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LE PANGERMANISME PHILOSOPHIQUE - 1800-1914
ANDLER CHARLES
METVOX
26,10 €
Épuisé
EAN :9782493289056
Le pangermanisme lorsqu'il traite des questions raciales se veut scientifique. Contrairement à nos jours, la science était à l'honneur au xixe siècle, et toute pensée revêtant un caractère scientifique pouvait aisément passer pour une vérité. La plupart des philosophes pangermanistes intègrent à leur pensée le principe de la supériorité de la race germanique et plus particulièrement celle de la race allemande. Cette supériorité raciale, certains pensent en avoir fait scientifiquement la démonstration. Ces théories n'ont, cependant, rien de scientifiques, Charles Andler les considère même comme de purs sophismes. Mais la sincérité des auteurs qui s'attaquèrent à ce sujet n'est absolument pas à mettre en doute, à la lecture de leurs écrits on se rend compte qu'ils sont sincères. Une fois que cette supériorité supposée fut établie dans les esprits, cette dernière allait devenir le principe de base qui conditionnera le destin de la nation allemande investie, du fait d'une prédestination autoproclamée, d'une mission civilisatrice. Ce principe servira de justificatif à toute action politique : guerres de conquête, annexions territoriales, domination économique et culturelle, génocide... A ce stade le pangermanisme passe du domaine racial aux domaines de l'économie politique, de la stratégie militaire, de la religion et de la sociologie. Politiquement, le pangermanisme sert de support idéologique à l'unité allemande, le prince Bismarck, brillant homme politique prussien, en fut l'artisan. Le pangermanisme devint un instrument efficace à l'usage des politiques, des militaires et des milieux d'affaires sur lequel s'articulèrent leurs pensées et surtout leur action (Weltpolitik), mais c'était aussi un instrument à ne pas mettre entre toutes les mains. Je suis toujours surpris par la réaction de certaines personnes qui s'étonnent qu'un pays aussi évolué que l'Allemagne ait pu s'adonner à la barbarie. Visiblement, elles n'avaient pas lu les auteurs pangermanistes. Il serait injuste de considérer que seul le monde germanique ait eu le monopole de la barbarie. Non ! cette "valeur" est communément partagée par l'ensemble de l'humanité.
C'est bien involontairement que l'empereur Napoléon Ier participe à la naissance du nationalisme allemand. Après la disparition du Saint Empire en 1806, il crée le 12 juillet de la même année la Confédération du Rhin qui regroupe seize Etats allemands sous la "protection" de l'Empire français, puis une vingtaine l'année suivante dont la Saxe et la Bavière. Dans un premier temps, les élites intellectuelles allemandes furent sensibles aux idéaux véhiculés par les philosophes français des Lumières. Ce sentiment allait rapidement s'effacer. Napoléon et ses armées s'estimant en terrain conquis firent subir pillage et humiliation aux populations locales. L'occupation française fit naître alors un irrépressible besoin d'union qui pourrait s'illustrer par le dicton l'union fait la force. Sur un plan pratique, l'unité allemande débute en 1834 avec le Zollverein, c'est-à-dire la suppression des barrières douanières dans la Confédération. Mais c'est Otto von Bismarck, premier ministre de Prusse qui, après la victoire sur la France en 1871, proclame à Versailles la naissance de l'Empire allemand. Le Pangermanisme agissant couvre la période s'étalant de 1800 à 1945. Il fait office de ciment idéologique. Ce mouvement d'idées parfois contradictoires, accompagne la montée en puissance de l'Allemagne dont les caractéristiques sont les suivantes : dynamisme économique, fort taux de natalité, aspiration à occuper une place de tout premier plan au niveau mondial. Contrairement à la philosophie des Lumières, le Pangermanisme n'a pas de vocation universelle, bien au contraire, reposant sur l'idée de la supériorité de la race germanique, il ne s'adresse qu'aux Allemands ethniques ou assimilés. Il est aussi teinté d'un fort antisémitisme. Le Pangermanisme est la vision d'un monde parfait et harmonieux qui reste la plupart du temps hypothétique. Hitler incarne le Pangermanisme dans ce qu'il a de plus extrême. Ce dictateur est le seul homme politique allemand à avoir réalisé l'unité de la Grande Allemagne. Mais en 1945, ce rêve d'unité tourne vite au cauchemar et propulse une Allemagne en ruines plusieurs siècles en arrière quant à ses frontières. De plus, elle est à nouveau divisée. Il faudra attendre octobre 1990 pour qu'elle soit à nouveau réunifiée. Comme bien des entreprises humaines, le Pangermanisme portait en lui les germes de sa propre destruction.
