Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Edward Said. L'intifada de la culture
Clavaron Yves
KIME
16,00 €
Épuisé
EAN :9782841746323
Edward Wadie Saïd (1935-2003), américain d'origine palestinienne, fut l'un des intellectuels les plus en vue de la fin du vingtième siècle : professeur de littérature anglaise et comparée à Columbia University, ardent défenseur de la cause palestinienne et fondateur (malgré lui) d'une nouvelle méthodologie issue de la mouvance des cultural studies, les études postcoloniales. Said est l'auteur d'une importante série de travaux couronnée par un titre-phare, L'Orientalisme, qui a profondément révolutionné l'approche des relations (notamment de pouvoir) entre Occident et Orient, tout en soulevant des polémiques parfois violentes. l'Intifada de la culture est la première monographie en français consacrée à Edward Saïd, dix ans après sa mort. L'ouvrage se veut synthétique et propose plusieurs parcours dans l'oeuvre d'un auteur qui a toujours revendiqué une action dans la Cité des hommes, sans cesser de réfléchir sur l'épistémologie des différents champs du savoir. L'Intifada de la culture tente de retracer la trajectoire originale d'un intellectuel éclectique, un migrant intercontinental pris entre son appartenance à l'institution occidentale et une posture d'insurrection, qui inscrit sa réflexion et sa manière d'être au monde dans une perspective résolument politique, niais ouverte à tous les sujets.
Résumé : Edward Said, professeur de littérature anglaise et comparée à l'Université Columbia de New York, a refondé l'orientalisme moderne en situant son émergence dans le contexte impérialiste du XIXe siècle, mais selon des coordonnées géographiques et culturelles jugées trop restrictives : le point de vue occidental, limité au Royaume-Uni, à la France et aux Etats-Unis, sur un Orient circonscrit aux cultures arabomusulmanes du Proche-Orient. Mettre en relation les concepts d'orientalisme et de comparatisme conduit à se poser la question des interactions entre les deux champs d'études : en quoi l'orientalisme peut-il faire évoluer l'approche comparatiste ? Dans quelle mesure la méthodologie comparatiste peut-elle informer les études orientalistes ? En élargissant le champ de l'orientalisme de l'Espagne mauresque à la Chine, en passant par le Proche et Moyen-Orient et l'Inde, l'ouvrage se propose d'examiner comment la littérature comparée, discipline souvent inquiète et encline à scruter et questionner ses objets, peut faire "bouger" l'orientalisme que Said présente comme figé et trouver dans ce type d'études un moyen de repenser sa méthodologie à l'ère de la mondialisation, où études post-coloniales et globalization studios nouent de nouveaux rapports entre Orient et Occident.
Le "Manifeste pour une Littérature-monde en français" publié dans Le Monde des Livres du 16 mars 2007 réclame l'avènement d'une post-francophonie, d'une configuration transnationale et multipolaire qui opère une révolution copernicienne et remette en cause les privilèges du centre. Ce paradigme global doit mettre en relation les littératures en français et le monde afin de les aborder dans une perspective planétaire tout en constituant un pôle de résistance du "local" à la globalisation. Cet ouvrage se propose d'examiner les processus par lesquels l'oeuvre francophone acquiert une dimension transnationale à l'époque contemporaine, la manière dont la conscience de la mondialisation informe la création littéraire en langue française. Il examine plus particulièrement la construction des espaces et champs littéraires francophones, le rôle des diverses institutions de la Francophonie, les phénomènes littéraires transfrontaliers à l'oeuvre dans l'espace francophone dont se détachent quelques figures emblématiques d'auteurs mondialisés.
Résumé : L'écocritique concerne l'étude des rapports entre l'être humain et son environnement dans la littérature. Elle vise à définir une écologie littéraire, c'est-à-dire à offrir une contribution spécifiquement littéraire à la pensée environnementale contemporaine. En se fondant sur l'écologie, l'écocritique se trouve confrontée à la crise environnementale et à une conscience des menaces qui pèsent sur la biosphère. L'objet de l'ouvrage est d'offrir un traité sur l'écocritique et les principales questions qui y sont reliées, sur les relations entre littérature et écologie, dans une situation de péril pour la Terre. Il s'agira d'observer comment la planète est "éc(h)ographiée" par la littérature à travers divers procédés d'écriture et de réécriture afin de représenter le dérèglement du monde dans sa composante environnementale. Tout en explorant les approches théoriques liées à l'écocritique (études postcoloniales, études animales, études de l'Anthropocène, waste studies...), l'ouvrage se propose de réfléchir sur la puissance d'agir de la littérature, sa capacité à se renouveler (fictions climatiques, fossile-fiction, thriller écologique...) et à apporter une réponse, sinon un remède, à la crise environnementale, afin d'éviter de désespérer d'habiter la planète Terre menacée de sa propre fin.
L'histoire littéraire de l'Atlantique ouvre à l'analyse des circulations, échanges et migrations des littératures non plus en termes régionaux ou linguistiques, mais dans les relations complexes traversant cultures, régions et langues entre les trois continents bordant l'océan éponyme. On s'intéresse ici aux relations entre l'Afrique et les Amériques (sans omettre les Caraïbes) selon une perspective diachronique. L'ouvrage propose une réflexion collective et internationale sur les spécificités des circulations littéraires Afrique-Amériques. Il envisage divers modèles d'organisation de l'Atlantique (tels l'Atlantique noir de Paul Gilroy ou les Amériques noires de Roger Bastide), le rôle des langues et des traductions dans cet espace. Il examine quelques oeuvres et figures importantes de ce dialogue intercontinental, certains des mouvements culturels et littéraires qui en sont nés ainsi que des transferts culturels qui y sont liés.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.