Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Volonté et infini chez Duns Scot
Loiret François
KIME
38,61 €
Épuisé
EAN :9782841742974
Ceux qui vivent en des temps mécaniques ont appris à se méfier de la volonté, soit qu'ils s'en remettent au fonctionnement, soit qu'ils voient dans le fonctionnement une forme de la volonté. Mais que serait une pensée qui se formerait radicalement comme volonté ruinant ce qui passait jusqu'alors pour être la volonté ? Le théologien écossais Duns Scot (1266-1308) nous le montre, formant la volonté comme volonté en l'arrachant à sa détermination traditionnelle d'appétit intellectuel. Cette formation de la volonté est aussi celle de l'infini intensif en acte. Avec Duns Scot se vérifie l'affirmation de Hegel qui veut que le christianisme soit irruption de la liberté infinie. L'infini intensif en acte se présente en effet comme puissance infinie, liberté infinie. Mais la liberté infinie n'est pas tant ce qui assure la fondation du monde et de la connaissance, ce qui assure la présence de sa constance, mais ce qui la livre à la fragilité de son surgissement. La pensée qui se fait volonté se présente bien comme une pensée pour laquelle l'affaire par excellence n'est pas l'étant en tant qu'étant que l'infini en acte. Le concept univoque d'étant demande alors à être compris à partir de l'agir et donc de la volonté.
Ce volume livre la pensée de Jean Duns Scot (1266-1308) sur la propriété privée. Envisagée comme relevant de la volonté humaine, elle ne peut en rien ressortir au droit naturel mais seulement au droit civil. En outre, Duns Scot fonde la communauté politique sur la volonté : le consentement et l'élection seuls légitiment l'autorité politique qui a le pouvoir d'instituer la propriété privée par le droit. La fondation de la communauté politique revêt donc une dimension contractuelle, héritière de la pensée romaine dans son articulation juridique bien plus que de la pensée grecque. Ce texte, traduction de la distinction 15 du livre IV du commentaire sur les Sentences de Pierre Lombard, est donc un traité de droit politique et civil à part entière, ce qui en fait la singularité parmi tous les commentaires des Sentences du XIIIe siècle et du début du XIVe siècle. En particulier, la question 2 de cette distinction, la plus longuement discutée, a retenu depuis longtemps l'attention car Duns Scot y traite de manière détaillée des transferts de propriété et des contrats, et donc aussi de l'usure et du prêt à intérêt. Ce texte peut être confronté à ceux d'Olivi, de Richard de Mediavilla et de Henri de Gand (puisque Duns Scot prend à partie les deux derniers) et même à des textes bien ultérieurs de Hobbes jusqu'à Hegel en passant par Smith. Pour le spécialiste américain de la pensée de Duns Scot, Allan B. Wolter, nous avons ici l'essentiel de la "pensée économique" de Duns Scot.
Cet ouvrage est la première étude portant exclusivement sur la personne humaine selon Duns Scot. Il s'attache à expliciter l'expression apparemment énigmatique par laquelle le théologien écossais caractérise la personne humaine ? : ultima solitudo. A rebours des interprétations négatives qui, depuis le siècle dernier, ont voulu voir dans cette expression la naissance de l'individualisme moderne, de l'homme moderne affirmant son indépendance en se clôturant sur soi et en se fermant à toute transcendance, il montre que l'ultima solitudo est éminemment positive puisqu'elle est la plus haute indépendance, celle d'une personne humaine qui est une volonté autodéterminée. A ce titre, il examine comment ce penseur a répondu au défi posé par l'introduction au XIIIe siècle d'une pensée qui ignorait tout de la personne, de la volonté libre, de la décision et du libre choix, celle d'Aristote, et comment cette réponse a conduit à l'élaboration d'une morale de la liberté irréductible à l'éthique, c'est-à-dire à la théorie du caractère élaborée par les Grecs qui s'avère incompatible avec la volonté libre. Aussi Duns Scot nous apprend-il non seulement qu'être une personne humaine n'est pas être un individu humain, mais aussi qu'une personne humaine n'est en rien réductible à un caractère équipé de vertus.
Résumé : A part une thématisation limitée chez Michel Foucault, quelques références chez Giorgio Agamben, le concept d'usage n'a pas été étudié de près depuis 1927 si l'on excepte l'étude historique à portée théologique de Christian Gnilka, Chrésis, Die Methode der Kirchenväter in Umgang mit der antiken Kultur, I Der Begriff des rechten Gebrauchs, (Schwabe § Co AG Verlag, Basel/Stuttgart, 1984). Si nous nous référons à la date de 1927, c'est qu'il nous semble que la seule pensée de l'usage dans la philosophie contemporaine est bien celle que met en oeuvre Heidegger dans Etre et Temps et dans les cours antérieurs à la publication de l'ouvrage. Or une lecture serrée de ces cours et de l'ouvrage publié en 1927 montre que Heidegger a opéré une reconduction de l'usage au produire et du même coup a manqué l'usage. Cette étude se propose de dévoiler la centralité du concept d'usage dans la pensée antique, principalement à partir de l'étude de l'oeuvre d'Aristote, et sa portée ontologique. Mais, au-delà d'une étude de la pensée antique, elle se propose aussi de montrer la pertinence et la richesse de ce concept qui irrigue toutes les dimensions de la vie et permet de concevoir ce que pourrait être le modus vivendi de notre temps. Après avoir arraché l'usage à sa mécompréhension contemporaine héritée de la pensée de l'utile des Lumières, l'ouvrage se déploie en deux parties. La première envisage comment la philosophie se présente soit comme la condition de tout usage, soit comme la forme suprême de l'usage chez Platon et Aristote, tout en envisageant toutes les modalités de l'usage dans la pensée antique. La seconde partie montre comment la "répétition" d'Aristote par Heidegger recouvre plus qu'elle ne la dévoile la pensée aristotélicienne de l'usage dans l'abondance de ses dimensions en assimilant l'usage au produire et l'oeuvre au produit.
Cet ouvrage s'adresse aux étudiants qui débutent une Licence scientifique. Conçu comme une transition entre lycée et université, il permet de réviser et d'approfondir les acquis du lycée en analyse, en algèbre et en géométrie. Contenu: les résultats du cours; les méthodes; une rubrique "place aux questions" pour se tester rapidement; trois types d'exercices, intégralement corrigés: au fil du texte, pour illustrer une notion; en fin de chapitre, pour s'entraîner; en fin d'ouvrage, sous forme de problèmes.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.