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Ec(h)o-graphies d'une terre déréglée. Petit traité d'écocritique, 1e édition
Clavaron Yves
KIME
24,99 €
Épuisé
EAN :9782380721089
L'écocritique concerne l'étude des rapports entre l'être humain et son environnement dans la littérature. Elle vise à définir une écologie littéraire, c'est-à-dire à offrir une contribution spécifiquement littéraire à la pensée environnementale contemporaine. En se fondant sur l'écologie, l'écocritique se trouve confrontée à la crise environnementale et à une conscience des menaces qui pèsent sur la biosphère. L'objet de l'ouvrage est d'offrir un traité sur l'écocritique et les principales questions qui y sont reliées, sur les relations entre littérature et écologie, dans une situation de péril pour la Terre. Il s'agira d'observer comment la planète est "éc(h)ographiée" par la littérature à travers divers procédés d'écriture et de réécriture afin de représenter le dérèglement du monde dans sa composante environnementale. Tout en explorant les approches théoriques liées à l'écocritique (études postcoloniales, études animales, études de l'Anthropocène, waste studies...), l'ouvrage se propose de réfléchir sur la puissance d'agir de la littérature, sa capacité à se renouveler (fictions climatiques, fossile-fiction, thriller écologique...) et à apporter une réponse, sinon un remède, à la crise environnementale, afin d'éviter de désespérer d'habiter la planète Terre menacée de sa propre fin.
Résonances est une collection qui entend offrir l'essentiel des connaissances indispensables et incontournables permettant l'approche et l'étude efficace d'oeuvres littéraires.
Le "Manifeste pour une Littérature-monde en français" publié dans Le Monde des Livres du 16 mars 2007 réclame l'avènement d'une post-francophonie, d'une configuration transnationale et multipolaire qui opère une révolution copernicienne et remette en cause les privilèges du centre. Ce paradigme global doit mettre en relation les littératures en français et le monde afin de les aborder dans une perspective planétaire tout en constituant un pôle de résistance du "local" à la globalisation. Cet ouvrage se propose d'examiner les processus par lesquels l'oeuvre francophone acquiert une dimension transnationale à l'époque contemporaine, la manière dont la conscience de la mondialisation informe la création littéraire en langue française. Il examine plus particulièrement la construction des espaces et champs littéraires francophones, le rôle des diverses institutions de la Francophonie, les phénomènes littéraires transfrontaliers à l'oeuvre dans l'espace francophone dont se détachent quelques figures emblématiques d'auteurs mondialisés.
La conquête coloniale s'est accompagnée de l'établissement de cartes qui permettent de délimiter le territoire occupé. La cartographie du territoire colonial se fait par le tracé des frontières et diverses opérations de bornages et de cadastrage. "L'empire des cartes" (Christian Jacob) est d'autant plus coercitif qu'il s'agit de cartes de l'Empire, cartes de pouvoir qui symbolisent la puissance européenne. Même sans insérer de carte réelle, les textes littéraires produisent une cartographie de l'espace qui implique un ancrage territorial, la représentation d'une surface, réelle ou imaginaire, mais qui engage aussi un système métaphorique comme le suggère la notion de "mapping" en anglais. La métaphore cartographique s'est emparée de l'espace littéraire tant dans son versant fictionnel (Michel Houellebecq) que dans sa dimension théorique et critique. La réflexion relève d'une histoire spatiale du fait colonial dans la perspective de la "spatial history" anglo-saxonne et de la géographie sociale promue par Henri Lefebvre, mais telle qu'elle est perçue et représentée par la littérature. L'objet du volume est de privilégier une pensée géographique de la littérature, d'examiner comment la littérature articule une poétique et une politique à l'espace tel qu'il a été cartographié et produit par la colonisation et génère le plus souvent une réponse - topographique - du sujet écrivant. Il s'agit de montrer en quoi des textes littéraires coloniaux et postcoloniaux peuvent "faire carte" selon un cadastre mental élaboré par l'imaginaire.
D'origine anglo-saxonne, les postcolonial studies ou études postcoloniales ont longtemps eu mauvaise presse en France, mais, depuis les années 2000, elles ont désormais acquis droit de cité, même si leur acclimatation relative s'est faite après de vifs débats dans le monde intellectuel et politique français. Les études postcoloniales constituent un ensemble théorique issu des sciences humaines et sociales qui scrute les dispositifs du savoir et la cartographie des pouvoirs dans un contexte mondial encore marqué par l'hégémonie occidentale plus d'un demi-siècle après la fin des Empires. Hybrides et transdisciplinaires, elles n'offrent pas un système théorique unifié, mais fournissent des instruments d'analyse qui ont en commun de renverser les perspectives et d'offrir un regard différent sur les relations internationales. Au-delà des polémiques suscitées par l'introduction de penseurs comme Edward Said, Gayatri Chakravorty Spivak et Homi Bhabha - la sainte trinité postcoloniale - dans le paysage intellectuel français, l'ouvrage se propose de donner un aperçu synthétique du contexte d'émergence des théories postcoloniales, de leurs emprunts et leurs apports à la littérature et aux sciences humaines et sociales ainsi que des modalités de leur réception dans le monde français et francophone.
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.