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Le livre de Judith
Vercruysse Jean-Marc
PU ARTOIS
18,00 €
Épuisé
EAN :9782848321868
Sous une trame faussement historique située à l'époque du roi Nabuchodonosor lors de la conquête de la Judée, le Livre de Judith met en scène le général Holopherne qui assiège la ville de Béthulie. Une riche et jeune veuve appelée Judith, connue pour ses vertus, prend alors l'initiative de pénétrer dans le camp ennemi en se faisant passer pour une transfuge. Profitant de l'ivresse du général, elle le décapite et revient triomphante en exhibant la tête d'Holopherne. L'armée assyrienne abandonne la cité. Derrière son allure narrative, le texte, qui est classé parmi les "apocryphes" dans le canon juif et protestant, délivre un message théologique et didactique, et illustre la présence divine au côté de son peuple persécuté. Le vingt-troisième volume de la collection Graphè rassemble douze études. A partir d'une analyse détaillée du récit biblique sont retracées les grandes étapes du destin littéraire de Judith, au fil des siècles, dans des genres littéraires différents (écrits rabbiniques, paraphrases, commentaires catholiques et protestants, théâtre, poésie et roman). Il apparaît que Judith, allégorie du peuple juif, personnifie dans un premier temps la résistance face à l'envahisseur. Puis, au XIXe siècle, son entreprise est davantage motivée par le désir. A la Judith sainte ou guerrière succède la figure d'une femme aux intentions plus ambigües. Les dernières oeuvres contemporaines inspirées par le Livre de Judith illustrent encore cette féconde dualité.
Dans la Bible, l'épisode du sacrifice d'Isaac imposé par Dieu à Abraham interroge hier comme aujourd'hui. Onze études retracent les différentes interprétations qui ont été données à travers les siècles en littérature et en peinture. Dans la geste biblique d'Abraham, l'un des événements les plus connus est le sacrifice de son propre fils Isaac que lui impose Dieu, bien qu'il lui ait promis une descendance aussi nombreuse que les étoiles dans le ciel. L'épisode pose fondamentalement la question de la soumission à la volonté divine. Face à cet ordre, aussi scandaleux qu'incompréhensible, les interprétations ont été nombreuses et contrastées au fil des siècles ; elles oscillent entre fanatisme religieux et consentement exemplaire. Ce volume réunit onze études sur les enjeux de ces récritures. Après un état de lieu de la recherche sur l'épisode vétérotestamentaire (Gn 22), sont passées en revue les grandes étapes de la réception de la ligature d'Isaac, depuis le commentaire patristique d'Origène jusqu'aux relectures juives contemporaines de Saul Bellow et Bernard Malamud. Rachi de Troyes et Maïmonide, Calvin et Théodore de Bèze, Calderón, Kierkegaard, Saramago s'approprient, se démarquent et livrent leur propre compréhension de l'épisode au prisme de différents genres littéraires. Ghiberti et Brunelleschi, Rembrandt et Giambattista Piazzetta complètent ce vaste panorama pour le domaine pictural.
L'ange est par étymologie un messager. Il assume le rôle de médiateur entre le monde céleste et celui les hommes. Les anges sont dits nombreux dans les Ecritures mais rares ceux qui portent un nom. Parmi eux, Gabriel ("Homme de Dieu" ou "Dieu s'est montré fort") apparaît d'abord comme un interprète dans l'Ancien Testament. Il explique à Daniel ses visions et révèle les secrets divins (Dn 8,15-26 ; 9,21-27). Dans les Evangiles, il apprend au prêtre Zacharie qu'Elisabeth, son épouse, donnera naissance à un fils dont le nom sera Jean (Lc 1,11-20). Puis il annonce à Marie qu'elle sera la mère de Jésus (Lc 1,26-28). Plus tard, au sein d'une subtile hiérarchie que l'on doit à Denys l'Aréopagite, Gabriel sera compté parmi les archanges au même titre que Michel et Raphaël. Le vingt-huitième volume de la collection Graphè examine l'évolution de la figure de Gabriel à travers la littérature et les arts. Une première étude retrace les origines bibliques de l'ange à partir de l'épisode de l'Annonciation. Puis sont déroulées les grandes étapes de la réception, du Moyen Age jusqu'à l'époque moderne, avec, en filigrane, une réflexion sur le rapport entre texte et image. Peinture, musique, sculpture, théâtre, roman et poésie sont à tour à tour abordés pour offrir un large panorama de la place de l'ange Gabriel dans la culture occidentale.
