, mais elle insiste : " Pars mon enfant, pars aussi loin que possible. Reste là-bas, l'essentiel est de réussir à vivre. Peu importe l'endroit où tu vis... Promets-moi que tu ne reviendras pas. Promets-moi. Quand tu pleureras de France je t'entendrai." Il ne la reverra jamais, morte au pays avant qu'il ne puisse y revenir. A défaut de pouvoir enterrer sa mère, le poète lui construit un tombeau de mots. Depuis toujours, Stève Wilifrid Mounguengui rêvait de la France, découverte à travers ses lectures innombrables, comme celles de Marcel Pagnol dont les paysages lui rappelaient ceux de Mouila, sa ville natale. " Lui aussi chassait comme moi, lui aussi avait un père bon instituteur et piètre chasseur du dimanche. Lui aussi habitait le château de sa mère." D'une vaste écriture poétique, il parle de son arrivée en banlieue parisienne, de la façon dont il écrit, le matin à l'aube, dans le RER, lorsqu'il se rend au travail. Il raconte, comme un paradis perdu mais toujours enchanteur, son enfance au Gabon auprès de ses parents et de ses frères et soeurs, l'enfant des champs, l'étendue des plaines en lui, le chant des oiseaux, la lueur des lucioles... autant de tableaux somptueux d'une enfance simple auprès d'une mère courage, personnage charismatique et généreux, qui s'oublie pour faire le bien autour d'elle.
Le recueil Et au-delà nos songes d'hiver et le parfum de la terre est un ensemble de poèmes réunis autour de deux thématiques : l'exil et l'amour. L'auteur fait ressortir la douleur de l'exil, surtout quand survient l'hiver et la déchirure de l'amour. La saison froide renforce le sentiment de solitude en terre étrangère. Le songe devient la nef qui permet le voyage onirique vers le Pays natal. Mais dans ces pièces, le poète ne parcourt pas que la tristesse, on découvre aussi son apaisement. Il accepte la vie.
Qui suis-je quand je dis "je" ? Quel événement dans l'enfance m'a mis sur la route, m'a poussé à quitter Mouila et, plus tard, à partir vers la France ? Je me pose ces questions depuis ma première nuit à Cachan, quand je me retrouvai enfin dans l'oeil du cyclone. Ce livre essaie de redessiner, après coup, le cheminement d'un homme, de trouver le lieu premier du désir, la forge des rêves qui agitent un enfant gabonais né à la lisière du monde traditionnel et du monde moderne incarné par l'école. Il tente, par maints détours, de remonter les fils du temps perdu, à la recherche des lieux égarés, vers les voix premières des commencements. A ce jeu-là, il explore la place du père, la force des lieux et leur magie. Ce n'est pas la remontée rectiligne du cours du fleuve. Peut-être seulement une lente dérive dans le chevelu des rivières qui me constituent. Quelquefois, en écrivant dans un train ou sur une table, je m'égare dans les lacis de la mangrove, débouche sur des impasses, échoue comme les bateaux de mon enfance sur des bancs de sable. Inlassablement, je pagaie entre les méandres vers l'embouchure des songes. Ballotté par le ressac, je note des couleurs ou fixe des embruns. Tout le sens de ce geste réside dans le voyage lui-même, car il n'y a pas d'épiphanie du retour. Il y a simplement ce désir de relier par des lignes imaginaires les points lumineux d'une vie ordinaire pour esquisser des constellations, verser une lumière diaphane sur la course des jours et des nuits. J'ai toujours marché avec ses rêves en moi, est une chimère puisqu'il fonctionne avec mes souvenirs et que tout est vrai. Je peux en toute bonne foi signer le pacte de Philippe Lejeune. Pourtant, tout ce que je raconte n'existe que dans ma mémoire, dirait Cyrulnik. Chaque détail est vrai, mais l'ensemble est une fiction nécessaire pour essayer de me réapproprier mon expérience et jeter ainsi un éclairage sur les versants nocturnes de mon identité. J'écris ce texte comme on tend une corde sur l'abîme entre ici et là-bas, comme on tisse un pont de lianes entre deux rives. C'est toujours en funambule que se joue la traversée. Chaque