Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
ContreTemps N° 29, Avril 2016 : Le défi "migrants"
Sitel Francis
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849504970
On les désigne comme migrants. Parce que réfugiés, on serait censé reconnaître leurs droits. Parce qu'immigrés, il faudrait leur concéder ceux de décider où ils vont et de rassembler leur famille. Migrants, on s'autorise à les maintenir au-delà de frontières closes, à les confiner derrière des barbelés, à les enfermer dans des camps. Et à tolérer que beaucoup disparaissent... Migrants et migrantes, femmes, hommes et enfants, ils fuient guerre, tyrannie et misère. Et les voici qui placent l'Union européenne devant un défi qu'elle récuse : assumer les responsabilités qui sont les siennes, accueillir dignement réfugiés et migrants, mobiliser les moyens nécessaires pour leur offrir l'hospitalité. Pour ce déni, l'Union européenne se voit menacée de dislocation. Et de déshonneur. Dans ce numéro, une première série d'articles sur ce sujet décisif. Et la deuxième partie de notre dossier "Syndicalisme et Politique". Une étude sur les enseignements qui nous viennent du Portugal. Et pour conclure un entretien avec Nadia Benchallal, photoreporter, à propos d'un "océan d'images"...
Ceci n'est pas une démocratie ! La démocratie, tout le monde s'en revendique, constate qu'elle est en crise et propose ses remèdes. Limiter le cumul des mandats, déployer le potentiel citoyen des primaires désignant les candidats à la présidentielle, inventer des formes de démocratie participative... Que vaut tout cela à côté de l'usage à répétition de l'article 49.3, du traitement infligé à la Grèce, du despotisme des banques et des multinationales décidant du présent des peuples et de l'avenir de l'humanité ? En fait le capitalisme n'a jamais aimé la démocratie et le néolibéralisme s'évertue à l'en débarrasser pour de bon. Et ce à tous les niveaux, de l'entreprise aux plans national, européen et mondial. Tel est le secret du problème. Pour relever le défi gardons-nous de cultiver les idées simples et ne cédons pas aux séductions d'un certain populisme réputé de gauche. Ce à quoi l'expérience de Podemos doit grandement nous aider. Inventer la démocratie reste sans doute une tentative de l'impossible. Ce pourquoi Magritte a toute sa place dans ce numéro dont le dossier est consacré à la crise démocratique.
En ce deuxième semestre de l'année 2015 le train des réformes s'accélère... Réformes infligées au peuple grec en paiement de ses prétendues dettes. Réformes des collectivités territoriales, avec le reformatage de grandes régions et le processus de métropolisation. La grande réforme de nos modes de développement, appelée par la gravissime menace que le dérèglement climatique fait peser sur l'humanité, elle, attendra. On sait déjà qu'en décembre à Paris, la conférence mondiale sur le climat (COP 21) n'accouchera pas de réelles mesures. Inquiétante inversion des priorités et contresens quant à ce que doit être la politique ! Dans ce numéro sont abordés ces différents thèmes. Avec un fil intérieur : l'impérative nécessité d'une intervention populaire et démocratique pour que la politique aille dans le bon sens.
Le dossier de ce numéro a pour objet les nécessaires réflexions et débat à propos des bouleversements résultant du choc Covid. Nous avons subi l'épidémie, et aussi les erreurs et pénuries qu'elle a révélées. Contre la tentation de refermer les parenthèses et de tomber les masques, la volonté est de considérer que cet événement doit rester au centre de l'attention. Retour avec Denis Sieffert, éditorialiste de Politis, sur le suivi qu'il fit de ces folles semaines. Au coeur de la situation ? : la santé. Quelle santé voulons-nous ?? , on s'en entretient avec le professeur André Grimaldi (André Grimaldi est professeur émérite au CHU Pitié-Salpêtrière à Paris, auteur de Les Maladies chroniques. Vers la 3e médecine, Odile Jacob, 2017 ? ; L'Hôpital public malade de la rentabilité, Fayard, 2009). D'autres questions aussi. Les femmes furent en première ligne, Sabine Reynosa a mené pour la CGT une enquête à ce sujet (Sabine Reynosa est membre de la commission Femmes-Mixité de la CGT). Où en sont nos droits et libertés ?? Un entretien avec Evelyne Sire Marin (Evelyne Sire-Marin est magistrat, ex-présidente du Syndicat de la magistrature). Grâce à Gérard Pommier, psychanalyste et Gilet jaune, un autre regard sur notre société. A présent que la crise sanitaire a muté en une crise économique d'ampleur dramatique, la parole aux économistes ? : Michel Husson étudie un capitalisme sur le fil du rasoir, Jacques Rigaudiat s'efforce de prendre la mesure de la dette, Pierre Salama se penche sur ce qu'il en est en Amérique latine. Ce numéro n'oublie pas la culture et donne leur part à la musique et à la peinture.
