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ETAT, MOUVEMENT, PEUPLE. L'organisation triadique de l'unité politique
Schmitt Carl
KIME
16,30 €
Épuisé
EAN :9782841741045
Carl Schmitt (1888-1985) est surtout connu en France pour avoir produit deux nouveaux concepts du politique et de la théologie politique. Le concours qu'il apporta au régime nazi est moins souvent évoqué. On présente ici l'un des textes (inédit) majeurs par lesquels Carl Schmitt a congédié la Constitution de Weimar et a théorisé l'ordre nouveau national-socialiste. L'opposition de l'ami et de l'ennemie est éclairée ici par celle du camarade du peuple et de l'ennemi de la race. Carl Schmitt élabore une doctrine de l'ordre concret qui trouve dans le principe du Führer son centre de décision. Contrairement à Hegel qui pensait l'homme comme " personne universelle ", au centre de la juridiction de l'Etat moderne - un homme universel " parce qu'il est homme non parce qu'il est juif, catholique, protestant, allemand ou italien " -, Carl Schmitt fait de la réalité du peuple allemand la seule source de légitimité des lois. L'actualité de ce texte nous invite à penser les dangers et les ressources d'une conception de l'Etat qui prétend s'affranchir des normes morales universelles.
En 1930, Walter Benjamin écrivait à Carl Schmitt : "Grâce à vos méthodes de recherche en philosophie de l'Etat, j'ai trouvé dans La Dictature, une confirmation de mes méthodes de recherche en philosophie de l'art..." A l'origine, la dictature est une institution de la République romaine. Le dictateur reçoit une mission, il est commis par la République pour rétablir l'ordre républicain, dans un temps limité à six mois. La dictature "souveraine", spécifiquement moderne, telle la "Dictature du prolétariat", est quant à elle illimitée et vise à créer un nouvel ordre. Ainsi, quel qu'en soit le type, la dictature est par essence une institution destinée à faire face à l'état d'exception. Et si le libéralisme hésite devant cette "solution", si radicale, c'est justement parce qu'il ne veut pas entendre parler d'état d'exception, ni de souveraineté. Il postule en effet une constitution qui limite la puissance de l'Etat et est censée prévoir tous les cas. En cela, il est insuffisant - et c'est, entre autres, ce que permet de comprendre la synthèse historique magistrale proposée par Carl Schmitt.
En dépit de ses engagements politiques, dont sa réputation a porté le poids, Carl Schmitt apparaît aujourd'hui comme une des figures majeures de la pensée politique du xxe siècle, dont l'influence souterraine s'est exercée en profondeur, en particulier sur la réflexion constitutionnelle. Dans sa théorie, la théologie politique est une pièce essentielle pour l'interprétation de la nature du politique: "Presque tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l'Etat sont des concepts théologiques sécularisés." Le Dieu tout-puissant est devenu le législateur omnipotent; la "situation exceptionnelle" a finalement pour le droit la même signification que le miracle. De ce vaste transfert, le grand juriste et philosophe souligne les implications et les conséquences pour l'évolution des sociétés modernes. Sous ce titre sont réunis deux essais écrits à près de cinquante ans d'intervalle, 1922 et 1969. Le premier contient, entre autres, le chapitre sur la souveraineté, dont la première phrase - "Est souverain celui qui décide de la situation exceptionnelle" - est devenue célèbre. Le second est une réponse aux critiques de toute théologie politique inspirée du christianisme, critiques développées en 1935 par le théologien Erik Peterson et reçues depuis lors comme un dogme.
Résumé : Au moment où, en France, les traductions de Carl Schmitt se multiplient, la présente traduction dans la collection " Léviathan " de la Théorie de la Constitution (1928) peut être considérée comme un événement. Grâce à elle, le lecteur francophone aura enfin accès à ce chef-d'?uvre de la littérature constitutionnelle et politique de notre siècle et à l'un des rares ouvrages systématiques de cet auteur. Un grand universitaire - un juriste-savant comme l'on dit en Allemagne - au sommet de son art malgré son jeune âge (40 ans), entreprend de donner sa propre description des régimes politiques occidentaux saisis au miroir de la République de Weimar. Le juriste se sentira en terre d'élection lorsqu'il lira les développements sur les notions de Constitution, de pouvoir constituant - les plus abstraits - ou sur les techniques constitutionnelles libérales et démocratiques. Il pourra enfin découvrir avec Schmitt l'un des plus grands juristes-théoriciens de son temps. Toutefois, le public concerné par cet ouvrage déborde, et de loin, celui des juristes. Rassemblant son vaste savoir sur la philosophie politique, le droit et l'histoire constitutionnelle, Carl Schmitt a écrit ici un ouvrage inclassable qui s'adresse à tous ceux qui s'intéressent à l'Etat moderne. Dans Théorie de la Constitution, l'originalité et la profondeur de sa pensée s'allient avec bonheur à une érudition vivante et à une remarquable capacité de systématisation. Après avoir défendu la validité d'une notion politique de la Constitution