Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
Musique et utopies
Sève Bernard
CITE MUSIQUE
19,00 €
Épuisé
EAN :9782914147514
Né de limagination de Thomas More, le terme « utopie » déploie son ambiguïté: lieu de nulle part, lieu daucun temps ou lieu de félicité. Ainsi, tous ont pu se placer sous légide de cette pluralité de sens, qui englobait loubli de tous critères et valeurs, le fantasme de la ""terra incognita"" ainsi que le rêve dune société idéale. La musique ne pouvait échapper à la fascination de lutopie. Au demeurant, ne serait-elle pas depuis son origine une utopie suprême? En dépit des attaches techniques, matérielles et sociales nécessaires à son interprétation, elle nest située nulle part. En cela, elle réalise la première condition de lutopie: être hors du monde réel. Car lutopie dessine des mondes improbables, et la force de la musique est de nous y emmener. Le sommaire - La musique, une utopie pacifique (Bernard Sève: professeur en esthétique et philosophie de lart, université Lille 3) - Mais ici finit lutopie. Sur le Prometeo de Luigi Nono (Laurent Feneyrou: musicologue, CNRS) - Idéaux et utopies des Lumières: cinq héros ramistes (Raphaëlle Legrand: professeure de musicologie, université Paris IV) - Romantisme, musique et utopie (Emmanuel Reibel: maître de conférences, université Paris-Ouest Nanterre) - La musique inconnue (Jean-Michel Maulpoix: enseignant, poète) - Lutopie: un malentendu historique (Michèle Riot-Sarcey: professeur dhistoire contemporaine, université Paris VIII) - La quête des Indes. Rêver les Indes (Alexandre Astier: enseignant, spécialiste de lhistoire de lInde et de lhindouisme) - Edgard Varèse, Américain dadoption (Alain Poirier: musicologue) - Bob Marley, un héros malgré lui (Élodie Maillot: journaliste) - Lartiste saint-simonien et la bataille pour lautonomie esthétique (Nicolas Dufetel: chercheur associé à la BnF) - Lart total ou lutopie dun art démiurge (Pascale Saint-André: musicologue) - Schoenberg et luphonie (Martin Kaltenecker: musicologue) - La musique du futur sécoute au présent (Bastien Gallet: philosophe, éditeur).
Bernard Sève est professeur d?esthétique et de philosophie de l?art à l?université Lille III. Il est notamment l?auteur de La Question philosophique de l?existence de Dieu (PUF, 2000), De haut en bas. Philosophie des listes (Seuil, 2010) et L?Instrument de musique. Une étude philosophique (Seuil, 2013).
L'étudiant en philosophie mais aussi l'honnête homme, attiré par un titre prometteur et imposant, n'ira pas chercher dans La Question philosophique de l'existence de Dieu la réponse à la question "Dieu existe-t-il ?". Ce livre de professeur leur permettra plus précisément de comprendre la manière dont la philosophie pose et pense résoudre ce problème. Comme le rappelle l'auteur dans son introduction, ce problème en commande logiquement plusieurs autres : "Que signifie exister dans le cas de Dieu ? Quelles conséquences pratiques l'existence de Dieu entraîne-t-elle pour l'existence humaine ? Si Dieu existe, d'où vient le mal ?" L'intérêt essentiel de l'ouvrage réside dans le traitement strictement philosophique de la question. L'étude engagée s'affranchit résolument de toute approche théologique. Elle ne suppose pas une foi préalable qu'il s'agirait d'élucider. Cependant, il ne faut pas s'imaginer qu'il n'y a rien à penser à propos de Dieu pour celui qui n'a pas la foi. Si les hommes accordent du prix à la question de l'existence de Dieu, c'est parce qu'ils considèrent que la vie ne sera pas tout à fait la même selon la réponse qu'ils y apporteront. Oeuvre d'un pédagogue passé maître dans l'art de poser clairement des questions complexes, cette étude savante reste accessible à un assez large public. --Paul Klein
La musique est un art peu considéré par la philosophie et l?esthétique, spontanément poéticistes et picturalistes. L?expérience musicale est pourtant, sous ses deux aspects (le jeu, l?écoute), susceptible d?une approche rigoureuse. Dans les deux cas, le corps est primordial : producteur de musiques, il est aussi soumis aux pouvoirs de la musique qui règle ses mouvements (danse) ou qui les dérègle (transe). La musique nous révèle quelque chose du corps et de la corporéité mais aussi quelque chose du temps. Le temps musical est un temps non narratif, extérieur ou antérieur à l?ordre humain du récit. On rassemble ici ces diverses puissances de la musique sous un concept, celui d?altération. L?altération musicale se déploie dans la construction et la vie des codes musicaux, dans l?interprétation et l?histoire des oeuvres, mais, d?abord, dans l?oeuvre elle-même, qui n?est pas objet mais processus : rythme, non-redondance, polyphonie, immanence et retour. Le philosophe a quelque chose à apprendre de la musique, s?il veut bien l?écouter.