Après les attentats anti-Kurdes de Paris, un article de synthèse sur la " question kurde " (de Gilles Lemée) , ce peuple sans Etat dispersé dans quatre pays du Moyen-Orient (Turquie, Syrie, Iran, Irak), et qui est en première ligne des multiples conflits de la région. Un article de Behrooz Farahany consacré à l'Iran : au bout de cinq mois de soulèvement et de répression, où va le mouvement Femme Vie Liberté ? A propos de la guerre en Ukraine, une rencontre avec l'artiste révolutionnaire Katya Gritseva, et une réflexion magistrale du philosophe Volodymyr Yermolenko montrant en quoi les concepts universels de la pensée politique prennent des caractéristiques spécifiques liées à la réalité ukrainienne sans diminuer en rien leur portée. Concernant la situation française un échange entre deux professeurs de droit constitutionnel, Paul Alliès et Dominique Rousseau, sur les enjeux d'une situation qui voit le président de la 5e République privé de majorité absolue au Parlement. Et, avec le professeur d'économie Pierre Salama, une analyse de ce que signifie le retour de l'inflation, et quels bouleversements vont en résulter. Dans ce même numéro un hommage à Bruno Latour. Pour la culture et les arts, une nouvelle inédite de Judith Mahoney Pasternak, L'héritage mis à nu, et une étude sur le peintre Nicolas Poussin.
Résumé : Pourquoi et comment un médiocre parlementaire d'extrême droite, nostalgique de la dictature militaire, ouvertement raciste, misogyne et homophobe a-t-il pu se hisser à la tête du plus grand pays d'Amérique latine ? L'arrivée de Bolsonaro à la présidence du Brésil n'est ni un événement fortuit, ni une parenthèse sans lendemain. Portée par une lame de fond, elle est à la fois le produit des circonstances et la conséquence d'un travail de conquête et de formatage de l'opinion par de nouvelles droites radicales et militantes. Dans un contexte marqué par une profonde crise économique, morale et institutionnelle, ces courants ont exploité les frustrations et les ressentiments de la société brésilienne, pour s'imposer aux affaires. Avec l'appui des vieilles oligarchies et des secteurs les plus conservateurs, ils entendent aujourd'hui solder l'héritage du "lulisme" et dicter leur agenda ultralibéral, rétrograde et autoritaire. Révision des droits sociaux, démantèlement des protections environnementales, privatisation des entreprises publiques, réalignement de la politique étrangère sur les Etats-Unis, croisade morale et sécuritaire..., le tournant engagé risque de réduire à néant les progrès démocratiques engrangés au terme de plusieurs décennies de luttes. Sonnée et divisée, la gauche s'est jusqu'à présent montrée impuissante à contrer la vague réactionnaire. Elle devra, coûte que coûte, retrouver son unité et proposer un nouveau projet mobilisateur pour éviter que le pays, champion toutes catégories des inégalités, ne s'enfonce dans l'abîme.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
La crise capitaliste mondiale qui a éclaté en 2007-2008 aux Etats-Unis et s'est propagée dans le monde entier, en particulier dans les économies occidentales développées, n'est pas seulement une crise des banques et du secteur financier. Pour l'auteur, c'est une profonde crise structurelle du capitalisme. En effet, selon lui, l'économie capitaliste est une organisation de rythmes économiques et toute crise capitaliste est une "arythmie" , c'est-à-dire une discordance de ces rythmes. Les trois circuits du capital industriel développés par Marx, le circuit du capital-argent, le circuit du capital productif et le circuit du capital-marchandise, renvoient respectivement aux rythmes de valorisation, d'accumulation et de réalisation de la valeur. La croissance capitaliste implique une compatibilité relative entre ces trois rythmes, tandis que les crises économiques sont dues à la divergence excessive de l'un de ces rythmes par rapport aux autres. Si la crise des années 1970 était due à un ralentissement du rythme de valorisation de la valeur (chute du taux de profit), la crise actuelle résulte d'une décélération du rythme de réalisation de la valeur. Bien que la cause de la crise ait été différente dans ces deux cas, le résultat en a été une "arythmie" systémique d'une telle ampleur qu'elle a presque immédiatement provoqué une grave récession et une diminution du taux de croissance du PIB pendant une période plus longue. Depuis les années 1980, le profit capitaliste augmente à un rythme supérieur à celui de l'investissement productif ou de l'accumulation. Une partie croissante du profit se transforme en capital-argent qui, par le crédit et les produits financiers dérivés, est dirigée vers la consommation. Ici, les schémas de reproduction du capital développés par Marx sont reformulés pour montrer l'importance croissante de la dette privée dans les processus de production, d'accumulation et de réalisation de la valeur. Ce sont ces schémas de reproduction néolibéraux qui sont entrés en crise en 2007-2008. Les politiques économiques ont empêché l'effondrement du système financier et sauvé l'euro, mais elles n'ont pas conduit à la sortie de la crise économique, ni de la régression sociale qu'elle a engendrée. Stavros Tombazos nous propose ici une analyse concentrée des ressorts de la crise du système capitaliste. L'ouvrage publié en anglais a été actualisé par l'auteur pour cette version en français, notamment dans sa partie statistique.