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ContreTemps N° 32, janvier 2017 : Vie intellectuelle et politique
Sitel Francis
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849505380
En ce début d'année 2017, les sujets d'inquiétude sont légion. Ce numéro, sans les ignorer ni céder à un goût excessif du paradoxe, propose de porter l'attention sur ce que l'actualité recèle de positif. Certes, la domination du néolibéralisme se traduit par un champ culturel saturé d'idées conservatrices, sinon réactionnaires, voire fascisantes... Ce constat ne doit pas interdire de s'intéresser à la vitalité d'une pensée critique qui dynamise les divers domaines de la connaissance. Certes, la loi dite Travail a été imposée de manière autoritaire, ouvrant la voie à une régression sociale majeure. Mais les leçons du soulèvement inédit de ce printemps, doivent être étudiées et débattues, elles annoncent un autre avenir possible. Baudelaire, Kandinsky, les surréalistes égyptiens viennent couronner ce numéro. Sous le signe prometteur de l'art et de la liberté.
Bien des ruptures avec l'existant sont à mettre en débat. Ruptures par rapport à tous ces drames de la ville. Cette omniprésence d'une misère qu'on s'efforce de ne pas voir : celle des sans-logis, celle des migrants... Ces moyens de transport bondés où s'épuisent des salariés condamnés des heures durant à franchir les kilomètres séparant leur domicile de leur lieu de travail. Cette juxtaposition d'espaces socialement ségrégatifs, ces ghettos modernes, les uns pour classes reléguées, les autres comme domaines sécurisés réservés aux riches et ultra-riches. Comment une ville qui porte les marques de telles inégalités sociales pourrait-elle être en capacité de relever les défis qui menacent son devenir ? Défi écologique, pollutions et dérèglement climatique dégradant les conditions d'une vie humaine décente. Défi démocratique, puisque s'impose une dynamique de dépossession des citoyens au profit d'instances de plus en plus autonomisées : des municipalités vidées de leur substance dès lors que moyens financiers et pouvoir de décision sont dans la seule main de structures surplombantes, échappant grandement au suffrage universel. Ce qui aurait du sens, c'est de bâtir pour ces élections une vision partagée d'une ville française des années 2020, créatrice de lien social, accueillante pour tous les âges et toutes les populations, économiquement et socialement dynamique, adaptée à toutes les conséquences du changement climatique et contribuant à lutter contre celui-ci, protégeant la santé de ses habitants et notamment des plus fragiles, et proposant un habitat accessible à tous.
Bien commun ou marchandise ? Le médicament est au coeur de l'affrontement avec les multinationales Pour ces " maîtres du monde ", les mots n'ont pas le même sens que pour nous : s'ils s'intéressent à la santé des humains, c'est pour la leur faire payer le plus cher possible ! Pour eux, la santé n'est pas une cause, mais une affaire, le médicament non un bien commun, mais une marchandise... En 2016, le chiffre d'affaires de l'industrie pharmaceutique mondiale s'est élevé à environ 1 000 milliards d'euros, dont près de 40 % ont été réalisés par 10 firmes de dimensions mondiales. Donner leur vrai sens aux mots, imposer le droit à la santé pour toutes et tous, et partout, nécessite de s'attaquer aux mécanismes capitalistes du Big Pharma, aux intérêts de ceux qui les meuvent à leur profit. Dans cette bataille le médicament occupe en effet une place déterminante. Et pour changer son statut et son usage, en faire un bien commun, la question du brevet s'avère être une clé. La santé est donc un champ de bataille et les professionnels de la santé en colère contre la situation faite à l'hôpital public en est une des illustrations.
A l'heure du 20e congrès du Parti communiste chinois et alors que les tensions internationales liées à la confrontation de puissance avec les Etats-Unis, le n°55 de ContreTemps consacre son dossier à la Chine. Chine La Chine, un nouvel impérialisme ?? (Pierre Rousset)? ; mieux connaître la Chine, son histoire, ses forces et contradictions (Jean-Paul Bruckert)? ; quelle réflexion marxiste à propos du "? socialisme réel ? " ?? (Tran Hai Hac). Ecologie : Dans ce même numéro des articles d'actualité. Côté écologie, retour sur les feux de l'été. Iran : Pour ce qui est de l'international, Farhad Khosrokhavar propose une étude documentée du mouvement des femmes en Iran. Behrooz Farahany interroge ? : Iran, révolte ou révolution ?? Ukraine, Pologne : L'Ukraine et de la Pologne à l'heure de l'agression de Poutine. Idées : Un entretien avec Stéphanie Roza sur la gauche et les Lumières. Arts : un article très documenté de Gilles Bounoure sur le peintre Edvard Munch, auquel est consacrée actuellement une grande exposition à Paris.
