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Le silence de chacun
Glykos Allain
ESCAMPETTE
13,80 €
Épuisé
EAN :9782914387002
Il voudrait posséder le pouvoir de dompter les douleurs, de les ensorceler comme le charmeur de rats. Il voudrait que les douleurs soient comme des rats qu'on envoûte avec une flûte et qu'on chasse de la ville. Il voudrait que les douleurs, des plus petites aux plus grandes, rangées en file indienne, suivent le charmeur de douleurs et s'enfoncent dans la nuit jusqu'à se laisser noyer dans la rivière. Le fleuve de vase et de limon serait le cimetière des douleurs. Les gens de la ville glorifieraient l'homme qui aurait chassé les douleurs. La rivière s'appellerait d'un nom qui signifierait la rivière des douleurs. Il y aurait comme ça des jours qui ne seraient pas des jours où les douleurs se laisseraient noyer en file indienne dans la vase et le limon du fleuve. " Allain Glykos.
De frêles embarcations chargées d'hommes, de femmes et d'enfants, dans le désespoir de l'exil et l'angoisse du naufrage. Manolis, le père d'Allain Glykos, a huit ans en 1922 lorsqu'il quitte les côtes turques avec 1 500 000 Grecs chassés de leur terre natale par les troupes musulmanes de Mustafa Kemal. Sur leurs traces, dans Parle-moi de Manolis, l'auteur mène une enquête de la mémoire en Crète, où son père a vécu ses premières années d'exil. Ce livre, paru en 1997, a touché un large public. En 2015 (Manolis aurait eu cent ans), l'auteur fait un nouveau voyage en Grèce, sur la côte est de l'île de Chio, à huit kilomètres de la Turquie. Là, il se trouve soudain confronté à l'arrivée massive de zodiacs chargés de migrants syriens. Parmi eux, il croit reconnaître Manolis, vêtu d'un gilet de sauvetage. Il a toujours huit ans, mais il est musulman. La roue de l'Histoire fait tourner la tête. Un exil en chasse un autre, sauf que les fantômes sont tenaces. Dans cette nouvelle édition de Parle-moi de Manolis, augmentée de Chio, septembre 2015, les deux textes se répondent en échos, de façon troublante, à travers l'histoire des hommes.
Résumé : Elle parle de la terre rouge. La poussière qui, d'est en ouest, brûle les yeux quand le vent souffle. Elle ne connaît même pas les extrémités de la Crète, l'île où elle a dû commencer une autre vie, avec sa mère, avec ses frères, loin du père resté à Smyrne. Elle ne connaît de la Crète, ni Zakros, ni Falasarna. Elle me dit qu'elle n'a plus besoin d'aller nulle part pour savoir que c'est beau. Elle sait que Dieu n'a fait que de belles choses. Ce sont les hommes qui démolissent, salissent, bâtissent n'importe où. Pas Dieu! Mais l'ânon a besoin d'aller voir, de se rendre compte par lui-même que ce que Dieu a fait est beau. Quand il revient, il comprend que tout était là, qu'il suffisait d'ouvrir les yeux. Pendant ce temps, sa vieille mère prend des rides et des cheveux blancs, les jours passent, s'en vont. Et quand l'ânon revient - quand il revient ! -, la vieille mère est trop vieille pour le reconnaître. Elle dit cela et mon regard rencontre le sien.
Résumé : Voici un traité de la paranoïa ! Ou comment un être, apparemment sensé, posé, calme, finit par analyser tous les aspects de sa vie et de ses relations aux autres et au monde, à travers le prisme d'une seule phrase. Pour quelques mots prononcés un jour en sa présence, tout défilera dans sa mémoire, la prime enfance, l'adolescence, l'inconfort des premiers logements, tout ! Parce qu'un jour aura été dit : " Je ne me souviens pas l'avoir vu se laver. " Allain Glvkos tient son exercice à bout de bras, à bout de plume, sans trébucher et parvient à nous tenir en haleine avec ses élucubrations à dormir debout.
Jean-Jacques Salgon est né en Ardèche où il a fréquenté la petite école de son père, instituteur laïque, républicain et pédagogue adepte des méthodes Freinet. Ce rude pays et ce père au caractère trempé auront sur lui et sur ses livres une influence profonde. Papa firme la pipe est un hommage à ce père mort à 96 ans. Le premier tableau du livre nous le montre, couché dans son cercueil, revêtu d'habits qui le font ressembler à un Communard fusillé par des Versaillais. Puis, de tableau en tableau, on remonte le temps dans un récit empreint de nostalgie et d'humour. On aperçoit Gérard Philipe à Avignon, Geneviève Page au volant de sa BMW décapotable bleue et quelques autres, on part en vacances en Italie en caravane, on roule en 2 CV glorieuse, et à force de remonter le temps on se retrouve en culottes courtes, dans la classe de l'instituteur, où le futur auteur s'exerce à écrire au tableau: "Papa fume la pipe, maman fait du café"
Il y a aussi dans la palourde et étrangement pour moi plus que dans tout autre bivalve, du petit coffre naturel, extrait de l'ombre, un coffre abritant un secret sur lequel la main, dans une sorte de protection redoublée, se referme entièrement. C'est la raison pour laquelle elle demeure liée si fortement aux anciennes cérémonies du don enfantin quand l'autre, les yeux fermés, devait deviner. L'autre souvent, c'était la petite fille qu'on aimait. Une scène rêveuse et lente, un peu somnambulique, à la Delvaux... Comme si c'était cette part en soi, incommunicable, obscure, mais infiniment précieuse aussi qu'on voulait offrir: un gage secret, le signe d'une reconnaissance ou, à l'instar de la coquille du saint de Compostelle, d'une élection. Brillant exercice de style et savante leçon de choses, cette réhabilitation de la palourde est une introduction digressive et détournée à la meilleure des littératures.
Ecrit après une rupture sentimentale et une douloureuse expérience de la solitude, ce livre est un florilège de petites pièces très musicales, empreintes de mélancolie. C'est aussi un acte de confiance en la poésie pour réinventer la vie..."J'aime le mot sonate que même les musicologues éprouvent bien du mal à définir. Sonate est ce qui vibre, s'opposant à ce qui chante, la cantate. Voilà bien ce que je cherchais ici, vu le thème de la solitude, une vibration plutôt qu'un chant, encore moins un cri, un soupir."