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Parade sauvage
Salgon Jean-Jacques
VERDIER
13,50 €
Épuisé
EAN :9782864328605
Comme des astres lointains depuis longtemps disparus mais dont on continue de capter l'éclat dans l'oeil des télescopes, les bêtes de Chauvet continuent de courir et de se bousculer sur les parois de la grotte, à la poursuite d'un monde perdu. Lions des cavernes, rhinocéros laineux, mammouths au long pelage, ours des cavernes, mégacéros, aucun de ces sublimes animaux n'a survécu à la fin de la dernière glaciation. Equipés pour le froid, ces princes des steppes et des savanes, ces souverains emmitouflés dans leurs fourrures, s'en furent il y a 10 000 ans finir leur vie vers les plaines glacées de la Sibérie. A Chauvet, ils nous adressent une dernière révérence sous les regards éblouis de ceux qui furent leurs sujets, mais qui, par un de ces desseins secrets de la nature, étaient déjà destinés à leur survivre.
Il y a dans ce livre à la fois des "Villes invisibles" de Calvino pour l'exotisme de l'imaginaire, et du "Paysan de Paris" d'Aragon pour les vagabondages érudits et rêveurs, lyriques et souriants, d'un promeneur amoureux d'un port sur l'Atlantique. On y retrouve le même plaisir de pure littérature, qui retiendra autant le piéton de La Rochelle que le riverain de la Seine ou le flâneur du Caire, un plaisir subtil à suivre les investigations poétiques d'un privé qui musarde, et chemin faisant dévoile au lecteur la vie paisible et mystérieuse de lieux ignorés.
Dans la famille Salgon, cherchez l'aventurier... Cet oncle devenu mythique à force d'être insaisissable, jamais au même endroit, jamais avec la même femme, jamais occupé aux mêmes affaires, avait de quoi retenir l'attention du jeune Jean-Jacques... Plusieurs décennies plus tard, ce jeune homme devenu écrivain entreprend de reconstituer le puzzle. Le parcours de ville en ville, ponctué de rencontres, d'activités plus ou moins licites... Il trouvera d'improbables adresses, tirera des sonnettes, guidé par le hasard et la chance, jouant au Sherlock Holmes. Modeste héritier de Proust et lointain cousin de Tintin, Jean-Jacques Salgon garde sa démarche d'écrivain explorateur : depuis son premier livre en 1993 (07 et autres récits) il parcourt les chemins de la géographie et de la mémoire.
Des graffs dans la nuit surgissent de la rencontre avec les oeuvres pariétales de plus de 30 000 ans, et des chocs de la découverte. Au-delà de l'ancienneté de ces figures, quelque chose transcende ces images investies d'une puissance secrète qui défie les siècles. Elles portent en elles les traces d'une vision qui nous échappe et c'est cela qui nous émeut. Au-delà de l'ancienneté de ces figures, de leur état d'exceptionnelle conservation, quelque chose transcende ces images qui vient les faire vibrer d'un éclat presque surnaturel. Elles bougent et nous semblent vivantes, investies d'une puissance secrète qui défie les siècles. Elles portent en elles les traces d'une vision qui nous échappe et c'est cela qui nous émeut. Depuis l'enfance où son père instituteur l'amenait récolter des fragments de poterie, des silex ou des dents humaines dans les grottes ou au pied des dolmens de l'Ardèche, Jean-Jacques Salgon, écrivain et scientifique de formation, passionné d'art, a gardé un goût prononcé pour la préhistoire. En 2004, il a eu la chance de visiter la grotte Chauvet et, plus récemment, celle moins connue de Baume Latrone, dans le Gard. Des graffs dans la nuit surgissent de la rencontre avec les oeuvres pariétales de plus de 30 000 ans, et des chocs de la découverte. Son étonnement et son éblouissement apportent des réponses à sa passion de l'énigme.
C'était en 1973, j'habitais alors en Algérie, à Trouville, sur la corniche oranaise. J'avais dû revenir en France à l'occasion de vacances, peut-être était-ce pour les fêtes de Noël, je ne me souviens plus très bien. Avec mes parents nous étions venus aux Vans rendre visite à ma tante Claire, la soeur aînée de mon père, celle que nous appelions (mes soeurs et moi) depuis l'enfance, Taty Claque, parce qu'elle était plutôt pète-sec et distribuait assez généreusement les gifles quand l'occasion se présentait. Nous venions de terminer le repas et, comme j'évoquais mon projet d'acquérir une maison dans la région, Taty Claque s'était exclamée : "Va voir sur la place de l'Oie, je crois qu'il y a une maison à vendre". C'est ainsi que le narrateur devint propriétaire d'une maison aux Vans, en Ardèche, maison qu'il fréquente depuis lors assidûment. Aujourd'hui, il nous accompagne dans la visite des cinq niveaux, de la terrasse tropézienne à la double cave, en s'attardant sur chaque détail, sur l'histoire de chaque objet qui l'amènent à redécouvrir avec nous, et pour notre plus grand plaisir, ses vies antérieures, extérieures aussi, ses vies qu'il n'a qu'incomplètement vécues.
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard est une oeuvre monumentale, sans équivalent au cinéma, dans l'histoire de l'art et même dans les manières d'écrire l'Histoire. Le cinéma y apparaît enfin tel qu'il est : la forme d'art majeure du XXe siècle et son centre, au-delà du spectacle divertissant pour lequel on le tient généralement et même de l'objet d'amour particulier des cinéphiles. "Le cinéma a fait exister le XXe siècle", il en a été la fabrique. A l'écoute de ce qui est à l'oeuvre dans Histoire(s) du cinéma, ce dialogue, entre le créateur et le critique, est une approche esthétique, philosophique et historique de ses conditions de possibilités : le cinéma dans le siècle et le siècle dans le cinéma, impliquant le tout de l'homme du XXe — de l'imaginaire des salles obscures, de l'horreur réelle des désastres, aux tentatives de rédemption par l'art.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Paul, ou Saül de Tarse, ou saint Paul ; par la puissance spéculative et la vigueur du verbe, le vrai fondateur du christianisme. A Jérusalem, il fut l'élève du plus grand des maîtres, Rabban Gamliel. Zélateur farouche, persécuteur des nazaréens, il cachait mal une inquiétude grandissante ; la crise éclata sur la route de Damas, ce fut la révélation. Paul avait vingt-cinq ans. De persécuteur, il devint apôtre. Nourri de culture hébraïque, parlant grec, Paul livre un texte souvent obscur, comme si l'hébreu, par une pression souterraine, en défigurait le sol. Son discours sur la Loi (Torah), crucial et si moderne, en est un exemple, mais encore ses doctrines de la mort et de la résurrection, et de la grâce. Dans notre essai, nous avons voulu, par-delà des siècles de théologie et d'études néotestamentaires, remonter à la source ; la source pharisienne, le Midrach et la Michna. Nous nous sommes gardés autant que possible des points de vue rétrospectifs et nous nous sommes, pour ainsi dire, transportés jusqu'à lui sans bagages. Là, nous avons découvert combien la question messianique agite l'histoire occidentale, et gît encore au coeur de tout véritable humanisme.