Après avoir été baptisé par Jean et à l'orée de sa vie publique, Jésus se rend au désert et y demeure durant quarante jours. L'épisode est rapporté par les évangiles synoptiques. Intervient alors le Diable qui lui lance, en vain, trois défis : changer les pierres en pain, se jeter du pinacle du Temple, et se prosterner devant lui afin d'acquérir une royauté universelle. Cette triple mise à l'épreuve a été diversement reçue au fil des siècles. Les treize études réunies dans ce volume retracent les différentes étapes de son interprétation. Des Pères de l'Eglise à Nikos Kazantzaki et José Saramago, des pasteurs réformés aux théologiens catholiques du Grand Siècle, à l'époque médiévale et chez les mystiques contemporains (comme Maria Valtorta) cet épisode énigmatique conduit à s'interroger sur la double nature de Jésus (divine et humaine), sa liberté et sa responsabilité face à la tentation. Quant à la représentation figurée du diable, elle se révèle polymorphe, tantôt sournoisement angélique, tantôt monstrueuse et effrayante, comme en témoigne l'art italien. L'intertextualité biblique reste toujours prégnante mais l'approche de la péricope reflète les préoccupations du temps.
L'opposition " correct/incorrect " sert ici de base à un ensemble cohérent d'études portant sur la nature de la traduction, les décalages qu'elle doit accepter ou éviter, la perception et le rendu des valeurs de la ponctuation, la défense des éléments " périphériques " tels que les épigraphes (à partir d'un corpus de traductions d'Ann Radcliffe), la traduction de la théâtralité (à partir de versions successives du Misanthrope), l'exploration d'une des limites de la traduction avec le dialecte, comme incorrection et infraction sociale (dans L'Amant de Lady Chatterley). le traitement de certains effets stylistiques du prétérit anglais, une réflexion cognitiviste sur les généralisations observables en traduction à partir des spécificités linguistiques et des tendances des discours, et enfin une réflexion sur l'adéquation de certaines étiquettes visant à caractériser les options de traduction. Les études de ce volume, abondamment illustrées d'exemples, proposent une vision réaliste de la traduction, qui contribue à affirmer notre perception de l'essence de cette opération tout en faisant apparaître plus clairement les paramètres des actes de jugement et de production sur lesquels elle repose.
Le présent recueil réunit les articles de chercheurs littéraires et linguistes qui ont travaillé sur un même thème, "la métaphore, entre langue et texte", lors d'une journée d'études organisée à Arras en mars 2002. Mais à vouloir ainsi croiser regards et perspectives, n'encourt-on pas le risque d'une certaine incohérence? Visiblement non. Bien que l'objet et les outils d'analyse ne coïncident pas nécessairement, cette confrontation montre la complémentarité des approches et la relative continuité des points de vue. Chacun sait que forme et sens sont liés. Tout est donc question de proportion entre priorité donnée au texte et importance accordée à la langue.
Il n'existe pas pour l'instant de volume spécifiquement consacré à Joris-Karl Huysmans critique d'art des primitifs allemands et flamands. Ce volume veut réparer cet oubli en accordant une place prépondérante aux Trois Primitifs, et en particulier à l'analyse du retable d'Issenheim de Grünewald. Cet essai qui ne veut pas se contenter d'être un bilan, une somme, se livrera à une analyse détaillée de l'imaginaire dermographique de la critique d'art huysmansienne (d'où le titre du livre évidemment). Dans son désir de sublimation Huysmans veut toujours exténuer les intériorités physiologiques pour les faire passer sur l'extériorité épidermique. C'est cette fort complexe opération que mettra à jour le livre, montrant qu'à cet égard il existe une véritable solidarité, pour le moins inattendue, entre les premiers textes consacrés aux impressionnistes et ceux consacrés aux primitifs après la conversion. Mais en vérité s'agit-il encore vraiment de peinture une fois que Huysmans a rejoint l'église ?
De Gaulle, Vendroux, la Résistance, autant de figures et de thèmes connus et méconnus. Le colloque qui s'est tenu à Calais en 2010 les aborde et apporte sa pierre au grand édifice de l'histoire. La Résistance dans le Nord de la France, le Gaullisme et les attaches du Général et de son épouse Yvonne Vendroux à la région, à Calais, à Boulogne étaient au coeur de ces journées. Cette publication s'adresse donc à un public élargi tant les aspects évoqués sont variés. Comment la Résistance se met en place dans le Pas-de-Calais ? Comment ces thèmes ont-ils été évoqués dans les manuels scolaires ? Quels itinéraires pour De Gaulle et la famille Vendroux dans cette période et après ? Qu'en est-il resté politiquement ? Quelles visions les musées régionaux nous offrent-ils ?