pas posé au bord du vide suffit pour faire vivre les choses et les êtres que je porte en bandoulière dans ma mémoire et mon corps. A l'horizon, dansent encore quelques mirages. C'est alors que dans les frimas de l'aube d'une page, j'écris des fantômes qui me hèlent dans la brume des souvenirs. Ce récit n'est pas linéaire. Il s'agit d'un amas de fragments pour rassembler la vie d'un jeune homme parti de Mouila pour étudier en France et comme on dit chez moi, se chercher. Ce récit élargit le geste amorcé avec mon livre précédent : Tu as fait de moi celui qui enjambe le monde. Il n'est pas une suite, mais il apporte d'autres pièces au puzzle biographique. J'ai suivi des rêves qui étaient nés des contes, des fables, des livres étudiés à l'école et des récits de mon père. En quittant le pays, tout ce vers quoi je tendais me semblait réel. En arrivant, je découvrais l'écart et avec lui, le vertige d'une existence façonnée dans le rêve d'autrui. Je ressemble aux oiseaux qui, le soir venu, se posent enfin sur les branches du fromager au bout du village pour écouter le murmure des étoiles. Allez, viens l'ami(e), je t'emmène en voyage. N'attends rien de ce voyage que le voyage lui-même ! Nous ne demeurerons pas les éternels gardiens des mirages. S.W. Mounguengui
[Cette] élégante métaphore explicite à merveille la vastitude de l'inspiration et l'essence du discours poétique, beau prétexte pour nommer au mieux le pays de l'auteur, le Gabon, pris dans la tourmente cyclique de la misère, au même titre que l'Afrique dans sa globalité, victime de mauvaise gérance et en panne d'alternance politique. Par conséquent, une écriture qui indexe, sans ambages, la classe des "prédateurs" contemporains impitoyables et plaide en faveur des victimes innocentes. . ". Extrait de la préface.
Pour savoir si la fonction notariale est ou non un service public, il convient de l'examiner sous plusieurs angles dont certains sont de nature générale, alors que d'autres lui sont spécifiques. Dans tous les cas, il faut comprendre les critères applicables à la notion et à la définition de service public et de justice, pour déterminer si le notariat leur est soumis. L'élément est, ici, l'intérêt public. Le notaire est lui-même officier public. Les deux termes comportent donc un mot commun, justifiant l'existence de ce qu'il recouvre : la nécessité de satisfaire l'intérêt général. Il y a là une notion objective que ce livre expose. Notion objective dans la mesure où le notaire exerce le service public - partie de celui de la justice - d'authentificateur officiel, entraînant diverses obligations : résidence, secret professionnel, obligation d'instrumenter, obligation de présence, interdiction d'instrumenter pour soi-même, discipline, tarif, indépendance intellectuelle, impartialité.
Une jeune femme de 33 ans, brûlée et défigurée dans un accident de voiture, découvre la double peine qui lui est infligée : la mutilation physique, irrémédiable, mais aussi l’assignation par les autres à la monstruosité et au renoncement à vivre "normalement". Animée d’une détermination implacable, elle parvient à reconstruire sa vie, entre à l’université, développe des talents de conteuse et d’écrivaine. Tout cela au prix d’un long calvaire et d’une lutte de tous les instants pour affronter le regard de l’autre, souvent scandalisé qu’une femme autant handicapée sorte de la voie que le destin lui a tracée. C’est ce parcours étonnant, cette résilience que Pauline Picquet raconte dans son livre, choisissant de composer des fragments et de les présenter sous la forme d’un abécédaire dans lequel le lecteur est happé comme dans un roman. Ce récit, cru et violent, a été refusé par plusieurs éditeurs qui l’ont jugé trop dur, dérangeant, voire culpabilisant. Les éditions du Mauconduit estiment au contraire que la force et la dignité de ce témoignage l’emporte sur l’horreur, qu’il questionne tout un chacun sur sa propre force de vie et sur sa relation à l’humain.
