Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Contre Marcion. Tome 3, Edition bilingue français-latin
TERTULLIEN
CERF
43,00 €
Épuisé
EAN :9782204050692
Après l'examen de la divinité hérétique de pure bonté (livre I) et la réhabilitation du Créateur (livre II), la critique de la christologie marcionite fait l'objet du livre III. Docète intransigeant, Marcion ne prêtait à son Christ que l'apparence humaine, sans incarnation ni naissance. D'autre part, pour souligner la nouveauté absolue d'un Evangile antithétique de la Loi, il supprimait toute préparation à la Venue de ce Christ, et refusait l'interprétation christique que l'Eglise donnait des prophéties vétérotestamentaires. Tels sont les deux thèmes sur lesquels s'organise la réfutation de Tertullien, en une structure complexe et raffinée qui les entrecroise, non sans privilégier le second. Avec un relief et une chaleur de conviction qui frappent encore aujourd'hui, le docteur carthaginois explicite la foi de l'Eglise en un Christ réellement homme comme réellement Dieu, qui est l'accomplissement d'une histoire du salut mystérieusement inscrite dans l'Ancien Testament. Par ses choix de textes scripturaires, par son exégèse, il exploite l'héritage de ses devanciers Justin et Irénée , mais il sait aussi parfois innover. Surtout il affirme son originalité par l'ordre et la clarté qu'il impose à ses démonstrations. Pour étoffer ce livre - avec lequel s'achève le remaniement progressif du premier Contre Marcion" et s'annonce l'examen de l'évangile marcionite - l'auteur a remployé plusieurs passages pris à des ébauches antérieures (notamment l'"Aduersus ludaeos"). On peut le qualifier d'oeuvre littéraire accomplie. Et le mordant de l'ironie donne souvent au style un éclat accru".
Le "De cultu feminarum" s'inscrit dans la série des écrits parénétiques de Tertullien. S'adressant aux femmes de Carthage dont il voudrait limiter la coquetterie, il n'excède pas la longueur d'un "sermon" divisé en deux parties : la première traite plus spécialement des bijoux et de la parure, l'autre des soins apportés au corps, fards et coiffures en particulier.
Dans le " Traité De la prescription des hérétiques ", Tertullien, plutôt que de combattre l'usage que font les hérétiques des Ecritures, comme il le fait longuement dans le " Contre Marcion ", choisit une méthode plus expéditive, consistant à recourir au procédé juridique de la " praescriptio", objection ou fin de non-recevoir qui, présentée devant un tribunal, a pour effet d'abréger le procès. Pour démontrer que les hérétiques n'ont aucun droit sur les Ecritures et leur interprétation, Tertullien élève donc une double " praescriptio ", à savoir que le Christ n'a révélé sa doctrine qu'aux apôtres et que les apôtres ne l'ont confiée qu'aux Eglises fondées par eux. Seules les Eglises apostoliques sont donc les interprètes authentiques des Ecritures. Telle est la conclusion de ce procès fictif intenté aux hérétiques.
Ecrit entre 197 et 202 après J-C, De spectaculis (littéralement, Sur les spectacles) est une charge d’une extrême violence contre les nombreux divertissements dont raffolaient les Romains : les jeux du cirque, les représentations théâtrales, les combats dans l’arène, les exécutions publiques. Pour dissuader les premiers chrétiens d’y assister, Tertullien condamne moralement ces spectacles sanglants et dégradants inspirés par le Diable, le véritable maître de cérémonie de ce monde. Bien avant Guy Debord, le Père de l’Eglise né à Carthage montre à quel point est aliénant ce culte du divertissement. Mais il promet tout de même pour finir à ceux qui y renonceront un spectacle inégalable : celui du Jugement Dernier, des païens brûlant en enfer ! Dans sa Généalogie de la morale, Nietzsche y voit la parfaite illustration du fort ressentiment des chrétiens à l’égard de Rome.
Le livre IV du Contre Marcion examine l'appareil scripturaire que Marcion mettait au service de son système, qui séparait Loi et Evangile, en distinguant du Créateur justicier un Dieu de pure bonté révélé par Jésus-Christ. Après avoir démontré l'inauthenticité de cet évangile marcionite, Tertullien le conteste pas à pas au moyen des seuls textes conservés : le Christ qui se découvre à cet examen n'est pas porteur d'un autre dieu que celui de l'Ancien Testament. Appuyée sur une lecture personnelle de la Bible grecque, cette polémique renouvelle les thèmes des livres précédents par sa vigueur et par une rhétorique masquant la répétitivité. Ce livre, le plus long jamais écrit par Tertullien, fournit une mine d'informations sur le marcionisme, en même temps qu'il renseigne sur la réception de la traduction latine de l'Evangile dans le christianisme du début du IIIe siècle.
En ces temps de crise profonde, la relation entre les hommes et les femmes à l'intérieur de l'institution ecclésiale impose plus que jamais son actualité. Certes, le magistère entend, depuis quelques décennies, valoriser la part féminine de l'Eglise. Mais le constat s'impose : stéréotypes et préjugés sont demeurés intacts, tout comme des pratiques de gouvernance qui maintiennent les femmes sous le pouvoir d'hommes - des clercs en l'occurrence. Sortant de ces ornières, il s'agit d'éprouver ce que le " temps des femmes " qui cherche à advenir peut apporter de renouvellement dans l'intelligence des textes scripturaires qui ont modelé l'imaginaire en monde chrétien. Il s'agit aussi de montrer combien la prise en compte des femmes questionne à frais nouveaux l'identité de l'Eglise, l'économie en son sein du sacerdoce des baptisés et du ministère presbytéral, donc également les modalités de sa gouvernance. Un livre qui nous montre une série d'" éclats de féminin " pour suggérer les gains qui seraient ceux de cette ouverture. Et si, la femme était l'avenir de... l'église !
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.
Deux fois millénaire, le christianisme implique un cinquième de l'humanité. Ce volume en offre d'abord un survol historique ("Le Christianisme raconté"), de Jésus à Jean-Paul II, en passant par l'apogée du Moyen Âge et Vatican II. Suit l'abécédaire proprement dit (70 notices). On s'y repère par des carrés de couleurs indiquant s'il s'agit de doctrine (Apocalypse, Docteurs de l'Église, Péché...), de rituel (Musique sacrée, Reliques, Saints...), ou d'histoire (Hérésies, Judaïsme, Oecuménisme...). Des renvois par astérisques incitent aussi aux chemins de traverse. Les 100 illustrations, presque toutes en couleurs, font ressentir l'impact considérable du christianisme sur la culture occidentale. Chronologie, bibliographie sélective et index des noms viennent s'y ajouter. Très maniable, concis, suggestif, d'une présentation agréable sur papier glacé, ce livre présente les qualités de la collection ABCdaire. Ancien rédacteur en chef du quotidien La Croix, Jean Potin a écrit maints ouvrages sur l'Écriture Sainte. Pierre Chavot a collaboré à de nombreux travaux sur le christianisme. Colette-Rebecca Estin
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.