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Tu ne connaîtras jamais les Mayas
Salgon Jean-Jacques
ESCAMPETTE
11,00 €
Épuisé
EAN :9782356080769
A travers différents récits correspondant chacun à une destination lointaine, Jean-Jacques Salgon nous emmène en voyage. Pas un voyage héroïque et glorieux, mais un voyage profondément humain, avec des moments de doutes, des fragilités, des scènes presque burlesques et... de l'humour. L'auteur pratique avec talent l'autodérision ce qui rend son personnage particulièrement touchant. Il dresse également une galerie de portraits qu'on pourrait croire sortis d'une planche d'Hergé. Chaque récit est une véritable aventure, où les détails, les imprévus, les rendez-vous ratés deviennent des événements : sous la plume de Salgon, la banalité prend des teintes rocambolesques, à l'ombre des figures omniprésentes de Rimbaud et de Tintin. Ce livre promène le lecteur sur le fil, entre le quotidien vécu et l'imaginaire de l'écrivain voyageur, où l'ancrage dans l'instant présent se mêle à ses émotions.
Le 12 août 1988, le peintre noir américain Jean-Michel Basquiat était trouvé mort, sans doute d'une overdose, dans son loft de Great Jones Street, la tête tournée vers le ventilateur. Il avait 27 ans. L'enfant de Brooklyn, le gras de SoHo qui signait sous le nom de SAMO, venait de traverser les années quatre-vingt et le monde de l'Art con une météorite laissant dans son sillage plus de huit cents tableaux et deux mille dessins qui continuent d'illumine le ciel de la peinture d'un éclat nonpareil. C'est à sa manière digressive, vagabonde et fragmentaire Jean-Jacques Salgon nous emmène à la rencontre de cet artiste, de son univers et de son ?uvre. Attentif aux traces, aux moindres signes qui pourraient soudain e en résonance avec sa propre vie, il reste en ce sens fidèle à celui qui déclarait un jour à un journaliste: "Je ne pense pas à l'Art quand je travaille, j'essaie de penser à la vie."
Comme des astres lointains depuis longtemps disparus mais dont on continue de capter l'éclat dans l'oeil des télescopes, les bêtes de Chauvet continuent de courir et de se bousculer sur les parois de la grotte, à la poursuite d'un monde perdu. Lions des cavernes, rhinocéros laineux, mammouths au long pelage, ours des cavernes, mégacéros, aucun de ces sublimes animaux n'a survécu à la fin de la dernière glaciation. Equipés pour le froid, ces princes des steppes et des savanes, ces souverains emmitouflés dans leurs fourrures, s'en furent il y a 10 000 ans finir leur vie vers les plaines glacées de la Sibérie. A Chauvet, ils nous adressent une dernière révérence sous les regards éblouis de ceux qui furent leurs sujets, mais qui, par un de ces desseins secrets de la nature, étaient déjà destinés à leur survivre.
Jean-Jacques Salgon a beaucoup voyagé, en Amérique du Sud, en Égypte, au Sahara, mais aussi autour de ses maisons, en Ardèche, à La Rochelle, ailleurs encore... Ses livres témoignent de ces errances, de ces déplacements et d'une passion pour la littérature, ce qui n'est pas loin d'être la même chose. Aujourd'hui il réunit un ensemble de textes sur La Rochelle où il vit une partie de son temps. Textes venus de manière fragmentaire, au fil de ses humeurs et de ses promenades pour approcher le plus inattendu, le plus oublié, le plus poétique de cette ville; pour aller à la découverte des secrets avec la patience et la perspicacité des chercheurs de trésors... ou de sources. On aura compris qu'il s'agit là d'une La Rochelle aussi universelle que la Nantes de Julien Gracq.
Des graffs dans la nuit surgissent de la rencontre avec les oeuvres pariétales de plus de 30 000 ans, et des chocs de la découverte. Au-delà de l'ancienneté de ces figures, quelque chose transcende ces images investies d'une puissance secrète qui défie les siècles. Elles portent en elles les traces d'une vision qui nous échappe et c'est cela qui nous émeut. Au-delà de l'ancienneté de ces figures, de leur état d'exceptionnelle conservation, quelque chose transcende ces images qui vient les faire vibrer d'un éclat presque surnaturel. Elles bougent et nous semblent vivantes, investies d'une puissance secrète qui défie les siècles. Elles portent en elles les traces d'une vision qui nous échappe et c'est cela qui nous émeut. Depuis l'enfance où son père instituteur l'amenait récolter des fragments de poterie, des silex ou des dents humaines dans les grottes ou au pied des dolmens de l'Ardèche, Jean-Jacques Salgon, écrivain et scientifique de formation, passionné d'art, a gardé un goût prononcé pour la préhistoire. En 2004, il a eu la chance de visiter la grotte Chauvet et, plus récemment, celle moins connue de Baume Latrone, dans le Gard. Des graffs dans la nuit surgissent de la rencontre avec les oeuvres pariétales de plus de 30 000 ans, et des chocs de la découverte. Son étonnement et son éblouissement apportent des réponses à sa passion de l'énigme.
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.
En première lecture, ce livre est un essai sur le film de James Whale (1935), ses origines (le célèbre roman de Mary Shelley), l'écriture de son scénario, le choix de ses acteurs, la relation avec la censure, etc. Mais, plus profondément, c'est un essai sur la création, sur les relations du créateur avec sa création, sur la prédominance de l'acte de création sur tout autres considérations philosophiques, religieuses ou morales. C'est aussi un essai sur le mal, sur la tentation de puissance, sur le vertige des interdits. A sa première apparition, le visage du monstre est présenté par Manguel comme l'une des icônes de notre temps, au même titre que le visage de Greta Garbo... Cela fait partie des nombreuses réussites de ce livre provoquées par ces rapprochements inattendus où nous entraînent l'intelligence et la culture de Manguel. La comparaison, du point de vue de la création pure, entre la Fiancée créée par Frankenstein et la Mariée mise à nu par ses célibataires créée par Duchamp est un grand moment d'analyse et de jubilation! Enfin, et d'une façon assez classique dans la littérature et le cinéma fantastiques, la monstruosité n'est peut-être pas là où on le penserait. Le monstre n'aspire qu'à une harmonie que la société des hommes "normaux" lui refuse. L'instant de bonheur que connaît le monstre en compagnie d'un vieillard aveugle est une scène magnifiquement décrite...
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
Juste avant que nous repartions, du seuil / de cette maison qui désormais va rester vide je regarde au loin un arbre dans le vent, / comme si des déplacements successifs / aussi brusques que brefs / faisaient soudain scintiller / toutes les écailles d'un banc de poissons sous les grands frissons de l'air. / Mais je ne sais quelle métaphore je cherche. Ce n'est peut-être que la mort en mouvement qui ne sort jamais de la vie. / Dans l'absence de vent elle est tapie. / Dans leur balancement brusque les feuilles ne font que de dérisoires morsures / à la face immatérielle de ce qui nous souffle.