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La liberté investie, Levinas
Hayat Pierre
KIME
19,00 €
Épuisé
EAN :9782841746552
L'ouvrage fait découvrir une philosophie majeure de la liberté. Il dégage dans Levinas la puissante dialectique d'une liberté provoquée par l'extériorité. Celui qui se veut libre est appelé à poursuivre sa libération en se délivrant de lui-même. Avec la philosophie altière de Levinas, on ose penser un altruisme libérateur de soi et de tout autre, associé à une politique de la liberté et de l'égalité. A l'encontre d'idées reçues sur l'un des philosophes français les plus profonds du XXe' siècle, on perçoit dans le texte de Levinas l'exigence d'institutions républicaines qui préservent la liberté de la tentation d'abdiquer par lâcheté, lassitude ou épuisement. Levinas permet de soutenir un rationalisme critique réfractaire à l'esprit de système, qui considère le rapport à l'altérité comme le foyer vivant de la pensée. On s'attache à montrer comment l'engagement rationaliste de Levinas, encore méconnu, s'accompagne d'une contestation radicale de toutes les aliénations.
Résumé : Il n'était pas plus simple d'être laïque au temps de Jules Ferry et de Ferdinand Buisson. Le rôle de l'école, la définition de la politique, la délimitation du religieux : autant d'enjeux qui plaçaient déjà la laïcité en conflit avec elle-même. Il n'y a pas d'âge d'or de la laïcité française. Tout était déjà compliqué et incertain. La passion qui a animé Ferdinand Buisson, en témoigne. Directeur de l'enseignement primaire lorsque furent votées les lois scolaires laïques, président de la commission parlementaire qui prépara la loi du 9 décembre 1905, Ferdinand Buisson fut un protagoniste majeur de la période instauratrice de la laïcité française. Acteur mais aussi théoricien, intellectuel autant que militant, Buisson a fait de la liberté de conscience, de l'égalité et du progrès humain le but de sa passion laïque. La pensée vivante de Ferdinand Buisson n'appelle pas une apologie à l'adresse de nos contemporains, soupçonnés d'être imperméables aux " Valeurs laïques ". Elle suscite plutôt une investigation sur les contradictions et les problèmes auxquels s'est heurté l'un des fondateurs de la laïcité républicaine. Cette libre remontée aux sources peut aider les militants d'une citoyenneté émancipatrice, dégagée de la raison d'État, à mieux se connaître eux-mêmes.
Résumé : Inscrite depuis 1946 dans la définition constitutionnelle de la république, la laïcité oscille aujourd'hui entre un dogmatisme sectaire et un scepticisme du renoncement. Cette crise n'aurait qu'un intérêt anecdotique, si les modèles de référence de la laïcité française, comme la raison, l'émancipation et l'instruction, ne devaient être réactivées face à la montée des intégrismes et la mondialisation du capitalisme. La laïcité peut-elle aujourd'hui prouver sa puissance normative ? La captation de la laïcité par la raison d'Etat, se retourne contre la laïcité elle-même. Son racornissement dans la laïcité scolaire accélère son déclin. Et son abandon livrerait l'espace public à un face à face désastreux, entre technocrates méthodiques et idéologies identitaires. Ce livre prouve les fondements politiques et philosophiques de la laïcité. Il pose les bases d'une culture laïque moderne, inséparable d'une rationnalité critique et dialogique, qui ne craint pas la démocratie.
Résumé : Aujourd'hui inconnu du public, Henri Marion (1846-1896) est avec Ferdinand Buisson l'un des philosophes les plus influents de la révolution scolaire de la IIIe République. Par ses travaux théoriques et son enseignement universitaire de "science de l'éducation", Marion se place au coeur de la rénovation pédagogique voulue par Jules Ferry. Il voit dans la cohérence des trois niveaux de l'instruction publique - primaire, secondaire, supérieur - un principe fondateur de la nouvelle école républicaine. Il se préoccupe de la manière dont l'instituteur et le professeur de lycée "font la classe", avec la conviction que les questions pédagogiques les plus modestes engagent une idée de l'humanité et de la société. Son rationalisme critique le situe au centre des controverses entre positivistes, scientistes, vitalistes et spiritualistes. Théoricien d'une "éducation libérale" fondée sur la raison, il rejette la discipline autoritaire mais soutient les pédagogies de l'effort. Henri Marion associe intimement l'éducation et l'instruction. Philosophe de la solidarité, il repère dans l'individualisme une menace pour l'éducation républicaine et met en avant la portée morale de l'instruction civique. Ses convictions républicaines et son professionnalisme lui font pressentir les dérives technicistes des méthodes pédagogiques prétendument actives et les risques d'un détournement utilitariste de l'éducation nationale. La réflexion philosophique de Marion rappelle que l'école de la IIIe République fut traversée de contradictions qui aident à comprendre les dévoiements et les enjeux de l'éducation du XXIe siècle.
Prenant acte de la profondeur inédite des fractures internes à la laïcité contemporaine, l'ouvrage étudie les enjeux juridiques, politiques, culturels et sociaux de ce phénomène déconcertant. Un éclairage historique accompagne une approche conceptuelle de la liberté de conscience et du principe de laïcité. Plus de vingt ans après la loi du 15 mars 2004 sur le port des signes religieux à l'école, le livre lève à son propos des malentendus persistants en remettant sur le métier les notions de "? séparation ? " du religieux et du politique et de "? neutralité? ". Le livre revient sur les fondements de la croyance. Toute croyance n'étant pas religieuse, la laïcité, qui n'est ni religieuse ni antireligieuse, est-elle elle-même une croyance ?? A quelles conditions peut-on soutenir une conviction laïque ?? Tout en prenant philosophiquement parti pour la laïcité républicaine, l'ouvrage est réfractaire au simplisme et au sectarisme. Une attention particulière est accordée à la protection de l'école publique sans laquelle l'idéal concret de laïcité, fédérateur de liberté et de concorde, ne s'assure pas un avenir.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.
Faye Emmanuel ; Lassègue Jean ; Rastier François ;
Bien au-delà de la seule philosophie, le débat à Davos en 1929 entre Cassirer et Heidegger a marqué l'histoire des idées. Il a même donné naissance à des récits passablement légendaires qui négligeaient le contexte historique précis. Un nouveau regard s'impose, à la lumière des oeuvres publiées depuis lors. Les vingt-cinq tomes de l'édition allemande de référence de Cassirer ne sont disponibles que depuis 2007. S'y s'ajoutent les dix-sept tomes du Nachlass depuis 2017. Des 102 volumes de la Gesamtausgabe de Heidegger, édition de référence mais sans garantie scientifique, moins d'une dizaine reste programmée, mais d'ores et déjà la publication des cinq premiers volumes des Cahiers noirs a permis d'engager une relecture critique de l'ensemble. C'est donc à présent seulement que l'on peut véritablement évaluer les projets contrastés des deux auteurs. Leurs enjeux intéressent notamment le statut de la rationalité et des sciences, en particulier celles de la culture, aussi bien que le statut de la technique parmi les formes symboliques. Et tout autant, l'opposition entre la démocratie et la théologie politique ; entre la légitimité du cosmopolitisme et l'ontologie identitaire ; enfin, entre la possibilité même d'une éthique ou son rejet de principe. Tous ces thèmes contradictoires exigent aujourd'hui une révision critique, non seulement rétrospective, mais aussi ancrée dans le présent. Car au-delà même de la philosophie, des courants de pensée et des forces politiques en Europe et dans le monde poursuivent ces deux voies qui s'opposent aujourd'hui.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.