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La raison dans l'éducation. Henri Marion et l'instruction républicaine
Hayat Pierre
KIME
16,00 €
Épuisé
EAN :9782841745968
Aujourd'hui inconnu du public, Henri Marion (1846-1896) est avec Ferdinand Buisson l'un des philosophes les plus influents de la révolution scolaire de la IIIe République. Par ses travaux théoriques et son enseignement universitaire de "science de l'éducation", Marion se place au coeur de la rénovation pédagogique voulue par Jules Ferry. Il voit dans la cohérence des trois niveaux de l'instruction publique - primaire, secondaire, supérieur - un principe fondateur de la nouvelle école républicaine. Il se préoccupe de la manière dont l'instituteur et le professeur de lycée "font la classe", avec la conviction que les questions pédagogiques les plus modestes engagent une idée de l'humanité et de la société. Son rationalisme critique le situe au centre des controverses entre positivistes, scientistes, vitalistes et spiritualistes. Théoricien d'une "éducation libérale" fondée sur la raison, il rejette la discipline autoritaire mais soutient les pédagogies de l'effort. Henri Marion associe intimement l'éducation et l'instruction. Philosophe de la solidarité, il repère dans l'individualisme une menace pour l'éducation républicaine et met en avant la portée morale de l'instruction civique. Ses convictions républicaines et son professionnalisme lui font pressentir les dérives technicistes des méthodes pédagogiques prétendument actives et les risques d'un détournement utilitariste de l'éducation nationale. La réflexion philosophique de Marion rappelle que l'école de la IIIe République fut traversée de contradictions qui aident à comprendre les dévoiements et les enjeux de l'éducation du XXIe siècle.
Elle prétend être "la voix du peuple", proclame son attachement à la République et à la laïcité, fait croire qu'elle a un programme social, fustige l'Europe en vantant les mérites d'un Frexit... La propagande tapageuse de Marine le Pen, elle qui fait de Trump son modèle, a besoin d'être combattue en révélant point par point ses mensonges, son discours xénophobe de division et l'impasse de son nationalisme. Il se fait une fierté de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires, de réduire drastiquement les remboursements des soins par la Sécu, promet de gouverner par décret et ordonnance en laissant croire que l'élection supprime la discussion. Il veut en finir avec le logement social, présente l'immigration et l'islam comme des menaces pour la France... Les intentions ultra libérales et conservatrices de François Fillon doivent être dévoilées et contrecarrées. En répliquant à dix points essentiels des projets respectifs du candidat de la droite et de la candidate de l'extrême droite, ce livre propose à tout citoyen de sortir du piège où nous enferme l'imposture Le Pen et le danger Fillon.
Résumé : L'ouvrage redécouvre Lévinas dans la perspective d'une philosophie sociale, et montre que depuis les années trente, il n'a cessé de se confronter aux questions qui préoccupent les théories politiques modernes sur la liberté, l'égalité, et les fondements du lien social. L'auteur dégage chez Lévinas une théorie de l'individualisme éthique qui permet de réactiver la philosophie des droits de l'homme et les pensées historiques aujourd'hui en crise.
Résumé : Il n'était pas plus simple d'être laïque au temps de Jules Ferry et de Ferdinand Buisson. Le rôle de l'école, la définition de la politique, la délimitation du religieux : autant d'enjeux qui plaçaient déjà la laïcité en conflit avec elle-même. Il n'y a pas d'âge d'or de la laïcité française. Tout était déjà compliqué et incertain. La passion qui a animé Ferdinand Buisson, en témoigne. Directeur de l'enseignement primaire lorsque furent votées les lois scolaires laïques, président de la commission parlementaire qui prépara la loi du 9 décembre 1905, Ferdinand Buisson fut un protagoniste majeur de la période instauratrice de la laïcité française. Acteur mais aussi théoricien, intellectuel autant que militant, Buisson a fait de la liberté de conscience, de l'égalité et du progrès humain le but de sa passion laïque. La pensée vivante de Ferdinand Buisson n'appelle pas une apologie à l'adresse de nos contemporains, soupçonnés d'être imperméables aux " Valeurs laïques ". Elle suscite plutôt une investigation sur les contradictions et les problèmes auxquels s'est heurté l'un des fondateurs de la laïcité républicaine. Cette libre remontée aux sources peut aider les militants d'une citoyenneté émancipatrice, dégagée de la raison d'État, à mieux se connaître eux-mêmes.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Dans le sillage de Flaubert sont nées, dans tous les domaines artistiques, des adaptations et des créations multiples, reflétant la réception contrastée de son oeuvre de par le monde : le cinéma, le théâtre, la musique, l'opéra, la bande dessinée, nous offrent aujourd'hui une très large palette d'intertextes attestant la vitalité d'une oeuvre constamment lue, relue, réécrite, traduite, retraduite, bref, constamment (ré)interprétée, en vertu d'intentions parfois contrastées, méritant une étude attentive, en vertu peut-être aussi de l'inquiétude fondamentale qui traverse l'oeuvre de Flaubert et dont ces postérités sont, chacune à leur manière, les échos entêtants. L'étude de ces "dérivés" flaubertiens révèle aussi bien les procédés d'actualisation de la filiation ainsi revendiquée, que les singulières métamorphoses induites par les lectures de Flaubert en d'autres langues et au sein d'autres cultures. Ce volume rassemble les travaux de chercheurs internationaux, qui, à l'étranger et en France, nous offrent un vaste panorama de ces créations.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.