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La Fiancée de Frankenstein
Manguel Alberto ; Le Boeuf Christine
ESCAMPETTE
12,20 €
Épuisé
EAN :9782356080059
En première lecture, ce livre est un essai sur le film de James Whale (1935), ses origines (le célèbre roman de Mary Shelley), l'écriture de son scénario, le choix de ses acteurs, la relation avec la censure, etc. Mais, plus profondément, c'est un essai sur la création, sur les relations du créateur avec sa création, sur la prédominance de l'acte de création sur tout autres considérations philosophiques, religieuses ou morales. C'est aussi un essai sur le mal, sur la tentation de puissance, sur le vertige des interdits. A sa première apparition, le visage du monstre est présenté par Manguel comme l'une des icônes de notre temps, au même titre que le visage de Greta Garbo... Cela fait partie des nombreuses réussites de ce livre provoquées par ces rapprochements inattendus où nous entraînent l'intelligence et la culture de Manguel. La comparaison, du point de vue de la création pure, entre la Fiancée créée par Frankenstein et la Mariée mise à nu par ses célibataires créée par Duchamp est un grand moment d'analyse et de jubilation! Enfin, et d'une façon assez classique dans la littérature et le cinéma fantastiques, la monstruosité n'est peut-être pas là où on le penserait. Le monstre n'aspire qu'à une harmonie que la société des hommes "normaux" lui refuse. L'instant de bonheur que connaît le monstre en compagnie d'un vieillard aveugle est une scène magnifiquement décrite...
Pour Borges, l'essentiel de la réalité se trouvait dans les livres; lire des livres, écrire des livres, parler de livres. De façon viscérale, il était conscient de poursuivre un dialogue commencé il y avait des milliers d'années et qui, croyait-il, n'aurait jamais de fin. Les livres restauraient le passé. "Avec le temps, disait-il, tout poème se transforme en élégie." Il était sans indulgence pour les théories littéraires capricieuses et reprochait en particulier à la littérature française de se concentrer non sur les livres, mais sur les écoles et des coteries.
Alberto Manguel est né à Buenos Aires en 1948. À 16ans, il rencontre Borges devenu aveugle et lui fait lalecture, le soir, pendant deux ans. Manguel enretiendra que la vraie mesure de la littérature est le plaisir et l'émerveillement qu'elle nous apporte. Essayiste, traducteur, anthologiste, éditeur et, depuis peu, auteur de fiction, il a publié, en plusieurs langues, une bibliographie impressionnante dont le fil rouge explore la relation entre l'art de lire et le monde. Convaincu de la métamorphose que la littérature permet au lecteur, Manguel nous rappelle que "parfois, au-delà des intentions de l'auteur et au-delà des espoirs du lecteur, un livre peut nous rendre meilleurs et plus sages." (Dans la forêt du miroir) Il dirige actuellement la collection Le Cabinet de lecture chez Actes Sud et a posé, quelque part en France, ses valises et sa formidable bibliothèque de plus de 30 000 volumes... Pinocchio & Robinson est un acte de foi absolue en la littérature, une parole d'amour envers les livres et, ce faisant, une tranquille - et impitoyable - dénonciation des fausses valeurs qui encombrent les rayonnages des librairies et des bibliothèques.
Résumé : L'écrivain Alberto Manguel montre dans ce recueil de récits de voyages la part essentielle que l'imagination a toujours occupée dans la découverte du monde. Depuis l'origine, les hommes ont éprouvé le besoin de s'inventer des royaumes et des terres lointaines qui n'existent pas encore dans la réalité. L'Iliade et l'Odyssée, avant Robinson Crusoe, en sont de merveilleux exemples. " Beaucoup des premiers voyages sont des quêtes de l'impossible ", souligne-t-il. Tout périple est une quête à la fois magique et spirituelle. Dans sa préface, Manguel restitue au voyage sa dimension d'utopie en évoquant Thomas More et en citant Stevenson : " Mieux vaut voyager avec espoir qu'arriver à destination. " Contrairement à la géographie des encyclopédies et des atlas, la géographie imaginaire n'a pas de frontières. Ses lieux existent dans un espace illimité et occupent un paysage dont l'abondance est infinie - les rives d'Utopies, le pays des Merveilles, l'Eldorado, le pays d'Oz, l'île de Peter Pan, les enfers et le paradis de Dante, l'Odyssée d'Ulysse, les voyages de Gulliver, l'île de Robinson, le château de Kafka... Alberto Manguel a choisi parmi d'innombrables textes six oeuvres originales et méconnues, dont celles d'auteurs canadien, américain et hongrois. L'une d'elle, Herland de Charlotte Perkins Gilman, est ici traduit pour la première fois en français.
