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AU NOM DE L ART
THEODOROPOULOU
PUB SORBONNE
35,00 €
Épuisé
EAN :9782859447397
Ecole", "mouvement", "avant-garde" ou autres "ismes" : l'historien d'art contemporain se réfère constamment à des catégories qui, loin d'être neutres, sont porteuses de discours. L'historicisation des "courants", tels que l'expressionnisme abstrait, l'art minimal, le Body-Art, le néo-expressionnisme ou encore le néo-dada, peut laisser entendre une forme de reconduction du projet des avant-gardes historiques. Mais leur statut ambigu un courant recouvre-t-il un style, une période, un projet esthétique, un label ou une technique de marketing ? est symptomatique de la mutation profonde, depuis les années 1960, du fonctionnement du système artistique (marché, institution, critique), tout comme de la nature des intentions créatrices. Ce phénomène d'historicisation des pratiques sous forme de courants se poursuit sur les deux dernières décennies du XXe siècle (avec Esthétique relationnelle, les Young British Artists, le bio-art...), tandis que de très nombreux groupes, collectifs, coopératives ou entreprises continuent d'apparaître sur la scène artistique. A l'inverse des étiquettes mentionnées précédemment, leurs noms signalent un projet ou une intention commune de l'Internationale situationniste et du groupe ZERO à Présence Panchounette, des Yes Men à Société Réaliste, sans nécessairement suggérer l'élaboration d'une nouvelle esthétique. Si ces configurations, en tant qu'identités collectives arbitraires et autodéterminées, semblent également s'inscrire dans le legs politique des avant-gardes, elles le redéfinissent radicalement. Dépassant le simple constat de ce double héritage, paradoxal, du phénomène avant-gardiste, les études rassemblées dans cet ouvrage proposent de réfléchir aux stratégies de dénomination adoptées par les différents acteurs du monde de l'art, aux divers types de coalition définis ou revendiqués par les artistes, enfin aux pratiques artistiques que celles-ci recouvrent.
Les chats, paraît-il, ont sept vies. En grec, on dit qu'ils ont sept âmes. Dans ce récit, conte philosophique et satire politique à la fois, Takis Théodoropoulos imagine que les philosophes de l'Antiquité se sont réincarnés à Athènes... en chats de gouttière. Or, parce que les prochains Jeux olympiques se tiennent dans la capitale grecque en 2004 et qu'on ne plaisante ni avec la sécurité ni avec la salubrité, il est question de supprimer ces encombrants matous. C'est la philosophie qu'on assassine! Branle-bas de combat au Comité de défense des sept-âmes: sous la houlette de leur président, le très charismatique et très séduisant M. Dimitracopoulos, ses membres, pour l'essentiel des dames d'un certain âge, se lancent, de sit-in en manifestation, de pétition en protestations, dans une rocambolesque défense et illustration des félins menacés... et donc des valeurs de la Grèce éternelle. Drôle, incisif et truculent, ce petit livre s'achève par les biographies imaginaires des chats philosophes, joyeuses occasions de revisiter ses classiques et de honnir à tout jamais les organisations internationales de tout poil.
Dans son dernier roman, Le Va-nu-pieds des nuages, Takis Théodoropoulos, toujours curieux de revisiter la Grèce antique, s'intéresse à l'histoire d'une comédie: Les Nuées, qu'Aristophane écrivit en 423 av J-C pour vilipender Socrate. La pièce n'eut pas le succès escompté par l'auteur comique. Lors de sa première représentation, le jury des Grandes Dionysies refusa de lui accorder la moindre récompense. Le public athénien, lui, se contenta de réagir par quelques quolibets. L'échec mortifia un Aristophane âgé d'à peine vingt-trois ans. À vrai dire, Socrate n'était pas encore le célèbre philosophe qu'il deviendra. Entouré d'un petit cercle de disciples, il était certes reconnu comme un membre à part entière de la société athénienne, mais il ne jouissait d'aucun prestige, d'aucune notoriété. Alors, pourquoi l'ironique Aristophane s'était-il mis en tête de mettre en scène cet inconnu? C'est là qu'intervient l'imaginaire de Takis Théodoropoulos, avec l'érudition et la drôlerie qui le caractérisent. Rien de tout cela n'est du ressort des êtres humains, affirme sans rire le romancier grec. Ce sont les dieux qui sont en cause. Eux qui, du sommet de leur Olympe, contemplent les humains avec un ennui profond (c'est long, l'éternité!) et un intérêt agacé. Leur agacement provient de ce que, du côté d'Athènes, les hommes ont dépassé les bornes. Toujours très agités, les Athéniens se démènent beaucoup, se prennent, à l'instar de Périclès, pour le centre du monde, et n'hésitent pas à remettre en cause la suprématie des Olympiens. Même la Grande Peste de 430 (qui a pourtant emporté Périclès) n'a pas eu totalement raison d'eux. Or les dieux sont d'autant plus impatients de châtier la prétention des humains qu'ils leur doivent une invention essentielle: celle de la langue grecque. Voilà pourquoi ils dépêchent sur terre un Démon chargé d'une mission spéciale: semer la zizanie à Athènes. Comment? En rendant si subtils et si perturbateurs les questionnements d'un obscur philosophe (Socrate, donc) qu'immanquablement celui-ci laminera l'intelligence de ses congénères. Car Socrate possède cette rare capacité: lorsqu'il croise un athlète en train de s'entraîner à la course, il l'interroge si habilement sur les motivations et la technique de son exercice physique que le sportif, bientôt, en perd ses moyens au point de ne plus savoir courir. Il s'agit donc d'appliquer cette recette au domaine du langage. Par sa maïeutique, Socrate - espèrent les dieux - saura rendre à jamais aphasiques ces prétentieux d'Athéniens. Seulement, voilà. Même les plans des dieux peuvent être contrecarrés. Car eux aussi aiment à se chamailler. Ainsi Athéna prend-elle à c?ur de défendre sa chère cité contre la perversité de ses divins collègues. Et puis, s'agissant des affaires humaines, on n'est jamais sûr de rien. De revirement en revirement, entre un Socrate sans cesse déroutant et un Aristophane s'arrachant les cheveux, le Démon perd à son tour ses moyens, au point de connaître, après s'être intéressé de près à Aspasie, une grave crise existentielle.
