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Contre Hermogène
TERTULLIEN
CERF
52,00 €
Épuisé
EAN :9782204062176
Quatrième de couverture Refusant d'imputer l'origine du mal au Dieu Créateur, le chrétien hérétique Hermogène ne voyait d'autre solution à cette difficulté que le dualisme traditionnel : Dieu a créé le monde à partir d'une matière préexistante, dont la présence, tapie sous le cosmos, est la véritable responsable du mal. Sa cosmologie restait donc sous l'emprise des conceptions médio-platoniciennes sur l'origine du monde et du mal. Dans le Contre Hermogène, Tertullien entreprend de réfuter cette doctrine, en montrant que seule la création ex nihilo est compatible avec la liberté et la toute-puissance de Dieu. Ce faisant, Tertullien écrit le premier traité en langue latine (205-206) - et le premier de la littérature chrétienne qui nous soit parvenu - consacré à ce dogme.
Le De baptismo est le premier « traité du baptême » conservé. Tertullien l'écrivit vers 200-206 pour répondre aux entreprises d'une femme hérétique, sans doute de la secte gnostique des « Caïniens ». Cette « louange de l'eau », où le rhéteur converti donne la mesure de sa virtuosité, s'appuie sur la pratique liturgique et catéchétique des communautés du temps; elle constitue un bon témoignage d'une typologie baptismale déjà devenue traditionnelle. Le De baptismo élabore ainsi une réflexion théologique: il présente le baptême chrétien comme renaissance et libération; d'une manière encore tâtonnante, il s'interroge sur la portée spécifique du bain par rapport à l'onction et à l'imposition des mains, et pose le problème des relations entre foi et rite, grâce divine et signe sensible; il soulève enfin, dans ses derniers chapitres, des questions d'ordre disciplinaire: quel est le ministre du baptême? faut-il baptiser les petits enfants? quelle est la valeur du baptême conféré hors de la communion catholique? Il y a dans ces pages l'esquisse d'une théorie des sacrements et une vision ecclésiologique. De fait, en mentionnant l'invocation du Père, du Fils et de l'Esprit dans la formule sacramentelle, Tertullien définit l'Église comme « corps des Trois », présence de la Trinité.
Après l'examen de la divinité hérétique de pure bonté (livre I) et la réhabilitation du Créateur (livre II), la critique de la christologie marcionite fait l'objet du livre III. Docète intransigeant, Marcion ne prêtait à son Christ que l'apparence humaine, sans incarnation ni naissance. D'autre part, pour souligner la nouveauté absolue d'un Evangile antithétique de la Loi, il supprimait toute préparation à la Venue de ce Christ, et refusait l'interprétation christique que l'Eglise donnait des prophéties vétérotestamentaires. Tels sont les deux thèmes sur lesquels s'organise la réfutation de Tertullien, en une structure complexe et raffinée qui les entrecroise, non sans privilégier le second. Avec un relief et une chaleur de conviction qui frappent encore aujourd'hui, le docteur carthaginois explicite la foi de l'Eglise en un Christ réellement homme comme réellement Dieu, qui est l'accomplissement d'une histoire du salut mystérieusement inscrite dans l'Ancien Testament. Par ses choix de textes scripturaires, par son exégèse, il exploite l'héritage de ses devanciers Justin et Irénée , mais il sait aussi parfois innover. Surtout il affirme son originalité par l'ordre et la clarté qu'il impose à ses démonstrations. Pour étoffer ce livre - avec lequel s'achève le remaniement progressif du premier Contre Marcion" et s'annonce l'examen de l'évangile marcionite - l'auteur a remployé plusieurs passages pris à des ébauches antérieures (notamment l'"Aduersus ludaeos"). On peut le qualifier d'oeuvre littéraire accomplie. Et le mordant de l'ironie donne souvent au style un éclat accru".
Avec ses formules intransigeantes et d'un style parfois rugueux, l'" Exhortation à la chasteté " avait dû trouver un accueil difficile. D'où, peu d'années après, troisième essai depuis les lettres " A son épouse ", le traité " De monogamia ", où Tertullien, montaniste plus que jamais, sincèrement soucieux toutefois d'écarter le grief d'hérésie, revient sur la question, décisive à ses yeux, de la licéité des secondes noces. La pensée n'a pas varié ; mais l'exposé, qui met en jeu les ressources maîtrisées d'une double culture profane et chrétienne, a gagné en clarté autant qu'en profondeur, en force théologique. L'Africain bute sur le problème, irritant, d'une sexualité à la fois nécessaire et suspectée. Car, plus que l'invérifiable aveu d'un malaise personnel, l'opuscule se lit d'abord comme un document sur les débats qui agitèrent l'Antiquité impériale et tardive, chrétiens de toutes nuances et païens confondus. Mais, par-delà ses ambiguïtés (dont au reste on mesure assez mal l'influence historique), il témoigne, non sans chaleur, du progrès fait par Tertullien vers une piété plus riche et, paradoxalement, mieux équilibrée, plus centrée sur le Christ et ouverte à l'Esprit.
