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Le sens de la fête
Lévêque Laure
EFFIGI
18,00 €
Épuisé
EAN :9788855243124
Au-delà des réjouissances privées qui rythment nos vies, la fête investit massivement l'espace public. Cérémonies ritualisées, processions, défilés, commémorations, festivals... d'essence religieuse ou politique, les festivités, récurrentes ou non, scandent la vie civile, occupent l'espace et règlent le temps, profane comme sacré, à travers des éphémérides qui prennent sens à l'aune de ces célébrations. Miroir sensible d'une société, le calendrier rend compte de la représentation qu'elle a d'elle-même, qui en est aussi l'ordonnateur des valeurs civiques et comme le baromètre, dans la balance qu'il tient entre les registres spirituel et temporel comme dans les recompositions qu'il marque entre promotions et déménagements. L'histoire des fêtes livre une histoire sociale, à la fois culturelle et politique, que l'on suit ici en longue diachronie de la Grèce antique aux jeunes Etats-Unis, de la France à l'Espagne ou l'Italie. Entre fêtes pastorales, année liturgique, fêtes populaires, triomphes, entrées royales, fêtes civiques et nationales... c'est un très large éventail de festivités qui est ici parcouru pour offrir au lecteur la compréhension la plus fine de ce champ privilégié d'intervention du pouvoir.
Si l'identité s'est longtemps entendue au singulier, fruit d'une ontologie essentialiste qui affirme avec la force d'un principe que " ce qui est est ", avec son corolaire que " le non-être n'est pas ", le freudisme n'a pas peu fait pour reconfigurer cette catégorie ontologique, en l'ouvrant à une pluralité de possibles qu'allait explorer, poussé dans ses retranchements par l'exercice de l'hégémonie, que celle-ci soit linguistique, politique ou de genre, le champ des subaltern studies, accouchant d'identités plurielles, atypiques, métissées, rhizomiques ou atopiques, que les contributions ici réunies s'emploient à éclairer.
Lévêque Laure ; Bonfils Philippe ; Kocoglu Yusuf ;
A lire l'actualité, l'espace euro-méditerranéen évoque aujourd'hui massivement une zone de conflits, culturels, religieux ou économiques, plus ou moins ouverts, jusqu'à menacer le vivre ensemble de communautés que caractérisent pourtant, sur la longue durée, des pratiques d'échanges qui ont assuré, d'une rive à l'autre, une cohabitation renouvelée, sinon toujours pacifique. Les analyses ici réunies questionnent plus particulièrement trois leviers de l'intégration au sein de sociétés euro-méditerranéennes plongées dans une crise systémique aux implications tant politiques que sociales dont les retentissements relèvent de ce qu'Amin Maalouf appelle "identités meurtrières" : la question des langues qui, loin de la malédiction biblique qui condamne le babélisme, fait du multilinguisme un maillon cardinal dans la dialectique du même et de l'autre qui commande l'ouverture à autrui dans la permanence de soi à soi ; celle des politiques éducatives, décisives dans la formation de compétences sur lesquelles toute société entend asseoir son autorité, pour peu que ces compétences trouvent à s'investir dans le système ; celle, cruciale, des circulations dans un espace moins ouvert qu'il ne le dit où la nature de ces flux, touristiques ou migratoires, conditionne les termes de l'échange et le statut de ceux qu'il implique.
Ce volume envisage sur deux millénaires une dialectique de la guerre et de la paix qui prend la forme d'une succession de conflits à peine entrecoupés de paix. Loin du bruit des armes, impuissantes à imposer la paix, les auteurs explorent ici des pistes tenant à la mémoire des conflits et plaident pour une gestion sans amnistie et sans amnésie de ces enjeux.
Sans reprendre ici la démarche structurale du Lévi-Strauss de Mythe et signification, les contributions réunies dans ce volume entendent néanmoins explorer son fonctionnement symbolique et contribuer à penser à nouveaux frais la fonction et l'usage du mythe en contexte littéraire. Ouverte à un corpus très large tant au niveau des aires temporelles que géographiques et culturelles considérées, la réflexion questionne les présupposés les plus accrédités sur les rapports du mythe à l'universel. S'inscrivant en faux contre une vision ethnocentriste qui réduit bien souvent la mythologie à ses seules expressions gréco-latines classiques, sans exclusive, ce collectif s'intéresse à des formes à la fois actualisées et excentrées du mythe dont il suit le travail et les rebonds incessants, interdisant de réduire l'imaginaire mythique à un fonds d'images et de procédés académiques figés. Revitalisant les considérations d'un Baudelaire qui voyait dans " la mythologie [...] un dictionnaire d'hiéroglyphes vivants ", soit la clé du grand code des arcanes de l'humain et de son histoire, ce volume retrouve après lui dans la voix du mythe " des concentrations de vie nationale, comme des réservoirs profonds où dorment le sang et les larmes des peuples ". Une voix primordiale qui sourd des profondeurs, voix non plus du passé mais des recommencements.
