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Pour une histologie de la crise
Lévêque Laure ; Staron Anita
EFFIGI
20,00 €
Épuisé
EAN :9788855243483
L'actualité ne le démontre que trop : on n'en a jamais fini avec la crise. Une crise qui, démentant toute l'histoire de la notion, tendrait même à devenir permanente. Plus complexe aussi, et la récente pandémie de Covid-19 qui tourmente la planète aura beaucoup fait pour mettre en évidence l'interdépendance de ses facteurs déclencheurs quand, en un gigantesque effet domino, on a vu s'enchaîner crise sanitaire, crise économique et sociale, crise politique et démocratique... seule la crise écologique trouvant fugacement son compte au coup de frein mis aux échanges planétaires. Jouant comme un véritable révélateur, l'événement commande un regard critique que les 19 spécialistes qui ont contribué à ce volume se sont efforcés de porter dans les champs des sciences naturelles et de la médecine, de la philosophie, de l'histoire et de la sociologie, des sciences de l'éducation, de la littérature et des médias pour penser à nouveaux frais les questions qu'Edgar Morin soulevait voici un demi-siècle en forgeant le néologisme de " crisologie ". Crisologie que nous reprenons ici à notre compte en l'actualisant.
Cet ouvrage vise à analyser la mise en texte de l'Histoire et de l'idéologie au moyen d'une pragmatique du discours, dans un univers romanesque qui court de la période immédiatement post-révolutionnaire aux lendemains de la révolution de 1830, et jusqu'aux prémices de celle de 1848, en s'attachant particulièrement au processus de production littéraire en tant qu'il met au jour des pouvoirs d'intervention dans l'histoire et d'invention de l'Histoire.
Si l'identité s'est longtemps entendue au singulier, fruit d'une ontologie essentialiste qui affirme avec la force d'un principe que " ce qui est est ", avec son corolaire que " le non-être n'est pas ", le freudisme n'a pas peu fait pour reconfigurer cette catégorie ontologique, en l'ouvrant à une pluralité de possibles qu'allait explorer, poussé dans ses retranchements par l'exercice de l'hégémonie, que celle-ci soit linguistique, politique ou de genre, le champ des subaltern studies, accouchant d'identités plurielles, atypiques, métissées, rhizomiques ou atopiques, que les contributions ici réunies s'emploient à éclairer.
Au-delà des réjouissances privées qui rythment nos vies, la fête investit massivement l'espace public. Cérémonies ritualisées, processions, défilés, commémorations, festivals... d'essence religieuse ou politique, les festivités, récurrentes ou non, scandent la vie civile, occupent l'espace et règlent le temps, profane comme sacré, à travers des éphémérides qui prennent sens à l'aune de ces célébrations. Miroir sensible d'une société, le calendrier rend compte de la représentation qu'elle a d'elle-même, qui en est aussi l'ordonnateur des valeurs civiques et comme le baromètre, dans la balance qu'il tient entre les registres spirituel et temporel comme dans les recompositions qu'il marque entre promotions et déménagements. L'histoire des fêtes livre une histoire sociale, à la fois culturelle et politique, que l'on suit ici en longue diachronie de la Grèce antique aux jeunes Etats-Unis, de la France à l'Espagne ou l'Italie. Entre fêtes pastorales, année liturgique, fêtes populaires, triomphes, entrées royales, fêtes civiques et nationales... c'est un très large éventail de festivités qui est ici parcouru pour offrir au lecteur la compréhension la plus fine de ce champ privilégié d'intervention du pouvoir.
Le terme outsider provient de l'anglais outside, " extérieur " (de out, " en dehors ", et de side, " côté "), langue dans laquelle il renvoie à deux idées principales. La première, en consonance avec son étymologie, fait allusion à toute personne se situant en dehors d'un groupe ou d'une organisation, que cette situation soit volontaire (" dissident ", " non conformiste ") ou involontaire (" étranger ", " intrus ", " paria "). La seconde idée évoque toute personne ou animal (en particulier un cheval de course), qui ne fait pas partie des favoris dans une compétition de quelque nature qu'elle soit (sportive, politique, concours de beauté, de chant, etc.). Si ce dernier sens est le plus courant en français, notre langue reprend fréquemment le terme outsider dans sa première acception pour désigner des individus au parcours atypique ou considérés comme étrangers à un groupe. Fortes de ces prémisses étymologiques, les contributions réunies dans le présent volume interrogent plusieurs aspects (non exclusifs) du concept d'outsider : ses figures, ses liens avec la notion d'exclusion, l'idée de déviance par rapport à des normes, la taxinomie des luttes qu'il suggère.
