Notre site web sera en maintenance ce mardi 3 février après-midi. Les commandes enregistrées ne subirons pas de retard de traitement.
La vie sociale des choses. L'animisme et les objets
David-Ménard Monique
BORD DE L EAU
20,00 €
Épuisé
EAN :9782356877062
Les choses, même inanimées, sont porteuses de rapports et de conflits sociaux. Qu'il s'agisse des objets de désirs ou des propriétés garanties par le droit des sociétés modernes, les objets cristallisent des enjeux dont nous oublions la teneur. Les individus ne forment pas un "corps social" par un rapport direct entre leurs affects et la société comme tout, représentée par un chef. Il y faut la médiation des choses. D'ailleurs la société est-elle un tout ? Les choses produites et les choses échangées, celles qu'on adore ou qu'on transmet, ont l'air de se taire mais elles contiennent, à tous les sens du terme, le réel des rapports sociaux. C'est ce qu'ont bien aperçu Hegel et Marx. Mais en proposant le modèle de rapports sociaux transparents, qui ne seraient pas rendus illusoires par le droit abstrait ou par le fétichisme de la marchandise, ils ne nous ont pas dit comment organiser politiquement l'opacité des choses.
Augé Marc ; David-Ménard Monique ; Granoff Wladimi
Résumé : Le recueil s'ouvre avec un texte devenu introuvable, commandé par Michael Balint en 1954 et publié aux Etats-Unis en 1956. Le texte original n'est jamais paru en français pour des raisons que Granoff explique ici. Il resitue ce travail, non sans humour et avec une pointe de nostalgie, dans le contexte de crise que connut la psychanalyse en France autour de 1954. Dans la suite du recueil quatre auteurs s'exposent à la critique et interrogent la psychanalyse à partir de lieux différents qui concernent le fétiche, le corps, l'enfant et la science. Les analystes ont en effet tout à gagner à se laisser enseigner par les écrivains ou les poètes et à ne pas négliger l'histoire, les mythes, la science. Car c'est de ne s'être nourrie que d'elle-même que la psychanalyse s'est sclérosée et a perdu, à un moment, toute ressource d'invention.
Résumé : Comment Pierre Fédida a-t-il su faire se croiser les disciplines aussi disparates que la psychanalyse, la philosophie, la biologie, l'art, le droit... pour construire des analyses sur les problèmes de notre temps ? Psychanalyste et professeur de psychopathologie à l'Université Paris VII - Denis Diderot, Pierre Fédida avait réussi à y créer un laboratoire de psychopathologie fondamentale et psychanalyse, première approche universitaire de la psychanalyse en France, et également un centre de recherches dénommé Centre d'études du vivant, qui proposait, pour la première fois encore dans une enceinte universitaire, des activités menées aussi bien par des professeurs de sciences humaines que par des professeurs de sciences dites dures. Cet ouvrage rassemble les travaux de ceux qui travaillèrent avec lui et poursuivent dans son sillage cette confrontation féconde des problématiques concernant le vivant.
Résumé : Gilles Deleuze et Félix Guattari ont connu une célébrité éclatante après la publication de leur ouvrage, L'Anti-?dipe. Capitalisme et schizophrénie I (1972). Ce livre marqua pourtant le début d'un long malentendu : les philosophes deleuziens considérèrent cette polémique avec la psychanalyse comme la fin de la relation des deux auteurs avec la pratique freudienne, dans l'abord de la folie comme dans la politique. En France, notamment, choqués par l'attaque virulente de la psychanalyse qui dénonçait sa collusion avec des forces réactionnaires, les psychanalystes cessèrent de lire Deleuze. En fait, Deleuze travaillait avec et contre Freud depuis longtemps... En 1967, déjà, sa Présentation de Sacher Masoch interrogeait avec génie la théorie et la pratique de la psychanalyse : le masochiste sait que l'important, dans le désir, ce n'est pas l'objet qui satisferait les pulsions mais le dispositif que le désir invente, et c'est par là que les agencements de concepts peuvent se former à la manière des agencements de désirs. La philosophie de l'immanence vaut donc aussi bien pour les machines que construisent nos existences que pour les problèmes que dessinent nos pensées. Ce qui suppose une continuité entre la psychanalyse et la philosophie. Il est temps que les psychanalystes lisent ou relisent Deleuze et que les philosophes se détournent moins de l'une des sources de son ?uvre. Ce livre les y invite.
Résumé : Pourquoi définir la pensée conceptuelle par l'universelle validité des propositions qu'elle énonce ? Pourquoi définir la moralité par l'idée que " pour tout humain " la loi vaut ? Pourquoi donc mesurer notre vie esthétique à ce critère de l'universalité et faire de la sexuation elle-même une affaire de logique ? En conjuguant avec précision l'analyse des désirs dans les rêves et la lecture des textes philosophiques sur la faculté de désirer, Monique David-Ménard invite à un nouveau regard sur notre modernité : de Kant à Sade et de Sade à Lacan, nos constructions conceptuelles réputées les plus rigoureuses se nouent à des fantasmes qui ne demandent qu'à sortir du statut de lettres mortes où notre lecture seule les tient. Ce n'est pas pour autant la ruine de la raison, c'est plutôt sa chance : on y gagne une image plus vraie, c'est-à-dire plus aventureuse, du travail de la pensée.
