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La chose
Loiret François
KIME
28,01 €
Épuisé
EAN :9782380721348
Envisager la chose aujourd'hui, c'est souvent la poser dans son irréductibilité à l'objet et à la marchandise. Avec la chose, il s'agirait de s'affranchir de la conceptualité philosophique des Temps Modernes. Ce geste initié par Heidegger dans les années 1940, mais présent dès les années 1920, laisse à penser que la chose relèverait avant tout d'une phénoménologie ou d'une ontologie. Le présent ouvrage en parcourant les textes de Heidegger, Lévinas, Augustin, Coccia, Adam Smith et surtout ceux des juristes romains vise à montrer que la question de la chose n'est ni la question de l'être de la chose, ni celle de son comment mais celle de son attribution. Avec la chose, nous ne sommes pas sur le plan de l'être, mais sur celui de l'avoir. C'est que la chose n'est en rien une présence brute, mais une construction juridique. A la différence de récentes enquêtes sur la chose, la présente étude ne fait pas l'impasse sur le droit romain puisqu'elle établit qu'il est le lieu par excellence de la construction de la chose comme le laisse à penser la summa divisio de la personne et de la chose que nous devons aux juristes romains. En ce sens, l'identité de la chose n'est en rien ontologique, mais procédurale et patrimoniale. Les juristes romains apparaissent alors comme les penseurs par excellence de la chose.
Cet ouvrage est la première étude portant exclusivement sur la personne humaine selon Duns Scot. Il s'attache à expliciter l'expression apparemment énigmatique par laquelle le théologien écossais caractérise la personne humaine ? : ultima solitudo. A rebours des interprétations négatives qui, depuis le siècle dernier, ont voulu voir dans cette expression la naissance de l'individualisme moderne, de l'homme moderne affirmant son indépendance en se clôturant sur soi et en se fermant à toute transcendance, il montre que l'ultima solitudo est éminemment positive puisqu'elle est la plus haute indépendance, celle d'une personne humaine qui est une volonté autodéterminée. A ce titre, il examine comment ce penseur a répondu au défi posé par l'introduction au XIIIe siècle d'une pensée qui ignorait tout de la personne, de la volonté libre, de la décision et du libre choix, celle d'Aristote, et comment cette réponse a conduit à l'élaboration d'une morale de la liberté irréductible à l'éthique, c'est-à-dire à la théorie du caractère élaborée par les Grecs qui s'avère incompatible avec la volonté libre. Aussi Duns Scot nous apprend-il non seulement qu'être une personne humaine n'est pas être un individu humain, mais aussi qu'une personne humaine n'est en rien réductible à un caractère équipé de vertus.
Résumé : Faisant suite à une étude intitulée L'usage et le monde, la présente étude déploie la richesse de la pensée augustinienne et franciscaine de l'usage à partir de l'étude des oeuvres d'Augustin et de Pierre Jean Olivi dans leurs intimes corrélations à une pensée de la volonté. Elle a pour centre la distinction de l'usus et de la fruitio telle qu'elle se met en place dans l'oeuvre d'Augustin et sa répétition au XIIIe siècle. La première partie déploie la compréhension augustinienne de l'usage dans son rapport avec la joie ou jouissance (fruitio) et montre comment l'usage dans son opposition à l'abus est le mode d'être dans le monde sans être du monde. C'est du même coup le concept d'être-au-monde de Heidegger qui est par là questionné dans ses impasses. La seconde partie, enfin, s'attarde sur les ouvrages de Pierre Jean Olivi, et souligne comment la radicalisation de l'usage dans l'usage pauvre (usus pauper) amène à une pensée concrète de la vie dans la richesse, tout en soulignant les innovations conceptuelles fondamentales d'Olivi comme la théorie du capital et la théorie de la valeur. Or vivre dans la richesse en l'assumant sans s'abriter derrière des discours convenus sur la "misère du monde" est bien l'un des défis de notre temps.
Résumé : Ceux qui vivent en des temps mécaniques ont appris à se méfier de la volonté, soit qu'ils s'en remettent au fonctionnement, soit qu'ils voient dans le fonctionnement une forme de la volonté. Mais que serait une pensée qui se formerait radicalement comme volonté ruinant ce qui passait jusqu'alors pour être la volonté ? Le théologien écossais Duns Scot (1266-1308) nous le montre, formant la volonté comme volonté en l'arrachant à sa détermination traditionnelle d'appétit intellectuel. Cette formation de la volonté est aussi celle de l'infini intensif en acte. Avec Duns Scot se vérifie l'affirmation de Hegel qui veut que le christianisme soit irruption de la liberté infinie. L'infini intensif en acte se présente en effet comme puissance infinie, liberté infinie. Mais la liberté infinie n'est pas tant ce qui assure la fondation du monde et de la connaissance, ce qui assure la présence de sa constance, mais ce qui la livre à la fragilité de son surgissement. La pensée qui se fait volonté se présente bien comme une pensée pour laquelle l'affaire par excellence n'est pas l'étant en tant qu'étant que l'infini en acte. Le concept univoque d'étant demande alors à être compris à partir de l'agir et donc de la volonté.
Résumé : De quoi la question du monde est-elle au fond la question ? Quatre axes, qui ne prétendent pas à l'exhaustivité, permettent d'approcher la réponse à cette question, en l'envisageant à partir des textes d'Aristote, Thomas d'Aquin, Descartes, Malebranche, Adam Smith, Kant et Heidegger. Le premier axe est celui du monde comme sphère, le second celui du gouvernement du monde, le troisième celui de la représentation et le quatrième celui de l'existence. Ces quatre axes ne sont pas hiérarchisés et articulés comme si un destin métaphysique devait nous mener du premier au dernier, comme si les tard venus avaient le privilège de mieux voir que leurs devanciers. Ils reposent librement les uns à côté des autres. Certes, le parcours suivi nous mène d'un monde sans dehors impensable sans la présence d'un dieu à un monde sans dehors et sans Dieu comme si une boucle se refermait, mais cette fermeture n'est qu'apparente. Loin des approches pluralistes et immanentistes qui reposent souvent sur une confusion du monde et de l'univers, il s'agit ici de montrer que la question du monde si elle est bien une question cosmologique, une question anthropologique, une question ontologique et une question politique est aussi, dès la philosophie grecque, une question théologique. Il importe en effet de prendre en compte la théologie interne aux textes philosophiques et non de la traiter comme un supplément passé de date. En ce sens la réponse à la question : de quoi la question du monde est-elle la question ? est loin d'être univoque. Il n'en reste pas moins que la question du monde invite à poser le problème de la mondanisation de notre présence, problème généralement évacué en notre temps, mais qui est au coeur des textes de la tradition.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.