Je l'ai rencontré pour la première fois au temps où j'étais assis sur les bancs de l'école. Le célèbre "Darius et Parysatis eurent deux enfants" par lequel s'ouvre le plus illustre de ses textes, L'Anabase, avait inauguré quelques-unes de ces heures d'ennui grammatical toujours recommencé que nous partagions avec nos maîtres. T. T. Transformer un écrivain réputé scolaire en héros de roman, c'est bien le pari tenu par ce livre. Entre fiction et histoire, Takis Théodoropoulos met en lumière un personnage d'une troublante modernité. Celui qui durant l'expédition des Dix Mille affronta les troupes d'Artaxerxès, traversant des pays de neige et de vent, fut en effet le premier écrivain à parler à la première personne. Exilé d'Athènes pour le soutien qu'il accordait à Sparte, il rêva jusqu'à son dernier souffle de renverser le régime démocratique. Beau comme Alcibiade, il épousa une ancienne courtisane qu'il avait sauvée d'un viol collectif. Son fidèle compagnon, un certain Thémistogène de Syracuse, fieffé soûlard et coureur de jupons, lui servit de secrétaire, mais peut-être écrivit-il lui-même quelques-uns de ses textes, sur tous les bouts d'écorce qu'il put trouver durant les expéditions militaires... Singulièrement dépoussiéré par la narration allègre et ironique de son homologue contemporain, Xénophon descend de son piédestal : victime des petites manigances d'un Platon mesquin, qui enfouissait un à un les manuscrits de son rival dans les caves obscures et infestées de rongeurs de la bibliothèque de l'Académie, il devient aussi vivant que la galerie de personnages secondaires - mercenaires, courtisanes et traîtres -qui peuplent cette biographie romanesque de facture inédite.
Qui est Georges Galanos ? Quel mystère cache sa peinture ? Pourquoi, malgré un immense talent et des débuts prometteurs, fut-il négligé par ses pairs et ses contemporains ? Autant de questions auxquelles tente de répondre le narrateur dans sa biographie (imaginaire ? ) du peintre récemment disparu. Menant l'enquête d'Athènes jusque dans le Péloponnèse où s'était retranché l'artiste, il rencontre ses rares amis, sa compagne, ses familiers, décrypte les notes écrites de sa main et surtout, regarde ses tableaux où se fait jour la tentative de restituer l'harmonie, la lumière, la structure secrète du paysage grec, en un mot le paysage absolu qui n'est autre que l'expression picturale d'un certain idéal de l'hellénisme. Car tel est le but ultime du peintre, la quête à laquelle il a voué son existence entière, au point d'y sacrifier sa réputation naissante et de se compromettre gravement - par une déviation de son désir d'absolu - avec la dictature des colonels... Au point aussi, à l'image des héros de la tragédie, de se voir dévoré par son ambitieux projet. Takis Theodoropoulos, avec ce roman emblématique d'une Grèce qui interroge son passé, se livre en même temps - avec une remarquable maîtrise du sujet et de l'écriture - à une réflexion très moderne sur l'art et ses contraintes.
La musique a-t-elle un genre ? " : dans les milieux autorisés, la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant ! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes. Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations. Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente. Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.
Hobbes nous dit que le mot "liberté" est spécieux. Il existe de fait un contraste frappant entre la plénitude que peut donner l'énonciation du mot, comme dans le célèbre poème d'Eluard, et le sentiment de vide provoqué par la désolante diversité des usages concrets, parfois ouvertement contradictoires. Tôt ou tard, la réflexion bute sur la polarité de la liberté comme affirmation de l'ordre censé nous protéger de la licence, de l'anarchie ou du nihilisme, c'est-à-dire de la "fausse" liberté, ou comme négation de l'ordre dont les contraintes sont suspectées d'être oppressives et incompatibles avec la "vraie" liberté. Les contradictions entre les conceptions de l'ordre associées à la liberté donnent une justification à la conception de la liberté comme négation. Mais celle-ci est également difficile à tenir car elle risque de nier son objet en basculant dans la licence illimitée. Le conflit entre la liberté comme affirmation et la liberté comme négation n'est pas un défaut du concept. Il faut plutôt dire : la liberté est l'un des concepts qui servent à penser la production historique d'objets par l'activité collective et conflictuelle des hommes. L'oscillation entre ces deux pôles, qui peut être embarrassante au point d'inciter à n'en plus parler, montre que de tels concepts ont une structure ludique, au sens de ce qui fait l'intérêt de jeux intellectuels aussi futiles que les échecs. Ce livre peut se lire comme une introduction au jeu conceptuel de la liberté.
Étude des diverses formes de compétition politique, des rivalités pour le trône, des luttes pour l'autonomie régionale, expliquées par l'analyse des moyens d'action de l'aristocratie, principal agent des troubles (implantations régionales, réseaux familiaux, solidarités militaires ou liens de service). Le clivage entre militaires et civils est remis en cause, alors que le poids des grands clans régionaux importe davantage : de véritables équipes alternent au pouvoir, les provinces leur restant fidèles tant que la protection impériale compense, aux yeux des populations, le versement de l'impôt.