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La voix du mythe
Chaulet Achour Christiane ; Lévêque Laure
EFFIGI
18,00 €
Épuisé
EAN :9788855244930
Sans reprendre ici la démarche structurale du Lévi-Strauss de Mythe et signification, les contributions réunies dans ce volume entendent néanmoins explorer son fonctionnement symbolique et contribuer à penser à nouveaux frais la fonction et l'usage du mythe en contexte littéraire. Ouverte à un corpus très large tant au niveau des aires temporelles que géographiques et culturelles considérées, la réflexion questionne les présupposés les plus accrédités sur les rapports du mythe à l'universel. S'inscrivant en faux contre une vision ethnocentriste qui réduit bien souvent la mythologie à ses seules expressions gréco-latines classiques, sans exclusive, ce collectif s'intéresse à des formes à la fois actualisées et excentrées du mythe dont il suit le travail et les rebonds incessants, interdisant de réduire l'imaginaire mythique à un fonds d'images et de procédés académiques figés. Revitalisant les considérations d'un Baudelaire qui voyait dans " la mythologie [...] un dictionnaire d'hiéroglyphes vivants ", soit la clé du grand code des arcanes de l'humain et de son histoire, ce volume retrouve après lui dans la voix du mythe " des concentrations de vie nationale, comme des réservoirs profonds où dorment le sang et les larmes des peuples ". Une voix primordiale qui sourd des profondeurs, voix non plus du passé mais des recommencements.
Ecrivain algérien dont la notoriété s'est affirmée dans les années 80, Myriam Ben s'entretient ici avec Christiane Achour de son enfance et de ses années de formation, des événements et des rencontres qui l'ont marquée, de la plongée dans la création picturale et littéraire, des aléas des publications. Elle répond aussi aux questions posées sur les rapports de l'art et de la société, sur sa relation au public et à la critique. Ce document vivant qui laisse entendre la voix d'un écrivain contemporain dans son immédiateté est suivi d'une bibliographie des publications et interventions de l'auteur et de la réception de ses nouvelles par des lycéens algérois. Il se termine par une analyse de l'intervention de Myriam Ben comme femme-écrivain dans l'Algérie actuelle. On trouvera en annexe quelques inédits.
Résumé : Ce livre présente une synthèse des littératures francophones des pays du Sud, qui ont émergé durant la colonisation et dont la production s'est poursuivie depuis les indépendances. Ces littératures demeurent trop peu visibles en France malgré la renommée d'un Léopold Sédar Senghor ou d'un Aimé Césaire, et sont l'occasion de découvrir des univers culturels fascinants, tant dans leur dimension esthétique que dans leur portée anthropologique. Mais il faut, avant tout, distinguer la Francophonie en soi et les francophonies littéraires au pluriel, dans les anciens espaces coloniaux et dans leurs réalités géographiques et sociales d'aujourd'hui.
Les auteurs interrogent ici, dans des études comparatistes, le rayonnement des Mille et Une Nuits. Sont abordés ici son influence sur les autres textes, les connexions plus ou moins conscientes établies avec d'autres auteurs, la réception qui a pu en être faite dans différentes cultures. De Jules Verne en passant par la Russie, du Dictionnaire des mythes féminins au Manuscrit trouvé à Saragosse, ce volume est une invitation à la déambulation, sur les traces laissées par ce texte fondateur de la littérature orientaliste.
Beaucoup a été écrit sur Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain: à sa gloire et à sa charge. Cet ouvrage, le traitant comme un "classique", souhaite le faire lire en tant que tel puisque ses effets de lecture continuent à produire rêve, inquiétude et questionnement sur Haïti. En essayant de pister le pourquoi de la magie qu'a exercée et qu'exerce ce roman de lutte et d'espoir, il souhaite donner quelques clefs pour décupler le plaisir que donne le texte, une oeuvre littéraire ayant les moyens de faire advenir dans notre imaginaire des figures et des voix inaudibles jusque-là. Admirateurs ou détracteurs de Gouverneurs de la rosée peuvent s'accorder sur ce point: le roman a été et reste l'un de ceux qui inscrit durablement dans la sensibilité du lecteur la terre d'Haïti, la symbolique de l'eau et la paysannerie haïtienne, ces "habitants, les nègres-pieds-à-terre, méprisés et maltraités" selon les mots de Laurélien Laurore. On peut avancer, à la suite de ce qu'affirmait Dany Laferrière en juin 2007: "Chaque pays a son Roumain, c'est-à-dire un écrivain qui résume en quelque sorte les rêves, les élans et les échecs de sa société. Ce n'est pas forcément le meilleur écrivain du pays, mais c'est celui en qui tout le monde se reconnaît, (...) quelqu'un qui n'hésite pas à asséner ses quatre vérités à ses compatriotes. Pour le Québec, je pense à Miron. Pour Haïti, c'est Roumain".