Le livre IV du Contre Marcion examine l'appareil scripturaire que Marcion mettait au service de son système, qui séparait Loi et Evangile, en distinguant du Créateur justicier un Dieu de pure bonté révélé par Jésus-Christ. Après avoir démontré l'inauthenticité de cet évangile marcionite, Tertullien le conteste pas à pas au moyen des seuls textes conservés : le Christ qui se découvre à cet examen n'est pas porteur d'un autre dieu que celui de l'Ancien Testament. Appuyée sur une lecture personnelle de la Bible grecque, cette polémique renouvelle les thèmes des livres précédents par sa vigueur et par une rhétorique masquant la répétitivité. Ce livre, le plus long jamais écrit par Tertullien, fournit une mine d'informations sur le marcionisme, en même temps qu'il renseigne sur la réception de la traduction latine de l'Evangile dans le christianisme du début du IIIe siècle.
Biographie de l'auteur Depuis plus de cinquante ans, le père Bernard Bro, dominicain, a eu la joie de dire l'Evangile sur les cinq continents, en renouvelant la prédication par l'art de la " parabole ". Il fut maintes fois copié, à son étonnement... et à sa grande joie. Professeur en théologie dogmatique pendant dix ans aux facultés pontificales du Saulchoir, puis nommé directeur des Editions du Cerf, où il promeut, entre autres, la Bible cuménique, la collection de poche " Foi vivante ", les grandes séries de théologie biblique et de théologie contemporaine ainsi que, avec le père et cardinal Congar, les commentaires de tous les textes du Concile. Chargé des Conférences de carême à Notre-Dame de Paris pendant quatre ans, responsable de la messe de la radio à France-Culture où il prêcha pendant trente-cinq ans, prédicateur pendant plusieurs dizaines d'années à la télévision, au " Jour du Seigneur " ; depuis la fondation de la chaîne de télévision KTO, auteur de plus de quatre cents émissions sous le titre " Paraboles ".
Résumé : Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée, de sa mort ignominieuse, et de la diffusion complexe et diverse de son souvenir et de son héritage dans l'Empire romain, jusqu'à la constitution d'une "mémoire officielle" et institutionnelle qui donnera un corpus canonique d'écritures. Pour quelles raisons la mort infamante de Jésus n'a-t-elle pas mis fin à ce mouvement à l'intérieur du judaïsme de l'époque ni arrêté la diffusion de son message aux frontières d'Israël ? Comment, à partir du second siècle, s'est constitué un système doctrinal et spirituel qui a pu s'imposer à l'Empire romain ? Enrico Norelli montre la diversité étonnante des modèles de foi qui aura permis la naissance et surtout le développement de la doctrine chrétienne. Il explique pourquoi certains de ces modèles se sont imposés au détriment d'autres. Il aborde de nombreuses questions relatives à cette construction : la lecture de la Bible, la constitution de l'Eglise, Marcion, le judéo-christianisme, l'influence et le rôle de Paul, la constitution d'un canon écrit à la confluence de mémoires plurielles...
L'histoire de la papauté est complexe et ne se résume pas à l'histoire de la religion catholique. Institution globale, cherchant à guider les sociétés, la papauté doit être réinsérée dans un cycle historique de long terme, celui qui a vu un espace marginal, désigné d'abord comme "chrétienté" puis comme "Occident" , se développer avant de se projeter à la conquête du globe, jusqu'à la "mondialisation" actuelle. Son rôle a souvent été esquivé par un compromis historiographique entre auteurs laïcs, soucieux de faire un récit du progrès dégagé de l'Eglise, et auteurs catholiques, désireux de faire l'histoire irénique et morale d'une papauté humanitaire au-dessus des Etats, des frontières et des guerres. L'objet de cette réflexion sera au contraire d'envisager la papauté comme un acteur majeur à une échelle globale dans une histoire qui ne peut se réduire à un ordre linéaire et simpliste, celui d'un progrès scientifique, économique ou d'une sortie de la religion, une histoire dont on cherchera à redécouvrir toute la pluralité.
Quand Rome est mise à sac (410 ans ap. J. -C.), un soupçon naît chez les Romains adversaires du christianisme : serait-il responsable du déclin de Rome ? Augustin relève le défi de cette interrogation. La force et l'originalité de La Cité de Dieu consistent à proposer un principe pour éclairer le jugement, pour comprendre des événements inédits qui instaurent de nouveaux équilibres. Augustin distingue en effet entre le devenir de deux cités : la cité de Dieu et la cité terrestre. Leur destin ne doit pas être confondu : le règne du Christ et la domination terrestre ne sont pas la même chose. La paix de Dieu et celle des hommes ne se recouvrent pas. La cité de Dieu est certes présente dans l'Eglise, et donc dans le monde : elle n'y est pas "réalisée" et ne le sera jamais. Bien au contraire, la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de Dieu représente un principe critique par rapport à la cité de la terre. En celle-ci, tout - y compris donc l'empire romain - doit être relativisé, même si, dans la perspective du Jugement dernier, tout garde une valeur unique. Le chrétien vit dans cette ambiguïté, constitutive pour lui, de deux histoires. Les résonances politiques, religieuses, culturelles de La Cité de Dieu, dont c'est la première traduction intégrale en "poche", ont été immenses dans l'histoire de l'Occident.