On les désigne comme migrants. Parce que réfugiés, on serait censé reconnaître leurs droits. Parce qu'immigrés, il faudrait leur concéder ceux de décider où ils vont et de rassembler leur famille. Migrants, on s'autorise à les maintenir au-delà de frontières closes, à les confiner derrière des barbelés, à les enfermer dans des camps. Et à tolérer que beaucoup disparaissent... Migrants et migrantes, femmes, hommes et enfants, ils fuient guerre, tyrannie et misère. Et les voici qui placent l'Union européenne devant un défi qu'elle récuse : assumer les responsabilités qui sont les siennes, accueillir dignement réfugiés et migrants, mobiliser les moyens nécessaires pour leur offrir l'hospitalité. Pour ce déni, l'Union européenne se voit menacée de dislocation. Et de déshonneur. Dans ce numéro, une première série d'articles sur ce sujet décisif. Et la deuxième partie de notre dossier "Syndicalisme et Politique". Une étude sur les enseignements qui nous viennent du Portugal. Et pour conclure un entretien avec Nadia Benchallal, photoreporter, à propos d'un "océan d'images"...
Le Mexique de l'épopée révolutionnaire des compagnons d'Emiliano Zapata et de Pancho Villa, le Mexique des paysans en armes en quête de justice, de terre et de liberté, le Mexique mythique sont conviés dans ce formidable livre d'histoire qui donne âme, chair et sang à ceux qui ont donné sa turbulence, sa dynamique, ses rêves et sa substance à cette révolution, cette guerre paysanne pour la terre et le pouvoir. Pendant dix ans (1910-1920), les révolutionnaires Emiliano Zapata, Pancho Villa et des milliers de chefs régionaux se battent tout à la fois contre un régime militaire corrompu et une bourgeoisie libérale qui tente de prendre le pouvoir. Zapata et Villa sont restés dans la mémoire des humbles du Mexique comme des figures que l'on invoque à chaque fois que l'on proteste contre les possédants et contre les gouvernants. C'est ainsi que les Indiens du Chiapas, éternels oubliés d'une "modernité" barbare qui ravage périodiquement le pays, ont brandi à leur tour la bannière du zapatisme. Adolfo Gilly nous invite à comprendre le Mexique d'aujourd'hui et les aspirations de son peuple à travers l'épopée et la réalité d'une révolution dont le souvenir et les idéaux hantent et enchantent encore ce pays. Voici la seconde édition en français de ce livre qui n'a cessé, depuis sa parution au Mexique en 1971, d'être réédité aussi bien en espagnol qu'en anglais.
Si bell hooks est connue pour son engagement féministe, l'articulation de cet engagement avec les pratiques dans le domaine de l'éducation et de la pédagogie a été peu débattue en Europe. Ce livre est un recueil d'essais sur la pédagogie de l'émancipation qui aborde non seulement l'importance du féminisme dans les salles de classe mais aussi l'articulation de la théorie et de la pratique dans la lutte féministe afro-américaine. hooks y parle de solidarité et d'économie politique, et de la façon dont la pédagogie des opprimés à laquelle elle a été formée par Paulo Freire peut s'appliquer à l'émancipation des Afro-américaines. Des cas particuliers y sont décrits pour souligner l'importance de l'enseignant·e dans la pratique de la liberté. La traduction de cet ouvrage présente un intérêt bien au-delà du monde universitaire francophone. bell hooks est une enseignante-chercheuse mais son travail trouve une résonance tant dans la théorie que dans les pratiques politiques. Ainsi, Apprendre à transgresser parlera aux lecteurs·rices intéressées par le féminisme, par les pratiques éducatives et par les stratégies antiracistes. C'est d'ailleurs ce qui la distingue de beaucoup d'ouvrages féministes publiés en français : le déploiement de la théorie en pratique de l'enseignement et la transformation de la salle de classe en lieu d'émancipation Les pratiques éducatives françaises et la singularité des élèves dans le contexte scolaire ont été débattues en France ces deux dernières années, et ce livre apporte un regard différent en décrivant des stratégies d'enseignement dans un monde multiculturel. Par ailleurs, l'intérêt du public pour l'intersectionnalité et le féminisme antiraciste s'est développé en France. Le modèle universaliste français étant réinterrogé et la question de l'identité plus que jamais d'actualité, l'ouvrage constitue une contribution importante au débat, que ce soit dans le champ disciplinaire des sciences humaines et politiques et dans le milieu associatif féministe, LGBT et antiraciste.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.