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Flaubert ou l'oeuvre muse
Poyet Thierry ; Colotte Franck
KIME
26,00 €
Épuisé
EAN :9782380720044
Et si la commémoration du bicentenaire de la naissance de Flaubert exigeait un effort de prospective ? En effet, de quel texte majeur l'oeuvre de Flaubert, fondamentalement matricielle, sera-t-elle finalement l'oeuvre source ? La critique s'est beaucoup intéressée aux lectures du romancier et aux textes qui ont pu l'inspirer ; elle a longuement analysé les principes de sa poétique et la manière patiente dont elle s'est élaborée. Mais quid des influences multiples sur ses contemporains ? Elle a beaucoup moins observé comment les héritiers autoproclamés se sont emparés de l'esthétique flaubertienne pour construire leurs propres oeuvres et comment ces dernières font honneur ou pas à l'héritage reçu. C'est cet oubli que prétend réparer Flaubert ou l'oeuvre muse. L'étude offre en effet une exploration panoramique des oeuvres de littérature française qui, dans le mystérieux processus labyrinthique de la création artistique, en plus d'être prismatique, devenue multidimensionnelle, ont contribué jusqu'à ce jour à faire vivre une réelle flaubertolâtrie.
Anne-Laure est née à Bordeaux. Chambertin vit à Saint-Etienne. Elle est juge d'instruction, il a tué un homme. Sans ses amis ni sa famille, elle s'ennuie. Il s'isole, inaccessible, indifférent et bientôt misanthrope. De leurs routes qui se croisent, nait une impossible rencontre. Le méprise-t-elle ? La jeune femme issue de la belle bourgeoisie peut-elle comprendre un homme qui passe tous ses samedis avec les Gilets Jaunes ? Et lui, le petit prof raté, qu'entend-il à la vie des autres, celles de sa femme, de sa maîtresse ou de la jolie juge, quand il ne cesse plus de lire Camus sans trouver les bonnes réponses ? Deux parcours et deux trajectoires jusqu'au bureau-carrefour d'un Palais de Justice où se construisent et se détruisent les destins.
Résumé : A-t-on déjà tout écrit à propos des relations entre Flaubert et Maupassant ? On pourrait le croire puisque la critique a souvent noté les liens humains entre les deux écrivains. Néanmoins, on a trop peu relevé le dialogue permanent qui les a uni par le biais de leurs échanges épistolaires et de leurs ?uvres. Or, les conseils et les encouragements de l'aîné, la collaboration, plus tard, du cadet au service du maître de Croisset, les hommages réciproques ou encore l'admiration de l'un pour l'autre ont enraciné dans le terreau de la proximité intellectuelle - jusqu'à l'identique ? - une relation de qualité qui semble ne pas avoir eu d'équivalent. Par la confrontation des écrits de Flaubert et de Maupassant, se dessinent les contours mieux tracés de la délicate réponse à la question de l'héritage littéraire. Les deux écrivains, en effet, illustrent assez bien les problèmes de l'influence en littérature, du legs d'un patrimoine et des conditions de ce legs : comment transmettre un art poétique, des conceptions à la fois esthétiques et philosophiques, une vision de la chose littéraire ? Quel rôle pour le maître et comment devient-on un disciple ? Comment s'affranchir aussi, une fois tirés les meilleurs enseignements ? Voilà autant de sujets abordés par cette étude qui, sans prétendre à une systématisation, cherche à théoriser sur cette notion d'amitié littéraire grâce à l'observation empirique de ces deux monstres sacrés.
Devenu le genre privilégié des lecteurs, le roman offre à l'étude ses personnages appréhendés comme porteurs de " visions de l'homme et du monde ". Proposé pour la première fois à l'occasion de la session 2008 de l'épreuve anticipée de français au baccalauréat, le nouvel objet d'étude de la classe de Première invite à relire les grandes oeuvres du patrimoine selon une approche plus idéologique. Il représente une ambition complémentaire à l'étude du récit telle qu'elle est menée en classe de Seconde tout en préparant au cours de philosophie de Terminale. Cet ouvrage invite à mieux le prendre en compte. Par l'analyse de différentes oeuvres, les unes classiques, telles celles de Diderot, de Flaubert ou de Hugo, les autres contemporaines, telles celles de Philippe Besson ou Annie Ernaux, Thierry Poyet nous offre une réflexion pratique pour aider chacun, professeurs de lettres, élèves de lycée et étudiants, à mieux comprendre les objectifs qu'il convient de se fixer avant d'entamer aujourd'hui une lecture pertinente et instructive d'un roman.
Des amis de 40 ans, tels sont Flaubert et Hugo, deux monstres littéraires. Pour Flaubert, Hugo apparaît tout à la fois comme un frère aîné, un père, un rival amoureux ou encore l'ami le plus précieux. Leur rencontre au début des années 1840 se poursuit par une relation fougueuse. Le dialogue exceptionnel auquel Thierry POYET nous invite révèle le milieu littéraire dans ses grandeurs et ses petitesses, ses rêves et ses réalités.
