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Pulsion de mort. Destruction et créations
David-Ménard Monique ; Santos Beatriz
HERMANN
35,15 €
Épuisé
EAN :9791037022257
La notion de pulsion de mort est en discussion sur sa valeur conceptuelle et opératoire depuis sa formulation par Freud en 1920. Captation interne des forces de vie par une destruction immanente et subtile, est-ce le dernier mot de ce que Freud décrivait comme perspective dans l'Au-delà du principe de plaisir ? Comment lire au détour des pages de cet écrit les incessants retournements de l'analyste qui, tantôt ramène la plasticité pulsionnelle à un destin inexorable de retour à une fixité mortifère, tantôt affirme que seul le hasard des rencontres et des mélanges retarde la pente autodestructrice des pulsions ? Réunissant des psychanalystes cliniciens et des philosophes dont les travaux se réfèrent avec constance à la psychanalyse, Pulsion de Mort : destruction et créations est une réflexion sur les liens entre la pulsion de mort et la méthode psychanalytique et sur le passages de la clinique d'un sujet aux destins de la pulsion de mort dans nos sociétés.
Ce qui fait de chaque être humain un individu singulier, à nul autre pareil, c'est l'histoire de ses plaisirs et de ses souffrances. Par cette découverte, Freud ouvre un chemin qui est à la fois une révolution de l'existence et une aventure de la pensée. Le plaisir, parce qu'il tend vers l'excès, a toujours semblé échapper à toute approche rationnelle, et faire obstacle à tout projet de maîtrise de soi; n'est-il pas alors un danger pour la pensée et la conduite humaines? La nouveauté de la psychanalyse tient précisément à l'attention qu'elle porte au plaisir, en éclairant le paradoxe qui l'anime: le plaisir semble irrationnel et pourtant il est ce qu'il y a de plus signifiant en nous; le plaisir se soustrait à notre maîtrise et pourtant il nous constitue essentiellement. Ce qui est propre à l'être humain se décide dans une expérience qui lui échappe: il faut passer par un autre pour avoir accès à soi. C'est grâce à cette aliénation, et non pas malgré elle, que chaque singularité est déterminable. Et elle est déterminée par ce qui peut susciter son plaisir, et sa souffrance. C'est ce qui constitue la relation amoureuse, et ce que révèle le transfert en psychanalyse. L'identité humaine se joue, pour chacun, dans le destin de ses plaisirs. Freud inaugure notre modernité.
Résumé : Comment Pierre Fédida a-t-il su faire se croiser les disciplines aussi disparates que la psychanalyse, la philosophie, la biologie, l'art, le droit... pour construire des analyses sur les problèmes de notre temps ? Psychanalyste et professeur de psychopathologie à l'Université Paris VII - Denis Diderot, Pierre Fédida avait réussi à y créer un laboratoire de psychopathologie fondamentale et psychanalyse, première approche universitaire de la psychanalyse en France, et également un centre de recherches dénommé Centre d'études du vivant, qui proposait, pour la première fois encore dans une enceinte universitaire, des activités menées aussi bien par des professeurs de sciences humaines que par des professeurs de sciences dites dures. Cet ouvrage rassemble les travaux de ceux qui travaillèrent avec lui et poursuivent dans son sillage cette confrontation féconde des problématiques concernant le vivant.
Les choses, même inanimées, sont porteuses de rapports et de conflits sociaux. Qu'il s'agisse des objets de désirs ou des propriétés garanties par le droit des sociétés modernes, les objets cristallisent des enjeux dont nous oublions la teneur. Les individus ne forment pas un "corps social" par un rapport direct entre leurs affects et la société comme tout, représentée par un chef. Il y faut la médiation des choses. D'ailleurs la société est-elle un tout ? Les choses produites et les choses échangées, celles qu'on adore ou qu'on transmet, ont l'air de se taire mais elles contiennent, à tous les sens du terme, le réel des rapports sociaux. C'est ce qu'ont bien aperçu Hegel et Marx. Mais en proposant le modèle de rapports sociaux transparents, qui ne seraient pas rendus illusoires par le droit abstrait ou par le fétichisme de la marchandise, ils ne nous ont pas dit comment organiser politiquement l'opacité des choses.
