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ContreTemps N° 46 : Le choc Covid : alertes pour l'avenir...
Sitel Francis
SYLLEPSE
13,00 €
Épuisé
EAN :9782849508817
Le dossier de ce numéro a pour objet les nécessaires réflexions et débat à propos des bouleversements résultant du choc Covid. Nous avons subi l'épidémie, et aussi les erreurs et pénuries qu'elle a révélées. Contre la tentation de refermer les parenthèses et de tomber les masques, la volonté est de considérer que cet événement doit rester au centre de l'attention. Retour avec Denis Sieffert, éditorialiste de Politis, sur le suivi qu'il fit de ces folles semaines. Au coeur de la situation ? : la santé. Quelle santé voulons-nous ?? , on s'en entretient avec le professeur André Grimaldi (André Grimaldi est professeur émérite au CHU Pitié-Salpêtrière à Paris, auteur de Les Maladies chroniques. Vers la 3e médecine, Odile Jacob, 2017 ? ; L'Hôpital public malade de la rentabilité, Fayard, 2009). D'autres questions aussi. Les femmes furent en première ligne, Sabine Reynosa a mené pour la CGT une enquête à ce sujet (Sabine Reynosa est membre de la commission Femmes-Mixité de la CGT). Où en sont nos droits et libertés ?? Un entretien avec Evelyne Sire Marin (Evelyne Sire-Marin est magistrat, ex-présidente du Syndicat de la magistrature). Grâce à Gérard Pommier, psychanalyste et Gilet jaune, un autre regard sur notre société. A présent que la crise sanitaire a muté en une crise économique d'ampleur dramatique, la parole aux économistes ? : Michel Husson étudie un capitalisme sur le fil du rasoir, Jacques Rigaudiat s'efforce de prendre la mesure de la dette, Pierre Salama se penche sur ce qu'il en est en Amérique latine. Ce numéro n'oublie pas la culture et donne leur part à la musique et à la peinture.
En ce début d'année 2017, les sujets d'inquiétude sont légion. Ce numéro, sans les ignorer ni céder à un goût excessif du paradoxe, propose de porter l'attention sur ce que l'actualité recèle de positif. Certes, la domination du néolibéralisme se traduit par un champ culturel saturé d'idées conservatrices, sinon réactionnaires, voire fascisantes... Ce constat ne doit pas interdire de s'intéresser à la vitalité d'une pensée critique qui dynamise les divers domaines de la connaissance. Certes, la loi dite Travail a été imposée de manière autoritaire, ouvrant la voie à une régression sociale majeure. Mais les leçons du soulèvement inédit de ce printemps, doivent être étudiées et débattues, elles annoncent un autre avenir possible. Baudelaire, Kandinsky, les surréalistes égyptiens viennent couronner ce numéro. Sous le signe prometteur de l'art et de la liberté.
Le succès du roman d'Hervé Le Tellier n'est pas étranger à son titre : anomalie, le mot entre en résonance avec l'époque. Il pourrait être le fil d'Ariane de ce numéro qui marie une grande diversité de thèmes. D'abord un retour sur la situation politique française à l'heure des élections régionales. Puis le Rwanda, plus précisément le rôle de la France lors du génocide des Tutsis, qui a fait retour dans l'actualité. On lira un entretien avec Etienne Nsanzimana, président de l'association Ibuka France. Des articles à propos de la situation de l'Algérie, du Nicaragua. Et aussi du Royaume-Uni post-Brexit. Une substantielle partie "Idées" . Avec un entretien avec Natacha Chetcuti-Osorovitz, sociologue qui a mené une étude de long cours auprès des femmes emprisonnées. Une réflexion de Philippe Pignarre au sujet des défis de l'anthropocène au regard du marxisme. Enfin, plusieurs comptes rendus de livres, et deux rubriques "Culture" en écho à des expositions que l'on peut visiter actuellement, l'une consacrée à Botticelli, l'autre à Napoléon Bonaparte, le mythe du jour...
