Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Le baptême. Le premier traité chrétien
TERTULLIEN
CERF
7,00 €
Épuisé
EAN :9782204087476
Le bref opuscule de Tertullien sur le baptême présente pour le lecteur d'aujourd'hui un double intérêt. D'abord, un intérêt historique: cet ouvrage est le premier traité sur le baptême. A travers lui, nous découvrons la pratique baptismale de l'Eglise ancienne, sa liturgie, sa spiritualité. En même temps, ce traité nous fait assister à la naissance de la théologie. "Au commencement, l'Eglise baptisait..." Mais cette pratique ne devait pas tarder à faire problème et à être contestée, notamment par une secte gnostique, par ailleurs inconnue, les caïnites. Provoqué par cette hérésie, Tertullien se propose de rendre compte de la pratique de l'Eglise, de la justifier. Même si ses réponses apparaissent parfois tâtonnantes, elles ne sont jamais indifférentes. Avant tout, elles gardent la fraîcheur et la spontanéité des commencements. La traduction du traité de Tertullien se trouve précédée d'une importante introduction du père François Refoulé qui en montre l'intérêt historique, liturgique et théologique. Biographie de l'auteur Carthaginois, né vers 160, Tertullien fut doté d'une solide formation rhétorique. Il se convertit, probablement dans la dernière décennie du IIe siècle. Vers 206-207, il adhéra à un mouvement spirituel, le montanisme, et s'éloigna peu à peu de la "catholica', sans pour autant céder à un schisme formel. Son oeuvre abondante et de combat, touche l'apologétique, la morale et les questions dogmatiques."
Le livre IV du Contre Marcion examine l'appareil scripturaire que Marcion mettait au service de son système, qui séparait Loi et Evangile, en distinguant du Créateur justicier un Dieu de pure bonté révélé par Jésus-Christ. Après avoir démontré l'inauthenticité de cet évangile marcionite, Tertullien le conteste pas à pas au moyen des seuls textes conservés : le Christ qui se découvre à cet examen n'est pas porteur d'un autre dieu que celui de l'Ancien Testament. Appuyée sur une lecture personnelle de la Bible grecque, cette polémique renouvelle les thèmes des livres précédents par sa vigueur et par une rhétorique masquant la répétitivité. Ce livre, le plus long jamais écrit par Tertullien, fournit une mine d'informations sur le marcionisme, en même temps qu'il renseigne sur la réception de la traduction latine de l'Evangile dans le christianisme du début du IIIe siècle.
Composée vers 211-212, l'oeuvre constitue sans doute le plus vibrant plaidoyer pour la chair du christianisme antique, dans la lignée de plusieurs traités sur la résurrection ou contre les hérésies. Affrontant philosophes païens et gnostiques, pour qui l'élément sensible et visible de l'être humain est absolument indigne et incapable d'être sauvé, l'auteur du traité De l'âme défend la chair comme "pivot du salut " en soulignant sa dignité, son identité, son intégrité jusqu'après la mort. Promoteur d'une vision équilibrée, incarnée, de la nature humaine, le Carthaginois fonde sa démonstration sur une exégèse approfondie des textes bibliques, ouvrant à une réflexion explicite sur la condition des ressuscités.
Quatrième de couverture Refusant d'imputer l'origine du mal au Dieu Créateur, le chrétien hérétique Hermogène ne voyait d'autre solution à cette difficulté que le dualisme traditionnel : Dieu a créé le monde à partir d'une matière préexistante, dont la présence, tapie sous le cosmos, est la véritable responsable du mal. Sa cosmologie restait donc sous l'emprise des conceptions médio-platoniciennes sur l'origine du monde et du mal. Dans le Contre Hermogène, Tertullien entreprend de réfuter cette doctrine, en montrant que seule la création ex nihilo est compatible avec la liberté et la toute-puissance de Dieu. Ce faisant, Tertullien écrit le premier traité en langue latine (205-206) - et le premier de la littérature chrétienne qui nous soit parvenu - consacré à ce dogme.
Avec ses formules intransigeantes et d'un style parfois rugueux, l'" Exhortation à la chasteté " avait dû trouver un accueil difficile. D'où, peu d'années après, troisième essai depuis les lettres " A son épouse ", le traité " De monogamia ", où Tertullien, montaniste plus que jamais, sincèrement soucieux toutefois d'écarter le grief d'hérésie, revient sur la question, décisive à ses yeux, de la licéité des secondes noces. La pensée n'a pas varié ; mais l'exposé, qui met en jeu les ressources maîtrisées d'une double culture profane et chrétienne, a gagné en clarté autant qu'en profondeur, en force théologique. L'Africain bute sur le problème, irritant, d'une sexualité à la fois nécessaire et suspectée. Car, plus que l'invérifiable aveu d'un malaise personnel, l'opuscule se lit d'abord comme un document sur les débats qui agitèrent l'Antiquité impériale et tardive, chrétiens de toutes nuances et païens confondus. Mais, par-delà ses ambiguïtés (dont au reste on mesure assez mal l'influence historique), il témoigne, non sans chaleur, du progrès fait par Tertullien vers une piété plus riche et, paradoxalement, mieux équilibrée, plus centrée sur le Christ et ouverte à l'Esprit.