La figure du voyageur-philosophe est volontiers associée aux récits de l'âge classique, qu'elle emprunte la forme de la fiction ou celle du témoignage autobiographique. Descartes fonde sa philosophie de la méthode sur l'expérience de l'errance et de l'exil ; jusqu'au XVIIIe siècle, le Voyage philosophique accompagne les grandes découvertes et l'ambition encyclopédique de recenser tous les territoires, les modes de gouvernement et les aires linguistiques. Les liens entre voyage et philosophie semblent ensuite se distendre, au fur et à mesure que s'autonomise la littérature et que se développent la promenade romantique et le voyage d'agrément. Mais peut-on réellement parler d'une fin, ou du moins d'une éclipse du voyage philosophique, et ce phénomène coïncide-t-il avec la fracture historique qui fait éclater le système des Belles-lettres où littérature, histoire et philosophie étaient encore unies ? Le présent ouvrage se propose d'interroger le devenir du voyage philosophique à partir du XIXe siècle et les formes de sa résurgence, à la fois du côté de la littérature et de la philosophie, dans un esprit de dialogue entre les disciplines. De Friedrich Nietzsche, qui élabore sa philosophie de l'esprit libre à partir de ses voyages, à Bruce Bégout, qui revisite la figure du philosophe-voyageur sous la forme du nomade motorisé, la pensée philosophique ne cesse d'être stimulée par l'errance ou d'orienter celle-ci. Y a-t-il lieu de distinguer une écriture philosophique et une écriture littéraire du voyage, et quelle est la place de l'expérience et du vécu, de la description ou de la conceptualisation, selon l'identité ou le champ de compétences que revendique le voyageur ? Voyager en philosophe renvoie aux multiples façons de décentrer l'écriture et la pensée, y compris pour proposer ce que Pierre Macherey appelle une "philosophie littéraire" : que fait la littérature de voyage à la philosophie, et inversement, que fait la philosophie à la littérature de voyage ?
Qui était vraiment Gustave Flaubert ? On le savait en proie à de grandes contradictions, mais qui aurait pu dire que cette critique permanente de la Bêtise, cette souffrance de l'écrivain à la tâche, cette obsession du style étaient le résultat de névroses, d'un rapport des forces psychiques entre revendications pulsionnelles et inhibitions ? Et si la "grande synthèse" poétique à laquelle il aspirait tant n'était que le regret ou le constat de l'absence d'un Moi unifié ? Patrick Mathieu, en étudiant la Correspondance et les oeuvres de Flaubert, nous fait découvrir un auteur en constant décalage avec lui-même, jouant double-jeu dans le théâtre de la vie, et dont la souffrance affichée, revendiquée, n'est pas qu'artistique : elle puise ses origines au fond de son être, dès son plus jeune âge, dans un dégoût permanent de la vie qu'il tentera difficilement de masquer avec sa "marotte" , la littérature. C'est que Flaubert porte en lui le faix de secrets, selon lui "indisables" , de nature sexuelle, et il a choisi de les révéler de façon cryptée par le biais de la médiation littéraire : pour ce faire, il portera publiquement une autre croix, celle de la Littérature, maîtresse exigeante, fondant ainsi malgré lui le nouveau mythe de l'écrivain dévoué au labeur du style et vivant en martyr la Passion de l'Art.
Violence, domination, inégalité, tyrannie et insurrections : la réflexion de Spinoza sur le droit et la politique ne se limite pas au pacte social, ni à la liberté de philosopher. Il ne s'agit pas seulement de dresser la liste des droits respectifs du souverain et des sujets, dans le sillage des théories du droit naturel. Déjà Althusser avait rapproché Spinoza de Marx et Alexandre Matheron avait montré le rôle essentiel des passions dans la Cité et ses transformations. Toute une génération de chercheurs s'est interrogée ensuite sur les notions par lesquelles se pense ce devenir : foule, peuple, nation, mais aussi multitude. C'est ce dernier terme surtout qui concentre le mieux une pensée de l'initiative historique des citoyens et de leur puissance collective. Il restait à en tirer les conséquences sur les rapports entre individu et multitude, sur les relations de la pensée spinoziste avec Machiavel, Grotius et Hobbes, sur l'attitude de Spinoza envers révolution et conservation, résistance, assimilation et intégration, citoyenneté, désobéissance et révolte. Autant de thèmes qui sont développés ici, à travers la lecture renouvelée de L'Ethique, du Traité théologico-politique, et du Traité politique. Le volume s'achève par un entretien avec Toni Negri, qui fut le premier, dans son livre L'Anomalie sauvage, à mettre en lumière l'importance et le rôle de ce concept. Il y fait le bilan de son propre itinéraire et des discussions qu'il a suscitées.
L'idéologie américaine repose sur un principe : chacun peut réussir dans ce pays s'il s'en donne la peine. Cette assertion a inspiré un concept : le rêve américain. Cependant, comme dans tout autre pays, seule une minorité connaît le succès. Si l'essentiel du cinéma américain fait l'apologie des Etats-Unis, il existe un faible pourcentage de cinéastes qui ont choisi, dès la naissance du parlant au moins, d'offrir une image beaucoup plus sombre de leur pays. Ainsi est né un personnage paradoxalement très américain, le loser, celui qui, pour avoir cru au rêve, paye le plus souvent sa conviction au prix de sa déchéance et même de sa vie. En réalité, le loser est le produit de trois données : l'histoire, qui repose sur un quasi-génocide et sur l'esclavage ; le calvinisme, qui fait de l'élection divine le moteur de toute existence ; le capitalisme qui privilégie absolument la réussite économique au détriment de la loi sociale. Avec plus ou moins de constance, tous les genres cinématographiques ont montré des personnages de losers, mettant ainsi en évidence une véritable sociologie des laissés-pour-compte. Ce faisant, le cinéma américain, montrant les tares d'une société productrice d'individus trahis par l'illusion à laquelle elle incite à croire, démontre à la fois que l'Amérique n'est pas l'Eden dans lequel les Pèlerins ont pensé pénétrer, et qu'elle est condamnée, comme le loser, à l'échec, parce qu'elle contient dans ses fondements les tares qui auront raison d'elle.