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Eloge de la palourde
Le Gros Marc
ESCAMPETTE
17,30 €
Épuisé
EAN :9782356080080
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
Quatre poèmes puissants où les oiseaux sont de vrais oiseaux, à la fois familiers et irréductibles aux humains, par lesquels Marc Le Gros nous fait entrer dans un monde complexe et limpide, fait de langage. En relisant ces poèmes, je n'ai cessé de penser à une phrase que j'ai apprise de Jean-Marie Serreau, qui la tenait de Bertolt Brecht : "L'important c'est ce qui est devenu important". L'oeuvre de Marc Le Gros, trop souvent, passée sous silence, écartée des anthologies, à mesure qu'on la découvre et la redécouvre, ne cesse de prendre de l'importance, et il faut s'en réjouir.
Marc Le Gros fit l expérience, il y a plusieurs années, d avoir à demeure un grand corbeau. Il en a tiré Paysage aux neuf corbeaux, un ensemble de chants, ou de laisses qui sont les étapes d une consultation et d une rencontre. Derrière l allure de l oiseau-le plus altier des corvidés d Europe- l auteur décèle des traits individuels. Ses textes transcendent la barrière des espèces et rêvent, sans anthropomorphisme, sur des réponses oraculaires. Il y a là un face à face qui met le mystère à portée de regard et ouvre, du même coup, une voie essentielle vers la poésie. L écriture, ici, est à l image des clartés qui s allument sur les plumes de l oiseau. Un second volet, Lumière noire, accompagne-en méditation littéraire et biographique-le corbeau, de la branche, d où il évaluait le monde, à la marche et à l autonomie du vol. Ce livre est une plongée au c ur de l altérité, une quête de voix multiples et dont chacune est un dévoilement. Ces textes sont suivis par les Lettres autour d un corbeau d Emilienne Kerhoas et précédés, en guise d avant lire, de Ce goût de chagrin d Alain-Gabriel Monot. Biographie de l'auteur Marc Le Gros a publié depuis deux décennies une trentaine d ouvrages, des essais, des proses mais surtout de la poésie comme Mémoires de basse (Calligrammes 1987), Manières noires (Apogée 2000), ou encore Passage du héron gris (Double Cloche 2007). On lui doit aussi quelques ouvrages plus singuliers comme son dernier Carnet d Icaria (Apogée 2009) ou cet Eloge de la palourde (Flammarion 1996, Prix Grandgousier), un livre très secret devenu en quelques années un véritable « livre culte ». Il a publié l an dernier à nos éditions, outre un petit livre Sur Georges Perros, deux recueils de poèmes: Tombeau pour Laurencine C. et Poèmes du voyage.
Vous avez, Marc Le Gros, la langue de vos yeux et une palette d'encre sous les jeux transparents du blanc et du bleu. Je n'ai vu de l'Hellade qu'un peu de Provence et d'Italie. Je n'ai reçu des Grecs que le grec et par l'oreille imaginaire de leur génie. Je dois au noeud coulant de votre prose et de vos vers le rayon moelleux de la chaux, le bain des robes noires dans l'eau des canards, la fadeur d'avoine et la soie de cochon d'une peau de Hollande, Amorgos sans Simonide, Patmos sans son Aigle, mais le gris des ânes, les pins qui tamisent le vent, l'hippocampe dont vos doigts s'amusent, et les genoux de la dévotion sur les degrés d'une église sous la coupole bleue du bleu des boules de lessive. De cette splendeur des choses nues et vues je vous remercie de tout coeur..." Roger Judrin. Lettre à Marc Le Gros du 30 juin 1992.
Cet ouvrage est plus proche de la recherche des champignons chez André Dhôtel que d'un guide pratique sur les pêches bretonnes... Il s'agit là de guetter la merveille et, si possible, de l'attraper! Petit livre plein de tendresse et d'érudition, bien dans la manière de Marc Le Gros qui a publié depuis trente ans deux douzaines d'ouvrages, de Eloge de la palourde (Flammarion, prix Gangousier) à André Breton et la Bretagne (éd. Blanc silex), très beau portrait du maître.
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
La recherche du nom et de l'identité, la crédibilité de l'homme dans le monde, sont les préoccupations majeures de ce livre grave aux images parfois oniriques, et non dépourvu d'un certain humour. Biographie: Abraham Elishama est né à Nancy. La découverte, puis l'approfondissement de son identité juive l'amènent très vite à s'installer à Jérusalem, où il adopte la nationalité israélienne. Actuellement, il réside à Toulouse avec sa famille.
Sylvie Fabre G. interroge son expérience amoureuse, parfois au plus intime du corps ; elle cherche à donner sa vraie place à l'amour dans "le champ grand ouvert de l'existence". Elle trouve des réponses dans le secret de la poésie. Ainsi, tout au long de ce Corps subtil, l'amour et la poésie seront les deux noms d'une même vérité. "Nous sommes dans la séparation, pays premier. C'est ainsi que s'expriment les amants, au détour du poème. Peu importe que 1a voix entendue soit celle de l'homme ou de la femme. L'un et l'autre partagent, dans la douleur de fond, la même certitude, celle qui les a conduits, hors d'eux-mêmes en eux-mêmes, jusqu'au point de rencontre où leurs destins ont fusionné, et celle qui, si essentiellement liés qu'ils soient, par le désir, par l'attente et par la communion, les rappelle à tout moment à cette dure réalité de l'existence qui a valeur d'une loi de nature : Nous sommes dans la séparation, pays premier. Nous y sommes, au termes comme au commencement, et il semble que nous n'y soyons jamais sortis. "
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.