Bien des ruptures avec l'existant sont à mettre en débat. Ruptures par rapport à tous ces drames de la ville. Cette omniprésence d'une misère qu'on s'efforce de ne pas voir : celle des sans-logis, celle des migrants... Ces moyens de transport bondés où s'épuisent des salariés condamnés des heures durant à franchir les kilomètres séparant leur domicile de leur lieu de travail. Cette juxtaposition d'espaces socialement ségrégatifs, ces ghettos modernes, les uns pour classes reléguées, les autres comme domaines sécurisés réservés aux riches et ultra-riches. Comment une ville qui porte les marques de telles inégalités sociales pourrait-elle être en capacité de relever les défis qui menacent son devenir ? Défi écologique, pollutions et dérèglement climatique dégradant les conditions d'une vie humaine décente. Défi démocratique, puisque s'impose une dynamique de dépossession des citoyens au profit d'instances de plus en plus autonomisées : des municipalités vidées de leur substance dès lors que moyens financiers et pouvoir de décision sont dans la seule main de structures surplombantes, échappant grandement au suffrage universel. Ce qui aurait du sens, c'est de bâtir pour ces élections une vision partagée d'une ville française des années 2020, créatrice de lien social, accueillante pour tous les âges et toutes les populations, économiquement et socialement dynamique, adaptée à toutes les conséquences du changement climatique et contribuant à lutter contre celui-ci, protégeant la santé de ses habitants et notamment des plus fragiles, et proposant un habitat accessible à tous.
Après les attentats anti-Kurdes de Paris, un article de synthèse sur la " question kurde " (de Gilles Lemée) , ce peuple sans Etat dispersé dans quatre pays du Moyen-Orient (Turquie, Syrie, Iran, Irak), et qui est en première ligne des multiples conflits de la région. Un article de Behrooz Farahany consacré à l'Iran : au bout de cinq mois de soulèvement et de répression, où va le mouvement Femme Vie Liberté ? A propos de la guerre en Ukraine, une rencontre avec l'artiste révolutionnaire Katya Gritseva, et une réflexion magistrale du philosophe Volodymyr Yermolenko montrant en quoi les concepts universels de la pensée politique prennent des caractéristiques spécifiques liées à la réalité ukrainienne sans diminuer en rien leur portée. Concernant la situation française un échange entre deux professeurs de droit constitutionnel, Paul Alliès et Dominique Rousseau, sur les enjeux d'une situation qui voit le président de la 5e République privé de majorité absolue au Parlement. Et, avec le professeur d'économie Pierre Salama, une analyse de ce que signifie le retour de l'inflation, et quels bouleversements vont en résulter. Dans ce même numéro un hommage à Bruno Latour. Pour la culture et les arts, une nouvelle inédite de Judith Mahoney Pasternak, L'héritage mis à nu, et une étude sur le peintre Nicolas Poussin.
Concluant sa somme sur le premier âge du capitalisme, Alain Bihr explore dans les deux volumes du troisième tome la constitution d'un premier monde capitaliste. Sont ainsi examinées en premier lieu les différentes formations d'Europe occidentale qui ont été, tour à tour, motrices de l'expansion outre-mer. Les avantages respectifs dont ces formations en ont tiré parti renvoient à leurs relations conflictuelles et aux rapports de force entre les ordres et classes qui les constituent. La Grande-Bretagne, s'appuyant sur les Provinces-Unies et les acquis de sa révolution bourgeoise, finit par en sortir victorieuse, au détriment de la France. Sont ensuite mis en relief le statut semi-périphérique et la forte hétérogénéité des formations d'Europe baltique, centrale, orientale et méditerranéenne. Toutefois, certaines d'entre elles (la Savoie, la Prusse, la Russie) pourront réunir des conditions leur permettant, par la suite, de jouer dans la "cour des grands". L'ouvrage examine enfin les principales formations sociales marginales, affectées par l'expansion européenne mais encore capables d'y résister et de se développer selon leur logique propre. Ce qui explique à la fois pourquoi le capitalisme n'a pas pu naître dans la Chine des Ming et des Qing, en dépit d'atouts évidents, et pourquoi, en se fermant, le Japon féodal a au contraire préparé les conditions de son rapide rattrapage capitaliste à l'époque Meiji.