Nul doute que Friedrich Nietzsche compte parmi les esprits les plus brillants du xixe siècle et certainement de tous les temps. Sa pensée repose sur la raison et sa méthode d'analyse est de nature scientifique. Ceci correspond à l'état d'esprit ambiant de l'époque à laquelle il a vécu, une époque où le progrès scientifique était perçu de manière positive et non pas avec le scepticisme actuel. Ce qui est frappant dans la pensée de Nietzsche, hormis le fait qu'elle repose sur la raison, c'est qu'elle est de nature concrète quel que soit le domaine de l'activité humaine traité. On y trouve peu ou pas de concepts abstraits. C'est une pensée claire et intense. La philosophie de Nietzsche repose sur des bases historiques, sociologique voire psychologique qui viennent étayer ses thèses. Le philosophe garde en permanence, un certain recul vis-à-vis de l'humanité qu'il n'accable pas par de vains commentaires moralisants notamment lorsqu'il traite de questions religieuses. Il garde aussi un certain recul vis vis-à-vis de sa pensée propre où nulles traces d'exaltation ou d'émotivité n'y sont décelables. Le philosophe allemand met en avant la connaissance scientifique qui apporte la liberté de l'esprit, gage de progrès, qu'il oppose à la superstition qu'entretiennent les religions. Pourtant, il constate que les deux phénomènes, le religieux et le scientifique, possèdent les mêmes ressorts : le besoin humain de donner un sens à la vie et à l'univers qui l'entoure et qui lui paraît chaotique. Il y a de l'utopie dans la philosophie de Nietzsche, ce qui ne l'empêche pas de rester conscient de la fragilité de la condition humaine. Il sait que l'homme civilisé peut aisément retourner à la barbarie.
La révolution sera morale ou ne sera pas, aimait à dire Charles Péguy. Le socialisme sera moral ou ne sera pas, lance en écho Charles Andler dans la longue et passionnante conférence publiée en 1911 sous le titre La Civilisation socialiste. Philosophe et commentateur de Nietzsche, militant socialiste de la première heure aux côtés de son ami, le célèbre bibliothécaire de l'École normale supérieure, Lucien Herr, Charles Andler (1866-1933) cherche la formule d'un socialisme qui assure ni plus ni moins que la régénération morale de l'homme. En rupture avec les conceptions traditionnelles du socialisme, trop empruntées à ses yeux de l'héritage marxiste, Andler conçoit le socialisme comme un au-delà de la démocratie. Dès lors le penseur socialiste doit intégrer à son programme des dimensions qu'il délaisse le plus souvent: l'art et la morale. Le socialisme d'Andler se révèle libéral et libertaire, critique de la démocratie parlementaire et anxieux devant tous les dogmes, confiant dans l'éducation des hommes et révulsé par la logique militante des partis. Andler incarne une singulière image de socialiste individualiste qui s'exprime de façon flamboyante dans un texte aussi étrange que profond.
Lucien Herr demeure une figure énigmatique. Sans doute connaît-on bien le personnage public. C'est en effet le bibliothécaire de l'Ecole normale supérieure qui mobilisa les intellectuels en faveur de Dreyfus et fit entrer en politique Jean Jaurès et Léon Blum. Le personnage privé est peu connu. Cette correspondance le dévoile enfin. Si Herr accepte ici de se livrer c'est parce qu'il écrit à son "frère" , mais aussi à son double, Charles Andler, alsacien, normalien et philosophe de formation, comme lui. Cet échange interrompu par la mort brutale de Herr nous révèle comment et combien Herr su inspirer Andler dans sa tâche de fondateur de la germanistique en France, dans ses travaux sur Nietzsche et sur le socialisme allemand.
Il est des mots tout ce qu'il y a de plus ordinaire et qui, un jour, allez savoir pourquoi, sont omniprésents dans le discours public. Rentrée, quartiers, identité, par exemple, sont de ceux-là. D'autres, tels résilience, hubris, disruption ou ultracrépidarianisme, venant on ne sait d'où et parfois employés de façon peu orthodoxe, connaissent la même fortune. Ce sont ces mots dans l'air du temps que l'auteur de cet ouvrage se plaît à repérer avant de les disséquer pour mieux connaître leur origine, leur évolution, l'usage qui en est fait.