Résumé : Parce que la lecture est peut être avant tout une "conversation", tout lecteur éprouve le besoin de "répondre" aux textes qui l'interpellent et confèrent à sa propre vie un surcroît d'existence. Ayant choisi de relire, une année durant, ses livres de prédilection tels qu'ils lui semblent susceptibles de refléter le chaos du monde contemporain ou d'enrichir et d'éclairer son rapport personnel avec l'existence, Alberto Manguel offre ici, entre carnet intime et recueil de citations, ce journal dont l'érudition à la fois sensible et subversive rend compte à merveille de l'infini du "dialogue" entre toute ?uvre et son lecteur. Cependant que l'histoire contemporaine poursuit son chemin de bruit et de fureur, on partagera ici l'année que, de 2002 à 2003, Alberto Manguel vécut, au rythme de ses haltes en France où il a choisi de vivre et de ses nombreux voyages dans un monde qu'il n'a jamais cessé de parcourir, en compagnie de : Adolfo Bioy Casares, H. G. Wells, Rudyard Kipling, Chateau¬briand, Conan Doyle, Goethe, Kenneth Grahame, Cervantès, Dino Buzzati, Sei Shônagon, Margaret Atwood et Machado de Assis.
Sylvie Fabre G. interroge son expérience amoureuse, parfois au plus intime du corps ; elle cherche à donner sa vraie place à l'amour dans "le champ grand ouvert de l'existence". Elle trouve des réponses dans le secret de la poésie. Ainsi, tout au long de ce Corps subtil, l'amour et la poésie seront les deux noms d'une même vérité. "Nous sommes dans la séparation, pays premier. C'est ainsi que s'expriment les amants, au détour du poème. Peu importe que 1a voix entendue soit celle de l'homme ou de la femme. L'un et l'autre partagent, dans la douleur de fond, la même certitude, celle qui les a conduits, hors d'eux-mêmes en eux-mêmes, jusqu'au point de rencontre où leurs destins ont fusionné, et celle qui, si essentiellement liés qu'ils soient, par le désir, par l'attente et par la communion, les rappelle à tout moment à cette dure réalité de l'existence qui a valeur d'une loi de nature : Nous sommes dans la séparation, pays premier. Nous y sommes, au termes comme au commencement, et il semble que nous n'y soyons jamais sortis. "
Dès son premier livre (Les Boîtes puis la Décision), Allain Glykos posait la question du rapport qu'entretiennent la beauté avec la mort, l'art avec la violence, la peur avec le courage... L'argument de ce nouveau roman est simple, voire dépouillé : un couple (le narrateur et sa compagne) occupe, dans un hôtel espagnol proche d'un musée d'art contemporain (le but du voyage...), une chambre voisine de celle où se déroule, durant la nuit, une scène de violence. Tout dans ce roman devrait appeler au bonheur, ou du moins à une forme d'équilibre : la beauté des lieux, l'harmonie des formes, la présence évidente du génie artistique, la relation de couple. Puis, une scène de violence, sans doute réelle, mais peut-être fantasmée, va ébranler l'édifice, rendre dérisoire tout sentiment de bonheur, et surtout tendre au narrateur un cruel miroir dans lequel il sera contraint de se reconnaître faible, lâche, traître aux grands sentiments qu'il inspire à sa compagne. Quelle part sommes-nous prêts à prendre dans le malheur des autres ? Jusqu'où chacun est-il prêt à prendre parti ? Et l'art, en l'occurrence la peinture, l'évocation de quelques peintres majeurs, peut-il nous sauver de tout ? Une fois de plus, Allain Glykos nous embarque dans une narration à première vue anodine pour nous piéger dans ses questionnements philosophiques qui n'ont pour sujet que " l'homme face à lui-même ".
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
La première fois que j'ai vu Batia, c'était à Jérusalem en automne. Jérusalem qui est en pays d'Israël, Israël qui est une terre et un peuple, une terre qui vit de pluies célestes et de paroles, qui a soif de bénédictions, une terre qui entend nos paroles, qui boit nos paroles, qui absorbe nos paroles dans son grain, une terre qui compte les pas de tous et les noms de chacun, qui nous regarde du dedans de son Livre et nous offre le sens, c'est là que j'ai vu Batia pour la première fois, Batia qui est un visage particulier du peuple et une lettre du Livre, un visage qui respire l'âme du peuple, et pour conquérir cette femme il faut mériter cette âme, et aussi la Loi de cette âme qui est le Livre. Batia est une partie de la terre et du peuple, et vouloir cette femme, c'est vouloir l'une et l'autre, et si l'on a dit oui à la terre et au peuple qui sont véritablement Israël, alors on voit Batia qui vient vers soi, toute seule, et s'offre comme une rose tendue. Mais si l'on dit non à l'une et à l'autre et à la Loi de l'âme qui les unit, on ne peut rien connaître du secret de Batia qui se ferme comme la nuit.