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L'ATTILA DU ROMAN. FLAUBERT ET LES ORIGINES DE LA MODERNITE LITTERAIRE
BRIX MICHEL
CHAMPION
24,00 €
Épuisé
EAN :9782745320216
Dès la mort de Flaubert, s?est imposée très vite l?idée que les romans éminemment novateurs de cet écrivain constituaient une rupture radicale dans l?histoire de la création littéraire: l?auteur normand semblait avoir rendu caduques, définitivement, les principes esthétiques qui prévalaient avant lui. Et l?unanimité s?est faite, aujourd?hui, pour reconnaître que l?oeuvre de Flaubert marque le début d?une ère nouvelle de la narration et de la représentation: l?auteur de Madame Bovary est le père de la fiction contemporaine, celle qui met notamment l?accent, non sur l?événement raconté, mais sur la manière dont cet événement est raconté. Or, ce roman «nouveau », moderne, connaît bien des problèmes, et l?on entend beaucoup parler de la crise de la fiction en français. D?où cette question, à laquelle le présent essai s?attache à répondre: les réorientations imposées par Flaubert, puis par ses disciples, à la pratique romanesque ont-elles conduit celle-ci dans des voies fécondes ou dans une impasse?
Résumé : A partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, la modernité critique a imposé dans le champ esthétique une série de réorientations, qui nous conduisent aujourd'hui à associer la littérature à des notions comme l'impersonnalité, le culte de la Forme, le pessimisme, la négativité, ou encore l'indifférence voire le mépris vis-à-vis du lecteur. La doxa moderniste nous enseigne que la littérature sert à faire admirer tout à la fois le langage, la littérature elle-même et l'écrivain, et qu'il était illusoire et sacrilège d'imaginer qu'elle pouvait être "utile", c'est-à-dire contribuer à l'amélioration du sort de l'humanité, ou à la guérison de ses maux. Mais comment se fait-il qu'à partir de Flaubert, certains auteurs se sont ainsi avisés de remettre en question les missions traditionnellement dévolues à la littérature ? La critique, curieusement, ne s'est jamais demandé pourquoi celle "révolution copernicienne" est intervenue au XIXe siècle et pourquoi il n'y eut pas de Roland Barthes au XVII" ou au XVIIIe siècle. La modernité serait-elle à regarder comme un phénomène historique et contingent ? On s'emploiera ici à répondre à cette interrogation. D'autre part, il est devenu courant, de nos jours, de lire des déclarations assurant que la littérature tend vers sa disparition. Mais le monde peut-il se passer de littérature ? Et est-ce que ce ne sont pas, précisément, les penseurs de ladite modernité de Haubert à Roland Barthes qui ont mis la littérature en danger ? Le présent ouvrage s'attache à expliquer l'avènement de la doxa moderniste, à en faire le bilan en la suivant jusque dans ses errements critiques et enfin à déterminer dans quelle mesure il serait, ou non, souhaitable de réhabiliter les valeurs dont elle a appelé à se débarrasser.
Le nez de Cléopâtre : s'il eût été plus court, toute la face de la terre aurait changé. " Cette "pensée" de Pascal, bien connue, sert à étayer la thèse selon laquelle les faits historiques dériveraient de causes fortuites et aléatoires : si Cléopâtre n'avait pas été aussi belle, Antoine aurait gardé sa clairvoyance, aurait vaincu à Actium (31 avant J.-C.), et " la face de la terre aurait changé ". Semblable conception de l'histoire, pourtant, n'est pas unanimement partagée : certains pensent, en effet, que l'issue de la bataille d'Actium, ou de n'importe quel affrontement majeur, n'a pas dépendu du comportement privé d'un homme, mais bien de lois supérieures qui règlent le déroulement des choses et où les humains n'entrent pour rien. Ces deux conceptions de l'histoire s'affrontent depuis la Renaissance, dans un débat retracé ici, qui tourne autour des mêmes questions essentielles : l'histoire est-elle le domaine du contingent et de l'irrationnel, ou le lieu du sens ? Les événements du passé devaient-ils arriver ou sont-ils advenus par hasard ? Faut-il en chercher les causes dans des principes indépendants de l'action des hommes et de leur libre-arbitre ? Le futur, voire la fin de l'histoire, sont-ils écrits ? L'humanité a-t-elle un Destin ? Historien lui-même (Port-Royal), Sainte-Beuve est maintes fois revenu sur ces questions : on ne pouvait donc trouver, dans ce parcours, meilleur guide que lui. Enfin, Michel Brix nous invite également à un surprenant voyage dans la littérature - non seulement française, mais aussi européenne.
La littérature française a vu, entre le XVIIe siècle et nos jours, se succéder deux modèles esthétiques dominants, ? le classicisme et le réalisme. La France a d'abord eu à connaître le règne du paradigme classique : celui-ci était fondé sur une certaine interprétation des littératures de l'Antiquité, notamment de la Poétique d'Aristote, et reposait sur la thèse que l'oeuvre littéraire devait apporter un enseignement susceptible d'éclairer le lecteur dans sa propre existence. Ce modèle, qui s'est diffusé aussi hors de France, a cependant subi un détricotage progressif au XVIIIe siècle, comme un chandail qui s'effilocherait maille par maille et dont on récupérerait la laine pour assembler un nouveau vêtement, très différent de l'ancien. Les Confessions de Jean-Jacques Rousseau marquent la fin du règne du classicisme et inaugurent l'ère de la "modernité" . Avec l'esthétique moderne, ou réaliste, l'enjeu d'une oeuvre ne se situe plus en aval, mais en amont d'elle-même : elle est censée fournir des informations sur son contexte de production et sur son auteur. Quand commence le XIXe siècle, la poétique classique a définitivement cédé le pas à ce nouveau paradigme, le réalisme, dans lequel un Boileau, un Racine ou un Molière ne se seraient pas reconnus, et à l'intérieur duquel des mots comme "art" ou "vraisemblable" ont changé de signification. Après avoir dominé le XIXe et le XXe siècles, le réalisme règne toujours aujourd'hui, en ce début de XXIe siècle, sur le champ littéraire.
Résumé : De curieuses chimères sont entrées dans l'arène de la poésie française, au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle : le poème en prose et le vers libre. Mais la poésie peut-elle être en prose ? Et le vers peut-il être libre ? La présente étude s'applique à répondre à ces questions. Elle s'attache aussi à établir les circonstances qui ont entraîné - en nombre - les écrivains vers ces formes surprenantes. Enfin il faut se demander, de surcroît, pourquoi celles-ci ont connu leurs heures de gloire au moment précis où la " modernité " esthétique a pris son essor clans le champ littéraire. Quels sont les rapports qu'entretiennent poèmes en prose et textes en vers libres avec ladite modernité, qui règne toujours aujourd'hui ?