et polémiqué avec son grand adversaire - le viennois Hans Kelsen, promoteur du normativisme - Schmitt entreprend d'analyser l'Etat de droit libéral-bourgeois en le décomposant en deux éléments antithétiques - libéraux (les droits de l'homme, la séparation des pouvoirs) et politiques (la représentation et l'identité). L'ouvrage s'achève sur une théorie de la Fédération d'une surprenante actualité au regard de la construction européenne. La visée polémique des propos juridiques de l'auteur ne fait guère de doute. Schmitt, en tant que théoricien " constitutionnel " de la raison d'Etat, subvertit la construction juridique libérale de l'Etat et de la constitution en proposant une théorie de l'Etat issue d'une lecture autoritaire d'Hegel. En mettant à jour les points obscurs et les limites de la démocratie libérale, son ouvrage peut paradoxalement conduire à une plus grande intelligence de ce régime. Plutôt que de lire son ?uvre de façon apologétique, il vaut mieux la recevoir comme un défi intellectuel d'envergure que n'hésiteront pas à relever, sans mépris ni anathème, tous ceux qui examinent les problèmes les plus épineux de la démocratie et du libéralisme. Penseur " dérangeant ", Schmitt appartient bien à la lignée de Machiavel et de Hobbes. Olivier Beaud
Schmitt Carl ; Deroche-Gurcel Lilyane ; Haggenmach
Carl Schmitt (1888-1985) fut professeur de droit public à Bonn, puis à Berlin sous la République de Weimar. Sa compromission avec le régime nazi le priva de sa chaire pendant la deuxième partie de sa vie, qu'il mena retiré à Plettenberg. Cet ouvrage, publié en 1950, a suscité et suscite toujours de vifs débats, car l'analyse des thèses exprimées concernant un ordre juridique international reste d'actualité.
Le philosophe Charles Appuhn s'est adonné à l'ingrate lecture de la "Bible du peuple allemand" , selon l'auréole de la propagande officielle de 1933 car Mein Kampf offre une vue sans égal non pas seulement sur Hitler, mais sur l'idéologie et les projets politiques de l'hitlérisme. La "destruction des Juifs d'Europe" (selon le titre que Raul Hilberg donna à la somme qu'il consacra à cette destruction) n'est pas seule à y être programmée mais de façon fanatiquement répétée, celle de l' "ennemi de toujours" , la France. Quant à l'Est et aux peuples Slaves, le sort que Hitler annonce constituer également une nécessité vitale pour l'Allemagne, revient à les anéantir aussi afin que la population allemande puisse s'approprier leurs territoires (Drang nach Osten). Il s'agit bien, là ou jamais, de ce que Alexandre Koyré a appelé dans ses Réflexions sur le mensonge une "conspiration en plein jour" . La traduction et la présentation des extraits les plus "significatifs" , selon les termes de Charles Appuhn permettent de disposer en France dès 1933 de cent soixante-dix pages lumineuses en lieu et place des quelque huit cents pages de l'allemand verbeux de Hitler. Aussi bien, il faut y insister, cet Hitler par lui-même est en France la première divulgation autorisée. Elle ne sera interdite qu'en 1943. Sans entrer dans le labyrinthe des avatars éditoriaux, l'originalité courageuse de l'éditeur Jacques Haumont apparaît d'autant mieux qu'en 1933 on disposait certes de nombreux articles en français consacrés au parti national-socialiste, à la montée du nazisme et à la politique allemande, en général tout en ignorant ce manifeste nazi qu'est Mein Kampf. Rappelons que le premier volume, dans lequel Hitler se livre à son autobiographie, fut publié à Munich en 1925, suivi en 1926 du second qui, cette fois, expose les idées et le programme hitlériens. Or, Hitler, en accord avec Eher Verlag, son éditeur, en interdit toute traduction française.
Le libéralisme n'est pas seulement une orientation de la pensée économique qui domine actuellement le paysage politique et intellectuel des pays anglo-saxons et d'Europe occidentale. C'est aussi, à l'origine, une revendication de liberté pour la personne, d'émancipation par rapport à un cadre moral hérité de temps anciens. Ces deux dimensions se croisent notamment dans l'oeuvre de John Stuart Mill dont LI Hongtu, professeur d'histoire à l'université Fudan (Shanghai) étudie l'oeuvre majeure, le traité De la liberté (1859). Correspondant d'Auguste Comte et disciple de Jeremy Bentham, John Stuart Mill est entré en dialogue avec les grands courants philosophiques de son temps, de l'utilitarisme au positivisme. Fervent défenseur de la liberté de l'individu confronté à la multiplicité des contraintes sociales, il a défié les préjugés de son temps en partageant la vie d'Harriet Taylor, militante du droit des femmes. La même logique l'a poussé à s'engager pour la liberté des lois du marché. Mais il était aussi employé de la Compagnie des Indes orientales, et même si on ne relève pas chez lui de traces de racisme, il s'accommodait très bien du colonialisme et du fait que des continents entiers, de l'Inde à la Chine, soient exclus des bienfaits du libéralisme dont il se faisait l'apôtre. Il était urgent que l'émergence du libéralisme soit aussi abordée dans la perspective d'une historiographie extra-européenne.
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.