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Graffiti Art N° 35, octobre-novembre 2017
Lefranc Jean-Martial
GRAFFITI ART
8,70 €
Épuisé
EAN :3663322095108
Ce numéro 35 démarre fort sur une couverture dédiée au duo allemand Low Bros et à leur loup emblématique. Après quelques expéditions américaines, nous revenons sur les rivages européens avec une visite au Festival Nuart en Norvège et Upeart en Finlande. Ces murs qui viennent du froid explosent les limites du genre avec brio. Un espagnol s'est invité à Marseille et c'est l'occasion d'une rencontre de fond avec Gonzalo Borondo alors qu'il prépare son show monumental, "Matière Noire" . Exclusif ! Un autre espagnol installé à Berlin, Vermibus nous entraine dans ses interventions anti-publicitaires et imprime dans notre psyché ses visages "d'anti-beauté" comme autant de trous noirs nous renvoyant au désespoir de la société consumériste. Amandine Urruty nous entraîne à la suite de Jérôme Bosch dans ses fresques foisonnantes qui rappellent que l'enfer est pavé de bonnes intentions. Quant à l'allemand Hendrik Czakainski, il piste les images de catastrophes captées par les satellites pour produire d'émouvants volumes où s'expriment les désordres d'un monde devenu un peu trop dense pour l'être humain. Le français Ludo nous ramène vers la critique sociale en mobilisant ses insectes technoïdes à dominante verte et fort accent d'ironie. Nous enquêtons ensuite l'irruption de l'art urbain dans les musées dans un dossier qui laisse de coté la question de la légitimité pour se focaliser sur les lieux, les collections et la vague toujours plus forte du mouvement en cours. Enfin, dans un détour par Los Angeles, nous visitons la galerie Thinkspace et Andrew Hosner, son patron, qui nous raconte comment il applique au commerce de l'art les technique des producteurs du rock métal. Un numéro qui nous annonce un automne combatif, transgressif et beau.
La saison des batailles finales nous entraîne vers l'été de tous les dangers. Sur grand écran, les "Avengers" ont réussi à se débarrasser de Thanos, le champion du malthusianisme qui voulait éliminer la moitié de l'humanité pour que l'autre survive. Sur le petit écran, la conclusion de "Game of Thrones" laisse un goût de cendre, un peu comme ces incendies géants, désormais communs dans notre atmosphère saturée de gaz carbonique. Dans la réalité, pour autant que ce concept ait encore un sens, la mère de toutes les batailles se prépare aux Etats-Unis où l'élection de 2020 peut signer la fin d'une démocratie. Quelle sera la position, le comportement des artistes face à la déliquescence, à la corruption qui s'installent à la Maison Blanche, au Congrès, dans les couloirs feutrés de la Cour Suprême ? Shepard Fairey mettra-t-il à nouveau son talent d'inventeur d'icône au service du candidat de la liberté et du progrès ? Encore faudra t il qu'un candidat iconique s'impose dans le camp du bien. L'art urbain est une fête comme le démontre dans notre dossier sur les festivals de l'été. Mais derrière l'ironie, la distance, la dérision, il est peut être temps de trouver les ressorts d'une mobilisation politique qui ne pourra au final que s'exprimer dans les urnes dans dix-huit mois sur le territoire américain. Il ne s'agit plus de critiquer la société de consommation, il ne s'agit plus d'explorer les limites du Pop, il ne s'agit plus d'entretenir la flamme du vandalisme, il s'agit de produire des images sidérantes qui puisse convaincre le peuple que le seul patron qui vaille n'est ni un milliardaire, ni un homme providentiel mais le peuple lui-même.
Cette fois, nous avons décidé de vous offrir une notice introductive sur la curation de ce nouveau Graffiti Art. Vous allez y découvrir un art urbain en pleine recomposition. Le moteur de cette recomposition est l'explosion des media utilisés par nos artistes. Certes, notre quête démarre à New York, au point zéro de la déflagration, avec les pochoirs politiques de John Fekner au début des années 80. Mais de là, la généalogie se brouille dans une descendance foisonnante. Niels Shoe Meulman reste sur la toile mais organise la fusion entre le lettrage et de l'expressionnisme abstrait. Autre crossover hardi chez Picho Avo entre le flop et le maniérisme "Renaissance" . Et puis, plus loin, on abandonne la toile pour des compositions sur d'incertains supports. Bordalo II, en show exceptionnel à Paris, produit un bestiaire en volume à partir d'accumulation de rebus. Ce désir d'enfance est partagé par Sean Chao et UfoCinque. Pour Chao, le mode d'expression sont des suites de diorama miniature évoquant l'animation tchèque des années 50. Pour UfoCinque, l'environnement urbain se transforme grâce à des monuments en papier découpé. Mark Jenkins et Tilt complètent ce cabinet des curiosités. Le premier joue avec l'angoisse urbaine à travers ses mannequins, vecteurs de performances immobiles. Le second se réinvente avec une décomposition du graffiti sur la matière brute de nos cités, le Placoplatre. Un dossier sur les filles du Street Art vient équilibrer ce numéro passionnant à produire et, nous l'espérons, passionnant à lire.