Tantôt décrié, tantôt encensé, le revenu de base apparaît comme l'une des principales utopies d'un XXIe siècle où la fin de la croissance économique, les mutations du travail et les transformations de la société nous obligent à réviser nos logiciels de pensée. Loin de n'être qu'un phénomène de mode, le revenu de base s'inscrit dans une tradition historique ancienne qui prend sa source dans la Révolution française. Une ligne de force est ainsi repérable sur deux siècles, qui alterne lueurs et éclipses, pour proposer des solutions aux défis de nos sociétés, successivement : la question agraire, la révolution industrielle et la société postindustrielle. Timothée Duverger suit ainsi la piste du droit au revenu et se concentre en particulier sur les trois grandes démocraties libérales, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. Il croise tour à tour le radicalisme britannique, le socialisme utopique au XIXe siècle, les propositions de crédit social puis de dividende social dans l'entre-deux-guerres en Grande-Bretagne, le débat sur l'impôt négatif dans les Etats-Unis des années 1970, l'essor d'un mouvement européen autour de l'allocation universelle dans les années 1980, l'émergence contemporaine du débat en France, avant de terminer ce voyage par un tour du monde des expérimentations. A l'issue de cette exploration, une conclusion s'impose : le revenu de base, quels que soient sa forme, le moment ou le lieu où il est conçu, interroge toujours nos sociétés démocratiques et l'autonomie de l'individu dans une reconfiguration permanente des rapports entre l'économie et la société. Le revenu de base se présente bien comme l'une des utopies à expérimenter pour ouvrir une brèche vers le nouveau monde qui tarde à naître.
Comment les acteurs, dans le cadre de leur travail, définissent et perçoivent la rationalité économique et quelle place occupe-t-elle dans le rapport au travail ? A partir de deux univers opposés apriori, le secteur de l'industrie automobile et l'hôpital public, cette recherche tente de comprendre ce que l'économie fait au travail. Elle appréhende la rationalité économique comme une composante de l'activité et analyse comment les acteurs l'intègrent, s'en arrangent ou la contestent. Les deux univers retenus proposent différentes facettes de la rationalité économique, tour à tour perçue comme une entrave au travail, elle abime l'activité ; comme une de ses composantes qui ne saurait supplanter les règles de l'art et les savoirs faire ; et enfin comme une dimension morale qui permet de mettre fin à l'activité, elle fixe les limites entre ce qui est raisonnable et ce qui ne l'est pas. Ces trois manières d'éprouver la rationalité économique se combinent plus qu'elles opposent. Elles viennent d'abord rappeler que le rapport au travail n'est pas seulement donné par des éléments objectifs de la situation. Le travail est aussi le fruit de l'action des acteurs capables de rendre compte de ce qu'ils font.
Comment expliquer qu'un mode d'organisation capitaliste - fondé sur un principe d'accumulation continue - autorise la perpétuation d'activités qui obéissent à une autre logique et paraissent lui poser des limites ? Pour résoudre cette énigme, l'ouvrage évalue les clés de lecture disponibles et formule de nouvelles propositions. Pour nombre d'auteurs, le capitalisme procède de forces économiques naturelles et autonomes, accompagnées ou canalisées dans un second temps par quelques politiques publiques. Il se heurte parfois à une résistance - que le terme serve à désigner une force d'obstruction passive ou une capacité de mobilisation. L'ouvrage invite à inverser la perspective et à considérer plutôt les rapports de force politiques qui débouchent sur la représentation d'un ordre économique naturel et qui expliquent le développement du capitalisme. Il examine sur ce mode les activités des entrepreneurs, mais aussi les affrontements entre chercheurs et les luttes qui ont cours au sein des administrations publiques. Dans leur ensemble et par leur articulation, différents champs composent ainsi les structures politiques de l'accumulation. Dans certains cas et sous certaines conditions, des activités non capitalistes s'en trouvent dans le temps confortées : de multiples agents les perçoivent comme extérieures à l'ordre économique naturel ; ils anticipent leur disparition et se persuadent qu'il suffit de laisser la nature accomplir son oeuvre. Nul ne travaille à leur élimination ni ne pousse à l'organisation d'un mouvement qui en prendrait la défense. Pour mesurer la portée de ses propositions, l'auteur retient l'exemple de l'agriculture en Roumanie : il s'efforce d'expliquer la coexistence sur ce terrain de grandes exploitations capitalistes et de petites propriétés qui entretiennent des pratiques d'autoconsommation, sans prêter à la moindre forme d'accumulation. Au-delà de ce cas d'étude, l'ouvrage affiche une visée pédagogique et offre une présentation actualisée des théories du capitalisme. Il pose par ailleurs les bases d'un nouveau programme de recherche en économie politique.
Les big data sont devenus un impératif pour mener une campagne électorale. La campagne pour l'élection présidentielle française de 2017 a été marquée par le rôle majeur joué par des plateformes de gestion et d'analyses des données massives, telles que NationBuilder ou 50+1. Qu'est-ce que change le recours au big data électoral dans les manières de faire campagne ? Introduit-t-il des pratiques " innovantes " pour mobiliser les électeurs ? Voit-on apparaître de " nouvelles " formes de militantisme ? Comment sont construits les algorithmes prédictifs ? Sommes-nous réellement fichés sur Internet ? Comment protéger ses données personnelles ? L'auteure interroge l'efficacité de ces techniques, en mettant au jour les enjeux économiques, la construction de croyances autour des big data et les jeux d'influence internationaux. L'intérêt porté à la récolte des données n'est pas neuf. Il s'agit de retracer l'intégration de certaines évolutions techniques que ce soit chez nos voisins américains ou dans les campagnes françaises de 2002 à 2017, en déconstruisant les fantasmes entourant l'usage des bases de données en politique. Mais il s'agit surtout d'armer le citoyen face à la montée en puissance d'une nouvelle ère de la donnée.