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Oeuvres complètes. Suivies de Doctrine de Tertullien
TERTULLIEN
BELLES LETTRES
77,00 €
Épuisé
EAN :9782251446608
Tertullien fait partie de ces quelques auteurs monumentaux dont la pensée, la force littéraire, la personnalité, le génie, la langue et les maximes influencèrent la totalité de ceux qui vinrent après lui. Du fameux credo quia absurdum répété comme par réflexe, à la formule "on ne naît pas chrétien on le devient" reprise telle quelle par l'existentialisme de Kierkegaard, et dont la demoiselle Beauvoir reproduira la forme pour en orner son second sexe, l'oeuvre de Tertullien n'est pas un produit du passé, elle n'est pas non plus un chapitre de l'encyclopédie mondiale de la "culture" : elle est la présence active d'un inconscient. Auteur célèbre pour son tempérament passionné, pour son caractère intraitable, colérique et gouailleur, cet Africain de l'Empire romain est non seulement le premier auteur de langue latine à développer une puissante pensée chrétienne, mais une puissante pensée tout simplement : Rome se contenta, Cicéron s'en plaignit, de décorer en latin les thèses des penseurs grecs, et dans le ciel d'un tel contexte Tertullien surgit comme un astre inconnu et s'impose en écrasant de sa stature la totalité de l'histoire latine de la philosophie. Il est l'auteur d'une syntaxe nouvelle et capable de s'adapter à cette réalité dont la révolution chrétienne apporte au monde la neuve conscience : tout homme est, infiniment, liberté - dont il faut défendre la dignité et illustrer le principe. On doit à Tertullien le considérable traité consacré à réfuter ce Marcion qui demandait que le christianisme reniât l'héritage juif : Tertullien détruit les arguments du "marcionisme" dont l'idéologie allait devenir la doctrine préférée de l'antisémitisme et qui constituerait un jour la base de la rhétorique nazie. Le traité Contre Marcion combat d'emblée, aux côtés de l'Eglise, la folie régressive du marcionisme pour qui il est impossible de penser la transcendance de la liberté, donc de défendre la dignité d'un humanisme intégral. Riches de plus d'une trentaine d'ouvrages, les Oeuvres complètes du grand écrivain étaient introuvables en France depuis la Monarchie de Juillet? Grâce à cette édition sans équivalent, notre collection donne au public la possibilité de rencontrer cet auteur majeur qui, parce qu'il porte la structure du meilleur de notre monde, parle imperceptiblement à notre mémoire la plus profonde. Dans la figure de cet intransigeant Africain, dont le génie parfois vacille parmi les vestiges des temps de catastrophes, mais qui lutte pour que soit sans cesse exprimé l'Essentiel, c'est l'humanité entière qui se rencontre elle-même à un degré tonitruant de résonance.
Composée vers 211-212, l'oeuvre constitue sans doute le plus vibrant plaidoyer pour la chair du christianisme antique, dans la lignée de plusieurs traités sur la résurrection ou contre les hérésies. Affrontant philosophes païens et gnostiques, pour qui l'élément sensible et visible de l'être humain est absolument indigne et incapable d'être sauvé, l'auteur du traité De l'âme défend la chair comme "pivot du salut " en soulignant sa dignité, son identité, son intégrité jusqu'après la mort. Promoteur d'une vision équilibrée, incarnée, de la nature humaine, le Carthaginois fonde sa démonstration sur une exégèse approfondie des textes bibliques, ouvrant à une réflexion explicite sur la condition des ressuscités.
Le bref opuscule de Tertullien sur le baptême présente pour le lecteur d'aujourd'hui un double intérêt. D'abord, un intérêt historique: cet ouvrage est le premier traité sur le baptême. A travers lui, nous découvrons la pratique baptismale de l'Eglise ancienne, sa liturgie, sa spiritualité. En même temps, ce traité nous fait assister à la naissance de la théologie. "Au commencement, l'Eglise baptisait..." Mais cette pratique ne devait pas tarder à faire problème et à être contestée, notamment par une secte gnostique, par ailleurs inconnue, les caïnites. Provoqué par cette hérésie, Tertullien se propose de rendre compte de la pratique de l'Eglise, de la justifier. Même si ses réponses apparaissent parfois tâtonnantes, elles ne sont jamais indifférentes. Avant tout, elles gardent la fraîcheur et la spontanéité des commencements. La traduction du traité de Tertullien se trouve précédée d'une importante introduction du père François Refoulé qui en montre l'intérêt historique, liturgique et théologique. Biographie de l'auteur Carthaginois, né vers 160, Tertullien fut doté d'une solide formation rhétorique. Il se convertit, probablement dans la dernière décennie du IIe siècle. Vers 206-207, il adhéra à un mouvement spirituel, le montanisme, et s'éloigna peu à peu de la "catholica', sans pour autant céder à un schisme formel. Son oeuvre abondante et de combat, touche l'apologétique, la morale et les questions dogmatiques."
Ecrit entre 197 et 202 après J-C, De spectaculis (littéralement, Sur les spectacles) est une charge d’une extrême violence contre les nombreux divertissements dont raffolaient les Romains : les jeux du cirque, les représentations théâtrales, les combats dans l’arène, les exécutions publiques. Pour dissuader les premiers chrétiens d’y assister, Tertullien condamne moralement ces spectacles sanglants et dégradants inspirés par le Diable, le véritable maître de cérémonie de ce monde. Bien avant Guy Debord, le Père de l’Eglise né à Carthage montre à quel point est aliénant ce culte du divertissement. Mais il promet tout de même pour finir à ceux qui y renonceront un spectacle inégalable : celui du Jugement Dernier, des païens brûlant en enfer ! Dans sa Généalogie de la morale, Nietzsche y voit la parfaite illustration du fort ressentiment des chrétiens à l’égard de Rome.