Topos s'il en est, la femme orientale enfièvre l'imagination et échauffe les esprits, occidentaux singulièrement, pour qui elle est un objet de fantasme toujours renouvelé. En témoignent toute une littérature orientaliste et colonialiste qui s'attache à percer son mystère et toute une iconographie qui, de Delacroix à Fromentin ou à Matisse, en fixe l'imagerie formulaire sur fond de harem et de bains maures où paressent de sensuelles odalisques et ondulent lascivement des almées. Femmes-objets, tout entières vouées au plaisir masculin, ces femmes d'Orient sont d'autant plus attirantes qu'elles sont inaccessibles, recluses en leur sérail ou dissimulées sous un voile qui, en ne laissant voir que des yeux de braise, attise le désir plus qu'il ne l'interdit. C'est toute cette typologie, largement cristallisée en poncifs et durcie en fantasmatique, qui se trouve ici reprise et dépliée comme est aussi revisité l'autre versant de l'Orientale dont, avec Shéhérazade, les Mille et Une nuits montrent qu'elle est loin de n'avoir qu'un visage mais qu'elle peut aussi être cette femme puissante qui déjoue les scénarios préétablis, faisant passer son pouvoir de séduction du corps à la tête.
Au-delà des réjouissances privées qui rythment nos vies, la fête investit massivement l'espace public. Cérémonies ritualisées, processions, défilés, commémorations, festivals... d'essence religieuse ou politique, les festivités, récurrentes ou non, scandent la vie civile, occupent l'espace et règlent le temps, profane comme sacré, à travers des éphémérides qui prennent sens à l'aune de ces célébrations. Miroir sensible d'une société, le calendrier rend compte de la représentation qu'elle a d'elle-même, qui en est aussi l'ordonnateur des valeurs civiques et comme le baromètre, dans la balance qu'il tient entre les registres spirituel et temporel comme dans les recompositions qu'il marque entre promotions et déménagements. L'histoire des fêtes livre une histoire sociale, à la fois culturelle et politique, que l'on suit ici en longue diachronie de la Grèce antique aux jeunes Etats-Unis, de la France à l'Espagne ou l'Italie. Entre fêtes pastorales, année liturgique, fêtes populaires, triomphes, entrées royales, fêtes civiques et nationales... c'est un très large éventail de festivités qui est ici parcouru pour offrir au lecteur la compréhension la plus fine de ce champ privilégié d'intervention du pouvoir.
En cette année 2017, le temps des révolutions revenait dans les têtes. Anniversaire de la révolution libérale de Russie et bien sûr de cette première, inattendue et triomphante révolution bolchévique d'octobre. Révolution(s) entre commotions et commémorations est le fruit des échanges des 5e Rencontres d'histoire critique, tenues en 2017, comme depuis huit ans, à Gennevilliers, à l'initiative des Cahiers d'histoire. Revue d'histoire critique et de l'Université populaire des Hauts-de-Seine. Le livre croise les approches d'historiennes, de sociologues, de géographes, de spécialistes de littérature autour de ces temps du social inhérents à notre modernité, celle de la pensée du contrat social et des droits inaliénables des hommes, libres et égaux, qui savent désormais que nul ordre social n'est légitime au-delà de leur consentement. Révolutions toujours inachevées, emportant plus ou moins de transformations réelles, plus ou moins durables, le livre embrasse la diversité de ces événements de la France, matrice féconde, à la Russie devenant URSS, à l'Ukraine, l'Irlande, l'Italie, la Chine et aux Etats-Unis, si profondément hantés par les échos des révolutions. Ce volume fait suite à ceux des précédentes Rencontres d'histoire critique, Guerre et paix et Nation(s), Mondialisation(s) : toute une histoire.
La crise climatique et environnementale n'est plus à notre porte. Elle est bien présente : rapports, études, mouvements citoyens ne cessent de la constater. Depuis le premier rapport du GIEC publié en 1990, le réchauffement planétaire n'a pas diminué, et, en 2023, l'optimisme climatique n'est pas à l'ordre du jour. Les Etats, les gouvernements, les institutions diverses et variées et les populations doivent impérativement en prendre conscience parce que, comme le soulignent les Nations Unies : " Les changements climatiques sont la question déterminante de notre époque et nous sommes à un moment décisif. De l'évolution des conditions météorologiques, qui ont des effets sur la production agricole et alimentaire, à l'élévation du niveau des mers, qui augmente les risques d'inondations, les conséquences des changements climatiques sont mondiales en termes d'effets et d'échelle. Sans action immédiate, il sera beaucoup plus difficile et coûteux de s'adapter aux conséquences futures de ces changements ". Face à cette urgence, quel rôle peuvent jouer les Sciences humaines ? En quoi peuvent-elles aider à repenser la relation que nous entretenons individuellement et collectivement avec l'environnement ? Comment peuvent-elles travailler à modifier les représentations et les comportements ? Sur le front de la prise de conscience, aux côtés de l'histoire, de la géographie, de la linguistique et des écritures de création, la littérature sous toutes ses formes et tous ses genres, en explorant les savoirs scientifiques sur le terrain des imaginaires, monte, de toute évidence, en première ligne.