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Le rouge ou le noir ? Quand la fiction futorologique française prophétisait des lendemains qui (dé)c
Lévêque Laure
EFFIGI
28,01 €
Épuisé
EAN :9788855245586
De quoi demain sera-t-il fait ? " s'interrogeait, en 1835, Victor Hugo dans des Chants du crépuscule dont on sait que le dernier terme revêtait alors un sens profondément duel, susceptible de signifier aussi bien le point du jour que le couchant. Alors, les temps étaient-ils à l'aurore ou au crépuscule ? Cet horizon indiscernable, beaucoup le scrutent aussi, cherchant à y apercevoir, comme Chateaubriand à pareille époque, " l'Avenir du monde ", un avenir passablement brouillé depuis que la Révolution française a jeté à bas des certitudes téléologiques millénaires, libérant une inquiétude eschatologique majeure, sinon sans précédent, qui agite douloureusement consciences et imaginaires. En témoigne un foisonnant corpus de textes souvent méconnus qui entreprennent d'éclairer cet avenir dont une petite centaine, couvrant le XIX et une bonne partie du XX siècle, est ici examinée. Pris en tenaille entre les deux grandes postulations mythiques que sont le progrès et la décadence, l'avenir est préempté tantôt du côté d'une nouvelle genèse tantôt du côté d'une retentissante apocalypse, engageant, entre éternel retour, prométhéisme conquérant ou fin des temps, des régimes d'historicité pluriels et des lectures politiques qui ne le sont pas moins. Entre béates utopies et dystopies féroces qui accouchent qui du meilleur des monde et du bon gouvernement, qui de l'enfer sur terre, du phalanstère à la caserne et à la prison, du philanthropisme au totalitarisme, de l'âge d'or au globocide, cette littérature futurologique de l'ère capitaliste est riche de ce que Walter Benjamin appelait des images dialectiques, vibrantes de tension, expressions de passages historiques qui ouvrent tant sur des lendemains qui chantent que sur les faisceaux plus sombres de l'aube dorée.
Si l'identité s'est longtemps entendue au singulier, fruit d'une ontologie essentialiste qui affirme avec la force d'un principe que " ce qui est est ", avec son corolaire que " le non-être n'est pas ", le freudisme n'a pas peu fait pour reconfigurer cette catégorie ontologique, en l'ouvrant à une pluralité de possibles qu'allait explorer, poussé dans ses retranchements par l'exercice de l'hégémonie, que celle-ci soit linguistique, politique ou de genre, le champ des subaltern studies, accouchant d'identités plurielles, atypiques, métissées, rhizomiques ou atopiques, que les contributions ici réunies s'emploient à éclairer.
Ce volume envisage sur deux millénaires une dialectique de la guerre et de la paix qui prend la forme d'une succession de conflits à peine entrecoupés de paix. Loin du bruit des armes, impuissantes à imposer la paix, les auteurs explorent ici des pistes tenant à la mémoire des conflits et plaident pour une gestion sans amnistie et sans amnésie de ces enjeux.
Ce n'est pas le seul édifice social que la Révolution de 1789 a jeté à bas : la volonté refondatrice s'affiche jusque dans le calendrier, où la proclamation de l'An I installe la gestion de l'héritage mémoriel au coeur des enjeux symboliques qu'affronte alors la nation en construction, imposant d'emblée d'inventer de nouveaux rapports qui permettent d'ouvrir des perspectives d'avenir. Quand le sujet se mue en citoyen et que l'abolition des droits féodaux sape les bases sur lesquelles reposaient depuis des siècles l'édifice social et l'identité individuelle, définitivement refondée par l'égalité des droits, alors, avec l'effondrement des repères et l'aboutissement de la longue mise en cause des valeurs reçues, dans la tension extrême entre l'individu et la collectivité, penser la nation passe par une recomposition sans précédent de l'ensemble des référents, qui puise dans l'histoire les chaînes mémorielles capables de fournir des modèles propres à structurer une nouvelle identité collective - pour ne pas parler d'identité nationale , résolument fondatrice et valorisante, sans laquelle aucune reconstruction n'est pensable.
