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Place de l'Oie
Salgon Jean-Jacques
VERDIER
14,50 €
Épuisé
EAN :9782864327608
C'était en 1973, j'habitais alors en Algérie, à Trouville, sur la corniche oranaise. J'avais dû revenir en France à l'occasion de vacances, peut-être était-ce pour les fêtes de Noël, je ne me souviens plus très bien. Avec mes parents nous étions venus aux Vans rendre visite à ma tante Claire, la soeur aînée de mon père, celle que nous appelions (mes soeurs et moi) depuis l'enfance, Taty Claque, parce qu'elle était plutôt pète-sec et distribuait assez généreusement les gifles quand l'occasion se présentait. Nous venions de terminer le repas et, comme j'évoquais mon projet d'acquérir une maison dans la région, Taty Claque s'était exclamée : "Va voir sur la place de l'Oie, je crois qu'il y a une maison à vendre". C'est ainsi que le narrateur devint propriétaire d'une maison aux Vans, en Ardèche, maison qu'il fréquente depuis lors assidûment. Aujourd'hui, il nous accompagne dans la visite des cinq niveaux, de la terrasse tropézienne à la double cave, en s'attardant sur chaque détail, sur l'histoire de chaque objet qui l'amènent à redécouvrir avec nous, et pour notre plus grand plaisir, ses vies antérieures, extérieures aussi, ses vies qu'il n'a qu'incomplètement vécues.
Il y a des noms de villes qui semblent condenser tout le pouvoir attractif d'un lieu, toute la mythologie sur quoi se fonde notre désir de voyager. Ainsi Tombouctou, Zanzibar, Vancouver, Valparaiso... C'est le nom d'Obock, celui d'une ancienne colonie française devenue aujourd'hui port de la République de Djibouti, qui est à l'origine de ce récit et du voyage que Jean-Jacques Salgon entreprend en février 2016 pour, selon ses mots, aller "visiter ce qui n'existe plus". Que Rimbaud et l'explorateur nîmois Paul Soleillet s'y soient un jour croisés, aient pu s'y entretenir de leurs projets commerciaux et des périls encourus sur les pistes qui conduisaient leurs caravanes vers le royaume du Choa, que leur vie aventureuse ait trouvé, sous ces climats hostiles, chacune à sa façon, sa fin précoce, voilà qui donne un relief particulier aux évocations dont ce livre est tissé. Une exploration de la vie de Soleillet, infiniment moins connue que celle de Rimbaud (alors qu'une situation inverse prévalait de leur vivant), constitue le fil d'Ariane qui nous guide vers ces contrées éloignées à la fois dans l'espace et le temps. Pour les deux trafiquants, l'Abyssinie fut un rêve, un rêve commercial, obstiné, dévorant. C'est vers ce rêve "où filtraient les élans d'une véritable passion géographique" que ce livre nous entraîne.
Dans la famille Salgon, cherchez l'aventurier... Cet oncle devenu mythique à force d'être insaisissable, jamais au même endroit, jamais avec la même femme, jamais occupé aux mêmes affaires, avait de quoi retenir l'attention du jeune Jean-Jacques... Plusieurs décennies plus tard, ce jeune homme devenu écrivain entreprend de reconstituer le puzzle. Le parcours de ville en ville, ponctué de rencontres, d'activités plus ou moins licites... Il trouvera d'improbables adresses, tirera des sonnettes, guidé par le hasard et la chance, jouant au Sherlock Holmes. Modeste héritier de Proust et lointain cousin de Tintin, Jean-Jacques Salgon garde sa démarche d'écrivain explorateur : depuis son premier livre en 1993 (07 et autres récits) il parcourt les chemins de la géographie et de la mémoire.