Après l'examen de la divinité hérétique de pure bonté (livre I) et la réhabilitation du Créateur (livre II), la critique de la christologie marcionite fait l'objet du livre III. Docète intransigeant, Marcion ne prêtait à son Christ que l'apparence humaine, sans incarnation ni naissance. D'autre part, pour souligner la nouveauté absolue d'un Evangile antithétique de la Loi, il supprimait toute préparation à la Venue de ce Christ, et refusait l'interprétation christique que l'Eglise donnait des prophéties vétérotestamentaires. Tels sont les deux thèmes sur lesquels s'organise la réfutation de Tertullien, en une structure complexe et raffinée qui les entrecroise, non sans privilégier le second. Avec un relief et une chaleur de conviction qui frappent encore aujourd'hui, le docteur carthaginois explicite la foi de l'Eglise en un Christ réellement homme comme réellement Dieu, qui est l'accomplissement d'une histoire du salut mystérieusement inscrite dans l'Ancien Testament. Par ses choix de textes scripturaires, par son exégèse, il exploite l'héritage de ses devanciers Justin et Irénée , mais il sait aussi parfois innover. Surtout il affirme son originalité par l'ordre et la clarté qu'il impose à ses démonstrations. Pour étoffer ce livre - avec lequel s'achève le remaniement progressif du premier Contre Marcion" et s'annonce l'examen de l'évangile marcionite - l'auteur a remployé plusieurs passages pris à des ébauches antérieures (notamment l'"Aduersus ludaeos"). On peut le qualifier d'oeuvre littéraire accomplie. Et le mordant de l'ironie donne souvent au style un éclat accru".
Ouaknin Marc-Alain ; Werndorfer Gilbert ; Cahen Sa
Biographie de l'auteur Rabbin et docteur en philosophie ; Directeur du Centre de recherches et d'études juives Aleph, à Paris (en 1989) ; Professeur de philosophie et de littérature comparée, associé à l'Université de Bar-Ilan, Israël (en 2003)EditeurTraduisit de l'hébreu et de l'allemand en français
Résumé : Faire l'histoire de peuples et de pays qui jusqu'au XVIIIe siècle ont tout ignoré de l'Inde et des Indes, et dont beaucoup ont ignoré l'idée même de l'histoire, tel est le pari de ce livre. En 1888, John Strachey écrivait dans son India : "Il n'y a pas, et il n'y a jamais eu d'Inde, ou même un pays, l'Inde, qui, selon les idées européennes, aurait possédé quelque unité, physique, politique, sociale ou religieuse." L'inde était un artefact crée par l'impérialisme européen. Cela était vrai à la fin du XIXe siècle et pour le passé, mais aujourd'hui l'inde, partie des Indes, existe : être indien est à la fois une réalité et une prétention ; c'est aussi une exclusion, dont témoignent les violents débats historiques qui passionnent l'Asie du Sud. Pour retracer la longue histoire de ce pays promis à devenir une des grandes puissances du monde, Michel Angot réussit un véritable tour de force : embrasser plusieurs milliers d'années et un espace aux dimensions de l'Europe, avoir recours aux sources les plus étendues et tenir ensemble les traces du temps, de l'Antiquité à nos jours, qui font de cette histoire une fabrique de l'Histoire.
Sacrifices humains, siège de Tenochtitlan, serpent à plumes: la civilisation aztèque a ses images d'Épinal, qui tendent à masquer des réussites plus subtiles. À la tête d'un grand empire politique et économique, mais aussi héritiers des cultures antérieures à la leur dont ils ont brillament fait la synthèse et parfois même amélioré les apports, les Aztèques ont su développer une pensée et une vision du monde profondément originales, qui trouvent des échos jusque dans la culture du Mexique contemporain.
Aujourd'hui encore, l'or des Incas, les ruines mystérieuses de leurs cités et le mythe d'un empire juste et bienveillant nourrissent le rêve des voyageurs. Aux alentours de 1400 de notre ère, alors que la partie andine de l'Amérique du Sud est morcelée en de multiples royaumes et seigneuries, un petit peuple montagnard, les Incas, se lance dans une suite de conquêtes qui l'amène à constituer rapidement le plus grand État jamais connu dans l'Amérique précolombienne. L'empire inca représente l'étape ultime du développement d'une civilisation très ancienne, celle du Pérou antique, que son isolement, jusqu'à la conquête espagnole, a rendue particulièrement originale. Leur conception pratique permet à chacun de les utiliser de trois façons: soit les lire en suivant, comme un livre traditionnel, pour découvrir les divers aspects de la civilisation présentée, soit recourir directement à l'une des rubriques qui composent chaque chapitre grâce à une table des matières très détaillée, soit encore se servir directement de l'index très fourni afin de trouver rapidement une information précise. Les cartes, tableaux, schémas, permettent, en outre, d'aller à l'essentiel. Et une bibliographie choisie et récente offre à qui le souhaite d'amorcer une recherche plus approfondie.