A l'heure du 20e congrès du Parti communiste chinois et alors que les tensions internationales liées à la confrontation de puissance avec les Etats-Unis, le n°55 de ContreTemps consacre son dossier à la Chine. Chine La Chine, un nouvel impérialisme ?? (Pierre Rousset)? ; mieux connaître la Chine, son histoire, ses forces et contradictions (Jean-Paul Bruckert)? ; quelle réflexion marxiste à propos du "? socialisme réel ? " ?? (Tran Hai Hac). Ecologie : Dans ce même numéro des articles d'actualité. Côté écologie, retour sur les feux de l'été. Iran : Pour ce qui est de l'international, Farhad Khosrokhavar propose une étude documentée du mouvement des femmes en Iran. Behrooz Farahany interroge ? : Iran, révolte ou révolution ?? Ukraine, Pologne : L'Ukraine et de la Pologne à l'heure de l'agression de Poutine. Idées : Un entretien avec Stéphanie Roza sur la gauche et les Lumières. Arts : un article très documenté de Gilles Bounoure sur le peintre Edvard Munch, auquel est consacrée actuellement une grande exposition à Paris.
En ce début d'année 2017, les sujets d'inquiétude sont légion. Ce numéro, sans les ignorer ni céder à un goût excessif du paradoxe, propose de porter l'attention sur ce que l'actualité recèle de positif. Certes, la domination du néolibéralisme se traduit par un champ culturel saturé d'idées conservatrices, sinon réactionnaires, voire fascisantes... Ce constat ne doit pas interdire de s'intéresser à la vitalité d'une pensée critique qui dynamise les divers domaines de la connaissance. Certes, la loi dite Travail a été imposée de manière autoritaire, ouvrant la voie à une régression sociale majeure. Mais les leçons du soulèvement inédit de ce printemps, doivent être étudiées et débattues, elles annoncent un autre avenir possible. Baudelaire, Kandinsky, les surréalistes égyptiens viennent couronner ce numéro. Sous le signe prometteur de l'art et de la liberté.
Ceci n'est pas une démocratie ! La démocratie, tout le monde s'en revendique, constate qu'elle est en crise et propose ses remèdes. Limiter le cumul des mandats, déployer le potentiel citoyen des primaires désignant les candidats à la présidentielle, inventer des formes de démocratie participative... Que vaut tout cela à côté de l'usage à répétition de l'article 49.3, du traitement infligé à la Grèce, du despotisme des banques et des multinationales décidant du présent des peuples et de l'avenir de l'humanité ? En fait le capitalisme n'a jamais aimé la démocratie et le néolibéralisme s'évertue à l'en débarrasser pour de bon. Et ce à tous les niveaux, de l'entreprise aux plans national, européen et mondial. Tel est le secret du problème. Pour relever le défi gardons-nous de cultiver les idées simples et ne cédons pas aux séductions d'un certain populisme réputé de gauche. Ce à quoi l'expérience de Podemos doit grandement nous aider. Inventer la démocratie reste sans doute une tentative de l'impossible. Ce pourquoi Magritte a toute sa place dans ce numéro dont le dossier est consacré à la crise démocratique.
Bien commun ou marchandise ? Le médicament est au coeur de l'affrontement avec les multinationales Pour ces " maîtres du monde ", les mots n'ont pas le même sens que pour nous : s'ils s'intéressent à la santé des humains, c'est pour la leur faire payer le plus cher possible ! Pour eux, la santé n'est pas une cause, mais une affaire, le médicament non un bien commun, mais une marchandise... En 2016, le chiffre d'affaires de l'industrie pharmaceutique mondiale s'est élevé à environ 1 000 milliards d'euros, dont près de 40 % ont été réalisés par 10 firmes de dimensions mondiales. Donner leur vrai sens aux mots, imposer le droit à la santé pour toutes et tous, et partout, nécessite de s'attaquer aux mécanismes capitalistes du Big Pharma, aux intérêts de ceux qui les meuvent à leur profit. Dans cette bataille le médicament occupe en effet une place déterminante. Et pour changer son statut et son usage, en faire un bien commun, la question du brevet s'avère être une clé. La santé est donc un champ de bataille et les professionnels de la santé en colère contre la situation faite à l'hôpital public en est une des illustrations.
Après les attentats anti-Kurdes de Paris, un article de synthèse sur la " question kurde " (de Gilles Lemée) , ce peuple sans Etat dispersé dans quatre pays du Moyen-Orient (Turquie, Syrie, Iran, Irak), et qui est en première ligne des multiples conflits de la région. Un article de Behrooz Farahany consacré à l'Iran : au bout de cinq mois de soulèvement et de répression, où va le mouvement Femme Vie Liberté ? A propos de la guerre en Ukraine, une rencontre avec l'artiste révolutionnaire Katya Gritseva, et une réflexion magistrale du philosophe Volodymyr Yermolenko montrant en quoi les concepts universels de la pensée politique prennent des caractéristiques spécifiques liées à la réalité ukrainienne sans diminuer en rien leur portée. Concernant la situation française un échange entre deux professeurs de droit constitutionnel, Paul Alliès et Dominique Rousseau, sur les enjeux d'une situation qui voit le président de la 5e République privé de majorité absolue au Parlement. Et, avec le professeur d'économie Pierre Salama, une analyse de ce que signifie le retour de l'inflation, et quels bouleversements vont en résulter. Dans ce même numéro un hommage à Bruno Latour. Pour la culture et les arts, une nouvelle inédite de Judith Mahoney Pasternak, L'héritage mis à nu, et une étude sur le peintre Nicolas Poussin.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
Concluant sa somme sur le premier âge du capitalisme, Alain Bihr explore dans les deux volumes du troisième tome la constitution d'un premier monde capitaliste. Sont ainsi examinées en premier lieu les différentes formations d'Europe occidentale qui ont été, tour à tour, motrices de l'expansion outre-mer. Les avantages respectifs dont ces formations en ont tiré parti renvoient à leurs relations conflictuelles et aux rapports de force entre les ordres et classes qui les constituent. La Grande-Bretagne, s'appuyant sur les Provinces-Unies et les acquis de sa révolution bourgeoise, finit par en sortir victorieuse, au détriment de la France. Sont ensuite mis en relief le statut semi-périphérique et la forte hétérogénéité des formations d'Europe baltique, centrale, orientale et méditerranéenne. Toutefois, certaines d'entre elles (la Savoie, la Prusse, la Russie) pourront réunir des conditions leur permettant, par la suite, de jouer dans la "cour des grands". L'ouvrage examine enfin les principales formations sociales marginales, affectées par l'expansion européenne mais encore capables d'y résister et de se développer selon leur logique propre. Ce qui explique à la fois pourquoi le capitalisme n'a pas pu naître dans la Chine des Ming et des Qing, en dépit d'atouts évidents, et pourquoi, en se fermant, le Japon féodal a au contraire préparé les conditions de son rapide rattrapage capitaliste à l'époque Meiji.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Résumé : Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.