Napoléon le petit" tel que le surnommait Victor Hugo était-il aussi petit que cette formule à l'emporte-pièce peut laisser penser. Il ne semble pas. L'homme est complexe voire contradictoire dans ses idées. Ses débuts en politique sont ceux d'un aventurier qui n'hésite pas à utiliser la force pour atteindre ses objectifs. Ces expériences se solderont pour lui par de la prison, notamment au fort de Ham situé dans le nord de la France. Après de multiples vicissitudes, il optera temporairement pour des méthodes plus légalistes. Il finira par attendre son but. Le 10 décembre 1848, il est élu Président de la République avec 74 % des suffrages. Reprenant ses "bonnes habitudes" , les 21 et 22 novembre 1852, faisant suite à un coup d'Etat, il proposera aux Français de valider ce dernier et d'accepter la restauration de l'Empire, ce qui sera fait suite à un plébiscite avec lequel il obtiendra 76 % de suffrages favorables. De tels agissements ne lui vaudront pas que des amis et Napoléon III fera l'objet de nombreuses tentatives d'attentats dans la plus terrible sera celle du 14 janvier 1858 perpétré par Félix Orisini ; un républicain. Sur le plan intérieur Napoléon III mènera une politique sociale éclairée car il est très sensible aux problèmes de pauvreté. Il favorisera les Sociétés de secours et le développement du logement populaires. C'est sous son règne que l'enseignement primaire devient obligatoire. En matière économique, il mènera une politique de développement résolument moderne en favorisant notamment le développement du réseau ferroviaire, l'essor de l'agriculture et de l'industrie qui fit de la France de l'époque une nation dynamique. C'est malheureusement en politique étrangère qu'il enregistra ses plus sévères revers ce qui finira par entraîner sa perte.
De par l'histoire de sa familiale, Théodore Muet est pleinement en mesure de comprendre ce que peuvent éprouver les insurgés vendéens, car les siens ont eu à subir, en leur temps, les perséuctions religieuses qu'entraînèrent les Guerres de Religions. Théodore Muret prend le soin de préciser : "S'étonnera-t-on de ma sympathie pour les Français qui se levèrent, pendant la Révolution, sous le drapeau blanc et la croix ? Cette surprise serait mal fondée". "Pourquoi les persécutions exercées contre notre Eglise par les gouvernements de Louis XIV et de Louis XV, me rendraient-elles hostile à Louis XVI, qui prit à tâche de les réparer ; à la Restauration, qui inscrivit la liberté religieuse dans le pacte fondamental, et qui tint si loyalement sa promesse ? " Il ajoute ensuite : "Petit-fils de protestants qui émigrèrent par fidélité à leurs convictions, je déteste également tous les oppresseurs". C'est donc sous un angle essentiellement humain et non point idéologique ou religieux que Théodore Muret nous relate l'histoire de ces Guerres de l'Ouest.
Nul doute que Friedrich Nietzsche compte parmi les esprits les plus brillants du xixe siècle et certainement de tous les temps. Sa pensée repose sur la raison et sa méthode d'analyse est de nature scientifique. Ceci correspond à l'état d'esprit ambiant de l'époque à laquelle il a vécu, une époque où le progrès scientifique était perçu de manière positive et non pas avec le scepticisme actuel. Ce qui est frappant dans la pensée de Nietzsche, hormis le fait qu'elle repose sur la raison, c'est qu'elle est de nature concrète quel que soit le domaine de l'activité humaine traité. On y trouve peu ou pas de concepts abstraits. C'est une pensée claire et intense. La philosophie de Nietzsche repose sur des bases historiques, sociologique voire psychologique qui viennent étayer ses thèses. Le philosophe garde en permanence, un certain recul vis-à-vis de l'humanité qu'il n'accable pas par de vains commentaires moralisants notamment lorsqu'il traite de questions religieuses. Il garde aussi un certain recul vis vis-à-vis de sa pensée propre où nulles traces d'exaltation ou d'émotivité n'y sont décelables. Le philosophe allemand met en avant la connaissance scientifique qui apporte la liberté de l'esprit, gage de progrès, qu'il oppose à la superstition qu'entretiennent les religions. Pourtant, il constate que les deux phénomènes, le religieux et le scientifique, possèdent les mêmes ressorts : le besoin humain de donner un sens à la vie et à l'univers qui l'entoure et qui lui paraît chaotique. Il y a de l'utopie dans la philosophie de Nietzsche, ce qui ne l'empêche pas de rester conscient de la fragilité de la condition humaine. Il sait que l'homme civilisé peut aisément retourner à la barbarie.