A travers différents récits correspondant chacun à une destination lointaine, Jean-Jacques Salgon nous emmène en voyage. Pas un voyage héroïque et glorieux, mais un voyage profondément humain, avec des moments de doutes, des fragilités, des scènes presque burlesques et... de l'humour. L'auteur pratique avec talent l'autodérision ce qui rend son personnage particulièrement touchant. Il dresse également une galerie de portraits qu'on pourrait croire sortis d'une planche d'Hergé. Chaque récit est une véritable aventure, où les détails, les imprévus, les rendez-vous ratés deviennent des événements : sous la plume de Salgon, la banalité prend des teintes rocambolesques, à l'ombre des figures omniprésentes de Rimbaud et de Tintin. Ce livre promène le lecteur sur le fil, entre le quotidien vécu et l'imaginaire de l'écrivain voyageur, où l'ancrage dans l'instant présent se mêle à ses émotions.
Dans un Paris dévasté par une catastrophe (accident nucléaire, cataclysme naturel, guerre de religion ?), un groupe de jeunes gens arpentent les rues, tentent de survivre en mangeant ce qu'ils trouvent, chantent des airs de John Holiways et fuient la violence de leurs ennemis en cherchant un ailleurs. Car ce monde en lambeaux, il s'agit malgré tout de l'habiter, de s'y vêtir et d'y trouver des raisons d'espérer. Comment tenir ? Comment trouver en soi de quoi réjouir la vie quand tout a sombré? Ce sont les questions que se posent, avec humour et cruauté, les protagonistes de cette aventure.
Car nous sommes dans un temps où les vents soulevés charrient de la poussière des confins du désert, car nous sommes dans des villes où nos pas hésitants arpentent nos faillites, détaillent nos abandons, où nos regards brouillés par le sable d'Afrique semé par les grands vents ne discernent plus rien du chemin à tracer, des directions à prendre, car nous sommes en passe de devenir fantômes, frères de déréliction de ceux à qui hier nous tendions des aumônes, fantômes vivants pourtant, tributaires de nos tripes, de nos muscles, de nos désirs éteints, nos regrets murmurés, suspendus aux rumeurs nous n'avons plus de lieux où poser nos fardeaux." M. R. Nous avons souhaité accompagner la publication posthume du dernier livre de Mathieu Riboulet, Les Portes de Thèbes, Eclats de l'année deux mille quinze, d'un ensemble de textes d'écrivains que nous savons particulièrement sensibles à son oeuvre. Mathieu Riboulet est né en 1960 dans la région parisienne. Après des études de cinéma et de lettres, il a réalisé des films de fiction et des documentaires avant de se consacrer à l'écriture. Il est mort à Bordeaux le 5 février 2018. Suivi de A contretemps, décidément de Mathieu Riboulet.
Voici l'histoire d'un homme sur une île déserte, élevé sans père ni mère, qui découvre par sa raison seule la vérité de l'univers entier, puis qui rencontre un autre homme, religieux mais sagace, venu d'une terre voisine. Une "sorte de Robinson psychologique", écrivait Ernest Renan à propos du livre. Ecrit en arabe au XIIe siècle par le penseur andalou Ibn Tufayl, né à Guadix, Vivant fils d'Eveillé est un chef-d'oeuvre de la philosophie. Il dévoile sous la forme d'un conte les secrets de la "sagesse orientale". Traduit en latin en 1671, il connaîtra un immense succès dans l'Europe des lettres. Jean-Baptiste Brenet en propose ici une adaptation qui donne la parole au personnage principal." Préface de Kamel Daoud.
Le fil de ce récit déroule l'histoire d'une rencontre entre une jeune femme, l'art de Piero della Francesca et un peintre d'aujourd'hui, qui s'appelle lui aussi Piero - un homme aperçu pour la première fois dans un café, au détour d'une place, à Rome. Cette vie à trois devient vite une danse si enivrante, sous la chaleur antique de l'Italie, que souvent l'on ne sait plus au bras de qui l'on danse. "C'est comme l'univers, on ne peut pas dire je le connais. Mais il habite à tel point les nuits et les jours, colore les heures même de repos, s'insinue dans tous les regards jetés, s'immisce dans tous les traits vus, au point qu'un soir, cela devient envahissant, doit naître, et ne cesse plus d'avoir un lieu en moi".