Du mur que le président Donald Trump entend ériger à la frontière avec le Mexique au mur de séparation édifié par Israël dans le cadre de son projet colonial en passant par Frontex et les multiples murs de l'Europe forteresse, tout indique que nous assistons à ce que l'auteur appelle le "nouveau cloisonnement du monde". Ces "murs" érigés le long des frontières internationales représentent aujourd'hui plus de 10% du linéaire mondial de frontières. Ces murs sont la partie émergée de systèmes de surveillance et de contrôle plus vastes. On trouve aujourd'hui ces dispositifs sur tous les continents. S'ils sont généralement justifiés par la lutte contre les trafics et le terrorisme, la plupart sont en fait des barrières anti-migrants et ont pour objectif de limiter ou contraindre la mobilité des êtres humains. Les frontières contemporaines tendent ainsi à devenir de nouveaux "rideaux de fer" : des "frontières de fer". Comment, à la vision "ouverte" et positive des frontières, qui culmina avec la chute du mur de Berlin, le 9 novembre 1989, a succédé une ère de soupçon, de peur et de violences symbolisée par la multiplication de ces "murs" ? Au bout du compte, c'est la question du rôle et de l'impact de ces installations qui sera au coeur de cet ouvrage. Des expérimentations de l'époque coloniale à la création néolibérale d'un vaste marché de la sécurité, l'auteur souligne l'augmentation des décès liée au contournement de ces dispositifs, le coût en vies humaines de ce monde muré. Les nombreuses cartes qui enrichissent cet ouvrage en font un véritable guide pour comprendre cette nouvelle segmentation de la planète.
En 2010, Lula quittait la présidence du Brésil avec 80% d'approbation et des indicateurs économiques au beau fixe. Moins d'une décennie plus tard, Dilma Rousseff qui lui a succédé est destituée par un coup d'Etat parlementaire et Lula est emprisonné à la suite d'un procès politique. Pire, l'élection présidentielle de 2018 a livré le pays à un militaire d'extrême droite. Que s'est-il donc passé? ? fabio luis barbosa dos santos tente d'y répondre en brossant le portrait des mandats du Parti des travailleurs à la tête du pays. Il montre la dérive d'un parti qui fut le centre de gravité des luttes sociales au début des années 1980 pour finir par devenir le "bras gauche" de l'ordre en vigueur au cours des années 2000. Essai sur l'histoire récente du Brésil, ce livre revient aussi sur l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro et scrute le chapitre brésilien du glissement mondial vers un néolibéralisme toujours plus violent, autoritaire et inégalitaire.
L'année 2015 marquera l'histoire de la Grèce, de l'Europe et de la gauche. Ce livre constitue un guide pour les lecteurs et les lectrices qui ne se contentent pas de la narration dominante présentée par les grands médias et les créanciers, qui ne se satisfont pas non plus de la version donnée par Yanis Varoufakis, l'ex-ministre des finances du premier gouvernement Syriza, dans son livre Conversations entre adultes et adapté au cinéma par Costa-Gavras. Il est essentiel de prendre le temps d'analyser la politique mise en oeuvre par Yanis Varoufakis et le gouvernement d'Alexis Tsipras car, pour la première fois au 21e siècle, un parti de gauche radicale a été élu en Europe pour former un gouvernement. Comprendre les échecs et tirer les leçons de la manière dont ce gouvernement a affronté les problèmes qu'il a rencontrés sont de la plus haute importance si on veut éviter un nouveau fiasco. Eric Toussaint, qui a coordonné les travaux de la Commission d'audit de la dette mise en place par la présidente du Parlement grec en 2015, a vécu de près les évènements qui ont secoué l'Europe cette année-là, il en maîtrise les tenants et les aboutissants. Comme l'écrit l'historien britannique Adam Tooze, auteur de Crashed : " Que l'on sympathise ou non avec l'orientation qui y est défendue, le livre de Toussaint permet à tout un chacun d'approfondir la compréhension de la scène politique grecque dans laquelle Varoufakis et Tsipras ont opéré. " Un objectif majeur du livre est de montrer qu'à chaque étape cruciale du chemin de croix qui va de février à juillet 2015, il y avait la possibilité d'opter pour une alternative. Les mesures qu'il aurait fallu mettre en pratique et les initiatives qu'il était possible de prendre sont bien identifiées et clairement argumentées. Elles dépassent le cadre national et alimentent la réflexion stratégique sur les batailles politiques pour l'émancipation sociale. L'auteur démontre de manière convaincante qu'une victoire était possible et que ce qui s'est passé n'était pas inéluctable.