Résumé : Gilles Deleuze et Félix Guattari ont connu une célébrité éclatante après la publication de leur ouvrage, L'Anti-?dipe. Capitalisme et schizophrénie I (1972). Ce livre marqua pourtant le début d'un long malentendu : les philosophes deleuziens considérèrent cette polémique avec la psychanalyse comme la fin de la relation des deux auteurs avec la pratique freudienne, dans l'abord de la folie comme dans la politique. En France, notamment, choqués par l'attaque virulente de la psychanalyse qui dénonçait sa collusion avec des forces réactionnaires, les psychanalystes cessèrent de lire Deleuze. En fait, Deleuze travaillait avec et contre Freud depuis longtemps... En 1967, déjà, sa Présentation de Sacher Masoch interrogeait avec génie la théorie et la pratique de la psychanalyse : le masochiste sait que l'important, dans le désir, ce n'est pas l'objet qui satisferait les pulsions mais le dispositif que le désir invente, et c'est par là que les agencements de concepts peuvent se former à la manière des agencements de désirs. La philosophie de l'immanence vaut donc aussi bien pour les machines que construisent nos existences que pour les problèmes que dessinent nos pensées. Ce qui suppose une continuité entre la psychanalyse et la philosophie. Il est temps que les psychanalystes lisent ou relisent Deleuze et que les philosophes se détournent moins de l'une des sources de son ?uvre. Ce livre les y invite.
Cénat Jude Mary ; Cyrulnik Boris ; Dérivois Daniel
Même si, avec plus de 200 000 morts et des dizaines de milliers de blessés, le séisme du 12 janvier 2010 a déjà suscité nombre de réflexions sur l'histoire et la population haïtiennes, on a rarement l'occasion de lire des témoignages aussi poignants ainsi qu'une fine analyse des traumatismes et de la résilience des survivants. Tout le monde s'en souvient : isolés, sans abri, sans nourriture, débordés par la dévastation et dans l'attente des secours, les insulaires ont vécu parmi les morts et avec les morts pendant de nombreuses semaines. Ces témoignages de survivants nous font précisément entrer dans cet enfer, dans le récit d'une souffrance insupportable, mais qui refuse toute attitude condescendante. Par-delà blessures et amputations, le dialogue avec l'auteur laisse lentement apparaître les voies salutaires de la résilience, une sortie proprement humaine vers la vie, comme une renaissance que donne en partage le peuple haïtien à l'humanité entière. Cela nous donne un ouvrage touchant, rigoureux et engagé. Un ouvrage édifiant.
En quelques décennies, le jeu vidéo est devenu l'une des pratiques culturelles les plus prisées des adolescents. Sources de problèmes et d'inquiétudes pour les uns, simple loisir pour les autres, les pratiques vidéoludiques sont souvent l'objet de critiques et la cible de nombreux stéréotypes, malgré leur grande popularité. A partir d'enquêtes de terrain, cet ouvrage propose de déconstruire les présupposés sur le jeu vidéo afin de mieux comprendre sa relation avec ces adeptes singuliers que sont les adolescents et, depuis plusieurs années déjà, les adolescentes. De leur rôle dans la construction identitaire de jeunes joueurs aux représentations de l'adolescence dans les scénarios qu'ils proposent, les jeux vidéo révèlent alors leur complexité à la lumière des regards sociologiques et anthropologiques.
Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux chimériques. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Dès lors, l'alternative est tranchée : Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant ou attendre la vie après la mort ? Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.
Mobiles, interactifs, capables de communiquer, les robots peuvent-ils pour autant "penser" ou prendre des décisions à la place des humains ? Faut-il les considérer comme des agents moraux ayant une "autonomie" ou leur donner un statut juridique particulier ? Qui est alors responsable de leurs actions - le concepteur informaticien, le fabricant industriel, l'usager consommateur ? Pour quelles finalités tous ces robots sont-ils conçus ? Depuis peu, le public a découvert comment des robots pouvaient remplacer l'être humain dans un nombre croissant d'activités économiques, sociales et politiques. Les robots-drones sont utilisés dans les conflits armés ou encore dans des contextes non armés pour la surveillance ou l'assassinat ciblé. Des robots aux formes androïdes ont fait leur apparition dans le domaine de la santé et du bien-être. Dans les hôpitaux, des robots opèrent sous la direction du chirurgien, d'autres robots aux formes animales deviennent des "compagnons" pour les personnes âgées. Dans des écoles, des robots sont utilisés par des enseignants pour l'apprentissage des langues ou des matières scientifiques. Dans des maisons, des robots de service aspirent la poussière des tapis tandis que des jouets-robots s'occupent des enfants. Dans le domaine de l'agriculture, des robots traient les vaches et nettoient l'étable. Dans les usines, les robots accélèrent la productivité et l'efficacité de la production industrielle. Tous ces robots qui remplacent les êtres humains dans des tâches devenues "robotisables" font-ils de notre société "une société robotisée" ? Tant par la réflexion théorique qu'à l'aide d'exemples précis, cet ouvrage multidisciplinaire examine comment les robots modifient la qualité de nos relations humaines, en quoi ils transforment certaines valeurs fondamentales comme la liberté et l'égalité, ou encore de quelle façon ils entraînent des changements sociaux et culturels, par exemple dans nos relations aux animaux ou à l'environnement.