De quoi demain sera-t-il fait ? " s'interrogeait, en 1835, Victor Hugo dans des Chants du crépuscule dont on sait que le dernier terme revêtait alors un sens profondément duel, susceptible de signifier aussi bien le point du jour que le couchant. Alors, les temps étaient-ils à l'aurore ou au crépuscule ? Cet horizon indiscernable, beaucoup le scrutent aussi, cherchant à y apercevoir, comme Chateaubriand à pareille époque, " l'Avenir du monde ", un avenir passablement brouillé depuis que la Révolution française a jeté à bas des certitudes téléologiques millénaires, libérant une inquiétude eschatologique majeure, sinon sans précédent, qui agite douloureusement consciences et imaginaires. En témoigne un foisonnant corpus de textes souvent méconnus qui entreprennent d'éclairer cet avenir dont une petite centaine, couvrant le XIX et une bonne partie du XX siècle, est ici examinée. Pris en tenaille entre les deux grandes postulations mythiques que sont le progrès et la décadence, l'avenir est préempté tantôt du côté d'une nouvelle genèse tantôt du côté d'une retentissante apocalypse, engageant, entre éternel retour, prométhéisme conquérant ou fin des temps, des régimes d'historicité pluriels et des lectures politiques qui ne le sont pas moins. Entre béates utopies et dystopies féroces qui accouchent qui du meilleur des monde et du bon gouvernement, qui de l'enfer sur terre, du phalanstère à la caserne et à la prison, du philanthropisme au totalitarisme, de l'âge d'or au globocide, cette littérature futurologique de l'ère capitaliste est riche de ce que Walter Benjamin appelait des images dialectiques, vibrantes de tension, expressions de passages historiques qui ouvrent tant sur des lendemains qui chantent que sur les faisceaux plus sombres de l'aube dorée.
L'essentiel est invisible pour les yeux ", disait Saint-Exupéry. C'est un peu le postulat de départ de ce livre qui applique la formule au champ du patrimoine culturel dans ses modalités, sinon toutes immatérielles, du moins sous-jacentes. Enfouies dans le sein de la terre ou reposant au fond des mers, essaimant sur les ailes des mots, ricochant dans les arts, dans les traditions populaires, éclatant dans les fêtes, bruissant dans les marges d'un texte, gîtant dans les recoins de la mémoire, perçant dans les représentations..., c'est à ces manifestations, plus ou moins évanides mais d'une rémanence opiniâtre et que l'UNESCO a reconnues comme vecteurs d'un " sentiment d'identité et de continuité " liant populations, héritage et territoires que s'intéresse cet ouvrage. Seize spécialistes venus d'horizons disciplinaires diversifiés lui ont apporté leur expertise et ont contribué à la réflexion, assumant dans toute sa rigueur le rôle patient du chercheur à la fois engagé dans l'interprétation scientifique des structures et dans leur appropriation par les acteurs de terrain et concourant ainsi doublement à revitaliser ce substrat identitaire que constitue, tant pour les individus que pour les sociétés, un patrimoine culturel aussi vivace que fragile, résistant à l'épreuve des siècles.
La crise climatique et environnementale n'est plus à notre porte. Elle est bien présente : rapports, études, mouvements citoyens ne cessent de la constater. Depuis le premier rapport du GIEC publié en 1990, le réchauffement planétaire n'a pas diminué, et, en 2023, l'optimisme climatique n'est pas à l'ordre du jour. Les Etats, les gouvernements, les institutions diverses et variées et les populations doivent impérativement en prendre conscience parce que, comme le soulignent les Nations Unies : " Les changements climatiques sont la question déterminante de notre époque et nous sommes à un moment décisif. De l'évolution des conditions météorologiques, qui ont des effets sur la production agricole et alimentaire, à l'élévation du niveau des mers, qui augmente les risques d'inondations, les conséquences des changements climatiques sont mondiales en termes d'effets et d'échelle. Sans action immédiate, il sera beaucoup plus difficile et coûteux de s'adapter aux conséquences futures de ces changements ". Face à cette urgence, quel rôle peuvent jouer les Sciences humaines ? En quoi peuvent-elles aider à repenser la relation que nous entretenons individuellement et collectivement avec l'environnement ? Comment peuvent-elles travailler à modifier les représentations et les comportements ? Sur le front de la prise de conscience, aux côtés de l'histoire, de la géographie, de la linguistique et des écritures de création, la littérature sous toutes ses formes et tous ses genres, en explorant les savoirs scientifiques sur le terrain des imaginaires, monte, de toute évidence, en première ligne.