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Parle-moi de Manolis. Suivi de Chio, septembre 2015
Glykos Allain
ESCAMPETTE
14,00 €
Épuisé
EAN :9782356081018
De frêles embarcations chargées d'hommes, de femmes et d'enfants, dans le désespoir de l'exil et l'angoisse du naufrage. Manolis, le père d'Allain Glykos, a huit ans en 1922 lorsqu'il quitte les côtes turques avec 1 500 000 Grecs chassés de leur terre natale par les troupes musulmanes de Mustafa Kemal. Sur leurs traces, dans Parle-moi de Manolis, l'auteur mène une enquête de la mémoire en Crète, où son père a vécu ses premières années d'exil. Ce livre, paru en 1997, a touché un large public. En 2015 (Manolis aurait eu cent ans), l'auteur fait un nouveau voyage en Grèce, sur la côte est de l'île de Chio, à huit kilomètres de la Turquie. Là, il se trouve soudain confronté à l'arrivée massive de zodiacs chargés de migrants syriens. Parmi eux, il croit reconnaître Manolis, vêtu d'un gilet de sauvetage. Il a toujours huit ans, mais il est musulman. La roue de l'Histoire fait tourner la tête. Un exil en chasse un autre, sauf que les fantômes sont tenaces. Dans cette nouvelle édition de Parle-moi de Manolis, augmentée de Chio, septembre 2015, les deux textes se répondent en échos, de façon troublante, à travers l'histoire des hommes.
Résumé : Ce livre s'inscrit dans une forme aussi ancienne que l'écriture, celle des Tombeaux et de la déploration. Il raconte les derniers moments de l'ami ; les heures passées dans la chambre aux côtés de la fille, silencieuse, venue des îles lointaines accompagner son père. Cette méditation fait renaître le souvenir des complicités, des plaisirs partagés depuis leur jeunesse. Tout l'art d'Allain Glykos s'attache, par une évocation sensuelle de la vie, à négocier avec la mort qui vient. Car on sait qu'elle viendra, écrit-il, on feint de ne pas l'attendre, on tente de lui résister, et puis un jour, elle entre sans frapper, vous laisse dans le couloir, referme la porte et s'en va en emportant l'être cher. Ce sont ces dernières heures que l'auteur retient ici, comme autant de larmes qui ne coulent jamais.
Il voudrait posséder le pouvoir de dompter les douleurs, de les ensorceler comme le charmeur de rats. Il voudrait que les douleurs soient comme des rats qu'on envoûte avec une flûte et qu'on chasse de la ville. Il voudrait que les douleurs, des plus petites aux plus grandes, rangées en file indienne, suivent le charmeur de douleurs et s'enfoncent dans la nuit jusqu'à se laisser noyer dans la rivière. Le fleuve de vase et de limon serait le cimetière des douleurs. Les gens de la ville glorifieraient l'homme qui aurait chassé les douleurs. La rivière s'appellerait d'un nom qui signifierait la rivière des douleurs. Il y aurait comme ça des jours qui ne seraient pas des jours où les douleurs se laisseraient noyer en file indienne dans la vase et le limon du fleuve. " Allain Glykos.
La journée d'un écrivain invité à s'installer derrière une pile de livres pour le difficile, voire douloureux, exercice de la signature. En plein mois d'août, dans un lieu touristique, l'écrivain, accoudé à sa " table de formica beige modèle cantine scolaire ", retiendra-t-il l'attention ? Provoquera-t-il l'hilarité ? Déclenchera-t-il des moqueries ? Ou restera-t-il invisible ? Plus utilement, il se transformera en observateur de la molle humanité en vacances et deviendra le chroniqueur du temps qui passe, en plein mois d'août, dans un lieu touristique. Un récit désopilant !
Qu'est-ce pour vous que la poésie ? " demandait-on un jour à Antonella Anedda. Et telle fut sa réponse : " C'est ma réalité, enfoncée dans ma vie : c'est une racine, et parfois une lame. " Une racine qui la relie à la totalité de la terre et du cosmos, aux vivants et aux morts, à la parole même de ce qui semble ne pas avoir de voix. Et une lame qui ouvre au monde, annonce une blessure, mais devient aussi l'emblème du tranchant de la poésie. La force d'un livre comme Nuits de paix occidentale (1999) semble tenir à une tension toujours renouvelée entre un souci de réserve pudique, de loyale retenue où le chant révèle sa part d'ombre et de silence, et un élan profond, une ardeur immédiate dans le don de soi, dans l'incandescente offrande de parole.
Juste avant que nous repartions, du seuil / de cette maison qui désormais va rester vide je regarde au loin un arbre dans le vent, / comme si des déplacements successifs / aussi brusques que brefs / faisaient soudain scintiller / toutes les écailles d'un banc de poissons sous les grands frissons de l'air. / Mais je ne sais quelle métaphore je cherche. Ce n'est peut-être que la mort en mouvement qui ne sort jamais de la vie. / Dans l'absence de vent elle est tapie. / Dans leur balancement brusque les feuilles ne font que de dérisoires morsures / à la face immatérielle de ce qui nous souffle.
Christian Seguin, grand reporter au journal Sud Ouest, a accompli un voyage en Chine, au moment des Jeux Olympiques. Il y a rencontré, non pas une multitude, mais des individus, des gens de milieux sociaux, culturels ou générationnels très divers ; des gens des villes préoccupés par les cours de la bourse ou les débouchés possibles de leurs études ; des gens des campagnes confrontés aux catastrophes naturelles ou dépositaires des secrets de la culture des meilleurs thés ; bref, il a rencontré les Chinois, tout simplement, loin des clichés et des idées reçues. Le petit miracle tient en ceci : ces pages écrites dans un contexte très professionnel, dans l'urgence et sous la pression de l'obligation, composent, réunies sous cette forme, beaucoup plus qu'un document, un vrai livre de littérature par la grâce d'un rare talent d'écrivain, et par un ton qui est la marque de Christian Seguin. ll faut aussi parler de l'humour et de la tendresse qui innervent tout le livre, de cette faculté d'être en empathie avec son interlocuteur qui donne à un portrait brossé par Christian Seguin une proximité très saisissante, même s'il vient à interviewer des sélénites...