Conquête Urbaine" , l'exposition rétrospective organisée au Musée des Beaux Arts de Calais donne le ton de cette nouvelle édition. Car voilà que l'Urbain devient le sauf conduit vers la conquête d'un public de plus en plus... conquis. Calais est la ville d'Europe aux premières lignes du Brexit et c'est justice qu'elle accueille un genre qui n'a aucun respect pour les frontières et s'insinue dans toutes les strates thématiques ou géographiques de la culture qui compte. Le corps, d'abord, nouvelle zone de conquête dans notre dossier consacré aux artistes tatoueurs. La pierre, ensuite avec un portrait de Does qui travaille au coeur même des surfaces minérales. Deux grandes interviews marquent aussi ce numéro. Swoon qui inaugure avec un solo show envoutant le nouvel espace Fluctuart. Fluctuart ? C'est une péniche installée sur les rives de la Seine dédiée à l'art contemporain urbain. Fluctuart : "Conquête Fluviale" . L'autre rencontre est celle de Mist qui revient avec son abstraction hyper énergique : "Conquête Quantique" . Bom-K qui nous avait l'honneur d'une couverture envoutante dans le numéro précèdent revient pour portrait à l'occasion de son nouveau show à Paris. "Conquête historique" , alors qu'il bat les records d'enchères, nous couvrons aussi une exposition exceptionnelle consacrée à Basquiat aux Pays-Bas. "Conquête phylogénétique" , une visite à l'atelier d'Alexis Diaz nous montre au travail le maître de l'hybridation animale. Et pour en terminer avec toute cette agitation épuisante, nous retournons en Espagne, où Ampparito nous apaise avec son ironie tranquille. Que faudrait il conclure face à une telle extension du domaine de l'urbain ? No Border, évidemment.
En couverture de GA 36, Matt Gondek et sa "famille nucléaire" nous raconte une nativité en "creux" pour ces fêtes de fin d'année 2017. Notre nouveau dossier aborde la question de l'appropriation du Pop qui voit de plus en plus d'artistes inviter Mickey ou les Superhéros en guest stars de leurs oeuvres. Plus calmes et méditatifs sont les paysages urbains de Stéphanie Buer ou les toiles apaisantes de Philippe Hérard. De pop, il est encore question avec une première interview de fond avec Hebru Brantley, le kid de Chicago parti à la conquête du monde grâce à son héros adolescent et aviateur. Nous prenons aussi des nouvelles de Brusk dont les nouvelles incursions vers le volume nous intriguent et nous enchantent. Autre motif d'émerveillement, les dessins obsessionnels de détails de Ben Tolman saisis au moment même où commence son premier solo show à Paris. Nous avons fait aussi le chemin jusqu'à Zürich, pour rencontrer Julien Kolly, le galeriste de référence de la ville et aussi un défenseur acharné du graffiti et de l'abstraction. Un peu plus au Sud, mais toujours en Suisse, Saype nous épate avec ses fresques géantes peintes à même les alpages. Les média sont investis sous toutes leurs formes par les artistes du mouvement comme le révèlent nos rencontres avec Lenz, qui a fait de la brique Lego son moyen d'expression du moment. Notre voyage s'achève au Portugal avec Add Fuel qui produit lui des oeuvres urbaines géantes à base de céramique, organisant un dialogue envoutant entre le passé et le présent. Un numéro qui interroge une période inquiétante et révèle des mutations plutôt exaltantes.
Au sommaire de ce numéro de lété 2016, un dossier sur lart miniature dans lespace urbain (Joe Iurato, Pablo Delgado, Evol, Helen Nodding, Slinkachu et Isaac Cordal) qui permet de regarder différemment la ville.
Au sommaire de ce numéro de printemps 2015, un dossier dédié à l'abstraction dans l'art urbain, mettant en scène des artistes s'exprimant dans la rue et en atelier de façon mathématique et géométrique ou encore de façon libre et jetée, tous à la recherche d'un langage universel, à l'instar de Maya Hayuk, Revok, Carl Cashman ou Jason Woodside. Partons à la découverte des artistes les plus excitants du moment, on lit une interview de Pose, artiste de Chicago à la figuration déconstruite, à mi-chemin entre Warhol et Rosenquist ; Levalet, jeune artiste parisien réalisant dans les rues de la capitale des collages à l'encre de chine, empreints d'humour et de contextualité ; et Cleon Peterson, artiste et graphiste réputé du milieu du skateboard de Los Angeles, comparse de Shepard Fairey, peignant un obscur Eldorado où désordre et pulsions inavouables se donnent libre cours dans des danses mortuaires dénuées de morale et de justice. Enfin, on se plonge dans les portraits de deux jeunes artistes montants sur la scène de l'art contemporain urbain : Ekundayo, basé à Hawaï, qui consacre son temps à une peinture semi-expressionniste et hypersensible, et Taku Obata, qui tel un samouraï du break dance, rend hommage à la culture du hip-hop, avec les techniques traditionnelles de la sculpture japonaise.
Ce premier numéro de l'année 2017 a l'ambition de montrer encore plus de talents artistiques avec une nouvelle maquette les mettant en lumière, tout en gardant l'équilibre entre artistes établis et émergents. Avec en outdoor les plus beaux murs peints de l'hiver et en indoor un agenda qui annonce plus de quarante expositions à voir durant ce premier trimestre, Graffiti Art est au service d'un public large comme averti.