Sans reprendre ici la démarche structurale du Lévi-Strauss de Mythe et signification, les contributions réunies dans ce volume entendent néanmoins explorer son fonctionnement symbolique et contribuer à penser à nouveaux frais la fonction et l'usage du mythe en contexte littéraire. Ouverte à un corpus très large tant au niveau des aires temporelles que géographiques et culturelles considérées, la réflexion questionne les présupposés les plus accrédités sur les rapports du mythe à l'universel. S'inscrivant en faux contre une vision ethnocentriste qui réduit bien souvent la mythologie à ses seules expressions gréco-latines classiques, sans exclusive, ce collectif s'intéresse à des formes à la fois actualisées et excentrées du mythe dont il suit le travail et les rebonds incessants, interdisant de réduire l'imaginaire mythique à un fonds d'images et de procédés académiques figés. Revitalisant les considérations d'un Baudelaire qui voyait dans " la mythologie [...] un dictionnaire d'hiéroglyphes vivants ", soit la clé du grand code des arcanes de l'humain et de son histoire, ce volume retrouve après lui dans la voix du mythe " des concentrations de vie nationale, comme des réservoirs profonds où dorment le sang et les larmes des peuples ". Une voix primordiale qui sourd des profondeurs, voix non plus du passé mais des recommencements.
Aménité : du latin amoenitas (charme) qui signifie, à la fois, l'amabilité et la douceur dans le caractère et l'attitude de quelqu'un et, pour un lieu, son agrément. En reliant les deux termes de cette dualité, cette extension du terme d'aménité nous permet, au-delà d'une considération passive d'observation, d'en tirer une représentation satisfaisante et méthodique suivant laquelle les individus de même que notre milieu et nos ressources doivent être traités avec égard, ce qui devrait aller de soi, comme base élémentaire du respect de soi-même. Dès lors, les territoires d'aménités, lieux d'expression de celles-ci, doivent être préservés et partagés aux fins d'une transmission inter et trans générationnelle que ce soient, dans cet ouvrage, les vestiges et les monuments ; l'environnement, particulièrement maritime et singulièrement méditerranéen ; la collecte, la production et la diffusion de données ; l'urbanisme avec ses droits et ses devoirs ; ou les regards croisés de différents artistes sur notre région, la Méditerranée.
L'actualité ne le démontre que trop : on n'en a jamais fini avec la crise. Une crise qui, démentant toute l'histoire de la notion, tendrait même à devenir permanente. Plus complexe aussi, et la récente pandémie de Covid-19 qui tourmente la planète aura beaucoup fait pour mettre en évidence l'interdépendance de ses facteurs déclencheurs quand, en un gigantesque effet domino, on a vu s'enchaîner crise sanitaire, crise économique et sociale, crise politique et démocratique... seule la crise écologique trouvant fugacement son compte au coup de frein mis aux échanges planétaires. Jouant comme un véritable révélateur, l'événement commande un regard critique que les 19 spécialistes qui ont contribué à ce volume se sont efforcés de porter dans les champs des sciences naturelles et de la médecine, de la philosophie, de l'histoire et de la sociologie, des sciences de l'éducation, de la littérature et des médias pour penser à nouveaux frais les questions qu'Edgar Morin soulevait voici un demi-siècle en forgeant le néologisme de " crisologie ". Crisologie que nous reprenons ici à notre compte en l'actualisant.
En cette année 2017, le temps des révolutions revenait dans les têtes. Anniversaire de la révolution libérale de Russie et bien sûr de cette première, inattendue et triomphante révolution bolchévique d'octobre. Révolution(s) entre commotions et commémorations est le fruit des échanges des 5e Rencontres d'histoire critique, tenues en 2017, comme depuis huit ans, à Gennevilliers, à l'initiative des Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique et de l'Université populaire des Hauts-de-Seine. Le livre croise les approches d'historiennes, de sociologues, de géographes, de spécialistes de littérature autour de ces temps du social inhérents à notre modernité, celle de la pensée du contrat social et des droits inaliénables des hommes, libres et égaux, qui savent désormais que nul ordre social n'est légitime au-delà de leur consentement. Révolutions toujours inachevées, emportant plus ou moins de transformations réelles, plus ou moins durables, le livre embrasse la diversité de ces événements de la France, matrice féconde, à la Russie devenant URSS, à l'Ukraine, l'Irlande, l'Italie, la Chine et aux Etats-Unis, si profondément hantés par les échos des révolutions. Ce volume fait suite à ceux des précédentes Rencontres d'histoire critique, Guerre et paix et Nation(s), Mondialisation(s) : toute une histoire.