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L'entonnoir, ou les tribulations de la littérature à l'ère de la modernité
Brix Michel
KIME
22,00 €
Épuisé
EAN :9782841746330
A partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, la modernité critique a imposé dans le champ esthétique une série de réorientations, qui nous conduisent aujourd'hui à associer la littérature à des notions comme l'impersonnalité, le culte de la Forme, le pessimisme, la négativité, ou encore l'indifférence voire le mépris vis-à-vis du lecteur. La doxa moderniste nous enseigne que la littérature sert à faire admirer tout à la fois le langage, la littérature elle-même et l'écrivain, et qu'il était illusoire et sacrilège d'imaginer qu'elle pouvait être "utile", c'est-à-dire contribuer à l'amélioration du sort de l'humanité, ou à la guérison de ses maux. Mais comment se fait-il qu'à partir de Flaubert, certains auteurs se sont ainsi avisés de remettre en question les missions traditionnellement dévolues à la littérature ? La critique, curieusement, ne s'est jamais demandé pourquoi celle "révolution copernicienne" est intervenue au XIXe siècle et pourquoi il n'y eut pas de Roland Barthes au XVII" ou au XVIIIe siècle. La modernité serait-elle à regarder comme un phénomène historique et contingent ? On s'emploiera ici à répondre à cette interrogation. D'autre part, il est devenu courant, de nos jours, de lire des déclarations assurant que la littérature tend vers sa disparition. Mais le monde peut-il se passer de littérature ? Et est-ce que ce ne sont pas, précisément, les penseurs de ladite modernité de Haubert à Roland Barthes qui ont mis la littérature en danger ? Le présent ouvrage s'attache à expliquer l'avènement de la doxa moderniste, à en faire le bilan en la suivant jusque dans ses errements critiques et enfin à déterminer dans quelle mesure il serait, ou non, souhaitable de réhabiliter les valeurs dont elle a appelé à se débarrasser.
Résumé : De curieuses chimères sont entrées dans l'arène de la poésie française, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle : le poème en prose et le vers libre. Mais la poésie peut-elle être en prose ? Et le vers peut-il être libre ? La présente étude s'applique à répondre à ces questions. Elle s'attache aussi à établir les circonstances qui ont entraîné - en nombre - les écrivains vers ces formes surprenantes. Enfin il faut se demander, de surcroît, pourquoi celles-ci ont connu leurs heures de gloire au moment précis où la " modernité " esthétique a pris son essor clans le champ littéraire. Quels sont les rapports qu'entretiennent poèmes en prose et textes en vers libres avec ladite modernité, qui règne toujours aujourd'hui ?
Les études réunies dans le présent volume concernent toutes la vie et l'oeuvre de Gérard de Nerval. Elles se fondent notamment sur des dépouillements effectués dans les journaux et périodiques du siècle (ceux-ci recèlent encore, pour la plupart, des informations qui n'ont jamais été prises en compte) et elles ont pour objectif d'enrichir ou, en d'autres cas, de préciser nos connaissances sur l'auteur d'Aurélia. Elles prolongent, approfondissent, voire complètent en certains points, des enquêtes bio-bibliographiques antérieures, dont les résultats ont nourri les travaux publiés par Michel Brix depuis 1986 (ainsi Nerval journaliste, le Manuel bibliographique des oeuvres de Gérard de Nerval, et - avec Claude Pichois - le Dictionnaire Nerval).
Les desses absentes : en tte d'un essai sur Nerval, un titre semblable voque immanquablement la figure de la mre de l'crivain. Pourtant, le pluriel indique que ce n'est pas seulement la mre que fait allusion pareil intitul. La formule, au singulier cette fois, appartient l'auteur lui-mme : au cours d'une promenade Ermenonville, prs de l'endroit o fut enterr Rousseau, le narrateur d'Anglique aperoit le temple de marbre d'une desse absente, qui doit tre la Vrit . Autant que le fantme de la mre, l'ombre de cette desse absente plane sur l'uvre nervalienne. Des rcits comme Les Faux Saulniers, le Voyage en Orient ou Les Illumins (qui constituent le versant moins tudi des uvres de Nerval) ont mis en question les valeurs qui taient celles de la France du XIXe sicle. Le prsent essai s'attache clairer les causes et les caractres du scepticisme nervalien, au risque d'apporter quelques retouches l'image consacre du doux Grard . L'ouvrage examine aussi comment l'uvre nervalienne passe d'une desse absente l'autre de la vrit insaisissable la mre disparue.
Dès la mort de Flaubert, s?est imposée très vite l?idée que les romans éminemment novateurs de cet écrivain constituaient une rupture radicale dans l?histoire de la création littéraire: l?auteur normand semblait avoir rendu caduques, définitivement, les principes esthétiques qui prévalaient avant lui. Et l?unanimité s?est faite, aujourd?hui, pour reconnaître que l?oeuvre de Flaubert marque le début d?une ère nouvelle de la narration et de la représentation: l?auteur de Madame Bovary est le père de la fiction contemporaine, celle qui met notamment l?accent, non sur l?événement raconté, mais sur la manière dont cet événement est raconté. Or, ce roman «nouveau », moderne, connaît bien des problèmes, et l?on entend beaucoup parler de la crise de la fiction en français. D?où cette question, à laquelle le présent essai s?attache à répondre: les réorientations imposées par Flaubert, puis par ses disciples, à la pratique romanesque ont-elles conduit celle-ci dans des voies fécondes ou dans une impasse?
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
A l'occasion du centenaire Proust, la maladie personnelle de Marcel Proust est venue occuper la scène biographique sans toujours apercevoir toute la dimension idiosyncrasique de l'oeuvre. Car l'asthme dont souffre Marcel Proust comme une maladie chronique est redoublé ici par celui du Narrateur : son corps souffre autant de la maladie d'amour que de la maladie physique, à moins que la première n'ait déclenché la seconde. Pour cela le thème de la maladie est essentiel car il vient manifester le temps dans le corps ; il met aussi en péril la permanence du moi au point d'apercevoir qu'il n'était constitué que du temps passé, incorporé. Notre étude nous conduira ainsi d'une critique de la médecine comme science du corps objet à l'avènement du thème de la guérison. L'écriture de A la recherche du temps perdu comme métamorphose de toute maladie, facilite cette conversion du vécu intime de l'amour en vécu phénoménologique dégageant l'essence de l'amour. Forme d'exorcisme, l'écriture permet à tout un chacun de se reconnaître. Le narrateur nous ressemble puisque son récit nous touche en atteignant la condition commune, celle de la souffrance.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.