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L'usage et le monde
Loiret François
KIME
22,00 €
Épuisé
EAN :9782841746996
A part une thématisation limitée chez Michel Foucault, quelques références chez Giorgio Agamben, le concept d'usage n'a pas été étudié de près depuis 1927 si l'on excepte l'étude historique à portée théologique de Christian Gnilka, Chrésis, Die Methode der Kirchenväter in Umgang mit der antiken Kultur, I Der Begriff des rechten Gebrauchs, (Schwabe § Co AG Verlag, Basel/Stuttgart, 1984). Si nous nous référons à la date de 1927, c'est qu'il nous semble que la seule pensée de l'usage dans la philosophie contemporaine est bien celle que met en oeuvre Heidegger dans Etre et Temps et dans les cours antérieurs à la publication de l'ouvrage. Or une lecture serrée de ces cours et de l'ouvrage publié en 1927 montre que Heidegger a opéré une reconduction de l'usage au produire et du même coup a manqué l'usage. Cette étude se propose de dévoiler la centralité du concept d'usage dans la pensée antique, principalement à partir de l'étude de l'oeuvre d'Aristote, et sa portée ontologique. Mais, au-delà d'une étude de la pensée antique, elle se propose aussi de montrer la pertinence et la richesse de ce concept qui irrigue toutes les dimensions de la vie et permet de concevoir ce que pourrait être le modus vivendi de notre temps. Après avoir arraché l'usage à sa mécompréhension contemporaine héritée de la pensée de l'utile des Lumières, l'ouvrage se déploie en deux parties. La première envisage comment la philosophie se présente soit comme la condition de tout usage, soit comme la forme suprême de l'usage chez Platon et Aristote, tout en envisageant toutes les modalités de l'usage dans la pensée antique. La seconde partie montre comment la "répétition" d'Aristote par Heidegger recouvre plus qu'elle ne la dévoile la pensée aristotélicienne de l'usage dans l'abondance de ses dimensions en assimilant l'usage au produire et l'oeuvre au produit.
De la bibliothèque de son enfance, où elle puisa le goût des mots, Françoise Loiret nous fait partager des lectures éclectiques et sans a priori : d'Albert Camus à Dorothée Letessier . Fascinée par le monde de l'édition, le saint des saints, elle y devient standardiste et rencontre ainsi de nombreux auteurs dont François Cheng, Jeanne Champion, Philippe Murray, Régine Deforges et tant d'autres ! Dans ce récit, Françoise Loiret brosse notamment un émouvant portrait de Claude Durand, l'inoubliable éditeur de Cent Ans de solitude, et nous fait découvrir "personnellement" un milieu éditorial méconnu Julien Cendres évoque le parcours de son amie dans une "lettre" à Pierre Assouline, qui fut à l'origine de l'aventure singulière racontée "au fil de ces pages"
Cet ouvrage s'adresse aux étudiants qui débutent une Licence scientifique. Conçu comme une transition entre lycée et université, il permet de réviser et d'approfondir les acquis du lycée en analyse, en algèbre et en géométrie. Contenu: les résultats du cours; les méthodes; une rubrique "place aux questions" pour se tester rapidement; trois types d'exercices, intégralement corrigés: au fil du texte, pour illustrer une notion; en fin de chapitre, pour s'entraîner; en fin d'ouvrage, sous forme de problèmes.
Cet ouvrage est la première étude portant exclusivement sur la personne humaine selon Duns Scot. Il s'attache à expliciter l'expression apparemment énigmatique par laquelle le théologien écossais caractérise la personne humaine ? : ultima solitudo. A rebours des interprétations négatives qui, depuis le siècle dernier, ont voulu voir dans cette expression la naissance de l'individualisme moderne, de l'homme moderne affirmant son indépendance en se clôturant sur soi et en se fermant à toute transcendance, il montre que l'ultima solitudo est éminemment positive puisqu'elle est la plus haute indépendance, celle d'une personne humaine qui est une volonté autodéterminée. A ce titre, il examine comment ce penseur a répondu au défi posé par l'introduction au XIIIe siècle d'une pensée qui ignorait tout de la personne, de la volonté libre, de la décision et du libre choix, celle d'Aristote, et comment cette réponse a conduit à l'élaboration d'une morale de la liberté irréductible à l'éthique, c'est-à-dire à la théorie du caractère élaborée par les Grecs qui s'avère incompatible avec la volonté libre. Aussi Duns Scot nous apprend-il non seulement qu'être une personne humaine n'est pas être un individu humain, mais aussi qu'une personne humaine n'est en rien réductible à un caractère équipé de vertus.
Envisager la chose aujourd'hui, c'est souvent la poser dans son irréductibilité à l'objet et à la marchandise. Avec la chose, il s'agirait de s'affranchir de la conceptualité philosophique des Temps Modernes. Ce geste initié par Heidegger dans les années 1940, mais présent dès les années 1920, laisse à penser que la chose relèverait avant tout d'une phénoménologie ou d'une ontologie. Le présent ouvrage en parcourant les textes de Heidegger, Lévinas, Augustin, Coccia, Adam Smith et surtout ceux des juristes romains vise à montrer que la question de la chose n'est ni la question de l'être de la chose, ni celle de son comment mais celle de son attribution. Avec la chose, nous ne sommes pas sur le plan de l'être, mais sur celui de l'avoir. C'est que la chose n'est en rien une présence brute, mais une construction juridique. A la différence de récentes enquêtes sur la chose, la présente étude ne fait pas l'impasse sur le droit romain puisqu'elle établit qu'il est le lieu par excellence de la construction de la chose comme le laisse à penser la summa divisio de la personne et de la chose que nous devons aux juristes romains. En ce sens, l'identité de la chose n'est en rien ontologique, mais procédurale et patrimoniale. Les juristes romains apparaissent alors comme les penseurs par excellence de la chose.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.