Résumé : Rien de plus simple qu'une liste? Pourtant, que de paradoxes ! La liste est prosaïque, mais les poètes la font chanter ; la liste est mise en ordre, et elle incite à la dispersion ; la liste est indifféremment close et ouverte, statique et dynamique, finie et infinie, ordonnée et désordonnée, sans jamais cesser d'être liste. Qu'y a-t-il de commun entre la liste des conquêtes de Don Juan et une liste de termes scientifiques ou juridiques? La liste est rarement pensée pour elle-même, alors qu'elle est une pratique humaine fondamentale, de la liste de courses à la profération solennelle d'une liste de morts. Quelqu'un parle-t-il dans ou derrière la liste? Que signifie agir et penser "en liste "? Les listes ont-elles une valeur esthétique? Prouvent-elles quelque chose? Le présent ouvrage prend la liste au sérieux. Il en analyse le concept et les usages, chez les écrivains, les poètes, les philosophes, mais aussi dans les pratiques artistiques et les pratiques sociales. Chacun écrit des listes, en général avec plaisir, sans toujours savoir pourquoi. Les listes, dans leur diversité, peuvent être lues comme autant de symptômes du fonctionnement de l'esprit humain.
Résumé : Des élèves, une classe, un établissement. Programmes, auditions, concours, interrogations, hésitations... Moments privilégiés avec de regards, des éclats de rire partagés, une écoute et une estime réciproques, des projets communs, le plaisir d'être là. Ce texte est le point de vue d'un enseignant sur sa classe, sur sa place et celle des élèves, sur un moment rare : celui de la transmission d'un savoir. Au-delà du récit de son expérience, c'est aussi le fruit d'une recherche dont l'auteur trace les contours, donnant un début de réponse à des questions qui dépassent largement le seul cadre d'une classe de percussion, ouvrant ainsi des pistes aux enseignants désireux d'élargir leur propre domaine pédagogique.
Résumé : Après Chants tsiganes de Roumanie et Chants d'Italie, la collection "Traditions chantées" s'enrichit avec la publication de Chants wolofs du Sénégal. La première partie est consacrée à l'histoire du Sénégal (le temps des royaumes, la colonisation, l'avènement de l'islam, l'indépendance) et à la place des Wolofs dans l'organisation sociale du pays. Le griot, figure emblématique de cette société, a droit à un chapitre qui montre l'évolution de sa fonction en même temps que celle du Sénégal tout entier. La musique est omniprésente chez les Wolofs. Elle est fortement sexuée et liée aux rites sociaux : certains instruments sont ainsi spécifiques aux griots, aux femmes, aux hommes, aux enfants. La modernité n'est pas absente, et la musique adopte avec ingéniosité de nouveaux matériaux : par exemple, les femmes utilisent, en tant qu'instruments de percussion, les bassines en plastique destinées à la lessive. 9 chants-berceuse, comptine, chant de tatouage, d'invocation de la pluie, etc. sont proposés dans la seconde partie du livre. Là sont déclinées toutes les étapes pour faciliter l'apprentissage : paroles énoncées clairement, analyse, applications pédagogiques et, quelque-fois, travaux pratiques pour aller plus loin (fabrication d'un tambour, recherche de berceuses de différentes langues et de différentes musiques). Le CD présente plusieurs interprétations de chaque chant.
Afin de susciter un environnement propice à la réception et à l'appréciation des oeuvres, la Cité de la musique organise sa programmation autour de thématiques qui tentent de tenir compte des attentes des publics. Musique et nuit répond à un voeu : demander à des auteurs de prendre appui sur l'un des thèmes de la saison et d'écrire des textes originaux réunis ici. Pourtant, ces textes nous le démontrent, le sujet dépasse largement les contours abordés par notre programmation. D'une certaine manière, toute musique a peut-être un caractère nocturne. Dans un fragment d'Aurore intitulé "Nuit et musique", Nietzsche écrivait : "L'oreille, organe de la peur, n'a pu se développer aussi amplement qu'elle l'a fait que dans la nuit ou la pénombre des forêts et des cavernes obscures, selon le mode de vie de l'âge de la peur... D'où le caractère de la musique, art de la nuit et de la pénombre."