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Nunca mas. Plus jamais
Glykos Allain
ESCAMPETTE
15,30 €
Épuisé
EAN :9782356080127
Dès son premier livre (Les Boîtes puis la Décision), Allain Glykos posait la question du rapport qu'entretiennent la beauté avec la mort, l'art avec la violence, la peur avec le courage... L'argument de ce nouveau roman est simple, voire dépouillé : un couple (le narrateur et sa compagne) occupe, dans un hôtel espagnol proche d'un musée d'art contemporain (le but du voyage...), une chambre voisine de celle où se déroule, durant la nuit, une scène de violence. Tout dans ce roman devrait appeler au bonheur, ou du moins à une forme d'équilibre : la beauté des lieux, l'harmonie des formes, la présence évidente du génie artistique, la relation de couple. Puis, une scène de violence, sans doute réelle, mais peut-être fantasmée, va ébranler l'édifice, rendre dérisoire tout sentiment de bonheur, et surtout tendre au narrateur un cruel miroir dans lequel il sera contraint de se reconnaître faible, lâche, traître aux grands sentiments qu'il inspire à sa compagne. Quelle part sommes-nous prêts à prendre dans le malheur des autres ? Jusqu'où chacun est-il prêt à prendre parti ? Et l'art, en l'occurrence la peinture, l'évocation de quelques peintres majeurs, peut-il nous sauver de tout ? Une fois de plus, Allain Glykos nous embarque dans une narration à première vue anodine pour nous piéger dans ses questionnements philosophiques qui n'ont pour sujet que " l'homme face à lui-même ".
Résumé : Voici un traité de la paranoïa ! Ou comment un être, apparemment sensé, posé, calme, finit par analyser tous les aspects de sa vie et de ses relations aux autres et au monde, à travers le prisme d'une seule phrase. Pour quelques mots prononcés un jour en sa présence, tout défilera dans sa mémoire, la prime enfance, l'adolescence, l'inconfort des premiers logements, tout ! Parce qu'un jour aura été dit : " Je ne me souviens pas l'avoir vu se laver. " Allain Glvkos tient son exercice à bout de bras, à bout de plume, sans trébucher et parvient à nous tenir en haleine avec ses élucubrations à dormir debout.
De frêles embarcations chargées d'hommes, de femmes et d'enfants, dans le désespoir de l'exil et l'angoisse du naufrage. Manolis, le père d'Allain Glykos, a huit ans en 1922 lorsqu'il quitte les côtes turques avec 1 500 000 Grecs chassés de leur terre natale par les troupes musulmanes de Mustafa Kemal. Sur leurs traces, dans Parle-moi de Manolis, l'auteur mène une enquête de la mémoire en Crète, où son père a vécu ses premières années d'exil. Ce livre, paru en 1997, a touché un large public. En 2015 (Manolis aurait eu cent ans), l'auteur fait un nouveau voyage en Grèce, sur la côte est de l'île de Chio, à huit kilomètres de la Turquie. Là, il se trouve soudain confronté à l'arrivée massive de zodiacs chargés de migrants syriens. Parmi eux, il croit reconnaître Manolis, vêtu d'un gilet de sauvetage. Il a toujours huit ans, mais il est musulman. La roue de l'Histoire fait tourner la tête. Un exil en chasse un autre, sauf que les fantômes sont tenaces. Dans cette nouvelle édition de Parle-moi de Manolis, augmentée de Chio, septembre 2015, les deux textes se répondent en échos, de façon troublante, à travers l'histoire des hommes.
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
En première lecture, ce livre est un essai sur le film de James Whale (1935), ses origines (le célèbre roman de Mary Shelley), l'écriture de son scénario, le choix de ses acteurs, la relation avec la censure, etc. Mais, plus profondément, c'est un essai sur la création, sur les relations du créateur avec sa création, sur la prédominance de l'acte de création sur tout autres considérations philosophiques, religieuses ou morales. C'est aussi un essai sur le mal, sur la tentation de puissance, sur le vertige des interdits. A sa première apparition, le visage du monstre est présenté par Manguel comme l'une des icônes de notre temps, au même titre que le visage de Greta Garbo... Cela fait partie des nombreuses réussites de ce livre provoquées par ces rapprochements inattendus où nous entraînent l'intelligence et la culture de Manguel. La comparaison, du point de vue de la création pure, entre la Fiancée créée par Frankenstein et la Mariée mise à nu par ses célibataires créée par Duchamp est un grand moment d'analyse et de jubilation! Enfin, et d'une façon assez classique dans la littérature et le cinéma fantastiques, la monstruosité n'est peut-être pas là où on le penserait. Le monstre n'aspire qu'à une harmonie que la société des hommes "normaux" lui refuse. L'instant de bonheur que connaît le monstre en compagnie d'un vieillard aveugle est une scène magnifiquement décrite...
La première fois que j'ai vu Batia, c'était à Jérusalem en automne. Jérusalem qui est en pays d'Israël, Israël qui est une terre et un peuple, une terre qui vit de pluies célestes et de paroles, qui a soif de bénédictions, une terre qui entend nos paroles, qui boit nos paroles, qui absorbe nos paroles dans son grain, une terre qui compte les pas de tous et les noms de chacun, qui nous regarde du dedans de son Livre et nous offre le sens, c'est là que j'ai vu Batia pour la première fois, Batia qui est un visage particulier du peuple et une lettre du Livre, un visage qui respire l'âme du peuple, et pour conquérir cette femme il faut mériter cette âme, et aussi la Loi de cette âme qui est le Livre. Batia est une partie de la terre et du peuple, et vouloir cette femme, c'est vouloir l'une et l'autre, et si l'on a dit oui à la terre et au peuple qui sont véritablement Israël, alors on voit Batia qui vient vers soi, toute seule, et s'offre comme une rose tendue. Mais si l'on dit non à l'une et à l'autre et à la Loi de l'âme qui les unit, on ne peut rien connaître du secret de Batia qui se ferme comme la nuit.