Résumé : Il s'agit d'un autoportrait où, pour la première fois, le romancier Serge Filippini se livre à un exercice personnel. Né à Pontarlier en 1950, dans un milieu modeste aux origines italiennes et espagnoles, il tire les fils qui continuent de le rattacher à cet univers- le père projectionniste, la mère ouvreuse, la famille italienne sur laquelle le vingtième siècle semble n'avoir pas prise... Il essaie d'y distinguer les linéaments de l'être qu'il est devenu : pourquoi les livres sont entrés dans sa vie par le truchement de romans d'espionnage et d'une bible oubliée un jour par des visiteurs ? Quelle vision du cinéma se forge un enfant qui baigne dans les salles obscures depuis l'âge de sept ans ? quelle géographie, quels événements, parfois fugaces, souvent ordinaires, ont formé le futur écrivain ? Ce texte littéraire s'accompagne d'images qui ne sont pas des illustrations mais un contrepoint visuel renvoyant à des thèmes présents dans le livre. Ce choix renvoie plus ou moins au Nadja d'André Breton - un " roman " avec images dont l'incipit bien connu est : Qui suis-je ?
Dans un récit foisonnant qui met en scène trois générations, Anne-Marie Sandrini évoque la famille de danseurs dont elle est l'héritière : sa grand-mère, Emma, célèbre danseuse étoile de l'Opéra de Paris, son père, Pierre Sandrini, qui étudie la danse à Garnier avant de bifurquer vers le music-hall et de créer le Bal Tabarin - cabaret qui attira le Tout-Paris des années trente -, mais aussi sa mère, Andrée Rapo, magnifique danseuse classique convertie au cancan, ou encore son mystérieux grand-père... A travers ce témoignage émouvant, la "petite Sandrini" fait bien plus que raconter une saga familiale : en allant à la recherche de ses "racines dansantes", elle analyse son propre parcours de danseuse, sa démission de l'Opéra Garnier où son nom devenait trop lourd à porter, et son engagement passionné, des années plus tard, pour l'enseignement et la transmission de la danse auprès des jeunes générations.
Frappier Alain ; Frappier Désirée ; Stora Benjamin
Résumé : Maryse, une jeune lycéenne de 17 ans, décide de participer avec ses copains de lycée à une manifestation contre le fascisme et pour la paix en Algérie. Nous sommes à Paris, en 1962. Après 8 ans de guerre, l'indépendance de l'Algérie devient inéluctable. L'OAS, regroupant dans ses rangs les fervents défenseurs du dernier bastion d'un empire colonial agonisant, multiplie les attentats à la bombe sur la capitale. Le 8 février, après 14 attentats, dont un blessant grièvement une petite fille de quatre ans, des manifestants se regroupent dans Paris aux cris de " OAS assassins ", " Paix en Algérie ". La manifestation organisée par les syndicats est interdite par le préfet Maurice Papon. La répression est terrible. La police charge avec une violence extrême. Prise de panique, Maryse se retrouve projetée dans les marches du métro Charonne, ensevelie sous un magma humain, tandis que des policiers enragés frappent et jettent des grilles de fonte sur cet amoncellement de corps réduits à l'impuissance. Bilan de la manifestation : 9 morts, dont un jeune apprenti, et 250 blessés. 50 ans plus tard, Maryse Douek-Tripier, devenue sociologue, profondément marquée par ce drame dont elle est sortie miraculeusement indemne, livre son témoignage à Désirée Frappier. C'est une véritable histoire dans l'Histoire à laquelle nous invite l'auteur, restituant ce témoignage intime dans son contexte historique et tragique, tout en nous immergeant dans l'ambiance des années soixante : flippers, pick-ups, surboums, Nouvelle Vague, irruption de la société de consommation.