L'essentiel est invisible pour les yeux ", disait Saint-Exupéry. C'est un peu le postulat de départ de ce livre qui applique la formule au champ du patrimoine culturel dans ses modalités, sinon toutes immatérielles, du moins sous-jacentes. Enfouies dans le sein de la terre ou reposant au fond des mers, essaimant sur les ailes des mots, ricochant dans les arts, dans les traditions populaires, éclatant dans les fêtes, bruissant dans les marges d'un texte, gîtant dans les recoins de la mémoire, perçant dans les représentations..., c'est à ces manifestations, plus ou moins évanides mais d'une rémanence opiniâtre et que l'UNESCO a reconnues comme vecteurs d'un " sentiment d'identité et de continuité " liant populations, héritage et territoires que s'intéresse cet ouvrage. Seize spécialistes venus d'horizons disciplinaires diversifiés lui ont apporté leur expertise et ont contribué à la réflexion, assumant dans toute sa rigueur le rôle patient du chercheur à la fois engagé dans l'interprétation scientifique des structures et dans leur appropriation par les acteurs de terrain et concourant ainsi doublement à revitaliser ce substrat identitaire que constitue, tant pour les individus que pour les sociétés, un patrimoine culturel aussi vivace que fragile, résistant à l'épreuve des siècles.
Il existe un petit bout de littoral sur la côte Sud-Est, du cap Bénat au cap Canaille, qui, jusqu'à il y a peu, était presque complètement ignoré, malaimé même. En son centre, la ville de Toulon. Ne disait-on pas " Toulon – Ville sans renom – Hommes sans honneur – Femmes sans pudeur – Montagnes sans verdeur – Rivières sans fraîcheur " ? Cet ouvrage s'adresse à tous ceux qui ont envie de découvrir ou redécouvrir ce littoral autrement, de faire un véritable voyage à travers ses paysages. Car ceux-ci sont une mémoire. Ils ne sont pas simplement laids ou beaux, étrangers et froids tels quelque chose auquel on n'appartient pas mais véhiculent une histoire des relations entre le milieu et les humains qui l'ont habité, parcouru, des émotions, des valeurs. Ils nous relient, à travers les époques, à notre espace. Ce livre raconte donc des histoires, celles d'un territoire d'une richesse prodigieuse, pour ainsi tisser un lien charnel, une forme de beauté propre à faire naître de l'émerveillement.
Issu de trois années de recherche au sein du Laboratoire BABEL de l'Université de Toulon, Corps, Genre, Santé rassemble dix contributions qui tissent un dialogue pluridisciplinaire autour des représentations des maladies, des troubles mentaux et de la construction des tabous, des normes genrées et de multiples formes de stigmatisation. A travers la littérature et le cinéma d'aires culturelles variées (France, Espagne, Portugal, Suède), les articles de la première partie, " Corps & Genre ", s'attachent à l'étude de sexualités non normatives, à la remise en question d'interdits corporels et dévoilent les mécanismes d'appropriation des comportements sexués. La thérapeutique, quant à elle, est à l'honneur de la seconde partie, " Corps & Santé ", où la grosse vérole, le cancer du sein et la dépression se retrouvent au coeur de récits de poètes et de romanciers qui cherchent à " panser ce qui peut être pansé ", pour reprendre une belle formule d'Emmanuel Carrère. L'investissement rhétorique autour de la maladie est aussi source de relégations et de violences innommables comme le montrent une étude historique sur l'Allemagne nazie et une analyse discursive du lexème " schizophrénie " dans un journal brésilien. Pluriels et rhizomatiques, les articles de ce volume témoignent des vertus d'une approche dialogique : l'aptitude à relier afin de faire émerger de nouveaux regards.